DE LOUIS
eUe-mfme le ilroil d’y sueeoinber saas crime ! Louis eut horreur de vus blasphèmes; il arma le zèle de l’Eglise coiilre les pièges mystérieux que vous tendiez à la piété : et le grand évêque ' qui, pour démêler vos illusions, s’en étoit presque laissé éblouir ; plus séduit par son amour pour la prière que par les fausses maximes qui en abusoient , se joignit à la voix unanime des pasteurs contre luimême; laissa un exemple ê l'épiscopat, qui sanveruit à l’Eglise bien des scandales s’il étoit imité; et cliaiigea , par la candeur et la promptitude de sa soumission, les éclairs et les foudres de l’Église, qui le menav'oient, en une pluie abondante de grâces et de bénédictioiis pour lui : Fulçura t» pluriuin ferit. (Ps., cxxxiv, 7. )
Mais riiomme emienii veille toujours pour semer des scandales dans le ciiamp du Seigneur.' La vérilé a triomphé de l’hérésie et du fanatisme, mais la paix que nous attendions n’est point encore venue : £jrsperlartaius parent , et non erat boiium. ( Jerem. , rin, 15. ) Les mystères de la grâce , où l’orgueil de l’esprit humain a si souvent échoué, écliauffent de nouveau les esprits ; les pasteurs de l’Eglise, qui toujours unis entre eux ne devruient jamais prendre les armes que contre les ennemis du dehors, se divisent, comme s’ils avoient des intérêts et des espérances différentes : les espiits s’aigrissent , les disputes s’animent ; ce n’est partout que trouble et que confusion. Grand Dieu à quoi aboutiront ces dissensions funestes ? un siècle entier de contestations ne devroit-il pas en avoir enlln ralenti la fureur? Les troupes des Philistins nous environnent; au lieu de nous réunir pour repousser les infidèles, c’est noos -mêmes qui leur fournissons des prétextes spécieux d’insulter aux armées du Dieu vivant ! Mais laissons une matière dont le seul récit ne peut qu’aflliger les enfants de l'Eglise qui ont quelque amour pour celle mère commune des fidèles .- il sufiit à mon sujet de dire que l-ouis n’eut rien tant à cœur que de voir la concorde et l'union régner parmi les pasteurs ; la foi maintenue dans la pureté; les fidèles point partagés entre Paul , Apollon , ou Céplias, mais uniquement attachés à Jésus-Christ et ê son Église ; et que c’étoit U constamment le bol de toutes ses démarches. Dieu ne lui a pas donné la consolation, avant de nwurir, de voir finir nos tristes dissensions ; mais avec quelle douleur les voyoil-il se perpétuer dans son royaume ! Les mallieurs de l’Etat le irouvolent constant ; les troubles de la religion fiélrissoieni son cffiir , et effaçoient l’auguste sérénité de son visage; et dans le lit même
■ M. de Fénelon . achevéquc de Cambray.