‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 248 sur 348 · LLiNDl bt PAOULii · texte numérisé non relu

LLiNDl bt PAOULii

à votre Dieu , qu’il ne vou< en eiil coi'ilé |)uur être juste; s’il n’a pas fallu prendre plus sur vousménie , faire plus de violence à votre cœur, dévorer plus d’aroertumes, fraucliir des voies plus difficiles? Eb ! que peut donc trouver la justice de Dieu (Uns vo« dissolutions, qui ne lui founiisse cuiilre TOUS de nouveaux sujets de sévérité et de colère?

On poiirroit enfin ajouter , que si vous êtes né foible, 1a bonté de Dieu a environné votre aine de mille secours; que c’est celte vigne bien-aimée qui a été l’objet de ses plus tendres soins, qu’il a entourée d’un vaste fossé , furufiée d’une tour inaccessible; je veux dire (]ue \olre ame a été comme défendue dès sa naissance, par le secours des sacrements, par les lumières de la doctrine, par la force des exemples, par des inspirations continuelles de la grâce , et peut-être encore par les secours particuliers d’une éducation sainte et cliré- Ueime que le Seigneur vous a ménagés , et qui ont manque à tant d’autres. Ingrat! en quoi pourriezvous justifier vus fnibies.<es devant le Seigneur, et intéresser sa justice même i user envers vous d’indulgence? eli! que lui offrent vos transgressions, que l’abus de ses grâces, et des moyens de saint changés par le déréglement de votre volonté en des occasions de péclié?

Mais laissons U toutes ces raisons ; et dites-moi : cette foiblesse dont vous vous plaignez , et à laquelle vous prétendez que Dieu aura égard , n’eslelle pas votre propre ouvrage et le fruit de vos déréglements particuliers? Ilappelez-vous ici ces jours heureux où votre innocence n’avoil pas encore fait naufrage; trouviez- vous alors tant dedifficttllés à vaincre vos passions? la pudeur, la tempérance, la fidélité, la justice, vous paroissoient-elles alors des vertus impraticables? vous étoil-U impossible de résister aux occasions ? et vos prncbanls de plaisirs éioient-ils si violents que vous u’en (tissiez alors le maître? Eb! d’où vient donc qu’ils tyrannisent aujourd’hui votre oemr avec tant d’empire? n’est'Ce pas depuis que les ayant laissé prévaloir par une funeste négligence , vous les avez rais déM)rmais presque hors d’étal d’élre vaincus? ne vous êtes -vous pas vous-même fonné ces cliatnes de vos propres mains? Jetez les yeux sur tant d’amrs justes qui portent le joug depuis leur jeunesse , et vuyez si elles sont seulement tentées dans des occasions où vous êtes toujours sûr de périr... Eb! poun|uoi vous plaindriez-vous donc d’une foiblesse que voos vous êtes donnée? pourquoi compteriez -vous que ce qui doit irriter le Seigneur contre vous, sera capaUe de l’apaiser? Que voit-il , quanti U voit la fragilité de vos pencliants ? il voit le fruit de vos crimes, les suites d’une vie

de licence et de plaisir. Est-ce lê-dessos que vous osez en appeler A la Justice même, à cette justice devant laquelle les Saints demandent de n’étre point jugés? Mon Dieu! snr quoi le pécheur ne se fiallera-l-il pas, puisqu’il trouve dans la plus terrible de vos perfections des raisons de confiance ?

La seule conclusion sensée et légitime qu’il vous soit permis de tirer de votre propre foiblesae , et de ces pencliants pour le monde et |K>ur les plaisirs , qui vous entraînent malgré toutes vos résuluikma, c'est que vous avez besoin de veiller, de gémir, de prier plus que les autres; c’est que vous devez éviter avec plus de soin les périls et les attraits des sens et de 1a chair. Mais c’est alors que vous vous croyez invincible, lorsque ih>us vous exhortons A fuir les conversations profanes , les commerces suspects, les plaisirs douteux, les spectacles lubriques, les assemblées de pëclié; ah! vous vous en défendez alors sur ce que votre innocence n*y est poiui blessée; vous renvoyez A des âmes foibtes les précautions de fuite et de circonspection : vous nous dites que diactin doit se sentir et se connottre; et que ceux qui sont assez foibles pour y être blessés, doivent s'en éloigner : et comment voulez-vous que Dieu ait égard A une foiblesse A laquelle vous en avez si peu vous-même? vous êtes foible quand U faut excuser vos crimes auprès de lui; vous ne l’êles plus dès qu'il faut prendre lAdessus des mesures pénibles pour lui être ûiièlt.

Mais du moins, me direz-vous, si l’on a loutà craindre de sa justice , scs miséricordes sont infinies : quand sa bonté ne irouveroit rien en nous de propre A 1a loucher, n’en irouveroit-elle pas des motifs assez pressants en el)e-méme? Ceseroilid la Irobième illusion de la fauss« coufiauM que je devrois combattre; mais outre que j'en ai assez parlé ailleurs, U est presque temps de finir. Je ne veux dune, mon clier Auditeur, que vous faire une seule demande : Quand vous dites que la bonté de Dieu est infinie, que prétendez-vous dire? qu’il ne punit jamais le crime? vous n’oseriez. Qu’il n’a^udonne jamais le pécheur? les Saûl, les Anlioclms , les Pharaon , vous ont appris le contraire. Qu’il sauvera les impudiques, les muiulains, les vindicatifs, les ambitieux, comme les Justes? lout savez que rien de souillé n’entrera dans le ciel. Qu’il ii’a pas créé rimmme pour le rendre éterneilement malheureux ? mais pourquoi a-t-il creusé l'enfer sous nos pieds? Qu’il vous a déjà donné mille marques de sa bonté ? mais c'est ce qui devroit confimdre votre ingratitude sur le passé, et vous faire tout craindre pour l’avenir. Qu'il n’est pas si terrilde qu’on le fait? niais on ne vous rapporte de sa justice que cc qu’il lous en a appris

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