‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 321 sur 348 · LE TROISIÈME DIMANQIE DE L'A VENT · texte numérisé non relu

LE TROISIÈME DIMANQIE DE L'A VENT

SUR LE DÉLAI DE LA COlWERSlOtC.

DivisiOfr. Lepéchew diflèmoconcerrio», l,ou parte qu’if croif que la grâce l» manque . //, ou parte

qu’il s'imagine qu'un jour, rerenu du monde el de ses passions, il sera pfue en état de commencer une rie chrétienne et de soutenir cet engagement : deux prétextes que je me propose aujourd’hui de comèottre.

r* Partie. Premier prétexte. La grâce me manque, dit-on, et je l’attends : la conversion n’est pas l’ouvrage de lli^mc; c’est A Dieu seul A changer le cœur : prétexte vulgaire , mais injuste , si noos considérons le pécheur qui l’allègue ; téméraire et ingrat, ri nous avons égard A Dieu à qui il s'eo prend; ioseasé et insoutenable, ri nous l’examiaons en Ini-mème.

t * Si oous considérons le pécheur qui l’all^ae, il est injuste. Car plein de passions comme vous êtes, mMi Frère , avex-vous rsium d’attendre et d’exiger que Dieu TOUS fasse sentir un grand goût pour la piété? cela estil mémo possible ? Mais Je dis plus : secondement, quand Dieu opéreroit dans votre emur, aenliriex-vous l'opération de sa grâce f quand il vous appclleroil, l'entendriex- Toos? quand il vous toucheroU, cescoÜiDeiil auroit-U quriqoe suite pour votre couTersioD ? Troisièmeoient eoflu , sur quoi tous fondez-Toos pour nous dire que la grâce tous manque? Votre fie tout entière n’est-elle pas un enebaioement de grâces continuelles? Mais vous croycx peut-être qu’aToir la grâce, c’est se coofertir sans qu’il en coûte rien : ah 1 je tous réponds que sur ce pied-IA TOUS ne Taures jamais; et que c’est être résolu de périr, d’atteodre une grâce de cette nature.

2* Ce prétexte est téméraire et ingrat , par rapport A Dieu A qui le pécheur s’en prend. Car tous dites que Dim est le maître de tous convertir et de vous sauver quand il voudra ; c’est-A-dire que votre salut, cette uniqoe affrire que vous ayex sur la terre, Dieu vous en a pleineroeal déchargé pour la prendre tout entière sur lui seul. Mail dans quel Évangile nous montrerei-TOui cette promesse ? ce ne sera pas assurément dans celui de Jésus-Christ.

3® Eufln ce prétexte est insensé en lui-même. Car après tout, supposons que la grâce tous manque, qu’en conclues-vous? que les crimes où tous tous plonges tous les jours, ri la mort tous surprend , ne tous damneroot pas? TOUS n'oseriex le dire : que vous n’avex qu’A vivre tranquille dans vos désordres, eu attendant que 1a grâce voua soit donnée? mais il est eiiraTagant d’attendre la grâce en s'en rendant tous les jours indigoe : que vous n'étes pas coupable devant Dieu du délai de votre ooaversion ? mais tous les pécfaeun qui diflèrcat et qui meurent impénitents seroieut donc justifiés : que vous ne devei plus vous luellre en peine de votre salut? mais c’est le parti du désespoir et de lluipiété ; que le moment de votre cooTersioo est marqué, et qu'un peu plus ou un peu moins de dérèglement ne Tavincera ou ne le recalera psa d'un Instant? maia vous n’avei donc auni qu’A TOUS percer le cœur d’un glaive , sous prétexte que le moment de votre mort est marqué. La seule cooséqoence sensée qu'U vens soit donc permis de tirer, snppœé que la grâce vous manque , c'est que vous devci prier pim qu’un autre pour l’oblenir, lui préparer les voies et éloigner tous les obstacles qui vota Tout rendue jiBqu’ici inutile.

Il* Partie. Second {Ȏlexle : On ss /laits qn'dii jour, revenu du monde el de ses possi(ms, on sera plus en

ANALYSES DES SERMONS

de rummcnetr im< rie cbrelUitne et de loiilenir cet engagnnent.

Mail, 1" qui TOUS • dit qu« \oui arrifares au larme que TOUS tous marquez à Tous-méma?

2** Sur quoi vous promeliez'vous que rdgechaDgera Totre cœur? T/àgcchangra-t-il le cœur de Salomon, de Saûl , de J^sal>cl, d'IIf'rodiit? Non, Tige n’a point eo> core fail de eonrersion. D'ailleurs , le Seigneur o’est*i! pas le Dieu de tous les temps et de tous les iges ? pour* quoi lui dierez*To<is donc la plus belle partie de TOt années pour la consacrer an démon et à ses (Purres f Eu* fln, pins TOUS difTérvz , pins tos maux deriepoeol incurables : tous pouTet bien à la Térité tous lasser des ob* jets qui aujourd’hui tous captirent ; mais tos passions ne finiront pas pour cela ; ou si le temps et le dégoât y melteol fin , vous n'en sern pas plus arancé pour le salut ; Totre cœur, libre de passion particulière, sera comme plein d'uno passion nniTersrlie; et la «Ufllculté de sortir de cet élal sera d'antant plus grande , que toqi n'anres rien de marqué à quoi tous prendre.

S* Mais ta ronrersion , dites-TOus , est un coup d'éclat qui Dons engnge enrers le pnblie. et qu'on craint de ne pooToir soutenir. Eh quoi t en différant de TOuieouTertir, Tons TOUS promettez que Dieu toi» touchera un jour? et en tous conTorlissant aujourd'hui, root n'otez TOUS promettre qu'il tous soutiendra? D'ailleurs la rhose ne ?aul*clle pas du mmns la peine d'ètre tentée f et quand toi» auriei le malheur de retomber, ne aeroîtce pas toujours un atauiage d'aroir passé quelque temps dans la pratique de la Tcrtn , et on sujet d'espérer des grâces pli» puissantes de In bonté de Dieu?

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