‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 331 sur 348 · SVR LE RESPECT DANS LES TEMPLES · texte numérisé non relu

SVR LE RESPECT DANS LES TEMPLES

Division. Trois dispositions çiii doirent noitf flcrompogner dans nos temples, t. Disposition de pureté et d'inuorence. //. Disposition de frayeur et de reeueil’ lemeut. III. Disposition de (kcencect de modestie cxlèricnre.

!'• Partie. DlspofiHon de purete et d'innocence. La pn’icnce de Dieu répandue sur toute la terre, est une raison qui nous oblige de |«roltre partout purs et sans tacbe à scs yeux : aiLvsi le pécheur qui porte uuc conscience impure c*l-il une espèce de profana'.eiir de la terre. A oombien plus forte raison nos temples saints, qui s«>nt particulièrement consacrés à Dieu, où la divinité ellemême réside eorpon'llemeiit , pour ainsi dire, deinand Mit-ilsque nottsy paroissiens purs et sans lâche, de peur de déshonorer la sainteté de Dieti qui le» habite ?

Lorsque le temple de Salomon eût clé Mli , Dieu pnt les précautions les plus sévères, pour que les hommes n’osassent y paroltre en sa présence eoiiverls de taches cl de souillures. Après combien de barrières et de séparations se présciitoU le Saint des sainU; ur lieu inacoes* sibie à tout mortel, excepté au seul souverain pontife, qui n’y eniroit même qu’une fois dans rannée api'è* bien des préparations? La Itonté divine dans la loi de grâce n’a plus mis ces Iwrrièrcs terrible» entre lui et l'homme; il a pvTinis à tout fidèle d'approcher du Saint des saints : ma» ce n’est pas que sa sainteté exige moins d'innocence de la part des chrétiens: au contraire, il ▼cul nous faire sentir quelle doit être la sainteté du chrétien, obligé de soutenir tous les jours aux pieds de» autels la présence du Dieu qu’il invoque et qu'il adore; d'oti il s’cusuit que c'est la sainU'té seule qui nous ouvre ces portes sacrées et que nous ne sommes plus dignes d'y entrer, si nous sommes dis chrétiens impurs. En effet, tout ce qui se p'issc dans nos temples , les ni) stères que nous y célébnms, riiostic qu’on y offre, les cantiques sacrés qu’un y entend , tout eda suppose la jnslice et la sainteté dans les spectaUmrs : et c’est tellement l’inleotion de l'Eglise que tout qui est d.*ins nos icmpU's soit saint, qu'elle cmwaere meme les pierres de ces édifices sacrés , qtraiilri’roi.s elle refusoit des tomticaux aux corps des fldèle-s dans l’encerale de ses murs; et que les pénitents publics eux-mèmcsétoientcxcliLsdiiraiitlong-lemps de l'üssistaitceaux saitils mystères; ce n'étoieul que leurs lamies et leurs macérations qui leur ous niieut euOn les portes sacrées.

KS SEHMÜNS.

I L’i-iglist» , il est vrai , ne bit plus ce disocniemenl sé*

: vère ; mais l’Église sup(Kise que si vous u'etos pas juste,

^ en venant ici |«roitrt' «levant la majcxlé d'un Dnm saint,

. vous y purlex du moins des désirs de justice et de |>éuilence ; et ce sont «n-s dtsirs seuls qui peuvent vous aulorisiT, et vous donner droit de venir paroitre I ici dan» le lieu sairii. Et en effet, sc sentir coupable de\ crimes les plus liouteus , cl venir paroitre ici devant Dieu sans être touctié du moins de honte cl de dou- ’ leur, sans penser du moins ativ moyens de Mirtir d’un élat si déplorable, c’est profaner le tetiiple de Dieu, outrager sa gloire <‘t s:i maji'sté, et h sainteté de scs niystèn s : car dès que vous paroisses ici av ec un c«eur ' corrompu et emlun i , vous dilsavouez le niinislèi'c du I prélre qui offre à voire pLce, vous insulU*z à l’amour dt* Jésus-Christ lui-iiiéme qui vous offre â mn Père couiinc I une |K>i'tion de celle Église pure et sans tacbe qu il a layêc d:ins son sang ; vous insultez à la piélé «te l'Eglise, qui vous croyant uni A sn foi et à sa charité, vous met dans la b.niche des sentinicnls de religion, de douleur et de pénit4-nce : vous eics doue là comme uu anathème, et centime un imposli’ur , qui «lésavouez en secret tout ce qui se passe en public.

Il ne faut |K)urtaiil (las cooclure de là qu'il faut se bauuir de nos temples, lors«{u' on est pécheur. A Dieu ne plaise : c'esi alors qu'il faut v enir chercher sa dèlivrauce «iaiis ce lieu saint ; pui»«{ue ce n’est qu'ici où les pécheura peuvent encore trouver uo asile, cl des remèdes fl tous leurs maux.

Mais si le seul état de crime sans remords est une manièi'c d'irrévérence qui profane la sainteté de nos temple» et do nos mj sièrrs ; que sera-ce de faire du lempk> saint un rendez-vous d'iniquité, et de changer les asilt^s sacré» de notre sancdHc^lion , en des occasioav «le dén>glemcul et de licence?

II* Partie. Dispositionde frayeur et de rceneHlement. Dieuest(*spnl cl vérité ;ct c’est en esprit et eovéritéqu’il veut priiici|>alcmenl qu'on l'bonore, et non |>as seulement par la posture extérieure de nos corps : or l’esprit ' dans lo«|ucl nous dev ons paroilre devant lui est an esprit d’adoi'alion , de prières et d'action de grâces.

1” Un esprit d’adoration : c’est dans nos temples où I Dieu manifeste scs merveilles cl sa gramicur suprême ,

' où il descend du ci«‘l pour recevoir nos hommages. >o- I tre premier sentiment, lorsque nous entrons dans ce lieu I saint, doit donc èlre unsenUment de leiTeur, d<> silence, « de recueillement profond , d’anéoniissement intérieur à j la vue de la majesté du Très-Haut et de notn; propre I bassesse ; nous devons n’ôtre occupés qoe du Dieu qui se ' montre à nous. Mais, hélas! où sont dans nos tetnples , les âmes pénétrées de ces sentiments? on vient dans ce ; temple saint, non pas Iiouoint le Dieu qui l'habite, mais s’honorer souvimt soi-incmc d’un vain extérhmr de j piété, ou le faire servir à des vues et à des inléréts que la |>iété sincère coodainiie.

J 2“ Un esprit de prière : plus nous sommes frappés ici j de la grandeur et de la puissance du Dieu que nous ; adorons, pins no^ liosoins inflniN nous avertissent de rc- I courir à lui , de qui seul nous |mhivod» en obtenir la dé- I liv ronce et le rcnu'de: aussi le temple est appelé la ! mnisoii de prière. O n’isl |»as qu’on ne puisse prier I Dieu en tout lieu : mais le temple est l’emlroil on il sc • rend plus propice, et il nom a pnMiils d’élre toujours

Tir,

A>ALYSES DKS SERMONS.

présent pour ciaucernos et recevoir nos hommages; von* ïicveï donc y venir avec un csi)hl altoniif et recueilli. OpendanI , tandis que les minwli-es milonr de l'autel lévem ici les mains pour vous, et parlent au Dieu saint en votre faveur, vous ne daignez pas niéiiic ao* ionqvagiicr vos prières de votre alteiitiun et de votre respect, et vous diShonorez la sainte gravité des gémissenienls de 1 1-iglise, par im esprit de dlsstjmtioa, et |>ar votre indécence : aussi, au Unique les prièr<*s puliliqucs devi'oieiil arrêter le Uras du ïkigneur ih'puis long-temps levé sur nos tètes; bèlasl les jours niauvais durent encore , les temps de trouble, de deuil cl dedésolalinn ne f)Dis.sent pas.

3® Un esprit d'action de grâces ; puisque c’est ici , où non-seulement le Soigneur répand scs rivnirs cl ses grâces, mais où tout vous rap|:elir le souvenir de celles que vous aves reçues. Premièrement . c'est ici où vous êtes devenu tldèle; vous ne devez donc plus y |>aroltrc que pour ratifier les ongagenients de votre hapléme, et p<ïur l•e□le^cle^ le Seigneur du bienfait inestimable qui vous a associé A son jieuple, et honoré du lumi de chrétien. Lors doue qu'au lieu de porter aux pieds des mitris vos actions de grâces pour un bienfait sisigiKvlé, vous le déshonorez p:ir vos irrévérences, vousétesunenfanl dciiaturéqui profanez le lieu de votre naissance selon la fui et un chrétien perfide qui venez rétracter vn* promesses devant les autels mêmes qui en furent b>s témoins. Secondement, c'est daas ce lieu saint où sont élevés de toute |«rt dos tribimaux de récouctltalion et de miséricvirde, où Jésus-Clirist vous a dit mille ftiis par la liouchc de scs ministn’s : Mon tlls, vos péchés vous sont remis î où vous-même avez dit si souvent : Mon Père, j'ai |>ét hé contre le ciel ci devant vous : vous devriez donc venir renouveler à l'aspect de ces tribunaux, ces proniessf's de pimilcnce, ces sentiments de coiiiponition dont ils ont été si souvent (k'positaires, et vous venez y recommencer ilc nouvelles offtiises. Troisièmement, le temple est la maison de la doctrine et de la vérité ; et c'est ici où les mystèiTs du royaume des deux cachés A tant de nations infidèles, vous sont annoncés; nouveau motif de reconnoissancc pour vous ; mais , c’est plutôt, hélas! un nouveau sujet de condamnation, parce que le Seigneur, éloigné de ce lieu saint par vos profanations, n'y donne plus raccruissement à nos travaui , et n'y rép tnd plus les grâces, qui seules font fnictiOcr sa doctrine et sa {larole.

IIP Partie. Disposition de décence et de modestie extérieure. Nous devrions être dispensés d'instruire làdessus les femmes du monde, <|ue cette partie du discours regarde princl{ialo[nent :viciinenl-elles disputiTà Jésus-Lhrist les regards et les hommages de ceux qui l'adorent, par rel .ippareil, non-seulement de faste et de vanité, mais d'immodestie et d’impudence? Quand elles paroi.'isent dans les palais où le souverain se trouve, elles marquent par la dignité et par la üécimcc <run habillement grave et sérieux , le ivsport qu'elles ihiivent à la majesté de sa présence; et devant le souverain du ciel et delà terre, elles viennent paroitre sai;s pnVaution, sans décence et sans pudeur; elles viennent Iroulder ratteution des fidèles, le profond recueillemetit et la sainte gravité des ministres appliqués autour de l’autel , | et blesser perdes parures indecenh**, la pnrcléde leurs I regards al tcutifs aux choses saintes : quelle alK^mination !

I Les ministres, à la vérité, donnent souvent occastou ; aux irrévérences des fidèles, eu parois.<-aDt dans l<slen>- ' pies , ennuyés, inappliqués, faisant leiin: fondions avec . précipitation : mais les exemples des ministres , en au- I lorisani les irrévérences des fidèles, ne les excusent pas.

I Aussi Dieu ne les a jamais lai^séos impunies ; et nous ne ' deiotis pas douter que les malheurs ilu siècle passé, la fumir des hérésies, le renversement des autels, la démolition de tant de temples augustes , n’aienl été U‘s suites ftincsios des profanalious et des irrévérences de ^ nos pères.

i LE MERCREDI DE LA PREMIÈRE SEMAI>E.

I Sl'B I,A RKClIlvrE.

Division. I. L’énormilê du péché de rechute. II. Le danger du péché de rechute.

I 1'* Partie. Énormité du j)éehe de rechute.

1" L’ingratitude : cimmie l’action de grâces est le d.’- ' voir le plus essentiel de la créature emon le Créateur ,

' riiigratiliidc est le péché le plus injuste, et dont sa I bonté est d’urdioairc le plus blessée. Or le péclié de rechute vous rend ingrat dans les circonstances les plus odieuses. Premièrcnieut , plus le lûeufait que vous avez reçu est grand , plus l'ingratitude qui le fhit oublier est noire ; or, quel iMenfait plus signalé que celui de vous aioir delivre de vos crimes? Vous étiez uii enfant de colère, un membre de l'Antcchrist , un immsire d’iniquité , eU*. ; > ous êtes devenu l’enfant de Dieu , le membre vivant Jésus-t.hrist , l’hérilkT du ciel et des 1 promessis futuns, etc. Une vie eiilièrc de reoonnois- ; ^ance pourroit-elle assez payer la magnitiocnce de ce bienfait? el vous nietlrez à pi‘ine quelque intervalle ' entre le bienfait et l’ingralitudel Secondement, rappelez la manière dont celte faveur »igiialée vous a été : accordée : dans quel péril étiez-vous, lorsque Dieu vous a louché? vousétiez prêt à tomber dans le dernier degré d’insensibililé, d’où il n'est plus de retour : quel tcra(!S ! Dieu a-t-il choisi pour vous raccorder? peut-être la j dreonstaneedu crime même : rien n’est plus toiicbaut ' (|ue le bienfait d'un ennemi dans le temps même qu'oti l’outrage : il a choisi 1c tanpsoù vous étiez livré A ces , dégoûts amers qui suivent les passions , où vous étiez } atvandoniié des créatures et laissé di*s (daisirs. De telles ‘ circonstances dev4Ùeot vous engager A une rccoonoissance et A une fitJelité eternelie ; cepemiant A la preinièro I lueur de fortune o*i de plaisin que le monde va faire j briller A vos yeux, vous retournerez sous ses étendards, vous oublien'z le bienfait et voire bienfaiteur bii-inênie. Fut-il ingraiitude plus digne de tous U‘s supplices? Troisièmement , le grand nombre de crimes qui* le Seigneur I vous a pardonnés : plus il avoit oublié d'offeaves , plus ! sans doute v ous deviez conserver le souvenir de sa Umlé, j el en évüer de nouvellus. ('aqicndaiit vous allez r. tom- I>er : et par votre retour dans le crime , vous allez faire I c mime revivre Ions vos nnci<*us ik'sordi'cs; l acle ]>ar 11*111101 vous retombez, étant cmiitne un uouveau conseuü'meut donné à tous vos premiers vices, et comme la rétractation de vos larmes et di* voti'c donleur. V'oilà les horreurs rie riiigratitude, el Icsniites terribles d'une seule huile.

2” I.a perfidie : le pécheur qui retombe après avoir

710 AN.VLYSKS I)

jtmi une i^lemetle à son Dieu , au pied «W ati-

td», à la fàce du ciel ctd^‘ !•) terre, viole sa foi et manque A sa promesse; rboninie qui te pique de flJeiilé enverH leK créatures, ne rougit pas d'être perfide ont ers soo Dieu : cette perfidie (*st d'aiPanl pliu erimiiiellc que v<m promesses de flilélitê ont êtê artVMiqiagnêra de (dus de tnartpies de douleur et de bonne foi. Que de soupirs 1 que de regrdssînoêres! et après tout ce tendre aiiparcÜ de réconcili iliofi, vous allez de nouve:iu dt^larer la guerre è voire Dieu et ouI>Kit les promesses que vous lui avez faites! on vous condamnera ().*ir votre proftre Irouche. L'hislnire de la perfidie du disei]de qui livra le Sauveur vous fait frémir : la vdire eependanl paroit en> coit‘ plus noire, parce que vous avez C4iiume aiitusd J(^it»4dinst par tous les deliors de la plus fervente fldêliU^, ce que Jndas n'avoit point fait.

H* I.e mépris : le (vécheur qui reloml>e ne retourne ft Satan qu’aprèH avoir goûté et examiné tout ce qu'ii y a d'avantageux dans le service de Jésus-Christ; il mot en companiisivn Jésus-Christ et Bolial, et sedédsn' (lour ce dernier : <|uel mépris! aussi tout ce qui peut le reiidre rrimiiid s'y inuiu*. Le choix que f.ill le pécheur en préférant Satan à Jésus Christ , n'est pas un ciiotx aveugle; ce n'nt |ias un clioix <iù l'on puisse alléguer la snr|)rise ; ce u'int (>as un choix tranquille : le ai secret de la conscience l’aniHe; rependant il passe oulre: peutil faire t) son Dieu un outrage (ilus sauglanl ? Et ce qu'il y a de plus fâcheux , c'est qu’une rechute si [iromple et si soudaine est une marque presque infaillible du |ieu de sincérité des déinarrlHs que le |)écheur vient de faire pour K* réconcilier avec Dieu : car se re|)cntir et retomber aussitôt, est-c * être ]>énileat , ou plutôt n’osl-ce pas être moqueur? Or il y a quelque chiwo de si insultant pour Dieu qu’une vile créaUire s'humUie extérieurement devant lui, qu'elle lui demande grâce, et que presque en mémo tempe elle le renonce pour son beigiicur et pour son maître, qu 'après un tel outrage, elle ne doit preM|ue plus espérer de (vardon. Il est vrai que la rechute peut être précédée d'une conversion sincère. Mais premièi’cment, on ne passe pas en un instant d'un étal de justice A un étal de (téclvé; st'condenicnt, torsque la converdon est siucère . on re^it dans le sacrement des Si'oonrs qui facilitent la praliqnc des devoirs; or vous vous retrouvez lo même an sortir du tribunal; ce n’c&f doue |>as le doigt de Dieu qui avoll chassé le démon de votre oonir. Les miracles de la grâce sont duratdes, et ne ressemblent pas aux prestiges des iinpcvsteurs : c'est qu'm effet la )M'niience vénlahle est un tmuvH état du eccur qui change uos actions et corrige nos iiencliaitls. Auaâ les saints ont regardé la pénitence de a's pécheurs qui retombent sans cesse comme une dérision pnIHiqiic da sacrements ; et un f1<léle qui n'Ioinboit , n'éloit |>lus admis au nombre des pénitents publics , quoiqu'on ne désespi'râl pasafjsolumciilck* son salut. On u^oit de coite sévérité après nne seule rechute : jugez ce que les saints anmient pensé des vôtres qui sont continuelles, et si vous avez raison de vous plaindre des ministres du Seigneur, qui vous retrouvant loiijoui^ iiindèles, n'oscnl plus enfin vous délier qu’après de longues épreuves , de peur de jeter le sjtnl aux chiens.

Nota. On ne fait iMdiit l'analyse de la deuxième partie do ce sention ; on peut voir celle du acruioo de i*/iironitanrc dons Us rôles du salut.

ES SERMU^S.

I LE JELDI DE LA PREMIÈRE SEMAINE

I SIH LA PftlLRE.

I Divistoiv. Deux prélerUs tous éloigitent ordinaire- I ment de /<i prière ; /. l'ous ne sarrz pas prier, dilei- I rous.'if/Viul roMS rnpprrndre.//. l'orunetronres a«- } fini goi'A à la prière; il faut tous m fariliter l'usage.

j I™ Paktie. l'oiii ne snre^ pos prier, premier prétexte jHiur rnns en dispenser j 1/ faut donc rnns /'op- ; prendre. On se dis|im<.e de prier, parce que, dit-on, j l'oo ne sait pas prier ; ce prt'texte prend sa source dans I trois (|js(HJsUions injustes.

I t" C'est qu’on se tnvmiic d;ms l'idée qu'on se forme de la prière. La prière n’est (ws un effort de l'esprit, j c'est un sitiqile iiiuuvivnont du emur, c'est un génrtsæ- I meut de l'ame vivement touchée A la vue de ses misères :

, ainsi une mue simple et innocimte c&t mille fois plus in- , siniile sur l.i s-^ience de la prÜTe, que le* rosliiTx li les I docteurs. Elle pirle à son Dim , comme un ami à ton I nmi;elles'arnigedcluiavuirdé(ilii; elle laisse parler son ^ coMir, qui veille et (varie (vour elle, dans le temps même que wm esprit s’égare : qu’y a-t-il lè qui ne sm't A (vortée de toute ame lldHe? Si, pour prier, il falloit s'HeverA ces états sublimes d'ornison, oii Dieu élève quelques ] an>es saintes; vous pouiriez vousdispeuser de la prière, en divmt que vous n'avez pas été favonsi' de ces dons rares cl excellents de l'Esprit saint. Mais la prière n'est pas un don (vailirulter, réservé A certaines ames ; c'est un devoir commun, im|Misé A l«iut fidèle ; »uxsi lorsque Jésus-OiristripprenJ A prier Ases a(>rdrcs, il ne leur découvre* pas la haiiU’ur et la profondeur des mystères ' de Dieu ; le ruodiHe de prière qu'il leur donne , est è la (Kvrtéi' des plus simples.

I 2'' Pourquoi dites-vous que vous ne savez pas prier?

I c'est que vmis ne «'niez (>ai assez les luMviiu inflnu de j Totn* ame. Faut-il ap(>i-emln'A un malade A dcmaiidci' sa guérison? A un homme pressé de la faim A hoUiriter ; la Dourrilure? Daus vus aniicliuDs ieiii(M>re]les , faul-il j vous apprtmdrc à v ou»-mèmc conuiu'ot vous devez ex- I poser à Dieu votre priiu:? Donc, si vous seniiez les iniflèrcs de votre auie, comme vous sen'ez les misères I de voire corps, vous seriez bientôt habile d:ms l'art divin de la (trière. Dites que dans la prièrr, vu l'immcfisiie de vos Ivcvuius, vous ne savez par où comnvenccr, aloi-s vous (varierez le hngage de l.v foi; mais conmiou osez-vous vous plaindre, que vous ii’avez rien h I <lire A Dieu, quand vous vonb’z h* prier? >") eût-il que j vos crimes pasM^. ne vous uffrent-ils rien A demander à * la niisériiorde divine ? Si vous été* asM-z heureux pour ! mener acUicllemenl une vie rhréiienne, la grâce singulière que Dieu vous a faite de vous desabuser du monde, ne ronne-t-elle aucun sentiment de reeonuoU..Nance dans votre cmiir, quand vous êtes A M'A pievls? Si, malgré voti*e changement, vous scutez encore ce foudv inépuisable de corruption qui doit si fort vous alnniier, ne iroiiveavims (i.'i* IA de <(uo< (varier au Seigneur dans la (vrière? D’ailleurs, si vous n'avi-z rien à dcmoivder (>our vous liant II prière, occupez-vouv-y des maux de l’Église: demandez A Dieu la conversion de vrvei procbt*s, de vos j amis, de vi s ennemis; tout ce qui vous cuvirouue , le ' iivonde, U retraite, la cour, la ville, les justes, le* péctunirs, (oui vous apivrcud A prier.

7 Cloogle

ANALYSES DES SEUMONS.

Dieu. Doiut de culte, point d'espérance, qui n’a païen'

3“ Knfhi, pourqa d ditcs-rons que voui uo saTOs pas prier» c'e^t que tous n’nimex pas Dieu. Quand on aime» le opur saitbkm conmientil faut s'y preiidre pour entre* tenir et pour toucher oe qu'il aime : substituons Dieu, dam notre c‘o*ur, à la place du monde, réiahltssons-y l'ordre; alors, il ne se lrou>era plus étrauger devant le Seigneur.

ir PjvnTiE, Votts ne trouvez nueungotità h prière, second prétexte pour vous en dispenser j il faut vous en faciliter iitsagr. II est juste d« s'éloigner de la priéi-c à cause desilégoûts et des égarements d'esprit qui nous la rendent pfuiibicet «lêsagreabte.

t • Parce que ivs dégotUs et ces égarements prennent letir source dans intre tiédeur et mw inlltkHilcs. lleslinjoste de prétemlre que nous puissions porter à la prière un cs|)rii seiein et tranquille, une imagination calme, un cernr touché, tandis que toute notre vie sera une dissipation étern-'ltc, et que nous conserverons dans notre efpur mille altachemenlB déréglés. Les âmes les plus retirées et les plus s unies, trouvent somenl dans le seul souvenir de leurs mœurs passées, des iinigfs fâcheuses qui vieunenl troubler la douceur et la ti'anquillité de leurs prières jusque d.ms le fond de lenrs solitudes; et nous prv'lendnms que dans une vie régulière , je le veux, mais picined’agil dions, d’occasions qui nous en* traînent, de plabirs qui nous amollisMmt , nous nous I ti*ouvcroDS tout d’un coup dans la prièn* ilc Douveatix | hommes, avec nne Iranquillilé d'f'spril et de cœur, que i la retraite la plus profonde, et le delachcment le ^ plus ricoureux, ne donnent pas quckpiefois eux-nié- j nies! Rien n'est plus injustc qu'une telle prétention : | pour avoir un esprit recueilli dans la prière, ü faut l’y | porter, cl si vous voule* que votre cœur trouve quelque sensibilité pour les chnsi's du ciel , il faut le vider de tant ^ d’affections terrestres qui le remplissent. L’amour du j inmadc , cumme uue fièv re dangereuse, dit saint Augus- j tin, répand sAr le cœur une anvertume universelle, qui D'Mis lend insipides et dégoûlants les biens invisibles et 1 étemels. Travaille* sérieusement A purifier votre cœur ; 1 TOUS goûterez alors les d(Kiceurs et les consolations de ^ la prière. i

2* Il est iniustedes’élolgnerdelaprièrcàcauscdupeu degnùtqu'onytrtnivc, parcequeccsdégoûlsvicnnenldu ' j>eu d'usage que nous avons de la prière : nous prions | avec dégoût, parce que nous prions rarement. Preniiè- [ rement, H n'y a que l'usage de la prière qui puisse* dissi- | per ces images qui forment les dégoûts et les égaré- j menis de nos prières. Secondement , les doucetirs et les ! consolations de la prière, sont le fruit et la récotii|)€nse | de la prlèie même. Troisièmement, il n'en est pas | de Dieu comme du monde : le monde perd h être ap- , profomli; mais, le Seigneur, il faut le conooitre et le | goûter A loisir, pour sentir tout ce qu'il a d'aimable : | c'evt donc l'usage de la prière , tout setil , qui peut nous rendre aimable ce saint exercice. Mais, dit-on, corn- , ment trouver dans le moude le tenqw de faire un usnge féé(iueot delà prière? On ne manque pas de temps |>our i solliciter les grâces de la terre , et on manque de temps | pour demander le ciel , apaiser la colère de Dieu , et üt- [ tirer ses niisôricordes éternelles! Cela montre le peu de , cas qii'un fait de son saint ; car on ne peut point se sait- I ver sjns prier; puisqu'on homme qui ne prie pas. est [ un lioiuine qui n’est point chreiicn, qui n’i point de

core fait une seule œuvre pour la vie étemelle.

3“ Enfin, il est injuste de se dUpenser dt* prier à cause des dégoûts qui accompagnent l:t prière, parce que ces dégoûts ne sont souvent qu'une épreuve, par laquelle Dieu veut purifier notre cœur * ainsi , loin di* nous rebuter de ce que la prière nous offre de triste et de désagréable, nous dev ons y persévérer avec plus de fidélité, i que si le Selgueur y répandoit sur nous des eonsulaiions ' seusibles et alMindaulcs. Preniièrcmeiit , f arec que vous ! devez regarder vos d<‘goûts comme la juste |ieiiie de vos I inlidtliléï passera : tou» tous ide» lonR-tcnips n'fiis»! à j Dieu, malgré se* plus vives inspirations, il est juslcqu'il TOUS laisse solliciter qnelqiie lem)>s avant de so donner A vous avec toutes les consolations de sa grâce. Secondement, pcut-éu*e Dieu veut-il vous rendre piœ lA cet exil j et cet éloigtieiiienl où nous vivons de lui, plus haïssable.

I Troisièmement, peut-être veut-il vous InspirvT plus do I com|M)ociion de voscrimes passés, eu vous faisant sentirA ^ tout moment l'opposition elle dégoût qu'ils ont laissé dans ( voire cœur, pour la vérité et pour la jnstice. Peut-être enfin par ces «h^goûts, Dieu veut achever de purifier tout ce qu'il peut y avoir encore de trop humain dans votre piété.

LE VEKDREDl DE LA PREMIÈRE SEMAINE.

si:n LA co^^*lsslo^.

Division. 7>ois défauts qui rendent la plupart des confessions inutiles, pour ne pas dire crrmiRcf/cs. /. (’n defaut de lumu re dans rexamen. II. i'n defaut de sinrérite dans la wanifestation. lU. Vn défaut de douleur dans le repentir.

1" pABTiE. L'aveuglement est de toutes les peines du péthé la plus universelle: l'œil de la foi peut ieul le dissiper: mais comme rien u'isl nH>iusconimuuque 1 usage de la foi , rien n'»**! plus rare que de »e connoll re. Or ce défaut de ctmnoissance de soi-même qui nœl uu obstacle si cs.senliel A l'utilité de nos coufessions, vient de tniis sources.

i* Un ne s’examine pas avec assez de loisir. Toute la vie du chrélieu doit être un examen continuel et une censure secrète de ses actions , de .ses désirs , de ses |>ensées. (^oinme chaque instant voit nailre eu nous de nouvelles impressions ; si nous nous perdons un nioiiicul de vue, nous ne nous counoissons plus, et notre rœur devient un abîme que nous ne pouvons plus appn»fondir , et dont nous ne voyons jamais que la surface. C’est donc un abus de croire que jMmr |)orler au tribunal une conuolssîince exacte de soi-même, il suffise de donner quelques moments seulement A la révision de sa conscience; la vigilance continuelle peol seule nous disposer à la confession de nos fauli*s. Aussi que voil-ou tous les jours au tribunal, que des aveugles qui ne se ‘connoisscnl pas , qui racontent rhisl(»irc de leur vie et de leur* désordres, cl qui ignorent celle de leur <œur?

2" Le second défaut des examens, cest quon ne 's’examine que dans scs propres préjugés. S exMminer > c’est mellre d’un côté le* maxime* de Jésas-ChrUl , et de l'autre cette partie de notre vieque nous voulons con* nuitre; voir sur chaque action ce que l'Evaugile permet ou défend ; or, A cette règle , cliacuu , dan* la dis-

ANALYSES DES SERMONS

cfucion de U convcienoo, stibslUue les pn*jiigd» de son | qui doit les entendre; l'arrangement deiexpressiont fait amuur>propre. Preniièremrut , sur la naissance; la toute leur (■tude. On passe rapidement sur les |Hairs les

règle, c'est que l'KTangilo n'a^ant que les mêmes | devoirs à profHvser sus grands et au peuple , relevaltOQ de la naissance, loin d'être un privik^ge, est plutôt un ' obstacle, et par cons«V]u<‘nl un malheur par rapport au salut; le préjugé, c'est que plus la naissarire est j élevée, plus elle devient une prérogaltve qui dispense ' des devoirs. Seavndement , sur les dignit4's ; la règle, ; c'est qu'elles ne Mint établies que pour la défense et i rulilitédra |icuples;le prt>jtigè, c'esl qu'on mraure le ! devoir de ses rhirges sur l'usage, et non sur leur loslilution , et qu’un regarde l'abus qu'on en a tou;ours I fait, comme des droits inconlestablemeut attachés | à ces charges. Trobièiiiement, sur ramlH.ion ; la règle, c'est qu’étant obligés de vivre coiiiine étrangers sur la terre, de n’almer ni le niiutdo, ni les choses qui sont dans le monde, noos itevons craindn* loul ce qui peut rendre notre exil trop aimaMe; le préjugé, c'est que j rambition n'est qu'une éniuliition que la naissance donne, une inclination sage, sérieuse et digne dé la ral* ’ son. Quatrièmement, sur les lûens; la règle, c'est que In riches ne sont pas les maîtres atisoliis de leurs biens; le pièjiigé, c'nlque les profusions que lererenn peiil supjKvser, on ne les croit jamais exa'ssivrs, ou que cetin qui le sont, {teiivenl bien altériT nos affaires, tuais ne louclieut point la conscience. Cinquièmetnciit { enfin , snr les coiilunies; la règle, c’est que nous serons jugés sur les préo'ples do Jesiis-flhrist, et non sur In mmiirt de noire siècle; le préjugé, c'nt que h)ut coque I l'exemple public autorise ne peut être un crime.

S’' Le dernier défaut de nos examens, cVsi qu'on ne s'examine jamais sur tous les devoirs, de père de fa> mille, de personne puMique, de menibn.' du corps des fidèles : on ne conooü de soi que se* def luts ;>enuinncls. | Qtic voit-on duiqup jour dans les lrilHinaux?des personnes livrées à toutes i«s p.issions , et qui sont en peine de trouver des sujets d'accusation, tandis qu'une ame juste repasse dans l'amcrf unve de son oœnr les imperfections les plus légères que sa pieté lui grossit , et craint toujours de ne se pas Caire assex connoitre. D'où vient cette difTér.nre? c’est que l'im veille à ^ la ganic de son orcir, et s’exaniine sur les liiinières de la foi ; et que l'aulre, plein des préjugés de son ammir- ' propre, ne s'examint' que sur quelques obligations pins i jwlpables , dont il ignore luéiue l'éieodue. I

II* Paivtif. Rien ne coûte plus à nioinmc que de ; s'avouer Ciuipalde; et ce qu’il y a do plus déplorable, I c'est que notre orgueil entre dans nos humiliniJuns I mêmes , et que raveii de nos crimes n’evi souvent qu'un | artifice coujtaMe qui tes déguise. J'avoue qu'il est rare | de triHiver de ces atnes noires et maudites de Dieu , qui [ de propos délibéré viennent uicnlir au .Saint-Esprit, et cacher au prêtre Ici horreurs de leurs consciences ; mnii ' il est des déguisements d'une autre nature sur lesquels | on SC fait une sorte de conscience, qui ne laissent voir* i qu'à demi ce que l'on est , et qui dt'coavrant le péché , ' cachent jHitir ainsi dire le pécheur. Ce defaut de drui- I ture et de siocérité dans le tiHInmal selrouve ; * i

t ' Dans les expressions qu'on ad lurit et qn’on era- Iiamisse. premier .soin de la plupart des pécheurs n’esi pas de connoitre leurs fautes ; c'est de méditer en quris lcrmcsils pourront ks f dre connoitre au ministre

plus honteuses; on tait Ira circoiutanccs souvent plus hooleusi's encureqiic lecriiiK* même; on sulMtilue à un détail qui nianifcsieroil trop cv'qiie l'on est, des expressions vagues qui ne montrvul jamais le fond du rouir. Oo s’accuse avec coiujilaisaïu'e de certains défauts qui sont gloriiuix dans le monde. Kafin pour ne pas décou* vrir toute la honte d'une longue cl aoricnne liabiltide, à chaque confession on cherebe un nouveau témoin de ses foiblesscs ; on les raconte comme des chutra noitvellaet arriviHs depuis ta dernière pénitence, et nn ensevelit lé passé dans un silenrc de dissimulation qui réussit è se faire méconnaître. Or, outre que ae confesser avec CCS adoucissements et ces réliceoces , c'est coofcttcr seulement qn’on ne se repent |Ms ; outre cela , n'est-ce pat oublier que c'est à Jésus-ChrUt même que l'on parie , à Jésus-Cbrût témoin invisible de toute rhistoire secrète de notre vie, et qui daus le temps même que noos tâcherons par tous nos déguisements de nous dérolicrà ses yeux , nous dit comme autrefois un prophète I cette reine d’Israël qui, déguisée sous des babils empruntés, avoU cm jKKivoir être méconnue de l'Homme de Dieu, et tromiKT la lumière du ministère prophétique : Quare atiam te es*e simulas?

2” Le si‘coik1 défaut se trouve dans les motifs et les prtnci|)e5 des acUous auxquels on ne remonte pr&quc jamais. Comme c’est la dUiHisilinn do co'ur qui décide do nos œuvres ; c’est là qu'il faut remonter pour en connoitre le mérite ou le défaut : il importe donc de ramener tout ce que nous faisons au motif qui l'a produit. C'est le cœur qui décide de tout l’honmie; or c’est le cœur qu'on ne manifeste jamais au tribunal : on eipo.'e les actions sans entrer dans les mo(i&; on raconte ses péchés, on no découvre pas sa conscience. Aussi la confession de vos fautes achevée, votre confosseur né vous coiiooit pas, et il faut qui! devine l’état de votre atno.

3" Enfin le dernier défaut de sincérité sc trouve dans les actions douteuses, qu'on expose à sun avanU'ge : ne voulant püs rompre avec les passions, on ne eberebe qu’à les exposer dans un jour si favorable , que le ministre de Jé»us-<Ibrîst n'ose plus les coudamner. Aussi au sortir du tribunal , senlct-vous celte paix de conscience qui est le fruit d’uue confession sincère? Quelle folie de souffrir toute la honte d'un aveu , et de TOUS priver dos consolations d'uii aveu sincère; de venir Viius déclarer |>é<'beur , cl de faire d'une déclaraliou si tk^agréabie à la nature , le plus graud de tous vos crimi s'.

III* PjifVTlE. Toutes les autres dispositions dont on vient de ivarler, ne sont que les préparaliuns extérieul'esde la |>éuitcnce : l.v douleur en est l'ame et la vérité. Or, fo celle douleur est un roouvenvenl de la grâce et non de la nature : il faut que le trouble qui naît de l’horreur de nos crimes soit une opération invisiiile de l'esprit de Dieu qui nous |H>rle à détester tout ce qui a pu lui déplaire , et qu’il soit un commencement de ii >uvel amour qui nous rende k crime odieux. Le trouble de la plupart des pécheurs est un troulde d'amour-propre, et auquel l'esprit de Dieu n'a |>oint de pari. Tx* n'est pas que la méim* grâce qui <^re le repentir, n'ol>ère aussi une coofuMoo salutaire, et qu'il n'y ait une

ANALYSES DESSEEMONS. 71!)

honlcquicnndnitauMlutrmaUceUebontcromufeptr i . LE DEUXIEME DIMANCHE DE CARÉHEU

la douleur uc tnmve son motif que dans la douleur \

iut>nte;re n'cat ni le jugement du niiuisire de la cou- | LE danueu des phospekitÉs temporelixs. fek&iua , ni le mépris dra boninies qui la foniie dans no- !

tn’ ame, mais riHl de Dieu qui la soit, et qui counoil Disisujn. /. Parce qne dans la prospérité !cs chutes toute rignomiiiie de son état. I sont presque iHrr ita6/rs. il. Parce que lapenilence

2" Il en est d’autres qui prennent la doulrur qui j 9 presque impossible.

forme le repeutir , («our ce trouNe qoi naît de la crainte i

toute seule dts |H‘ines de leufer. Je sais que la crainte ! I'* Partie. I.«6 chut* s sont presque inêTitabIcs dans

de res abimes de feu et (le CCS tenébres éternelles, est un 1 la prmj)érUé.

moyen de salut et un motif de coulponetion que Jésus- | 1* Par ritupres»>ion qu’elles font sur le cœur pour le

Christ proiH>se aux pt'ebeurs, et que l’Kglise leîir re- , coiruinpre. Une ame ehreiieone doit vivre étrangère eoinmaïuie; ce n'est donc (tas la crainte des tounuents *ur la brre ; et si elle se plaît dans son exil, elle n'est destines à riropie . que je teux exclure de la véritahle | plus digne de rbtTit.’’ge. Or, cette disposition si essenpéniience; elle en est la pn’paration, quoiqu'elle n'eo I Uelle à la fol, reffaee par la première impression que la s4Ùt (>8« l'ame et le fond : mais c'est celte dispositiou cri- | pro^t ilé fait sur le emur , qui est une impression d'atniiiielle où se trouvent la (dupart des ptVlKmrs qui | tachement d la b-rre : on comprend comment une amo approclieut du tribunal, lesquels saus un enfer et ses I aflligée pent vivre étrangère en re monde; il ne lui eo tourments vivmient comme des athées, sans îm, saus | ounle (tas beaucoup de retirer ses afTeelionsd'uii monde conscience . saus sacrements , et qui dans le fond de I qui a retiré d'elle ses faveurs ; mais ces seniimeuLs que Itnir oi'ur sont fâchés que Dieu soit juste, et qu'il ait j tout inspire daixs l'alllii-lion, tout les effact* dans la attaché aux (ibiisirs tes plus bonteux des flitmmes éter- j prospérité; comment se dtqilaire dans un lieu où tout Dclles. ' nous rit? Or, en quoi consiste le crime de cette dtsposi-

Mais cuiimie ta méprise est ici aisée, si vous me de- ^ Uon , le voici ; c’est que dès>Iurs , dit saint Augustin , si tiiaodi'z à quelles marques on |>eut discerner les vrais ' vos désirs régioient votre destinée, vous vous iinmortapéiiilents: jc dis ((ue la diuileur di‘s (xS bés renferme Useriez sur la terre, et vous regardent comme une une resolulioD réelle et sincère de finir st'sdésnrdrcs, et gracedu (vouvoir vivre ctemellemeni éloigné de Dieu de conimenctr une vie sainte et chrétienne; c'est ce dans l'usage des biens et des pi lisirs sensibles, c’esi-àqui est llguré daas la guérison de notre parai) tique; dire, que le monde vous liendnrit la (docr de Dieu, Cette souliailcs-vuus d'être guéri ? lui demande Jésus-Uhrist, disposition est si cachée au fond du ca^ur, qu'oii ne rû satiHS fieri ? Or, lorsque vous vniez aux pieds du ! s’en a('ei\oit (vas süi-mème;ce(M‘iidanl elle est le ressort prt'lrc, êtes-vous de boime foi dans cette résolution? - qui donne le nuvuventen! h toutes vos œuvres ; elle étapouvez-Yoïfs vous rendre ce témoignage, que vous vou- I btit ()sr consotpient votre cœur dans un étal de péché . lez rompre tous les liens qui vous allaclient au monde <}ui souvent n'est jamais connu, jamais ex]>ié, et par uue et h ses plaisirs criminels? On ne vous demande (vas utile necessaire, jamais remis. Celte première iniprcssi vous fom>cz de ces pro()08 vagnesqui n'ont jamais de sh>n que la p^t^()éritc fait sur le c«rur est suivie d’une suite, mais si vous voulez vous convertir d'une volonté I seconde, c'est l'amour cxccMif de nousHiiénies. La forte, pleine, sincère, qui produit déjà des larniésdc i fui nous a[iprend que nous devons noos h -îr ihjuspénitence, et ces (jréludes d'uuc couversiou sincère, i mêmes, autrement nousKomm» injustes : or, dans la des comltats, (les agitations, des vues nouvelles, des dé- prospérité, toute la vieest une recherche étemelk* de marchessérieusesetpénibtcs: rappelez-vous les conuT- I soi-méme: delà tout ce qui plaît, tout ce qui (latte, lions des pécberesaes, des Saûl, des Augustin. Kt ne di- tout ce qui nourrit la viedeisens, devient un besoin tes pas que celle douleur cacivéc au fond de l'aiiic i dotit on ue peut plus se (vasser; de là les luis les plus n'est pas toujours sensible au cœur pénitent : un chan- saintes de rEglise ne sont plu» coiU|>técs (>our rien, dès géniont sincère prend sa source dnns un amour si vif, | qu’il faudroit (vreodre sur soi pour les nlMcrver; on diqu’il n’est pas possible qu'U suit dans le cœur à l’insu do notre cœur même.

S” Enfin non-seulement la douleur de la péoitenoe Est une résolution sincère de clianger de vie, ma» encore une attention aetuello qui prend d'abord des me- ne parie pas de cet orgueil grussier qui faisoil dire à un sures solides de chnngetncut : or la (irincijNile est le prince de Babylonc ? J'élèverai iium trône, et je sctrI choix d'un luhiislre (IdHe qui coo()ère avec Jésttf- semUabIc au Très-Haut; je (varie d'uu sentiment plus Çtirist àla giiérisonde votre ame; c'est lu suite de notre à portée du cœur de l’hoinmeet presqut^ ioséparaWede

Evangile, qui me fournit celte dernière rédexion : la grandeur : c'est un certain sentiment avantageux de

Domine . hominem non habeo. Avant de vous présenter soi-même , qui acroulnine l’ame à se regarder coniine à la (vénib'nce , vous aviressez-vous à Jésus-Christ, aRn êlevi« au-dessus de Ions crut que son rang et sa pro-

qu’il vous suscite ce guide Rdèle (voue vous conduire spérité lais>ent au-dessous d'elle; c'est celte secrète

dons la voie du salut : un ministre plein de (dété, d'eX- erreur de vanité qui fait que l’on confond sa fortune

péricncc,ded(sin(êresscmenl,dezèIo,de charité? ïUt- aTecud-mèmc, et qui gro»it l'idée que l'on a de soi, en cc giiiiic que vous cbei-chez? les plus inamnus, ceux y ajouiaut celle de tom scs avantages humains. Tout

<]ue le hasard vous offre, vous Irnir ouvi'cz indiscrète- fortifie oc sentiment dans les grands; leurs vin*! sont

uienl les plinrs de votre cœur. Voilà tes sources les plus applaudis, et bmt s'cuqvressc à leur |)crsuader qu'ils

Of'dinairrs de rinuliiitê du sacreiuent de (léiiilence. sont pétris d’une autre bôiic qué les autres hommes : il

I roil que tout est fait (Miur vous, et bmt ce qui vous en- I viroone n'est attentif qu'às'acoommoderà vos désirs, et j à les justider. Enfin l’élèvcment du cœur est la troisième impression que la prospérité fait sur le cœur : je

720 ANALYSES DES SERMONS

n'fsl pas jusqu’aux minUlres de la Ténté qui oc se. ■ croieut olili(irà de donner aux plus légères vertus des I grauds, des éloges que la religion désavoue. !

2** Los facilités que la pnisperité fournit aux passiomi, | lorsi|ue le co’ur est déjà corrompu , sont encore l«en plus à craindre. (3ar premièrement, ratlacbement aux choses d'ici-bas fait naître ces désirs infinis et insalialiles dont parle TA pitre. Dès que vous regardez la terre comme votre patrie, vous ne cliercbez plus qu’à y oecu- ' |ier une plus graniic place, et vous vmidrii^ seule Tooeufter tout enlière; les dignités que votre opulence vous pcnnel d'aivpierir vous comiennent toujours, et les diguiU^s de l'Kgli>e ne vous piroissi’iit plus devoir servir qu'à rél.vblisnwnt de vos enfnnU. S<rondcment, de rathcheiiicnl à son propre ctirps, seconde impression de la pros|)éri(é, nais^eul toutes ces passious d'igiK>miuie qui déshoooi-mt le temple de Dieu en nous. Qui oc sait que la prüS|H>rilé fraie mille voie* à ce vice honteui ? Où naIssciA les passion* exécrables , que dans les i palais des grands? Lisez les Écritures : de là vient U choie de David, les égarements inveuscs de Salomon. De plus, une vertu commune sufîll piur éloigner de cheroher les <>ccasiunsdu désordre; mais la vertu même | des saiuts ne suffit |>as pmr nous dt'fendre des oa*a- | sionsqui nous cherchent : or elles naissent ces occasions sous les pas des grands et des heureux du monde. Troisièmement , de l'orgueil , dernière impression de la prospérité, naissent les désirs ambitieux, les aincurrences, les perfidies , les haines, le* vengeances ; toutes passions que la prospérité favorise.

Quel fruit lirer de ces vérités? c’est de comprendre qno pour posséder tout ce qui peut sen ir à la félictlé de nos sens, il ne nous est pas plus permis pour cela de les satisfaire ; c’esl de pens4*r souvent que tout ce qui ne 1 nous élève qu’aux yeux des boiumes, u'ajoute rien on effet à ce que nous sommes devant Dieu ; c'est de rcconooilre que toute la gloire de la terre peut cuivrer le i cœur p<iur un moment, mais ne sauroit le remplir; que nous soronies nés pour le ciel ; que ce u'est pas l’élévation , mais l'innocence du cœur qui fait le véritable bien de l’homine sur la leiTC.

II* Partie. Im pcnifCHce est presque impossible dans Vétat de prospérité. j

I . Parce que le* grâces spéciale* y sont plus rares : U- i aez les Ecritures; partout te Seigneur n’nlmc à s’entretenir qu’avec les simples et les pelils, et il regarde de ' loin ceux que leur naissance et leur orgueil élèvent au- ! dessus de* autres. Ce o'est pas qu'eu Dieu il y ait acception de personnes; la grâce chrélienne embrasse tous . les états, et la «tinlelé de tant de mis prouve qu'on peut être ei)CJ»rc plus riche des bien» de la grâce que de ceux de la fortune. Mais pitnuiènîmeiil , l’ordre de la Providence semble demander qu'il y ait une espèce de compensation dan* cctio tni^alilé de fortunes etdemndilions répandues parmi les boinmes: or le secret de cette | divine compensation consiste, eu ce que les riebesse* de i la grdoe sont comme l’héritage du pauvre eide rafOigé, ' tandis que rhomme heureux jouit des richesses de la terre, comme de sa récom|«ase et de son partage. Secondement , les grâces sont moins abondantes dans la ; prospériié , parce que les faveurs lemporilles sont I d(« récomfienM's vaines, dit *aiut Augustin, que la justice de Dieu accuido à quelques vertu* uaturelle* des •

pécheurs, [>our avoir plus de droit de le* exclure à jamais des pnmiesses de la grâce. Enfin les grâces sout iiioius alxHidantesdani la prospérité, parce queMiuvent C(*t état n’est |tas Cilui que Dieu vous avoit préparédaiis s^i misi'rieorde, < t qu'il n'a permb que vous y (tissiez placé, que |MHir piiuir la dépravalioii de vos d<‘sir* : de là Dieu vous livre à tous k** périls d'un état on il ne v mis a placé qu’en punition de la cupidiié qui vous l’a fait souhaiter.

2‘^ La pros|)ériU^ est un olistacle à la péniiencc, |)arre qu’elle luel dans Ic'cumr des op|H>siUons innnii*8 aux grâces de eotiversicn que Dieu pourroit accjirder aux grands et aux bcuivmx du monde. Pretiiièn*iiK iiL , parce que le moyeu le plus cfliaice dont Dieu se frt'rt pour rcimeiier un |>écheur à lui , c’tsl l'instrurtion et le zèle des uiinUlres de la {>énilenee qui lui parleul dans toute la sincérité de Dieu : or d'une |>art il (*ftt diflicile que la présiuire stuile des grands u'afluiblisstHa vérité dans la InNichc des oiinislres niènns, et d'une autre part la docihté et la Situjuissioa sont bien rares chez les graiKl*.

S” La grâce de la pénitence trouve oorore des olisla» des plus insurtiionkiblesau-dLhürs et dans ks suite* de la prospérité. Ln wpur heureux i»ar rultundauce ne cherche plus rien hors de lui , et rien ne réveille son atioair |MHir le bien vériiable; il faut à la grâce des |>erUs, des debout* , des affiicüuu*; elle ne {«ut presque rieu sur les miR** heureuses. De (dus, comment faire pénileucc saus TOUS engager en des réfiaralions infinie* ? quelle muUitude infinie de crimes que les grands aulorisent ou qu'iU u'eiii|>ceheRt pas l Enfin , que d'ol«>acles extérieurs par h difliculté d'cmbras>er les vertus iastqiarables de la pénitence : la rolmitc, la prière, kr luoriifM-atiou des sen.s, i’hnmiiité, le rciioncenicnt à tout! La prospérité vous avoit aplani tous U>s chemins du crime; elle TOUS ferme toutes le* vides ck* la pvmilence. Aussi la pénilence dt's grands est d'i>rdinaire bien iniparfaile. Les premiers elforls qu'il* fout p-uir s«»rlir du leur égarement, rt'çidvent L’a éloges dus à une vertu consooimée : mais devant Dieu , où le> tilris n'ajnulcot rien a nos œuvres, qu'est-ce que rélévation ajoute aux démarches de la péuileuce? c'est que laissant plu* de crimes à ré|>arer, elle en exige de plussévèris, et même beaucoup plus uilérieurc* et plus éclatantes.

LE LUNDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE

SLR L'iMPLMTtWCE K1^ALE.

Divi.si(m. Si roti.< différez rolre eonrersion jusqu'à la mort, tous mourrez dans votre pechc . /. Parce que TOUS M serez plus en état alors de cltereher Dieu et de retourner à lui. II. Parce que, suppose niétnc que rons soy« en état de le chercher , et que vous fassiez des efforts pour retourner à fui, ros courts seront inutiles^et rous ne le trouverez pas.

D' Parti F., fou* tic serez plus en état alors de chercher Dieu.

t** Le temps vous manquera : Dieu ne voixs a pas promis cc temps, et il le refuse tous les jours à des pédicure moius coupable* que vous. Qui vous a dit que votr(‘ mort viendra lenlemeiit , cl qu'elle ne fondra |i.'ls

ANALYSES DES SERMONS. 721

ioopiiMHnent sur tous ? Comb^eo dVxcnipIn en avexvous vus ! et Dieu oê tous nMhu((e-t^l pas ces spcctacira effrayants pour tous avertir peut-être que votre fln *cm semblable? Quel est donc votre aveuijlement de faire dépendre votre salut éteruel de La chose du nuMide dont vouspoures le moios répondre! Mais quand oes lernUes aocM^ts ne tomberoieot pas sur tous, et qu'ils seroieot plus rares qu'ils ne sont , le plus ftrand nombre ii’est-il pas de ceux qui sont surpris? et n'arriTeat-ils )ios coniniuoémcot que le dernier rooinent qui termine nos )Ourt n'est jamais le dernier dans notre esprit ?

2" Je veux que le temps vous soit aeewilé, et que les ministres du Seigneur aient le temps de venir tous dire , comme un prophète au roi de Juda : Hègtez votre maison , rar vous mourrez : en sercs-vous plus capable de chercher Jésus-Christ? Vous voulez qu'avec une raison qui d^a s’eoveloppo, uue mémoire qui se eoQfbiid, un cœur qui s'élcint, un pécheur puisse stasder et éclaircir tous les abîmes de sa oonscieoce 1 Grand Dieu l un |)écbeurcn oet élat, loin do vous flérhlr , peul-il encore TOUS cooDoltre et vous adorer? Jugez-en vousméme , vous que la main du Seigneur a déjà conduit jusqu'aux portes du tombeau ; quel usage raisiez-vous de votre raison ? et quel fruit avez-vous retiré du bienfait qni prolongea vos jours?

S* Je veux qoe la bonté de Dieu ménage alors qnelques inlervalles libresè un moorant : quel usage en fait-un? Les afhiiret , les dernières dispositions enlèvent ces moments, et on laisse à des intcrvallci moins heureux ks soins de la conscience. Alors le mloislre est appelé : en core but-il que le mourant ne le connoisse presque plus, aDn qu'il le voie ajqyrocbej* sans effroi.

4** Je venx que jusqu'au dernier soupir vcuscnosenicz b raison aussi entière qoe vous i'avez aujourd'hui : ne coiuptez-Tons pour rien les obstacles que vous trouverez alors dans votre propre cecur? Quoi ! après une vie entière de déltaucbe , vous croyez que des passions nourries depuis reofanœ . et qui tout tenues comme votre fonds, tomberont, s'évanoiiironl en un instant! Vous croyez qo'un homme qni c'a ou dans va vie que le désir d'aoiasaerdc grands bleus par toutes sortes de voies, conviendra en un moment qnc tous oes gains ont été criminels; qu’on impie qui a mille fois profané la aaialclé de la religion par des dérisions sacrilèges, deviendra Adèle et religieux au lit de la mort ! etc. Vous nons en avertissez , Seigneur , dans les livres saiuts ; leur An sera semblable A leurs œuvres : Quorum finis erit serunditm opéra ipsoniiii.Vous aves vécu impudique, vous mourrez impodique; TOUS avez vécu unilMlicuz, vous tuoiirrrz sont que l'amoor du monde et scs vains honnenrs nienre dans votre cœur : en un mol. roux mourrez dons U pérhé. Opérez donc le bien , tandis que Dieu vous en laisse le tetops ; n’apportez pas à lo mort des désirs, mais des fruits de péoilence.

II* Partie. C’est une vérité du salut, que le Scignetir met des bornes A sa patience ; et que comme il a élabli un temps pour se souvenir du pécheur, il en a anssi marqué un autre pour l'ouldicr. Je sais que tout le temps de b vie présente est un temps de propUialInn, et qu’A quelque heure que le pécheur se convertisse A Dieu, Dieu SC oonTfrlit à loi; mais je sais aussi que chaque grâce dont vous abusez, peut être b dernière de votre vie.

('elle vérité n terrible supp séc, lirom-cn 1* une coDsi'qiience qui ne l'est p«s moios : si rÉcritnre de toutes parts nous annonce que Dieu se retire quelqiiefois d'uDO amc ioOdële, i[uc |M>urrez-vous vous promettre au dernier moiiicnl, vous qui , ag'lé de reluonls cruels, avez poussé rinipéiiilcnce et l'iogratilude jusqu'au jour de sa colère? Où seroi t doue là celle justico qui insolle aux brmes de l’impie mooraiil ?

2* La nature de la grâce que vous vous promcUez alors ne vous permeUroit pas de rattendre : cette grâce qui consomme la tancUOcalion d'une aiue, celle grâce de la persévérance Auab, c'est b grâce des élus et lo dernier trait do la bienveillance do Dieu sur une ame. Dieu ne doit , A b ri^Mteur, cette faveur incstimalde A personii{>; elle niau<{oe queiqui'rois à ceux-memes qui ont marché long-lrinps dans la justice ; et vous présumez que le plus signalé de tous les bienf lits sera le prix de b plus ingrate de loulrs les vies ! So peut-il qu’un espoir si insensé abuse prcsr{uc tous les hommes?

2' Quand Dieu accorHemit (}uel(|U!’füis celte grande miséricorde à une ame <]ui auroit juMjiie bi différé de se convertir , je dis qu'il ne ram>rdcr<v jamais A vooi qui ne diffères votre couversiou que parce que vous vous y allendes. ?îe vous Aattez pas d’un fanx espoir que Dieu tiendra alors A voire égard une conduite particulière ; celte espérance même que vous avez eue en sa miséricorde » et qui a scitî A vous entretenir dans vos désordres, sera .ilors le plus grand de tous vos crimes. Les honirnes se consolent dans la porte qu'ils font de leurs proches et de leurs amU, par les projets de conversion qu'ils leur ont vu souvent concevoir ; et c'est précisé* ment ce qui me bit trembler pour eux.

4* n'^ pas qu'un seul instant de pénitence vérita-

ble ne putsae effacer en un minncntles crimes d'une vie cutière : mais Dieu rejette la pénitence du pécheur mourant, paroequ'clle est fausse. Car premièrement elle n'est pas libre; c’est ordinairement reffet de la dure nécessité où il se voit réduit , plutôt que le fruit de la grâce et d'un Téritabk* repentir ; si Dieu prolongcoit ses jours , ne prolongeroit-il pas aurai ses crimes? Secondcînent, sa douleur ne part que d'une crainte toute nalurrile ; lui seul esl l'objet de sa douleur , b An de ses suppli&itions, le motif de sa pénitence ; tes larmes sont les larmes d'£saû et d'Antiodius, des larmes stériles et réprotivées : ainsi le pécheur élèvera alors sa voix vers le ciel , et le Dieu juste se rira de s^'s clameurs; Il pleurera , et Dieu iusuUera A ses larmes. En vain dans ces derniers moments après n’avolr cherché toute sa vie que des nilnittres coinplatsaolset pris au hasard, appellera-t-il auprès de lui quelque homme de Dieu, le plus éclairé, le plus respecté par ses talents; en vain ce ministre rcvhurtera-t-il A meUre en Dieu toute son espérance, et diminucra-t-il A ses yeux l'horreur de tes crimes pour ne pas Icjetcr dans le désespoir; le ministre liii-méme ne parlera qn'en Iremblanl, parce qu’il sait qitc le Seigneur a son fwids et sa mesure, et qu’il ne convient pas A l'iiomuic d'en rabattre.

Dernière réflexion : qu’est-ce que le pédicor peut souhaiter |)Our lui de plus favorabb A la mort , que d'avoir le temps et d'être en ébt de chercher Jésus-Christ, et de le chercher en effet ? et cependant que lui permet Jéstis Christ d'espércé dans ses rerhcrclies mêmes , s'il Ica reuvoic jusque IA? VoHsrmehereherezet rousmour-

ANALYSES UES SERMONS

rezdans rolrr pèche. Apri» cela, calmei Tmis durant uiliT tic sur vos di^rdrcs. Je ne tetix point niellre des iKimosà la luiit'Hcnrde de Dieu; mais ce que je sais, r'esi que les sflcrcmeuts du t>ahit , ap|)llqu(% alors sur un pécheur , coQsomiuenl |K.*ul-;rtn* sa réprolialiou , et que la dernière des q rares de I t^tliso est souvent le dernier de M» Mcril^KCs. C'est une de foi que le nombre de ceux qui se suivent est petit ; <*t cep<*ndanl» li les marques de repentir que donnent les péi hciirs au lit de h mort siinisulenl jimir le salut, il n’jr auroit presque p<iint de pécheur qui ne fût s auvé. Tout ce qia* je sais , c’est qu’il faut faire pénitence tandis que Uieti ikkis en donne le temiM , et qu'au lit de la mort , ou vous ne serex plus en étal do le chercher, ou même quand vous le cberciicrex, vous ne le Irotivorez )>as.

LE MARDI DE LA DEI XIKME SEMAINE

srn I.E RESPECT UVMAm.

Division. /. Le crime du respect hwmnin. //. Sa folie.

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