‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 308 sur 348 · PRONONCÉE · texte numérisé non relu

PRONONCÉE

UANS LA SAlNTfrCHArBLUt DE PAAll.

^ magntij tffeftus tmm , et prœeesi emmes Hd quifuet'unl anl^ mr. in Jrrusulem...., et mgnoti qu*td quoque esset labor et affUcHo tpùHiile.

Je suU aevenu srand . j’ai mttpami ta sltire H co rnpmm toits mu qui m ont précédé (bas JérusAkra ; el J « recooi» qn’en cela même, il n'r arott qoe vanité et «mictioa d'ei-

ie.

Dieu seul est grand , mes Frères , et dans ces derniers moments snrtont , on il préside â la mort des rois de la terre : plus leur gloire et leur puissance ont éclaté , plus , en s’évanoni-ssant alors , riles rendent hommage â sa grandeur suprême : Dieu parolt tout ce qu'il est ; et l’homme n’est plus rien de totrt ce qu’il croyoit être.

Ileureni le prince dont le cn-nr ne s’est point élevé an milien de ses prospérités et de sa gloire • qoi , semhlahle à Salomon , n’a pas attendu que loote sa grandeur expirât avec lui an lit de la mort, pour avouer qu’elle n’étoit que vanité et alHiction d’esprit; et qni s'est humilié sous la main de Dieu , dans le temps même que l’adulation semhinit le mettre au-dessus de riiomme!

Oui, mes Frères, la grandeur et les victoires du roi que nous pleurons , ont été autrefois assez pnhiiées : la magnificence des éloges a égalé celle des événements : les hommes ont tout dit, il y a long-temps, en parlant de sa gloire. Que nous reste- t-il ici , que d’en parler pour notre instruction ?

Ce roi, la terreur de ses voisins, rétonnemcM de rnnivers, le père des rois; plus grand que tons ses ancêtres, plus magnifique que Salomon dans toute sa gloire, a reconnu comme lui que tout éloit vanité. Le monde a été ébloui de l’éclat qui l’environnoit : ses ennemis ont envié sa puissance : les étrangers sont venus des Iles les plus éloignées baisser les yenx devant la gloire de sa majesté : ses srrjeta lui ont presque dressé des autels

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et le prestifte qui se rorinoit autour de lui , n’a pu le séduire lui-ménie.

Vous l’aviez rempli, d mon Dieu ! de la crainte de votre nom : vous l’aviez écrit sur le livre éternel, dans la succession des saints rois qui dévoient gouverner vos peuples : vous l’aviez revêtu de grandeur et de magnilicence. Mais ce n’étoit |)as assez ; il falluit encore qu’il fût marqué du caractère propre de vos élus : vous avez récompense' sa foi par des tribulations et par des disgrâces. L'usage chrétien des prospérités peut nous donner droit au royaume des deux , mais il n’y a que l’afniclion et la violence qui nous ra.ssiirenl.

Voyons-nous des mêmes yeux, mes Frères, la vicissitude des cliose.s humaines ? sans remonter aux siècles de nos pères , quelles levons Dieu n’at-il pas données au nôtre ? Nous avons vu toute la race royale prcs(]ue éteinte : tes princes , l’espérance et l’appui du trône, muissoniiés  la Heur de leur âge : l’époux et l’épouse auguste, au milieu de leurs plus beaux jours, enrermés dans le même cercueil , et les cendres de renfant suivre tristement et augmenter l’appareil lugubre de leurs funérailles : le roi , i|ui avait pa.ssé d’une minorité orageuse , au régne le plus glorieux dont il soit parlé dans nus histoires , retomber tie celle gloire dans des mallieiirs presque supérieurs à ses anciennes prospérili's; se relever encore plus grand de toutes ces pertes , et survivre à tant d’événements divers pour rendre gloire à Dieu , et s’affermir dans la fui des biens immuables.

Ces grands objets passent devant nos yeux comme des scènes fabuleuses : le coeur se prête pour un munient au spectacle ; ratlendrissement finit avec la rcprèsenlalion : et il semble que Dieu n’opère ici-bas tant de révolutions, que (mur se jouer dans l’univers , et nous amuser plutôt t|ue nous instruire.

Ajoutons donc les paroles de la foi â celle triste cérémonie , qui sans cela nous prêcberoil en vain ; racontons, non les merveilles d’un règne que les hommes ont déjà tant exalté, mais les merveilles de Dieu sur le roi qui nous est ôté. Rappelons ici ses vertus plutôt (|ue ses victoires : montrons-le plus grand encore au lit de la mort , qu’il ne l’étoit autrefois sur .son trône , dans les jours de sa gloire. N’ôtons les louanges à la vanité que pour les rendre à la grâce. Et quoiqu’il ait été grand , et par Téclat inouï de son règne, et par les sentiments liéroïques de sa |iieté , deux réHexions sur lesquelles va rouler ce devoir de religion que nous rendons i la mémoire de très-haut , très-puissant et trèsexcellent prince Louis XIV du nom , roi de France et de Navarre : ne parlons de la gloire

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et de la grandeur de son règne, que pour en montrer les écueils et le néant qu’il a connu ; et de sa piété, que pour en proposer et immortaliser les exemples.

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