‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 303 sur 348 · DANS LA SAINTE-CUAPELLE DE PARIS · texte numérisé non relu

DANS LA SAINTE-CUAPELLE DE PARIS

Erunt accfpla opéra taea.~.. etero dignus erdium patrie laei.

Je plairai i votre peuple par la douceur de ma eoodiiile, et je serai di^e du tldoe de mou PCre. (SSP., ix. I2-)

Ain.si jugeoient les grands et le penple : ainsi espi’roieiit-ils de trts-liant, très-puissant et trèsexcellent prinee, monseigneur Louis, daupliin. Nos jugements ëloient justes : ce n'ëloit ni l'inlérèt , ni l’adulation , ni la crainte ; c’est l’amour qui les avoit formés. Nos espérances ëtoient bien fondées ; le présent nous ré|)oiiduit de l’avenir ; et tout ce que nous avions vu d’humain et de bienfaisant dans sa vie privée , nons faisait par avance rhisloircdesun règne.

Mais, A Dieu , vous nous l’aviez donne , et vous nous l’avez ôté : vous l’aviez accordé à nos vieux ; vous le refusez A nos crimes : vous l’aviez formé pour le bonheur de la France ; vous le retirez pour nous punir. F'ous empariez comme un touièido» ce ti«i nous était si cher ; sa rie a passé comme UH nunye : (Jus, xx.x, 13.) et sa mort confond nos jugements , renverse nos espérances ; mais changera-t-elle notre coeur ?

Quels fléaux réservés dans les trésors de sa colère, pour instruire et châtier les hommes. Dieu }teut-il donc encore faire tomber sur son peuple ? yVvus tttlendioiis la paix : (Jerem., xiv,19. ) le roi sacrifluil sa gloire , ses intérêts , sa tendresse

I à nos désirs; il Atoil pacijiqtu arec ceux qulAottjofeiil la pair : (Ps. cxix, 7.) elle s’éloigne encore de nous ; et roilà encore la foreur et la guerre. Nos champs ont gémi dans une longue stérilité : la maladie et la mort ont répandu le deuil dans nos villes : nous avons vu tomiter les cèdres mêmes du Liban. Trois princes du sang royal ', dansl’intervalle pre.srpied’nne année, ont été enlevés à la France qui les pleure encore, à leurs augustes enfants, à leurs épouses désolées; et en rendant des devoirs lugubres et religieux à leur mémoire, nous vous a vons annoncé les jugements du Seigneur et I la vanité des rhoses humaines. Enfin le fils et l’héritier Ini-mèmevient d’être frappé. Leschâtimenta de Dieu vont en augmentant , comme nos crimes. Mes Frères , quand arrêterons-nous donc son bras levé sur nous?

I Le penple infidèle s’enorgueillit an milieu de ) ses s uccès ’ ; il chante des chants de joie et de victoire : et la France, la portion la plus pure de l’Eglise ; la région de la vérité et de la lumière ; une nation choisie, et dont le roi, selon le cœur de . Dieu , a ôté tons les hauts lieux et tons les autels étrangers; la France gémit , son prince lui esteni levé , et le Seigneur semble avoir oublié ses an- I ciennes misérieordes.

Qu’avons-nous donc fait ? et comment celte désolation est-elle arrivée en Israël? Nous avons abandonné le Seigneur, et il nous a affligés. Nous ne sommes pas retournés à lui dans notre affliction , et le prince a été ôté do milieu du peuple. Dieu nous frappera-t-il donc toujours en vain ? Ses coups portent à faux , si en nous affligeant , ils ne nous corrigent pas. Et que nous prépare-l-il, si ce dernier malheur est encore pour nous une leçon inutile?

Viendrons-nous toujours dans ces pompes lugubres , avec le langage de la douleur , n’attendre ; comme ces enfants de l’Évangile, de ceux i|ui noos écoulent, que des larmes qui ne sont (|u'mi jeu et I un amusement puéril ? Touriierous-uous en .spec- < lade nos propres malheurs ? et la leçon la plus terrible de la foi , ne scra-t-clIe jamais pour nous qu’une vaine cérémonie?

A la vue de ce tombeau, on toute la grandeur humaine est devenue cendre et poussière, nos jugements et nos espérances sur les choses d’ici-bas, sont-elles encore les mêmes ?

La mort nous enlève un prince doux et bienhtisant; nous le jugions digne du trdne des rois ses ancêtres ; nous en espérions des jours tranquilles et

* M. le Prince. M. le priucc de Couü • U. le Duc.

* Bataille d’Iloclulet.

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