DÉLAI D£ LA
leurs Tezcuse de son crime ; et loin d'apaiser, par un humble aveu de sa misère , le Seigneur auquel il venoit de désobéir, il l'accusa d'avoir clé luimême, en rassociaol à la femme , la cause de sa désobéissance.
Et voilà , mes Frères , l’illusion de presque toules les âmes qui vivent dans le crime , et qui renvoient à l’avenir la conversion que Dieu demande d’elles. Elles nous redisent sans cesse que la conversion ne dépend pas de nous; que c’est au Seigneur à clianger leur cœur, et à leur donner la foi et la grâce qui leur manquent. Ainsi elles ne se conlenlenl pas de l’irriter en différant de se convertir, elles rinsullent même en l’accusant de leur endurcissement et du délai de leur pénitence. Confondons aujourdliui l’égarement et rimpiélé de cette disposition, et pour rendre l’ame criminelle plus Inexcusable dans sou impénilence, Olons-lui-en du moins le prétexte.
Vous nous dites dtmc, en premier lieu, que vous vous convertiriez si vous aviez la fui , si vous étiez bien persuadé de la religion; mais que la foi est un don de Dieu , que vous l’aUendez de lui seul , et que, dès qu’il vous l’aura donnée, ü ne vous en coûtera pas beaucoup de commencer tout de b(Mi et de preiûlre votre parti . Premier prétexte; on n’a pas 1a fui , et c’est à Dieu seul à la donner.
Mais je ne vous demande pas d’abord , comment l’avez-vous donc perdue celle foi si précieuse? Vous l’aviez reçue dans votre baptême ; une éducation chrétienne l’avoit conservée dans votre cœur; elle avoil crû avec vous; c’étoil un talent inestimable que le Seigneur vous avoit confié, en vous discernant de tant de nations infidèles, et en vous marquant du sceau du salut au sortir du sein de votre mère. Qu’avez-vous donc fait du don de Dieu ? qui a effacé de dessus votre front ce signe d’élection étemelle? N’esl-ce pas le dérèglement des [cassions , et les ténèbres qui en ont été ht juste peine? Doutiez-vous de la foi de vos pères avant que d’être impudique et dissolu? ITcst-ce pas vous-même qui ayez éielut dans la boue ce flambeau céleste que l'Eglise , en vous régénérant, vous a mis à la main pour vous servir de guide à travers les ténèbres et les périls de celle vie? Pourquoi vous en prenez- vous dune à Dieu de la di«pation que vous avez faite de ses grâces? C*est à lui à vous redemander son propre don, â vous faire rendre compte du talent qu’il TOUS avoit confié; à vous dire : Serviteur injuste et ingrat, qn’avois-je fait pour les autres que je n’eusse fait pour vous? J’avois cmbclJt votre ame du don de la foi , et du caractère de mes enfants : vous avez jeté celle pierre précieuse devant