LE TROISIÈME DIMAWCUE DE CARÊME
un L’iWCOPrSTAWCE DANS LES VOIES DU SALUT.
Proposition . L'Inr ouxlflarr dans Ut rôles de Dieu, est de tous tes rararttres celui Qui taisse le moins dVspernnrr de salut ; parre QUf Coules les ressources utiles à la conversion des autres /^érlieurs, derlrtinml inuUles à rame inrouxlanle et leg&St Qui tantôt, tourhêr de ses wisi'res. rrrient à Dieu: tantôt oubliant Dieu, se laisse rentratner à ses mistres.
l'^La première pwsinirre, uüle pour romenerune ame de régsrenirot, c’est la coonoisiaace de la vérité.
En effet, le premier moyen que la prace emploie pour la conversion d’une ame inondaioe, c’est de lui montrer le monde et rétemilé , tels qu'ils sont en effet , et tels qu'elle ne les evoil jamais vus : alors le voile qu'elle avoit sur les yeux , tombe tout d'un coup ; elle est surprise d’avoir si long-tempa ignoré les seules vérités qu’il lui importoit de connoitre; et la nouveauté donnant comme une nouvelle force aux iiU|>ressioDs que fait la | vérité sur elle, die s'applaudit d'avoir enfin ouvert les . yeux. Mais oette ressource de salut, si infaillible pour | les autres {>écbeurs, n'csl que d'un fuible usage pour j l'anic inconstante et légère : les vérités de la foi ne font plus désonnais d'impression sur die ; parce que ce ne sont plus pour elle de nouvelles lumières : elle a vu clair dans la vanité des choses humaines , et daus les grandes vérités do l’éternité : ces vérités ont perdu à son égard la surprise et l'attrait de la nouveauté, si heureux pour les autres pécheurs. Quelle ressource peut-il deiDC encore rester à cette ame dans la conooissance de U vérité? qu’apprendra -t -elle de nouveau? que le monde est un abus? qu'il est affreux de sacrifier une éternité tout entière à un instant d’ivresse et de volupté? qu'il faut se bôlcr de bien vivre, parce qu'on . meurt ici qu’on a vév-U ? raille fois elle se l’est dit à elle- | méiive dans ses moments de pénitence ; et c’est de l’im- | pression de ses vériU^, que sont venus lousccs intervallcs (le repentir, qui out {partagé toute sa vie : qu'a j donc de nouveau , Dieu même à lui appn'odre? Il p;ut i enrorc l'(Vlairer; mais ne sera-ce pas plutôt |iour elle I une nouvelle occasion de n^slstcr à la vérité, <pi'nn nouvel attrait pour la suivre? elle s'est ratuilinrisi^ avec l.i vérité et avec ces poAsions : elle s'e.st accoutumée à soutenir la vue des maximes saintes, et celle de ses foiblesses injuslcs. Ab plût à Dieu, comme dit ua Aptiire, qu'elle fût encore dans les ténèlsrcs de sa pretniérc ignorance. cl qu'elle n'eût jamais (‘oiinii la vérité!
2" Lue seconde. ressource de salul, favonililo «u\ autres pécheurs, c'est un ortnvem g(m(,qui à('COiu|>agnc toujours les commcncemeuts de la justict*, une douceur (jti'on trouve à |K>rtcr un cu'iir libre depuis (>eu, de ses pasBtons et de scs remords. Rien n'est plus doux que ces premien momciils, oii uoscbaiuescuflu tonilx^, nous
commeocooa A respirer, cl à jouir d'une dauce et sainte lilvrrië.
Mais vous, qui avex tant de fois éprouvé ta douceur do ces divines impirssinns; vous, qui passez sans cesse du goût de la vertu , au goût du inoudu et des plaisirs, ame inconstanto et légère, que pourra vous offrir de doux et de cousolaat , une nouvelle cl sainte vie , que vous n'ayes déjà mille fols goûté? Si voiisaviex unccrur de pierre , comme ces pécheurs inwnsiblos, uu coup de la grâce pourroit du moins le frappvT, le briser, l’anvollir ; mais vous avex un omur facile à éiiKMivoir , difficile A fixer, Qxe dans un moment de grâce, plus vif encore dans un moment de plaisir, qui tanlot ne irtmve que Dieu aimable, tantôt u'a de goût que pour lo monde ; je vous le dis en tremblant , les oonv ersious des âmes qui vous nwemblent, sont très-rares. L’arrêt de I Jésus^Christ lA-dessus, est dédsif et terrible : il dit I qu’une ame comme la vôtre, n’csl pas propre au I royaume de Dieu : c'est-A-dire que ses incliiialions , son fonds, le caractère particulier de son esprit et deaon cœur, la reud inlvaUle au salut : d'où vient cria? c'est (|uc la piété dirélinnnc suppose uu esprit mûr, capable d’une résolution , qui , la voie droite une fols connue , y entre, et ne s’en détourne pas aisément ; elle suppose une ame forte et seuséc , qui ne se conduit pas par seo- Ument , mais par des règles de fui et de prudence : c'est que dans le monde même, un esprit frivole et léger n’est capaldc de rien; et (pie tout ce qu'il entreprend , on le compte déjà pour échoué. Or vus inégalités de conduite ne viennent que d'une légèreté do nature, |)our qui la nouvejuté a des diarmes inévitables , et qui s'ennuie bientôt d’un même parti ; elles ne viennent que d'une lucertitude et d'une inconstance de cœur , qui ne peut pas répondre de soi-même pour riustant qui suit ; qui , sur toutes choses oc consulte et ne suit que le goût : T(His u’étes donc pas propre au royaume de Dieu.
2'’ La tro'i^ètne ressource utile aux autres pécheurs , ce sont les sacrements : or cotte ressource devient un écueil A l'nme inconstante cl légère. Lo écueil, premièrenieut, par l’usage toujours ioiiliie de ces divins mnèdiN. A l'égard d'uii pécheur qui a vieilli dans lo crime, et qui vicot eufln se jeter aux pieds d'un homme de Dieu, la majesté du lieu, la sainte sévérité du juge, riinportancc du remède, la houle seule et la c viirusioii (te ses crimes , tout cri.t fait sur son cœur d t impressious si uouvclk's et si pnifotulcs, qu'il n'est p^s aisé de les effacer : mais le iiérheur d>»nt je ])arle , porte au tribunal une ame familiarUée avec sa confusion ; il est rassuré contre lui-iiiéme , il ne rougit plus de ses aveux. Écueil, secondement, par la dissimulation inM^parablc des rcelmlcs. Écueil, troisièmement, par te sacrilège incviüihir dans les nTlmtcs : car sc nyMmlir sans cesse ,
I et rclomt)Gr saas cesse, c’est être uu ni(X|ueur et un ’ pnifanaleur dis choses saintes : non que la grâce du sacrement établisse riiomiue dans un état cmislanl et invariable de justice; maU lorsqu'on est sorti véritaldeniont justiHé des pieds du prélre , les riTlmles du moins I ne sont pas si promplcs ; on ne (lassic |>as en un instant I d’tm étal de juvticp, A uu étal de péché, parce que la eon- I version n’est |ms l’ouvrage d'un moment, c’est un out vrage dimeile; or on neiieivipaseniin niomeiil eequ’on ) n’avoil acquis qu'avec des peines cl des travaux infinis:
7 Cloogle
ANALYSES DES ShUMüNS.
c*eit OQ oavrage lolidc; donc ce qui s’écroule co un in> | sUnt n’éloit bâti que sur le sable mourant : c'est un ou* Tra;^ sérieux sur lequel ou délibère lon|;-teiDps ; or une . eolreprise lung-tempa méditée, on ue TalNiodonne pas ! le même jour presque qu’on veuoit de la finir. Aoski | les sainls ont tous rcRnrdé la pénitence de ces antes in- ; eonsiantcs et légères, comme des dérisions publiques des sacrements , et des outrages faits à la sainteté de nos mystères: et ils les éloiguoieni désormais de l'autel sacré. Je sais qu’on ne doit point aggraver le joug , et qu’un excès de sévérité ne déshonore pas moins la religion qu’une lâcheté criminelle : mais on ne doit pas non plus confier à l'inslantlesang de Jésus-Christ à des pco- ) hnes qui Font mille foU souillé ; <m ne doit pas ajouter foi à d(‘s promesses si souvent rioléet; et plût à Dieu, ' ame infidèle, que vous eussiex trouvé loua les tribu- ' naux fermés à vos iocoostanccs booteuscs, on ne vous verroU pas encore la même après tant de sacrements et ; de démarches inutiles de pénilence : que dis-je, la même : vous êtes pire , puisque vousaves ajouté à des . désordres qui n'oot jamais été pardoiinés, la circoo- ' stance affreuse d’un grand oouibre de sacrilèges.
J’avob doue raisou de dire que de tuas les caractères, . rincoostanoe dans les voies du salut éloit le nmins propre au royaume de Dieu , parce qu'U est des ressources pour les autres prieurs, mais que pour oelui-ci, il D’eo est plus, ou du uiulus , il n'eu paroU plus.