‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 319 sur 348 · LE SECOND DIMANCHE DE L'A\’£NT · texte numérisé non relu

LE SECOND DIMANCHE DE L'A\’£NT

SVA LES AFFUCTIOKS.

Divis oiv. On oppose tous les jours dans te monde trois prétextes à fusagr rhrétien des affiietions, /. Le pri~ texte de la propre faiblesse. //. Le prétexte de Vexcès ou de la nature des affiicHons. III. Le prétexte des obstacles qu'elles semblent mettre à notre saltU. Ce sont ces prélextes qu’il fout confondre.

1'* Partie. Pmnier prétexte : La propre faiblesse. On avoue et on se plaint qu’on n'est pas né tsses fort, qu’on est d’an cvactère trop sensible pour comerver on oomr soumis et tranquille dam l’affUctimi. Maisc’ert parce que vous êtes foible que te Seigneur doit vom foire passer par des tribulatioas et des amertumes : car ce oc sont pas les forts qui ont besoin d’être oe sont les foibles. Votre foiblesse, d’ailleare , vient de votre cupidité, et la prospérité oe seroit prof^ qo’à l’augmenter. De pim, tous tes préceptes de l’Evangile demandent de la force * dire donc que l’on est foible, pour excuser son imptUenoe , c’est dire que TEvangtle tout entier n’est pas foit pour noua. Enfin , quelque foitdes que nous puissiom être, nom devom avoir cette ixmAsocc en la bonté de Dieu, qo’U ne permettra pas que nom soyom éprouvés, affligés, tentés au-delà de DOS forces ; et que son dessein , en répandant des amertumes sur noire vie, est de nom porifier et de nous sauver.

ID Partie. Second prétexte : Vexcès ci la nature des aiffictions. Nom nom Bçrsuadoos que nous porteriomaveerésignatiini des croix d’une antre espèce ; mais que cettei dont te Seigneur nom accable sont d’un caraotere à ne recevoir ancuoc ooneolation , et qu’il est diffldic de conserver sa patience et l’égalité dans no état où 1e hasard parolt avoir raœmblé pour nous seuls mille drcooslances déadtotes.

Mais, premièrement, pim nos afflidions noos paroisseot extraordiniires , moim nom devom croire qu’il y entre du hasard : plus nom devons nous dire à nons-mémca , que le Seigneur oc veut donc pas nous laisser périr avec la multitude, puisqu’il oom mène par des voies si singulières. Secondement, des calamités communes n’auroient réveillé notre foi que pour on imtant; tes plaisirs, les consolations humaines auroient btenlOt charmé noire tristesse, et nous snroieot rendu le goût du monde et de ses vains amutem«its : ainsi le Sei^cnr, en nous ménageant des peines fixes et conxtaotes, a voulu prévenir notre loconsteoce, et nous attacher pour toujours à son service. Troisièmemeot , si nom mdtom dam noe balance , d’on cdté , nos

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(Times; de l’antre , nosafflicUoiis. noos Irouveroos que nous souffrons l>eaucoup rooios que nous n’aTons mérité de souffrir. Enfin c'est l'amour excessif de nous-raè* met et notre dureté pour nos frères • qui grosnssent A DOS yeux nos propres malheurs ; Us noos paroitroieot moins grands « si nous étlous moins passionnés ei pins compatissants.

III* Paktie. Troisième prétexte : Les tAtiacUs que tes afUictUms semblent mettre au salut. Qaand ou exhorte les âmes que Dieu afRige, de frire de oes afflictions pamgères le prix du ciel et de rétemllé , elles répoodentaouvent quedans œt état d'aocablcmeoton n’est capable de rien ; que les contradictioDs au milico desquelles oo vit aigrissent l’esprit et révoltent le cœur, et qu’il frnt être tranquille pour penser A Dieu. Or je dis que de tous les prétextes dont on se sert p<mr justifier l'usage peu ebrében des affilctions » c’est id le plus insrasé et le i^os coupable : le plus coupable ; car c'est blasph^ mer contre la Providcooe , de prétendre qu'elle noos place des situations incompaUtries avec notre salut;

elle qui ne permet rien ici-bas que pour frciliter aux hommes les voies de la vie étemelle : le plus insensé ; car une ame ne revient A Dieu qu'en se détaobaot de ce monde misérable , et rien ne l’en détache plus riflcaoement que les amertames qu'elle y troove.

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