LE QUATRIÈME DIMANCHE DE L'AVENT
SUU LES DISPOStTIOKS A LA COMMUHION.
Divimott. Quatre dispositiimz sont nécessaires pour communier dignement et arec fruit ; une fai respectueuse qui nous fasse disrerner} une foi prudente qui nous fasse éprouver ; une foi ardente qui nous fa*se aimer; une foi généreuse qui nous fasse immofer. C'est le preris de la dorfrine de {'.Apôtre, et le st^jet de ee discours.
!”■ Dispositioît. f'ne foi respeetneuse qui nous fasse disremer, qui, malgré le Toile dont le véritable Moïse se couvre sur cette montagne sainte, ne laisse pas de voir tonte sa gloire ; qui est saisied'une liorreur religieuse à la seule présence du sanctuaire, qui sent tout le poids delà présence d'un Dieu, et qui effrayée s'écrie comme Pierre; Relirez-Tous de moi, Seigneur, parce que je ne suis qu’un homme, et un homme pécheur.
Mais en reste-t-il, de cetle foi, sur la terre? on croit, mais d'une foi superficielle, qui s'en tient pour ainsi dire A la surface de ce sacrement , et n’en approfondit pa« la vertu et les mTtièros ; qui ae termine à des hommages extérienrs , qui ne sent rien , qui n'a point de suite dans la vie; en on mnt, qui n'a rien de vif, rien de grand , de sublime , de digne du Dieu qu'elle nous déconvre.
IP DisposmoK. Une foi pntdente qui nous fasse éprouver: mais sur quoi nous épronTeroos-nuus ? sur h sainteté de ce sacreiuent et sur Dot re propre oorn^>ÜûOi, CéitUchalr de JésinK^hrift, c’est le paindea auges,
c'sfl l'Agneau sans tache qui ne root Autour de sou au» tel que ceux ou gui o'oui pas souillé leurs Tétemen;s ou qui les ont lavés dons les larmes de la péuiteoce : c'est uu atyroe pur; il faut être ciempt du vieux levain pour en manger : c'est la viande des furts; une ame foible, cbaucelante, mal arfermie, qui tourne à tout vent, qui plie au premier obstacle, qui se brise au premier écueil n'est pas eu élal de s’eu nourrir : c'est 1a pAqoe dea disciples de Jésus-Christ ; il friit donc être de ce nombre pour y participer, c’csl-è-dire se renooeer soimême, porter ta croix et suivre Jésus-Christ ; eoftu c’est un Dieu si pur , que les astres sont souillés deraot loi : banuissoDS dmto de nos cœurs tout ee qui est indigne de sa sainteté.
111* Disposition. Ine foi ardente qui nous fasseaimer. J'ai désiré ardemment de manger cette péque avee Tous,disoil Jésus<Christ à ses disciples. Or,qaevoaloit-n noos apprendre par-li ? c'est qu'il but apporter A cette lable^vineun c<£ur embrasé, pénétré, consumé par l'amoar, no rmor impatient, empressé, svide; une faim et une soif de Jésus-Christ , qd nous presse d'aller A lui pour goûter combien il est doux. Mais, hélAst les uns y apportent an dégoût et une répugnance criminelle ; )ès aulres s'en approchent avecun cœur pssaot, un goût émoussé, une ame toute de glace; en snrtcqucics images du monde et de leurs passions font sur eux dm impressions bien pins rive que la présence de Jésus- Christ et le souvenir de ses mritèrcs : aussi portentils tonjnnn A l'aulel et en rapportent-iU les mêmes fbiMesset et les mêmes imperfections. Qnel sujet de trembler !
IV* Disposition. Tue foi généreuse qui nous fasse immoler : c’est ce que 1‘ Apôtre appelle annoncer la mort du Seigneur. Or, on annonce la mort du Seigneur en portant au pied du saocluaire im esprit de mort et do martyre; un désir sincère de sordr de celle prison de bouc, pour jouir de Jésus-Cliriil; un corps mortifié et immobile |K>ur les œuvres du péché; des yeux formés depuis long-temps à tout ce qui peut blesser la pudeur; une langue enviroQUée d'une garde de circouspeclion ; des oreilles impéoéLraliles aux sifQcmenli du serpent ; une ame ioaensible aux mépris comme aux louanges ; uueame hors de la portée des ëvénenieulv d ici-has, A répieuTc des révolutions de la vie, égale dans la lionne et dans ta mauvaise fortune, et toujours atlcniive S marc1k.t d’un pas ferme vers l'ésernité.
Ce n’est pas que je veuille exclure de l’autel tous reux qui n'ont pas encore atteint A la perfection de wt état ; mais il faut au moins y tendre et en avoir les pn^mices ; sans cela , communier c'est se rendre coupable du corps cl du sang du Seigneur.