‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 304 sur 348 · DE M. LE · texte numérisé non relu

DE M. LE

rortiiDéJ : voiU le sujet de nos lamies. La mort confond nos jugements , nos espérances , et ne cliange point notre coeur : voilà le sujet de nos instructions.

Rendons-nous utile notre doulenr : mêlons les réflexions de la foi avec les larmes de la nature et de la tendresse; et en offrant les prières de l’Église, et le sacrifice d’expiation pour ces cendres clières et augustes , détrompons-nous de l’erreur de nos jugements et de la vanité de nos espérances. C’est-à-dire , jugeons enfin que tout ce qui passe n'est tien , et ne trouvons digne de notre espérance que ce qui ne passe point.

Les hommes parlent tons les jours sur le néant des choses humaines , le langage de la foi et de la vérité; et ils n’en suivent pas moins les voies de la vanité et du mensonge. Noos disons sans Msse que le monde n’est rien , et nous ne virons que pour le monde ; sages seulement dans les disconrs, in.sensés dans les œuvres; philosophes dans l'inutililé des conversations, peuple dans tout le conrs de notre conduite; toujours éloquents à décrier le monde, toujours plus vib àl’aimer. Nous fléchisclions le genou avec la multitude, devant l’idole que nous venions de fouler aux pieds ; et à nos mépris succèdent hientét de nouveaux hommages.

Ce qui parolt grand aux yeux du monde , est toujours grand pour nous ; ce qu’il appelle bonheur, est la seule félicité on notre coeur aspire : ce qu’il vante , est la seule gloire qui nous touche. Ouvrons enfin les yeux , et que cette cérémonie de religion et de tristesse, confonde la vanité de nos jugements, et nous rappelle de l'erreur des sens aux lumières de la foi.

Tout ce que le monde a de plus grand paroissoit rassemblé dans le prince que noos pleurons. Une naissance qui efface l’éclat de toutes les généalogies de l’univers : un nom au-dessus de tons les antres noms : on sang qui prend sa première source dans le tréne , et qui coule sans interruption depuis tant de siècles , et par tant de souverains : une maison auguste , qui a vu naître tontes les autres, quia donné naissance à nos histoires, qui compte parmi ses titres domestiques , tous les monuments qui noos restent des règnes les pins éloignés ; et qui seule demeurée depuis le commencement , au milieu du débris de tant de maisons souveraines qui ont péri , semble être , comme celle de Noé , la seule dépositaire de toute la gloire des siècles passés, et de la première alliance que le Seigneur fit avec nos pères : Tetiamenta sœcufi posita suitf apud iffum. ( Eccl., xuv, i9. )

DALPIII.N. 6fw

Tel étoit Louis , dauphin , l’enfant de tant de rois, l’héritier de la gloire de tant de siècles; ajoutez encore , le fils de Louis-le-Grand.

Les Pyrénées venoient de voir finir , par un traité glorieux , une guerre encore plus glorieuse à la nation : les tnonfogaet oroienl reru la paix pour la peuple. (Ps., tjtxi, 3. )

L’Espagne se consoloit de ses pertes, en donnant à Louis une princesse pieuse , qui venoit partager avec lui son Irène et ses victoires. La France, sortie des troubles inséparables d’une longue minorité , Toyoitcroltreavecleroi, ses espérances et sa gloire. Nos troupes aguerries par nos propres dissensions; de grands généraux formés , et en combattant même contre la patrie, devenus des chefs consommés pour ht défendre ; les finances rétablies par les soins d’un ministre habile; la licence changée en règle; les anciennes maximes presque oubliées , rappelées à leur premier esprit; les arts déchus dami la foiblesse du gouvernement , reprenant avec lui leur éclat et leur vigueur; les lettres que nos troubles et nos malheurs avoient comme bannies , rétablies en honneur pour publier nos victoires ; ces hommes uniques, dont les ouvrages seront de tous les temps, et quijusquelà n’avoient panique successivement de siècle en siècle, on de règne en règne parmi noos , devenns communs , etse pressant , pour ainsi dire, de naître tous à la fois sous un règne d^'a si glorieux ; l’état , comme le roi , dans une jeunesse vive et florissante.

An milieu de tant de prospérités , le dauphin est donné à la France; l’objet des vœux publics, le gage du bonheur des peuples, l’espérance de ht monarchie , le lien de la succession royale , l’enflint de la gloire et de la magnificence.

Nos succès croissent avec loi : ses jours ne sont plus comptés que par les victoires d’un père triomphant : chaque saison vient mettre au pied de son berceau royal des trophées et des dépouilles : les merveilles se multiplient ; l’abondance embellit le dedans du royaume , tandis que la valeur en recule les frontières : la pompe des maisons royales répond à la grandeur du roi : de superbes édifices sortent en un instant, comme par enchantement , du sein de la terre : l’ouvrage de plusieurs siècles devient l’ouvrage de quel([ues mois ; la stérilité des lieux se tourne en ornement ; et le roi , de retour de ses campagnes , après avoir vaincu ses ennemis, vient se délasser chez lui à vaincre encore la nature. Ce sont les bienfliits de Dieu que nous rappelons; et si noos les eussions toujonrs regardés comme tels, peni-ètre en jouirions-nous encore.

Cependant sortoit de l’enfonce l’héritier de tant de grandeur : un naturel heureux commen^oit à se

IHH, UKMSUN

montrer ; les qualilcs héroii|aes du roi, la piété de la relue , rornioienl déjà ce iuélaui?e de douceur et de müjeslé, qui Hl luujours son caractère, et ces belles es|)éram'es , qui aalleiidoieul plus que le secours des maUres.

;\Iais quel sr>in que celui d’étre charité de former la jeunesse des souverains ; de jeler dans ces âmes de>lmées au Irùne, les premières semences du iKudieur de^ peuples el des empires; de régler de Iwiine heure des pa>sions,(|ui n’auroiil plusd’au- Ire frein que raulorité; de prévenir des vices, ou d'inspirer des vertus, qui doivent être, (M)ur ainsi dire, les vices cl les vertus publiques; de leur montrer la source de leur grandeur dans riiumaniié; de les accoutumer à laisser auprès d'eux à la vérité l’accès (jue l’adulalioii usurjie toujours sur elle; de leur faire sentir qu’ils sont grands, et de leur apprendre à Tovibiler; de leur élever les senliments, eu leur atloucissnnl le ca*ur;de les |iorler à la gloire |Kir la modération; de tourner à la piété des penchants ù qui tout va préparer le |>oison du vice ; en un mol, d’en former des inaUres et des pères, de grands rois el des rois dnéûens! Quel ouvrage ! mais (fuels liomntes la sagesse du roi ne clioisil-elle pas pour Je conduire?

L’un d’une vertu Imule et austère; d’une probité au-dessus de nos monirs; d’une vérité à l’épreuve de la cour; philosophe sans ostentation; chrétien sans foihl(»sse; courtisan sans passion; l’arbitre du bon goiil el de la rigidité des bienséances; l’ennemi du faux; rami et le protecteur du mérite ; le zélateur de la gloire de la nation ; le censeur de la licence publique; enfiii un de ces hommes , qui semblent être comme les restes des anciennes mœurs , el (fui seuls ne sont pas de notre siècle.

L’autre*, d’un génie vaste et heureux; d’une candeur qni caractérise toujours les grandes âmes et tes esprits du premier ordre; l’ornement de l’épiscopat , el dont le clergé de France se fera Iwnnenr dans tous les siècles; un i^êque au milieu de la cour; l’hoinme de tous les talents el de toutes les sciences; le docteur de tuules leséglises; la terreur de toutes les sectes ; le Père du dix-septième siècle, et à qui il n’a manqué que d’étre né dans les premiers teni]» , pour avoir été la lumière des conciles, l’ame des Pères assemblés, dicté des canons , el préside ù el à Eplièse.

Deux hommes unicpies chacun dans leur caractère , et qu’un aaruit cru ne fMHivoir pins être remp)ac('s après leur mort , si ceux qui leur ont

' M. le ituc Uc UoutaoAier.

• M. Bos>iK‘t , évoque do Meaux. '

FL'^KBKE

succédé ■ dans l’éducation du prince qui doit régner, ne nous avoient appris que la F rance ne fait guère de perles irréparaliles.

Voili ce qui nous avoit paru si grand. Les termes inaiiquoienl à l'éloquence pour publier tant de merveilles : l’amour multiplioit les éloges : la politesse du siècle les rendoU dignes de passer è la dernière (wslérilé : les étrangers venoienl des lies les pliu éloignées , mêler ici avec nous leur admiration el leurs liomniages. Et que sais-je , si pour avoir étalé avec trop de complaisance à leurs yeux, nostrésorsel notre maïnilicence,(4.R.EG.. xx,l3.) comme le roi (les Juits aux envoyés de Baliylonc , et trop vanté notre gloire. Dieu n’a pas permis qu’elle nous fût enfin , comme i eux , pour un peu de temps Otée ?

Mais du moins la triste cérémonie qui nous assemble , disbi|i€ le fanlûme de grandeur qui nous abusuit. Tout ce qui doit passer ue peut être grand: ce n'est qu’une liéeoraliun de théâtre : la mort iinU la scène el la représenlalioii : chacun dépouille la pompe du personnage, et la iiclion des titres ; el le souverain , comme l'esclave , est rendu à son néant et à sa première bassesse. Les dons de la grâce tuul seuls ne (lérissent point avec nous : la mort leur assure une élernelie iiuniulabilllé; et dans ce moment , où toute la grandeur du munde se précipite dans le tombeau , s'évanouit et n’est plus , une vertu obscure qui nous lioil à Dieu , sort éclatante de nos cendres , et mène le J usie comme en triomphe , dans le sein de l’élemilé. Ceux qui vous craignent , i) mon Dieu , seront seuls grands , parce qu’ils le sont devant vous, et qu’ils le seront toujours : Qui aiilein liment le, magiii erunl apud te per omuitt. (Judith, xvi, lÿ.jFaussc idée de grandeur , vous ne vous soutenez que jusqu’à la mort ; et vous avez pourtant toujonn été , et vous serez jusqu’à la fm, l’illusioa la plus séduisante de toute la vie humaine !

Peut-ètr^ le bonheur qui l’environne aura-t-il quelque cliose de plus réel. Ecoutons, mes Frères, el détrompons-nous. Si le monde pouvoit hire des beiireiix , le prince pour qui nous prions devoit l'être. La tendresse du roi pour lui croéssoit avec le succès de son éducation : on voyoit ce monarque si glorieux , en partager lui-même les soins avec les grands iionimes à qui elle était confiée. C’étoit David de retour de ses victoires , qui faisoit venir deianl lui son fils Salomon, pour l’instruire des devoirs de la royauté , el des maximes de la vertu el de la sagesse. Les héros peuvent être des pères

‘ St. le doc de Beauviitien t U. de FéuetOJi , arclicvèqiie de Cambrai.

Dt M. KL

tendres; et rougir des sentiments de la nature et de l’biimaniléf comme d'une fuiblesse, c'est se pi’<Mer une fausse grandeur, et montrer en même temps qu'on n'a pas la grandeur véritable.

Les années du prince s'avancent, et la tendresse du roi SC change en amitié : ce liis si cher devient im ami fidèle. Monseigneur est associé aux secrets du gouvernement , et au mystère des conseils ; de ces conseils impénétrables , dont la sagesse et le secret faisoient alors la force et la sûreté de la mo* narchie , la terreur et radmiralion de toute l'Europe. Le roi décharge dans son sein le poids de ses pensées, et les soucis mêmes de 1a prospérité et de la gloire : la confiance prend la place de faulorilé (alcmelle ; l'amitié augmente chaque jour par fusage de la conliauce; et Monseigneur devient le collègue de l'empire , plulût que l’iiérilier de la couronne.

A tant de bonheur, que tnanquoil-il que d’assurer la succession àans la maison royale ; et donner, |>ar un mariage auguste, des princes à 1a France et de nouveaux appuis au trône ? Une maison , de tout temps alliée à la couromw , nous fournil une princesse fécondé et spirituelle. Mais La Bavière ne se donnoit encore qu’à demi; elle nous préparoit de plus grands dons. Ces deux princes * croissoient pour nous. Vous les rendez, ô mon Bien, à leurs peuples, qui les demandent : le temps est venu ; et peul ètre les conduisez-vous, par ces voies de «lèpuiiillement et d’oppression , à de plus grandes cl de plus hautes destinées.

Quels furent nos citants de joie, quand de ce mariage sacré , nous vîmes naître le premier prince * que noua admirons aujourd'hui ? Nous lisions iiaiis l’avenir : nous voyions de loin une jeunesse suinte, une religion éclairée, un Cffur tendre pour Lieu et pour les peuples, un esprit pour les grandes cliosés ; la pieté d’un David ; la sagesse et l’élévation d’un Salomon; 1a clémence et l'humanité d’un JosUm; des lumières et des vertus. El que nous sommes heureux de lui rendre cet Itommage daus ce temple ’ ancien et auguste, le monunieat éternel de la piété de saint Louis, dont il noos rappelle si parfaitement tous les jours l'histoire et les exemples !

Quel dan pour la France ! Mais les dons de Dieu n’étoient pas encore épuisés, la fécondité continue dans la maison royale : Monseigneur devient

■ L<*4 électeurs de Bavière et de Cologne, retiréi en France.

* Le duc de Bourgogne.

^ U Saiiitc-Chapcllc de Paris.

U.VflMllN. Wi7

le père de deux antres pritices ' ; et ici s'ouvreut encore à nous de plus grands événements.

L’Espagne , de (oui lenips jalouse de notre gloire , et qui autrefois avoit voulu nous donner des maîtres , en vient chercher un parmi nous. Les prévoyances humaines échouent : les mesures d’une mai^on rivale se tournent contre elle : les desseias de Dieu s’accomplissent : la Castille devient le patrimoine d'un lils de France : les anciennes jalousies cessent : les deux nations se réunissent. Semblables à deux vaillants rivaux, lesquels, après avoir luiig-leinps combattu , et tout tenté fKKir se renverser sur la poussière, tirent des épreuves mêmes de valeur qu'ils ont faites l'un contre l’autre, le lien d’estime et d’amitié qui les unit ; et qui emploient les mêmes armes dont ils avoienl voulu se percer, à se prêter une défense commune.

Mais que vois-je ici? L’enfer se déchaîne; les temps de paix .sont abrégés; les jours mauvais reconunenceiU ; le lionheur de la France arme tous les peuples contre elle ; les deux couronnes réunies dans la même maison, répandent la (li.'>curde et la fureur dans toute l’Europe. Les roù des environs, alarmés des merveilles que le Seigneur vient d'opérer en faveur d’Isiaêl, s’entredisent, comme autrefois les rois de Cliaiiaan : Ce peuple va dévorer tous le«.|>euples, et engloutir tous les pays d’alentour : Delebit hicpopvlusomnesqui t» hoxtfis finibut commoraniur, (Nt'M.. x\ti, 4.) Ils ne voient pas que notre enlree est (tacilique, et que nous ne voulons que nous mettre en possession delà terre que le Seigneur a promise à nos pères. Cepeudaul une guerre ciJielle s'aliume : les nations coujurées fondent sur nous : Dieu semble même altandonner son peuple : il seiuUle oublier que i’uuion des deux mouarchie$«sl son ouvrage. Nous aurions attribué nos succès à notre puissance { il nous aftoiblil ; mais c'est pour devenir lui seul notre bouclier et notre victoire. Les iiilérétsel les passions liumaiues ne prévaudront pas contre les desseins de Dieu. Le sang de Blanclie de Castille demeurera sur le trône : le sceptre ne sera point ôté de la maison de Juda: Dieu qui fait les rois, saura les protéger. Nos prosptTilés et l’orgueil qui les accompagne, ravoient peut-être éloiguê de nous ; il faut que nos malheurs le rapproclient.

Déjà le jour arrive î Dieu sort du nuage où il s’éloit caché ; et je le vois qui recommence à se montrer à nous. Les succès sont rendus au bon droit : i’Amgon nous venge du Brabant : le chef

• Le duc d'Aujuu et le duc de Berr).

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de la ligue f«t frappé , et il n’est pins Ne chantons pas des clianis d'allégresse sur son tombeau , nous qui pleurons une perte semblable. Le deuil de nos ennemis ne sera jamais pour noos un jour de féufet de victoire. La religion ne sait pas se r^ouir de la mort d’un souverain Bdèle. Si la France perd un ennemi , l’Eglise perd toujours un César. Noos souhaitons seulement des jours plus heureux pour les peuples : noos demandons la paix plutdt que la victoire.

Descendez donc , Bile du ciel ! don du Très- Haut ! Que les deux princes que l’Eglise vient de perdre , réunis dans le sein de Dieu , et ayant dépouillé avec le corps terrestre , les intérêts et les animosités de la terre, vous obtiennent 1 leurs peuples ! Qu’ils soient devant Dien les ministres et les négociateurs d’une paix , qui n’a pu être jusqu’ici l’ouvrage des hommes ! Que le traité soit conclu dans les tabernacles étemels, en présence des anges tutélaires des nations , et apporté par enx sur la terre I Que la mort des deux princes , rjni finit tout pour eux , finisse aussi nos dissensions et nos troubles! Que la colère de Dien accepte ces deux iiigstres victimes! Que leurs cendres sacrées mêlées ensemble soient répandues sur les deux peuples en signe d’alliance ; et qn’un malheur commun devienne la source d’une joie commune ! Mais ces venu rmt échappé i la vivacité de nos désirs ; et les désirs ne consultent pas toujours l’ordre des temps. Ne bâtons pas le triste spectacle de la mort do prince qne nous pienrons, et rentrons dans notre sujet

Qne paroissoit-il manquer an bonheur d’un père tendre comme Monseignenr, si le bonheur étoit domié sur la terre ? L’amitié du roi, l’amour des peuples, les plus grandes espérances du prince son fils , que la loi du royaume et Tordre de la naissance, mais plus encore, qu'une prédilection siagulière de Dien sur la France , nons destine : le prince son second fils sur le IrAné d’Espagne , etmaltredelaplua va^e monarchie de l’Europe ; son autorité affermie contre les efforts d’un concurrent, par nn successeur * qne Dien donne i sa couronne, et par la fidélité inouïe de ses peuples.

Princes heureux devant les hommes! Mais qn’est aux yeux de la foi le bonheur humain? que doret-il? et dans sa courte durée, combien tralne-t-il avec lui de fiel et d’amertume ? Quel privilège ont ici les princes au-dessus du peuple ? tout ce qui

■ liact de reopemir JoMpli , anivée ai mta» Uopa <pM oelie de Mooietsôeur.

• Niiitanos do prince des Admin.

FUNÉUliK

les environne, les rend- il heureux ? Hélas ! tout ce qui est hors de nous , ne sauroit jamais faire un bonheur pour nous. Les plaisirs occupent les de- Ihhs; le dedans est toujours vide. Tout parolt joie pour les grands , et tout se tourne en ennui pour eux. Plus les plaisirs se multiplient, plus ils s’usent. Ce n’est pas être heureux , que de n’avoir plus rien â desirer, c’est perdre le ^aisir de l’erreur ; et le plaisir n’est qne dans Terreur, qui Tattend et qui le desire. La grandeur elle-même est un poids qui lasse. Les chagrins montent sur le trüne , et vont s’asseoir à cdté du souverain ; la fé- Ucité les rend plus amers. Le monde étale des prospérités; le monde ne tsil point d’heureux. Les grands nous montrent le bonheur, et ils ne l’ont pas. Quel est donc l’homme heureux sur la terre? c'est l’homme qui craint le Seigneur; c’est le Juste qui n’est pas de ce monde; c’est un coeur qui ne tient qn’â Dieu , et â qui la mort n’Ate rien qne l’embarras du corps terrestpe qui Téloignoit de Dieu.

Toumez-vons encore d’un autre côté , dit le Sage; la gloire même des bonunes, cette idole à qui le monde a de tout temps dressé des autels , n’est encore que vanité.

Elle ue manque point, cette gloire, an prince que nous regrettons. Une trêve long-temps désirée alors de nos ennemis, venoit de désarmer tonte l’Europe. Le roi , an milieu de ses succès , avoit préféré le bonlieur des peuples à des victoires,qniaont toujours le prix du sanq et le péril des urnes : quand du (end de la Hollande sort nn nouveau vme ’ de la colère do Seigneur, destiné de Dieu pour détrôner les pins saints rois , et être Tinstmment de scs vengeances sur les royaumes et sur les peuples : un prince profond dans ses vues; habile à fonner des ligues et à réunir les esprits ; plus heureux â exciter les guerres qn’i combattre ; plus à craindre encore dans le secret du cabinet, qu’â la tète des armées ; on ennemi que la haine du nom hançois avoit rendu capable d’imaginer de grandes choses et de les exécuter; un de ces génies qui semblent être nés pour monvoir â leur gré les peuples et les souverains ; un grand homme, s’il n’avoit jamais voulu être roi.

Il parcourt en secret toutes les cours d’Allemagne : il réunit toute l’Europe en bvenr de son usurpation. Le roi demeure seul défenseur des droits sacrés de la royauté : la cause de tous les souverains protégée , arme tous les souverains contre lui. L’orage est prêt à fondre sur nous ; le roi le prévient : déjà Monseigneur, â la tête d’une ar-

■ Leprtoced'oruite.

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