‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 234 sur 348 · DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS^HRIST · texte numérisé non relu

DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS^HRIST

Contummatum eH-

Tout e»l accooiplL m . 30.)

Telles sont les dernières paroles avec lesquelles le Sauveur expirant sur la croix, consomme au> jourd*hui son sacrifice : tels les derniers soupirs que les saintes femmes et le disciple bien^tmé re> cueillent de sa bouche mourante : telles les dernières inslmctions qu’ils reçoivent de leur bon maître. C*est ainsi qn’il quitte la terre , et qu*il laisse ses chers dbciples également consternés, et de la don» leur de sa perte, et du mystère profond de cette dernière p-UN^e : Tout est accuinpii: Co».summa* futn est.

En effet , que peuvenMls entendre par-tà? et à combien de tristes pensées leur esprit timide et abailti ne s'abandonneA-ü pas dans ce terrible moment' Peut-être le soleil qui s’éclip.se; la terre qui s’ébranle et se couvre de deuil; les sépulcres qtii s’ouvrent ; les morts qui ressuscitent ; toute la j nature qui semble se bouleverser et se confondre, : leur persuade que Jésus-Chrisl vient de letir an- |

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noncer que tout va finir avec lui; qne le monde ne sauroit .survivre à la mort de son auteur; que l’attentat commis contre sa personne ne doit être expié qne dans la ruine entière de l’iinivers; et tout ce qu’ils lui avoient ouf dire , durant sa vie mortelle, sur la proximité de ce dernier jour, ne contribae pas peu à les confirmer dans cette effrayante pensée; ils croient peut-être que tout va finir : CoNSummafvm est.

Ponr nous , mes Frères , nous sa vons que , lorsque la dernière consommation arrivera, ah! le Fils de l’Homme ne paroitra pas humilié et chargé d’opprobres sur nne croix tel que nous le voyons aujourd’hui ; mais assis sur une nuée de gloire, environné de ses anges , et précédé de puissance , de terreur et de majesté. Appliquons-nous donc à développer la sainte obscurité de cette dernière parole; elle renferme de grandes instnicUons et toute la doctrine de la croix.

En premier lieu, le Seigneur avoit souvent déclaré dans ses Prophètes que les sacrifices des boucs et des taureaux ne lui plaisoient pas ; il rejetoit l’imperfection de ces hosties; et il ne les eût même jamais souffertes , s'il n’eût découvert en elles les traits éloignés et figuratifs de rimmolaiion de son Fils : c’étoient des préludes grossiers qui sus{M;mloienl sa justice , mais qui ne pouvoienl la .•»tisfaire : la mort de Jésus-Christ accomplit donc tout ce qne ces anciens sacrifices avoient de défec» tueux ; et la justice de son Père n’a plus rien à exiger de l’homme : première consommation.

En second lieu , tes sujets do père de famille ne s’en étoient pris jusqu’ici qu’à ses serviteurs : Jérusalem n’avoit fait mourir que les Prophètes qui lui avoient été envoyés; et la mesure de ses crimes n’éioii pas encore comblée : il fallott donc que le sang du Fils, et de rbéritier lui-mème, fût répandu , et que l’iniquité de ce peuple ingrat fût ain-si consommée : seconde consommation.

Enfin les Justes de l’ancien temps, qui avoient auparavant rendu gloire à Dieu en monrant pour la vérité, n’avuient offert qn’nne vie triste et malheureuse , exposée aux tentations des sens et de la chair, et nn corps soumis é la malédiction de la mort : mais Jésns-Ciirist renonce à la plus heureuse de tonies les vies , et qu’aucun péché ne pouvoit jamais souiller ; il offre une ame que personne n’eût pu lui ravir, s’il n’eût pas voulu liii-inème la livrer; et en gruhant volonLiiremenl la mort , <lont il éioit exempt par la condition de sa nature, il donne à son Père la plus grande marque d’amour I qu’aucun Juste lui eût encore donnée : troisième : consommation.

I C’est-à-dire que la mortdn Sanvenr renferme

VENDUEDl SAINT.

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troix consontmalions qui vont nous €xplii{iier tout le my>lèrc de ce grand sacriüce , doul l’Eglise rcnotivelie en ce juur le spectacle el Iionore le sou* venir : une consommation de justice du edU: de son Père; une consuinmaiion de malice de la part des liommes; une consommalion d’amour du cdté de Jésus-Christ. Cos irais vérités partagoronl tout ce discours, et i’hisloire des ignontiniesderilumme- Dieu : nous y trouverons des instructions solides, et des vérités que le monde ne connoii pas parce que le moiulc ne connolt pas Jésus Chrbl; et nous verroas que la croix est la condamnation du pé* clieur, et la consommalion de son ingratitude.

Vous êtes pourtant, croix adorable, le seul asile qui nous reste : vous (lortex Aujourd'hui notre espérance , notre salut , nos remèdes , notre loi , notre Ëvaugtlc; tout est attaclié à votre l>oU sacré : v*ous nous gardez le gage divin de notre paix et de notre réconciliation avec Dieu : vous êtes aujounl'hui surtout un trône de miséricorde, dont nous pouvons approcher avec confiance. C’est doue à vos pieds que iwns nous jetons avec toute l’Égllsc : O oiirî orr? etc.

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