‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 310 sur 348 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l/onction sainte répandue snr les rois coasacre leur caractère, et ne sanctifie pas toujonrs leur personne ; Tétendue de leurs devoirs répond à celle de leur paissance : le sceptre est pintdl le titre de lenrs soins et de leur servitude, que de leur autorité ; ils ne sont rois , que pour être les pères et les pasteurs des peuples : ils ne sont pas nés pour eux seuls; et les vertus privées qni assnrent le salut du sujet toutes seules , se toumeroient en vices pour le souverain.

C'est à la sublimité de ces idées primitives , que l'Ecriture rapi>ellc l’éloge d’un des plus saints rois de Jtida. Il conserva son cœur fidèle à Dieu : Gufceruffrif ad Domimim cor ipsius (Eccu. , xlix, 3, 4) ; c’est le devoir essentiel de l'bomme. Il renversa les abominations de l'impiété et tous les

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monuments de l’erreur : Tuldal/ooiiuaftones impietafis r c’est le zèle du sonverain. Il affermit la piété dans les jours de péché et de malice, en l’ho- Dorant de ses faveurs et de sa confiance : fit diehis peecatorum corrotorarif picfnfem ; et c’est l'exemple que doit à ses sujets celui qui en est le pastenr et le père.

Louis porta en naissant nn fonds de religion et de crainte de Dieu, que leségarements mêmes de l’âge ne purent jamair effacer. Le sang de saint Louis et de tant de rois chrétiens , qui coiiloil dans ses veines; le souvenir encore tout récent d’un père juste, les exemples d'une mère piense ; les instructions du prélat irrépréliensible, qui présidoit à son éducation ; d’heureusés inclinations , encore plus sûres que les insiniciions et les exemples : tout paroissoit le destiner à ta vertu comme an tréne.

Mais , hélas î qu*est-ce que la jeunesse des rois? une saison périlleuse, où les passions commencent à jouir de la même autorité que le souverain , et à monter avec lui sur le trône. Et que pouvoit attendre Louis, surtout dans ce premier âge ; riH>mme le mieux fait de sa cour ; tout brillant (l'agrémenls et de gloire; maître de tout vouloir et ne voulant rien en valu; voyant naître tous les jours sous ses pas des plaisirs nouveaux , qni ailendoient à peine ses désirs; ne rencontrant autour de lui que des regards toujours trop instruits à plaire, et qui paroissoient tous réunis et conjurés pour plaire à lui seul; environné d’apoîc^istei des passions qui souffloient encore le feu de In volupté, et qui cherchoient à effacer ses premières impressions de Tertu , en donnant des titres d’Itonneur à la licence; au milieu d’une cour polie où la mollesse et le plaisir ont trouvé de tout temps le secret de s’allier, et même d’aller de pair, avec la valeur et le courage; et enfin dans un siècle où le sexe, peu content d’oublier sa propre pudeur, semble même défier ce qni peut en rester encore dans ceux à qui il vent plaire ?

Et cependant de l'exemple du prince , quel déi luge de maux dans le peuple ! scs mœurs forment ' bientôt les mœurs pnbüqiies : rimitation , toirjours I sûre de plaire et d’attirer des grâces , réconcilie I ramlntion avec la volupté : les plaisirs , d’ordinaire I gênés par les vues de la fortune, en facilitent les I avenues , et en deviennent la plus sûre route t des écrivains profanes vendent leur plume à l'iniquilé , et chantent des passions que le respect tout seul auroit dû ensevelir dans nn éternel silence ; de nouveaux spectacles s'élèvent pour en faire des leçons publiques : (ont devient In passion du souverain.

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O rois des peuples , dit l'Esprit de Dieu ; vous qui, assis sur votre trône, voyez avec tant de complaisance à vos pieds la multitude des nations ! c’est à vous que j’adresse ces paroles : yid vos, ù regvs ! suttt hi sennooes mei. (Sap„ vi,3, i, ô,tO.) Souvenez-vous que la puissance vousa été donnée d’en-haut ; que l’usage en doit être saint , comme l’origine en est sainte; qu’un jugement très-dur est préparé à ceux qui sont établis pour commander aux antres, et qu’i l’étendue de l’autorité l’abondance du châtiment est presque toujours réservée.

Mais ici les miséricordes éternelles préparées i Louis commencent à se manifester. Dieu le prépare de loinàla vertu, en armant les premiers traits de son autorité contre les vices. L’usage Itarbare des duels, ancien reste de la férocité de nos premiers conquérants, que la religion , et la politesse qu’elle met dans les mœurs, n’avoit pu depuis modérer ; que tant de rois avoieni vainement condamné , et qui avoit coûté tant de sang i la nation , fut aboli : et Louis consacra le commencement de son règne par une action qui a.ssure le repos et U tranquillité de tous les règnes à venir.

Oui, mes Frères, dans le temps même que Louis paroissoit encore loin du Seigneur , le Seigneur étoit déjà près de lui : les pa.ssions mêmes qui blessent son cœur, respectent sa foi. Quelle horreur pour ce genre d’hommes qui ne goûtent qii’â demi le plaisir , s’il n’est assaisonné d’impiété ; et qui paraissent ne se souvenir de Dieu , que pour le mettre dans leurs affreuses débauches! L'impie étoit proscrit, dès-là qu’il étoit connu : la naissance et les services , loin d’assurer l’impunité à l'irréligion , en rendaient le cliâtiment plus éclatant : les agréments mêmes de l’esprit , séduction dont on a tant de peine à se défendre , n’en avoient plus pour lui , dès qu’il y voyoit luire une étincelle d’incrédulité. Il ne connoissoit point de mérite dans l’homme qui ne connaît point de Dieu ; et l’impie , qui dit anathème au ciel , devenait à l’instaiit pour lui l’anathème de la terre.

Ainsi se pré|iaroit l’ouvrage de la sanctification de Louis. Mais sortons de ces temps de ténèbres, si inévitables aux rois, et si ordinaires aux autres hommes; périssent et soient à jamais effacés de notre souvenir ces jours , qu’il a effacés par ses larmes et |iar sa piété, et que le Seigneur a sans doute oubliés! Les premières années de la jeunesse des souverains, comme les commencements de leur naksance, se ressemblent pre.squc toutes : lYemo eiiim cj; reijibiis /laliuU atiud iialivilalis initiuni. (S.vi*., vu, 5.) Mais, si Louis lésa suivis dans ces premières voies des passions , oit sont les

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rois qui aient marché depuis avec autant de grandeur et de fidélité que lui dans les voies de la grâce ? où sont même ceux de ses sujets qui vivoient sous ses yeux , et que leur rang rapprochoit du trône? Hélas! imitateurs la plupart, pour ne pas dire coupables adulateurs, de ses faiblesses, ils ont peut-être fini par censurer sa vertu.

El ipielle vertu! uniforme, tendre, conslante. On ne vit point en lui de ces inégalités de piété si inséparables de l’inconstance des hommes, que l’uniformité toute seule lasse; que l’ennui du vice attire souvent tout seul à la nouveauté de la vertu ; pour qui l’usage de la vertu redevient bientôt un nouvel attrait favorable au vice; et qui, en repassant sans cesse du vice à la vertu, clierclient plus à soulager leur inconstance qu’à fixer leur infidélité.

Dès la première démarche que Louis eut faite dans la voie de Dieu , il y marcha toujours d’un pas (‘gai et majestueux. Un jour instruisoit l’autre jour; et une nuit donnoit des leçons semblables à l'autre nuit. L’histoire de sa piété est l'histoire d'une de scs journées; et hors les événements inattendus, qui montraient en Ini de nouvelles vertus , la vertu du premier jour fut celle du reste de sa vie.

Soins immenses du gouvernement, dont il portait presque tout seul le poids, vous R’interrompltes jamais fexactitude de ses devoirs religieux ; jamais la vie de la cour, toujours inégale parce qu'elle est oiseuse, ne dérangea la respectable uniformité de sa conduite ; et dans un lieu où le caprice et le loisir sont si ingénieux à varier les jours et les moments , Louis seul étoit le point fixe où tons les jours et tous les moments se trouvoient les mêmes : vertu rare , dans les princes surtout , que rien ne contraint , et en qui l’inconstanee de l'imagination est sans cesse réveillée par le choix et la multiplicité des ressources.

La piété et la bonne foi des dispositions répondoient à l’exactitude des devoirs. Quelle profonde religion aux pieds des autels ! avec quel respect venoil-il courber devant la gloire du sanctuaire celte tête qui portoit, pour ainsi dire, l’univers ; et que l’âge , la majesté, les victoires rendoient encore moins auguste que la piété ! Quelle terreur en approchant des mystères saints et de celte viande céleste qui fait les délices des rois! Quelle attention à la parole de vie I et malgré les dégoûts et les ccnsuresd’nne cour éclairée et dinicile,quel respect pour la sainte liberté du ministère et pour les défauts mêmes du ministre! /I uoiis en a dit asse: pour nous corriijer , répoiidoit-il à ceux de sa cour qui paroissoient méconteuts de l’instruc-

Dt LUUIS-LL-GIIAM).

liun. Quelle tendresse de conscience ! qnelle horreur pour les plus légères transgressions ! Tout le bien qui lui fut montré, il l’iima; et s’il n’accomplit |ias toute justice , c’est qu’elle ne lui fut pas toute connue. C’est la destinée des meilleurs rois; c’est 'e mailieur du rang , plutôt que le vice de la personne.

Mais l’épreuve la moins équivoque d’une vertu solide , c’est l’adversité. El quels coups , ô mon Dieu ! ne prépariez-vous pas il sa constance ! Ce grand roi , que la victoire avoit suivi dès le berceau , et qui comptoit ses prospérités par les jours de son règne ; ce roi dont les entreprises toutes seules annonçuient toujours le succès ; et qui jusque-li , n’ayant jamais trouvé d’obstacle , n’avoit eu qu’à se délier de ses propres désirs; ce roi dont tant d’éloges et de trophées publies avaient immortalisé les conquêtes , et qui n’avoit jamais eu à craindre que les écueils qui naissent du sein même de la louange et de la gloire ; ce roi , ai lung-lempa maître des événements, les voit, par une révolution subite , tous tournés contre lui. I.es ennemis prennent notre place : ils n’ont qu’à se montrer , la victoire se montre avec eux : leurs propres succès les étonnent ; la valeur de nos troupes a semblé passer dans leur camp ; le nombre prodigieux de nos armées en facilite la déroute : la diversité des lieux ne lait que diversifier nos malheurs : tant de champs fameux de nos victoires sont surpris de servir de théâtre à nos délhites : le liriiple est consterné ; la capitale est menacée ; la misère et la mortalité semblent se joindre aux ennemis . tous les maux paroissent réunis sur nous ; et Dieu qui nous en préparoit les ressources , ne nous les montroit pas encore ; Denain et Landrecies , étoieiit encore cachés dans les conseils éternels. Cependant notre cause était juste; mais l'avoit-elle toujours été ? et que sais-je si nos det^ iiières défaites n’expioient pas l’équité douteuse , ou l’orgueil inévitable de nos anciennes victoires ?

Louis le reconnut, il le dit : J'arels aulrr/bfs «ntre/n’is la gusrrs légèrement , et Dieu uroit semlilé me fatoriier: je la fais pour soalenir les droits légitimés de mon peiil-flls à la rouronne d'Espagne, et il tn’abondoniie ; il me préparait cette punition que j’ai méritée. Il s'humilia sons la main qui s’appesantissait sur lui ; sa foi ôta même à ses malheurs la nouvelle amertume que le long usage des prospérités leur dorme toujours : sa grande ame ne panit point émue ; au milieu de la tristesse et de l’aliattement de la cour , la sérénité seule de son augnste front rassurott les frayeurs publiques. Il legarda les châtiments ducieleorame la peine de l’abus qu’il avoit (bit de ses faveurs

passées ; il répara par la plénitude de sa .soumission , ce qui pouvoit avoir manqué anlrefois à sa reconnoissance. Il s’étoit peut-être attribue la gloire des événements ; Dieu la lui ôte , pour lui donner celle de la soumission et de la constance.

Mais le temps des épreuves n'est pas encore fini. Vous l’avez frappé dans son jieuple , ô mon Dieu ! comme David ; vous le frappez encore comme lui, dans ses enfants ; il vous avoit sacrifié sa gloire , et vous voulez encore le sacrifice de sa tendresse.

Que vois-je ici? et quel spectacle attendrissant mênoe pour nos neveux , quand ils en liront l’Iiistnire ! Dieu répand la désolation et la mort sur toute la fomllle royale. Que de têtes augustes frappées ! que d’appuis du trône renversés ! Le jugement commence par le premier-né : sa bonté nous promettoit des jours heureux; et nous répandîmes ici nos prières et nos larmes sur ses cendres chères et augustes. Mais il nous restoit encore de quoi nous consoler. Elles n’étoient pas encore essuyées, nos larmes ; et une princesse aimable ' , qui délassoit Louis des soins de la royauté , est enlevée dans la plus belle saison de son âge aux charmes de la vie , à l’espérance d’une couronne , et à la tendresse des peuples , qu’elle commençoit à regarder et à aimer comme ses sujets ! Vos vengeances , ô mon Dieu ! se préparent encore de nouvelles victimes : ses dernier soupirs soufilent la donleur et la mort dans le ctrur de son royal époux ’. Lés cendres du jeune prince se hâtent de s’unir à celles de son épouse ; il ne lui survit que les moments rapides qu’il faut , pour sentir qu’il l’a perdue ; et nous perdons avec lui les espérances de sagesse et de piété qui dévoient faire revivre le règne des meilleurs rois , et les anciens jours de paix et d’innocence.

Arrêtez, grand Dieu! montrerez -vous encore votre colère et votre puissance contre l’enlànt i|ni vient de naître ? voulez-vous tarir la source de la race royale? et le sang de Charlemagne et de saint Louis , qui ont tant combattu pour la gloire de votre nom , est-il devenu pour vous comme le .«ang d’Acbab , et de tant de rois impies dont vous exterminiez toute la postérité?

Le glaive est encore levé , mes Frères ; Dieu est sourd à nos larmes, à la tendresse et à la piété de Louis. Cette (leur naissante , et dont les premiers jours étoientsi brillants, est moissonnée *; et si la

' AütHalde de Savoie.

* Le duc de Bour^oi^nc.

3 Mort du duc fie Bretagne , frire aîné de Louis xv, arrivée encore peu de apr^.

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cruelle morl sc cimtoiilc de im iiacer celui qui est encore aUaclié à la luamelle ‘ , ce reste précieux que Dieu vonloit nous sauver de tant de pertes , ce o’est que pour linir cille triste et sanglante scène par nous enlever le seul des trois princes ' qui nous restoit encore pour présider à son enfance, et le conduire ou l'afTeriiiir sur le Irùce.

Au milieu des débris lugubres de son anguste maison, Louis demeure ferme dans In foi. Dieu süuniesursa nombreuse postérité, et en un instant elle est effac e comme les caracières tracés sur le sable. De tous les princes qui l’environnoient , et qui funnoient comme la g!oirc et les rayons de sa couronne , i) ne reste qu'une foible étincelle , sur le point même alors de sVteiiulre. Mais le fonds de sa foi ne peut être épuisé par .ses malheurs : il espère, comme Abraliam , que le seul enfant de la pm> messe ne {Kirira point : il adore celui qui dispose des sceptres et des couronnes ; et voit peut-être dans ces pertes domestiques la miséricorde qui expie , et qui achève d’effacer du livre des justices du Seigneur, ses anciennes passions étrangères.

I^uis conserva donc à Dieu un cœur fîdèle : Guèeranrtl ad Dominum coi ipsuts; et c’est là le devoir essentiel de l’homme. Mais jusqu’où ne poria-t-il point son zèle pour l’Eglise; celte vertu des souverains , qui n’om reçu le glaive et la puissance , que pour être les appuis des autels et les défenseurs de sa doctrine? TulH abominaiionet impielaiis.

Ici les événements parlent pour moi : cl les plaintes séditieuses deriieré.sie cha.ssée du royaume, qui ont si lung- temps retenti dans toute TEuropc; et les clameurs des faux prophètes dispersés, qui sonnuienl partout, à l’cxeinplede leurs pères, le signal de la guerre cl de la vengeance contre Louis , ont fait avant nous l’éloge de son zèle.

Spécieuse raison d'Etat, en vain vous opposâtes à Louis les vues timides de la sagesse humaine; le cwps de la monarchie affoibli par l’évasion de tant de citoyens ; le cours du commerce ralenti , ou par la privation de leur industrie, ou {>ar le transport furtif de leurs richesses; les nations voisines protectrices de l’iiérésie , prêtes à s'armer pour la défendre! I^s périls fortifient son zèle; l’iruvrede Dieu ne craint point les hommes : il croit même affermir son Irène en renversant celui de l’errenr: les temples profanes sont délniits ; les chaires de séduction, aliaitiies; les prophètes de mensonge, arraciiés des lrotq>caux qu’ils .séduisoienl ; les assemblées étrangères, réunies à rassemblée des fi-

* Le roi Loiùi XV fut aloTi à rcilreiiiilé.

• Mort fUi duc de Berry, oucle du roi Louis W.

dèles.Leoiurde st^raiiimrsl ôlc: iinsFrèm viennent retrouver aux pieds de nos aulels, avec les tombeaux de leurs ant^lrcs , les litres d(imcsli(|iirs de la foi dont ils avoieut degéiicrv : le lentps , la grâce , rinstruction achèvent peu è peu un changement dont la force n’ohüent jamais que les apparences; et l’erreur, qui née en France semMoit y avoir jeté des racines étemelles ; et celle zizanie qui tant de fois axoit pensé étouffer parmi nons le bon grain ; et l’hérésie depuis si long-temps redoutable au IrAoe , par la force de ses places , par la foiblesse des règnes précédents forcés à la tolérer, par uii déluge de sang français qu’elle avoit bit verser, par le nombre de ses partisans et par la science orgueilleuse de ses docteurs , par l’appui de tant de nations et même par l’ancien souvenir et l’injustice de celte journée sanglante qui devrait être effacée de nos annales , qnc b piété et l’humanité désavoueront toujours , et qui , en voulant l’écraser sous un de nus derniers rois , ranima sa force et sa fureur, et fit, si je l'ose dire, de son sang la semence de nouveaux disciples : rbérésie, i l’abri de tant de remparts , tombe au premier coup que I,ouis lui porte , disparotl, et est réduite ou à se cacher dans les ténèbres d’où elle éloit sortie, on à passer les mers, et à porter avec ses bux dieux sa rage et son amertume daus les contrées étrangères.

Heureuse si la soumission eût précédé les chjtiments ; si, au lieu de céder i l’aulorilé , elle n’edt cédé qn’ù la vérité; et si sesseclateurs, contents h plupart d’obéir en apparence an souverain, n’eussent tiré d’autre avantage du zèle de Louis , que de laisser à leurs enfants et i jeurs neveux le bonheur d'obéir aujourd'hui à l’Kglise Mais enfîn ht France, à la gloire élernclle de Louis, est purgée de ce scandale ; b contagion ne se perpétue plus dans les familles; il n’y a plus parmi nous qu’on bércail et un pasteur ; et si la crainte fit alors des hypocrites, l’instracüooa fait depuis, de ceuxqni sont venus après enx , de véritables fidèles,

Anssi sous quelque couleur que l’erreDr chercbâl i reparoltre , elle réveilloil également le zèb et la piélé de Louis. Vaines idées de perfection , qui sous prétexte d’élcver l’homme jusqu’à Dieu , le laissiez tout entier à loi-méme , et lui faisiez de b pureté sublime de sa vertu , la sûreté de son libertinage ! nouveau système d’oraison , si inconnu à b simplicité de la foi , et qui mettiez l’acquiescement oiseux et le fanatisme de vos prières à b pbee des devoirs et des violetices de l’Évangile ! doctrine impie et ridicule qui cherchiez à persuader, en secret , que b prière qui seule noos obtient b grâce de sormonter les tentaUons , nous donne

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