LV,H
Déjà des présages douleux nous ranooncent : le mal surmonte les remédies : le prince parolt menât» de plus près; soumis 1 Dieu, il adore la main qni le frappe : nulle impatience au milieu de ses douleurs ; la violence du mal toute seule nous apprend qu’il sou0re ; on n’en lire pas môme les plaintes nécessaires aux secours de l’art. Il ne se plaint qu’à Dieu seul , et ce n'est pas de ses donleurs : il ne sent qne le regret de ses fautes : il en trouve l’expiation dans sa patienee et dans ses désirs. line révolution soudaine l’accable ; elle répand déjà un nuage sur ses yeux , et arrête sor sa langue les paroles de pénitence et de réconciliation : il tend , par des signes de douleur et de repentir, les mains à l’Église; cette Église , dont il avoit toujours respecté les lois, qui venoit de le nourrir depuis peu de ce pain mystérieux qui Dit les délices des rois, et de laquelle sa naissance le destinoit à être le protecteur. Sa langue déjà immobile se délie enfin pour demander les grâces des sacrements ; ces grâces dont il avoit toujours usé avec tant de religion, et auxquelles les derniers mystères de la Pâque l’avoient vu participer avec des senlimenU de foi et de piété plus vifs et plus toucliants que jamais, comme s’il eût pressenti que ceua Pâque devoit être la veille et l’appareil de sa mort ; et qu’il ne boiroit plus de ce lueuvagc mystérieux , qu’il ne le bât de nouveau dans le royaume du Père céleste.
Mais enfin la foi supplée an ministère des hommes. Le feu du ciel tout seul peut allumer, quand il le faut, le sacrifice, et sanctifier la victime : ses désirs fervents devierment eux -mêmes la grâce qu’il demande : il ne lui en a manqué que la consolation : il en a eu l’effet et la vertu ; et nous en avons l’es|iérance.
Grand Dieu .' une ame si bonne et si religiense n’auroit-elle pas trouvé ouvert le sein de vos mlçéricordes éternelles ? un prince si fort selon le co-ur des hommes , ne seroii-il pas selon votre cœnr ? Recevez, Seigneur, le sacrifice de nos larmes et de nos prières ; regardez du haut du ciel sur ces ofirandes saintes : que le sang de la victime, qui coule sur l’autel , ne coule pas en vain pour lui : consolez la piété d’un roi et la douleur d’un père, qui ne demande plus que son fils vive , pourvu qu’il vive devant vous : que ce temple auguste parle lui-même en fiiveur du sang de saint Louis I Donuei cotre justice au fils du roi (Ps., utxi, t ), si ses justices se trouveirt défectueuses : phcez-le devant vous parmi ces saints rois set ancêtres, qui
.K-Oli.lNl».
occupèrent le trOne que u naissance loi destinoit : que le livre étemel le fesse rentrer dans la succession des Cltariemagne et des saint Louis, dont il sera exclu dans nos histoires; et rendez-lni dans le ciel h eonronne que vous n'avez pas routa permettre qn’il portât sur la terre.
Abssi soit-il.
ORATSON FUNÈBRE