‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 327 sur 348 · SECUND SERMON. — MOTIFS DE CONVERSION · texte numérisé non relu

SECUND SERMON. — MOTIFS DE CONVERSION

Proposition. Revenex de vos iniquités iMssécsj convertissez-vous au Stngneur.

1'* Motif. Ptus de farililès du côté de ros passions, lesquelles alfoiblies et rebutées par Us excès et les dcgoàts inséparables du crime, t ous ont fait sentir mUle fois qu’il n’y a de bonheur réritable à esperer pour cous ici-bas , que dans la justire et dans l'innocence.

La situation où vous êtes devant Dieu, après tant de crimes, et la triste destinée de votre aine, devroient être un motif suffisant pour vous déterminer à un changeinent et à une nouvelle vie. Goniment avez-vous vécu jusqu'ici ? vous avez abusé de tout , do votre raison , de votre corps , de votre cteur, de votre jeunesse , do vos talents, de vos biens, de vos places, de vos afflictions, des mystères, dessoleunités, des instructions , et de tous les autres secours que la religion vous a offerts. Quel vide , quell abîmes , quelles hoiTCiirs dans une (elle vie 1 et que n’avez-vous poiul à craindre?

Mais de plus b fin de votre vie qui approche, le peu de goût que TOUS trouvez déisormais à la plupart det plaisirs, b perte de vos amis, do vos proches; tout cela doit vous faire sciilir encore plus vivement la frivole de tout ce qui se (lassc, et le malheur d'une vie licencieuse et déréglée. Vous avez essayé de tout, et tout vous a lassé : Dieu vous rapjiellc à lui par les dégoûts qu'il ré|>Bud sur le crime, |>ar le vide que vous trouvez dans le monde et dans les plaisirs : quel préti>xte auriezvous donc de diff<TiT encore votre roiiversinn? Crojczvous qu’un senl scnliment do frayeur an Ut do b mort expiera tous le* crimes do votre vie? vous éhv> trop hcii- Tfox que le Seignem- , toujours Imn et misericordîeiiv ,

T uillc bien accepter les restes langniteanls de vos passions, et le rebut du monde.

Il* Motif. Moins d’oèslac/esdti edféde /a pcnilcRce, facilitée par la toi de ntoriification que l’Kglise impou à tons Us fidèles.

Vous êtes obligé de jeûner pendant coite sninte quaranbine; maisà quoi vous soniroi(-i1 de le biro. si vous ne vous couvertissicz pas ou Seigneur? Jeûner sam vous convertir, c’est porter le joug de la loi avec les Justes, el n’en partager |iasavec eux les grâces elles consola lious. Ce D’est pas que vous deviez ajouter au crime de votre pénitence celui de la transgression de te loi du jeûne , sous préU'ile que l’oIiservaDcc de b lettre ne sert de rien au pécheur olwitné dans le crime. Ainsi agit ! l'impie ; pour vous, à qui Dieu a peut-être marqué ce j temps de pénitence , comme le moment de votre salut ,

; entrez avec vos frères danscette sainte carrière de pénitence; offres à Dieu ce léger sacrifice, pour oliteuir celui de vos fiassions : commencez par b lettre, afin que l’esprit de vie vous soit donné : c'est toujours un corniiiencement de s.<lut , que d’accomplir le précepte.

Mais combien de vains prtHexles allègue-l-on fXMir s’en disficusert Des inflniiites chiovériques, une santé foilile et i»ée, quelque légère incommodité déjà éprouvée dans la pratique de l’abatinence; on n'oseroit alléguer de tels prtHextes, et ils ue reliennent persmme, dos qu’il est queslion de satisfaire les passions. On dit : qne ce n'est fias un point fort essentiel que l’alistioence j du Carême, et qu’il est assez indirTérent d’user d'uue viande idutùl que d’uue outre : c’est-à-dire que , pour , calmer ses remords , on rherchc à avilir dans son esprit la majesté des préceptes divins, comme si Dieu n’éloit pas egalement grand , soit qu’il défende à Cafn de rc- I pandre le sang innocent , soit qu’il ordonne au premier I liomnie de ne pas toucher au fruit défendu, j lir.MûTiF.f.esgrarcsp/u5aho»daNtesdurd(édeDteu,

I et plus rirespar l’exempU et Us mérites de Jesus-Christ,

I dont on ra rous rappeler U sourenir et Us mystères.

I Ce grand spectacle d'un Dieu qui verse son sang et ) qui meurt |>our noos, doit nous engager à entrer dans ) te voie de te fiénitenoc. La croix est le seul héritage que j Jésus-Christ ail laissé à son Eglise : elle fait proprement i le grand caractèce des chrétiens; ce n’cstque parla I eniit qu'ils sout distingués dos païens : il faut donc qn'ils parüeipciità la croix de Jésui>*Christ , s'ils veulent partager avec lui sa gloire et son immorfalité. I.e monde, il est vrai , et nos passions nous ûHirnisscnt des croix et des alflictiuns ; mais ce sont là les châlimenls de nob'c cupidllc, et non pas les remèdes de nos crimes : noua fiorioni la croix du monde, et c'est U croix de Jésox- Christ qu’il faut fxirter; afin que si nous ne pouvons évi.er b*s croix, nous fassions du moins qu’elles nous soient utiles. Hélas! ta croix de Jésus-Christ est moins amère el moins pesante que celle du monde : Il adoucit le joug qu’on porte pour lui, et le joug du monde est un jmig de fer qui meurtrit el qui accable. Profitons donc des grâces qui vont couler en ce suint temps de la omix de Jésus-Christ.

IV* Motif. Plus de secours du côtéde VÊglisef dont Us lannes et les prières, plus longues et plus ferrentes en ce saint temps, soUuitent la miséricorde dirinc m fareur des pécheurs,

L'Église, cette chaste épouse, ne s’occupe en ce suint

ANALYSES DES SERMONS

tempe que de la converaion de ms enféots : ses soupirs, •es lon^pics prières , tout le corps des Justes qui prie, et qui est toujours exaucü: les jeûnes, 'les macératious, les austérités que les vrais fidèles pratiquent en ces j<iurs de salut, et qu'ils ofTrent au Seigneur, comme un sacrifice d’expiation, pour le réconcilier avec son peuple : tout eela doit ouvrir les tn'<»or8 du ciel sur les iniquités de la terre. Si donc Judith toute seule réconcilia le Seîttneur avec son peuple, que ne devons-nous pas altendre de taotd’ames fidèles, qui en tout lieu prient pour vous en ce saint temps, et offrent au Seigneur leurs macérations pour obtenir le pardon de vos crimes? Ajoutez à cela les instructions que l’Église va vous donner, si capables d’exciter dans vos cœurs des sentiments de componction, si TOUS ne les fermez pas i la voix de Dieu. Ne résistons donc pas à Dien , qui nous ouvre en ce temps de propitiation tant de moyens de salut.

V* Motif. Pins de raisons lirées desra/amilrs pwfcfiques qui, nous faisant sentir la main de Pieu appesantie sur notts, nous arerUssent en même temps de l’apaitfr, en fînissantnos crimes, qui nous oui afflresaco/êre.

D’où viral que ce royaume, autrefois si fiorissanl, est maioienant plongé dans une tristesse amère et profonde? d'où Tiennent toutes nos perles et tous nos malheurs? Lm colère de Dieu éclate sur nos crimes : il a regardé du haut de son sanctuaire, et il a vu toute sorte de crimes et d'abominations au milieu de nous ; et alors il a versé sur nous la coupe de sa fureur et de sa colère. Mais quel usage faisons-nous de ccs^flénui publics? nous n’o{>po* •008 A la colère de Dieu que des plaintes inutiles, des Inquiétudes, des murmim's. Insensés cpic nous sommes, nous nous en pmions aux hommes, comme s’ils étoieot les auteurs de nos calamités. Remontons plus haut; les coups qui nous frappent, parient du ciel, qui punit nos crinm. Finissons nos désordjxs , et nos malheurs finiront bicntôL

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