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Enfin, eliangez tant qu’il vous plaira les situations d'un véritable Juste; le monde peut varier à son égard; les suffrages publics qui l’élèvent aujourd’hui, peuvent demain le dégrader et l’abattre; sa fortune peut changer, mais sa vertu ne changera point avec sa fortune.
Il ne s’agit pas ici de nous alléguer des exemples où la piété la plus estimée s’est démentie plus d’une fois. Outre que le monde est plein de faux Justes , et que tous ceux qui en portent le nom aux yeux des hommes n’en ont pas le mérite devant Dieu , (fa été de tout temps l’injustice du monde d’attribuer à la vertu les foiblesses de l’homme. Le Juste peut tomber : mais la vertu seule peut le défendre ou le relever de ses chutes ; elle seule marche sûrement , parce que les principes sur lesquels elle s’appuie sont toujours les mêmes. Les occasions ne l’autorisent pas contre le devoir, parce que les occasions ne changent jamais rien aux rè^es. La lumière el les regards publics sont pour elle comme la solitude el les ténèbres. En un mot , elle ne compte les liommes pour rien , parce que Dieu seul , qui la voit, doit être son juge.
Trouvez, si vous le pouvez, la même sûreté dans les vertus humaines. Nées le plus souvent dans l’orgueil el dans l’amour de la gloire, elles y trouvent an moment après leur tombeau. Formées par les regards publics , elles vont s’éteindre le lendemain, comme ces feux passagers, dans le secret et dans les ténèbres, .appuyées sur les circonstances, sur les occasions, sur le jugement des bommes , elles tombent sans cesse avec ces appuis fragiles. tristes fruits de l’amour propre , elles sont toujours sous l’inconstance de son empire. Enfin, le foible ouvrage de l’homme, elles ne sont, comme lui , à l’épreuve de rien.
Qu’il s’offre à ce vertueux du siècle une occasion sûre de décréditer un ennemi ou de supplanter un concurrent; pourvu qu’il conserve la réputation et la gloire de la modération , il sera peu touché d’en avoir le mérite. Que sa vengeance n’inléresse point son honneur, elle ne sera plus indigne de sa vertu. Placez-le dans une situation où il poisse accorder sa passion avec l’estime publique , il ne s’embarrassera pas de l'accorder avec s<m devoir. En un mot , qu’il pa.sse toujours puur homme de bien , cesx la même chose pour lui que de l’être.
Tout Israël paroU applaudir d’abord à la révolte d’Absalon : Achitopliel , cet homme si sage et si vertueux dans l’estime publique, et dont les conseils étoient regard<^ comme les consetl.s de Dieu , préfère pourtant le parti du crime, où il trouve les suffrages publics el l’espérance de son élévation ,
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à celui tie la justice , qui ue lui offre plus que le | devoir.
Non , mes Frères , rien n‘esl sûr dans les verUif humaines f si la venu de Dieu ne les souUeiU et ne les fixe. Soyez bienfaisant , juste, généreux, sin* cère : vous pouvez être utile au public; mais vous devenez inut île à vou.s-méiues : vous faites d<îs vres louables aux yeux des bommes ; mais on (eriez-vous jamais une véritable vertu? Tout est £iux et ville dans un cœur i}uc Dieu ne remplit point (c>sl un roi lui même qui (>arle); et con- Dolire votre justice et voire vertu, 0 mou Dieu ! cVst la seule racine qui porte des fruits d'immortalilé, et la source de la véritable gloire : Toai aiitem stmt unnies /lOuiiHes îh guibusiioo suf)fS| srtentia Dti. (SAP. , XIII, ^.)
C’est donc en vain qu’on met la véritable gloire dans riionnciir et la probité mondaine : on n’est { grand que par le arur, et le cœur vide de piou n’a plus que le faux et les bassesses de rbomme*