DEUXIÈME PAR’HE
Dieu ne noos a pas donné, disait autrefois saint Paul, parlant pour tont le corps de l’épiicopat, un esprit de foiblesse, mais un esprit de force et d’a- ^ moor : Sed spiritum tiiiclis si diUeUonis. (2,
' Tih., 1, 7.)
Qu’etl-ee en eflM, ma Frèra, qu'un évéque si peu soigneux de faire revivre U grâce de l’iinpoiition, s'il a éteint ca eaprit; ou ai ayant franchi par une ambiliense intrusion , celle haie aacrée qui sépare le sanctuaire , il oe l’a jamais reçu ?
Hélas! but-il le dire iei? c’est un arbre deux fois mort et déraciné, et qui occupe le pins bel endroit d’oae terresacrée ; (Ep.Jun., 12.) c’est un rasau I que le vent agite (Ldc, VII, 24), et sur qui ee- ; pendant,commesaruaecoloanesainte, repose tout l’édifice de U maison du Seiguenr : c’est une uuée destinée, comme antrefois, à faite paraître la gloire do Seignenr dans le temple, et qui nous la dérobe par sa noirceur i c’est un astre errant , qui destiné 1 noos garder parmi la obscoiilés da sens a de la foi , ne peut cependant que noua écarter de ta roule : c’est un serpent d'airain élevé pour guérir nos bleasura, et qui placé dans le temple, noos devient une occasion d’idalâlrie et de mort (4, Rio., .XVIII, 4) i et ponr tout recueillir en un mot, e’est un mystèra d'iniquité inconnu presque àca sièela heureux qui nous ont précédés, dent ta foi atarmée respecte cnoore M profondeur, a q« ne sera révélé que dans ion temps. (2,Thkss.,
Il, 7, 8.) -
Né, pour ainsi diiè, dans le sein de' l’épIMpat, t etlMnvanl icOlé de sa ancêuès dne si longue succosiao d« saga pontilés, notre pienx prêtât en recsMillit tont l’esprit avec le nemi Déjà depuis pha d’na sièels, éloisiit esMs sur le Crtne sacré de ce seUit (emple da pr^s de ton sang : h sonveraUie sacriHcàture êloit praqne devenue niérftage de sa tribd; et par un privilég* nouvan an sacerdoce de Mèlchfoedecb, elle émit transmise selon la lois d'une inceeesnn chatnelle, sans s’y transmettre selon tas fois de ta Chair a du .sang.
Mais qne he pdis-je passer npidehiéni sur eet endroit'de mort dlsconrs ! Nos pères', élevés t respecter ee nom, nous avoient élevés an même réspect; nos vieil tards ', véMns presqim de éa temps henreox où eommeribèreitt k gwiVemer l'Église Ira pontifes dê cellé Maison, en raeontoient avec allégresse an milieu de leur famille, l’histoire à leurs
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neveux, et les maniuoient chacun par leur pruprc caractère ; nniis-tnémes, acoouluiiiés à vivre sous de si paisibles lois, proniellinns à ceux qui viendroient après nous, le même avantage. Trop cruelle Italie ! pourquoi vîtes-vous couper le fli d’une si longue suite de pontifes? et pourquoi, en nous diant par une mort prématurée l’espoir d’un successeur, nous dlâtes-vuus la seule ressource qui nous restoit, dans la perte q ue nous venons de faire ?
Mais, lielas ! sui.s-je destiné 1 rouvrir aujourd’hui toutes les plaies de la famille? et faut-il pour vous rappeler la glorieuse succession des prélats qu’elle vous a fournis , vous faire souvenir i ses yeux que vous n’en devez plus attendre? Epargnons A rniustre Hile qui m’écoute, le souvenir encore trop cher d’on frère dont la mort lui causa tant de larmes; et poor la consoler sur le triste acddent qui nous assemble ici , ne faisons pas revenir ses malbenrs passés.
L’épiscopal est un ministère de force et de fermeté. Il fout que , retranché dans le droit sacré do sacerdoce, l'évèqne soit hors d’atteinte aux traiu de l’ambition, aux surprises de la bienséance, A la rapidité de l'usage ; qu’il rapproche l’innocence de nos mœurs, des lois et de la discipline de nos pères ; qu’il sache ramener les abus à leur origine ; et que comme l’arche d’Israél au milien du Jourdain (Jos., iii , 16), il fosse remonter les eaux vers leur source, et ne s’y laisse pas entraîner soi- même.
Ne croyez pas, Messieors, que sur ces traits primitib de l’épiscopat, je vienne id, pour faire lionnetm A mon sujet, vous former A loisir on de ces portraits originaux, où tout se sent de lapins pure antiquité, et que l’on ne trouve si beaux, qne parce qu’ils ne ressembleot A persomie. .Malheur A moi ai je faisois d’une cérémonie de religion un vain jen d’éloquence, et si par des louanges excessives, aidant les fidèles A se persuader qu’on leur aurfoit la vérité dans la chaire évangélique, je les accoutumoisA en rabattre.
J’aime mieux vous faire souvenir que dans un siècle ou la charité est refroidie, on les devoirs de l’épiscopat sont ou réduits par l’usage, ou bornés par la puissance séculière, ou adoucis par le dérèglement des fidèles, c’est presque faire le bien que <le le souhaiter ; et qite si le prélat (|ite je loue n’a pu remonter jusqnes A la source , et ramener ces premiers Ages de l'épiscopat, il ne s’est du moins ISIS laissé aller aux foiUesscs et aux relAcfaemeob du notre.
Appelé A Tagence dans ces temps périlleux, ou l'autorité du gouvernement mal affermie, ne laissuii espérer aux droits de l’Église qu’une foible
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protection , il ne lit parullre ni moins de zèle, ni moins de fermeté. Je le dirai ici A la gloire éternelle de la piété du grand Turenne, nom si honorable A la France, si cher A nos troupes, si redoutable encore aux ennemis : je ne craindrai pas de rappeler quel fut, pour renreor de ses ancêtres, un attachement si glorieux A la vérité qu’il embrassa depuis. Ce grand homme, encore dans le parti de l’bérésie, entreprit de lui bAtirun temple dans une de ses terres; et comme nn autre Michas, il voulut avoir auprès de la maison de ses pères, ses dieux , son lévite , et lont l’appareil superstitieox de son culte. (Juuic., xvit, 5.) Il n’y avoil point alors de roi en Israël, comme ledit rÉcrilnre du temps de ce Juif, et chacun étoil A soi-même sa loi et son juge.
Qu’attendez-vous ici du miniatère de notre agent ? une criminelle complaisance toujours prête A se faire des amis, non pas des ricbeases d’iniquité, selon le mot de l’Kvangile, mais des plus sacrées dépouilles du sanctuaire ? une timide diasimulalion, qui honore sa lAclieté de tout le mérite de la prudence ? une foible résistance, qui parolt d’abord , mab seulement pour pouvoir se dire A soi-méme qu’elle a paru? En vain mille intérêts secrets sollicitent l'agrément de l’agent : il s’oppose an nom do clergé, trop zélé sacrificateur du temple de Sion, poor souffrir que sons son ministère, les baulsiieux semultipUjcnt dans Israël. (4, Rac., xviii , 22. ) Heureux d’avoir vu depuis , pendant les jours de son sacerdoce, la piété d’un autre Ézédiias s’employer A les détruire, ëter du milieu de Jnda les dieux étrangers , et obliger les peuples A venir Ions adorer A Jérusalem ! Mab ce n’est lA qu’un premier essM de ta droiture.
Sacrés prélats de nos Gaules, combien de bb le vîtes-vous dans vos assemblées ignorer l’art nouveau de se taire ; redonner A l’épiscopat sa première liberté; n’enviaager sa fortune qu’A travers son devoir ; être le Gamaliel de l’asaemMée des princes des prêtres, et savoir opiner dans des conjonctures , où il ue blloit savoir que consenUr ? Que ne puis-je ici publier sur les toits ce qui s’est passé dans le secret! Vous verriez des instances éludées, des espérances inéprbées, les intérêts de la chair et du sang oubliés; l’autorité souveraine ramenéeanx intentions du souverain, et une droiture infiexiblc dans un siècle où toute la fermeté semble se réduire à ne pas se ménager soi-même des occasions de lAcheté. Mab ce sont là de ces Iraib qu’on ne peut montrer qu’en éloignemeot; de ces merveilles destinées A l’obscnrité, et qui , nous révélant des maux secrets , doivent , comme les figures d’or des plaies des Philistins, demeurer
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cachées dans l'arclie. Avec quelle constance le vinies-noiis négliger un repos si cher i l'episcopal , pour rendre i son autorité ses premières hornes, y rejoindre les titres sacrés et inaliénables , que l’ignorance on la superstition des siècles passés en avait détachés; soutenir contre une paissante et célèbre abbaye, les plus anciens droits du sacerdoce; arracher des mains étrangères les dépouilles de son épiscopat ; rétablir le premier pasteur, clief des pasteurs subalternes ; rejeter un traité pernicieux , et ne vouloir pas vendre une paix qui laissoit la division dans le sanctuaire; en un mot, ne pas souffrir, comme Salomon, que le corps de Jésus- Christ fét divisé entre deux Eglises, et faire déclarer la seule et véritable mère , celle qui ne voulait pomt de partage !
Les égards , la bienséance même du sang et de l'amitié , lui surprirent-elles jamais de ces grâces qui minent la force des lois , et s’élèvent sur leurs débris , dessèchent peu à peu cette sève précieuse qui anime encore le tronc, aclièvent d’épuiser ces esprits primitifs d’ordre et de régularité, qui, i travers tant de siècles, ne sont arrivés jusques à nous que foibles et presque défaillants, donnent par une albcieuse cruauté le dernier coup i la discipline mourante, et comme cet Amalécite échappé de la déroute de Saùl (2, Ric.,1, tO), font rendre le dernier soupir i la puissance et 1 la majesté d' Israël , sous prétexte d’avoir égard à ses maux ? Ab ! il ne resserra jamais tant les bornes de son autorité , que lors(|a’il fallut l’employer pour ceux qui lui étoient chers : sa main retenoit les grâces que le «eur avoit trop de pendiant d’accorder ; et on anroit dit que le droit de tout obtenir de lui , etoit un titre pour en être presque toujours refusé. Donnez , Seigneur, é vos ministres cet esprit de force et de circonspection : ne souffrez pas que votre héritage devienne la proie des nations , et l’opprobre de ceux qui vous haïssent.
Ce fonds de droiture et d’intégrité prenoit n source dans l’amour qu’il eut toujours pour l’Eglise. Quelles mesures ne prit-il pas pour la remet- U e i Jésus-Christ pure et belle , et lui foire perdre les taches et les rides , qne l’ignorance des siècles passés et la licence du nôtre y avoient laissées ? Quelles éloient les ruines de ce temple , lorsque nous y vîmes entrer notre nouveau pontife ! Ah ! ici s’offrent é moi des sfiectacles bien divers. Je vois la fille de Sion enveloppée de sa honte et de son ignominie , souffrant qne l’ennemi porte une main téméraire sur tout ce qu’elle a de plus précieux , et devenue presque toute semblable aux filli'S de Tyr : je la vais sortir comme l’aurore du sein de ses ténèlires , rentrer peu é peu dans son