‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 334 sur 348 · LE LL>*DI DF. LA TROISIKME SEM\INE · texte numérisé non relu

LE LL>*DI DF. LA TROISIKME SEM\INE

SUR LE PETIT ffOMBRF. DES ELUS.

Proposition et Division. QuetUs sont Us eauseséu \

petit nombre des élus ? 11^ en a trois principales qui \

tant faire tout U plan de re disr ours.

I** Partie. La première ronse du petit nombre des ' Uns, c’est que U ciel n'est ourert qu’aux innocents, ou ' aux péniieiits. 11 n'y a que oes deux voies de aalut : or de quel côté cles-vous P

1* Etes-vous innocent? Dans ces temps heureux où l'Église n’éloU qu'une asaeoiblée de saioU, ilétoil rare de tronver des fidèles qui, a|»èa avoir été régénérés ; dans le sacrement de baptême , retomliaascDt daiu le dérèglement de leurs premières inceurs. Mais depuis que le monde devenu chrétien a porté avec lui dans ' rÉgUse sa oomiption et ses maximes , nous nous éga- ; roos presque tous dès le sein de nos mères ; la terre , , comme dit un Prophète , est infectée par la cofTuplkMi de ceux qui l'habitent; la ville est uuc Noivc p^he- i resae j la cour est le œolre de toutes les paarions bu- ! marnes; le sel même de ta terre s’est affadi. Voilà donc ' déjà une voie de salut fermée presqu'è tous les bom- < mes; tous se »>nt égarés : l'êge a peut-être calmé les < passions dans plusieurs: un coup de la gtiicc a pcot-circ cbaogé leur emur ; mais quelle a été leur jeunesse ? Il ; ne reste donc plus qu’une ressource , c’est la péni- ' lence : or ,

2* Ktev-vous péniicnl? Mais où sont-ils les péniicnts? . forment-iU dans l'Église un peuple nombreux? la parole de saint Ambroiso, qu'il y a encore plus d’innoceuls que de pénitents, est terrible. Pour comprendre combien tes vrais péuitenis soni rares, exainiiioos ce qne E

c'est qu'uii pénitent : on pénllenl , disoil aulrefois Ter • lullien , c’est nn fidèle qui sent , tous les moroenbi de la vie. le mullieor qu'il a eu de perdre et d’oublier autrefois son Dieu, qui a tans ceate son péché devant les yeux, et qui cmit ne devoir plus vivre que pour s'eu punir , etc. Voilà en abrégé ce que c’est qu’un péniicnt : or, encore une fuis, où sont paniii noos les péniteaUde ce caractère? Les siècles de nos pères en vnvolent encore aux portes de nos temples, qui, quoi(|ue moins coupables que nous , passoient cependant les années entières dans l'exercice des jeûnes, des macéralinns , des prières, et dans des épreuves si lalwriemos, qne les pécliears les plus scandaleux ne voudraient pas les soutenir aujourd’hui un seul jour .* ainsi si l'on voyoU eoemo des pécheurs dans cei temps heureux, le s|*cctaclo de leur pénitence édifluil bien plus rassemblée dos fidèles, qne leurs chutes no l'avoienl scandalisée. Mais aujourd'hui , regardez autour de vous ; je ne dis fuit qne vous jugiez vos frères ; mais examinez quelles sont les mœurs de tous ceux qui voiu environnent ; ils sont pécheurs , Ils en conviexidmienl ; et vous n'éles pas innocent, et vous en convenez vous-roeme : or, sont-ils pénitents, et l’ètes-vous? L’âge, les emptoU, etc., vous ont dégoûté des créatures; mais vous n’en êtes pas plus vif pour votre Dieu ; vous êtes devenu plus exact i remplir vos devoirs publics et peniculien ; mais vous n'ètes pas pénitent ; vous avez cessé vos désordres; mais vous ne les avez pas expiés : car monlrez-moi seulement dans vos mœurs des traces l<h!èresdè|)éniU'nce: il n'y en a point: cepeudautcctétatM dangereux n’a rien qui vous alarme; des pi'chés qui n’nnt jamais élé purifiés par une sincère pénitence , ni par conséquent remis devant Dieu , sont à vos yeux comme s'ils n'étoicol plus, et vous mourrez tranquille dans votre impénitence. AfHès cela, vous prétendez an salut ? mais sur quel titre? dire que vous êtes innocent devant Dira , votre couseience rendndt témoignage contre vous-même: vmiloir noos persiiader que vous êtes pénitent, vous n’oseriez, et vous vous eon- (Umneries par votre propre l'ooche; vous o'êtea donc pas dn polit nombre des élus.

II* Partie. La seconde cause du petit nombre des éfus, c’est que les lois sur lesquelles les hommes se gonrenient, les maximes qui sont dtrenues les ri-gles de la multitude, sont des maximes ineompalibles arec le salut.

Par exempte , en matière de dépense et de profusioD, rien n’est blâmable et excessif soUm le monde, que ce qui peut almutir à déranger U fortune et altérer les affaires : cependant quoi de plus opposé aux règles de la modération chrétienne? C’ett un usage reçu . qne l’or^ dre de la naissaDce ou les intérêts de la fortune, décident toujours de nos destinées , et règlent le choix du siècle ou de l'Église; l’usage vont que les jeunes personnes du sexe soient instruites de lionne heure de tous les arts propres à rv^ussir et â plaire ; êtes-vous né avec un nom? il faut p'^rvenir à forte d'ioirigues, de bassesses et de tb'^pcnscs, et faire votre idole de la for- Inne : êtes-vous jetme ? c'est la saison des plaisirs , etc. Voila la doctrine dn momie. Or qui vous autorise è da mavimes si peu chrétiennes? es'-cc l'Évangile de jesnsr.hrUl? cét-eo la doctrine dos saints? sont-ce les lois de l'Église? point du tout , c'e»t l'usage : voilà tout ce que vous avez h noua imposer, comme si l'usage pouvoit

A,\AI,YSi;s üi:s SERMONS.

prMcrire oootrc l« ri*«lo* que J(%us-Chrisl nout a It!»- .uVs. et auxqucllea ni les (eni]is ni les siÿdes ne sauroieni jHiuais rien changer : nMû roos ne penæi pas que ce que vous appelés aujourd'hui, usage, éloieatdes sincularikv mun&truouses , aTant que les mœun des chrcticiis eussent dëgt^neré; que nous MTonsjug<!s sur l'K^angile, et uou sur les opinions des hommes.

Vous n>|)oodres à cela que tous oe failes que ce que fout lous les autres : et moi je tous r(^|)ondls que c’est jiislenient pour cela que vous sous damnes; la voie qui C4ii)duit A la mort , c’est celle où marche le grand nom- Iwe. Ne vous confonuez pas à ce siècle corrompu, tous dit l'Kcriture ; or le siècle corrompu, n'est pas le petit nombre de Justes qnc tous u'imiles pas , c'csl la mulÜ- Mule que TOUS suivez. Vous ne faites que ce que font les autres , vous aurez doue le uiême sort qu'eux ; c’est parce que presque tous les hommes suivent les usages du monde, qu'il ^ en a si pou qui se sauvent. Au lieu «loue de se rassurer sur ce qu'on ne fait que ce que font les aulnes, il faudroit au contraire te dire A soi-mènte : il y a dans rFlgllTe deux voies, l'une largo où |>asie presque tout le monde, cl qui aboutit A la mort; l'aulre étroite, où trèsqteu de gens entrent, et qui conduit A la Tic : de quel rùléiuis>je? suis-je atoc le grand nombre? je ne stiU <lonc pas dans la bonne Toie. Voyez si I.,oth se coiifnrmoit aux Toks de Sudome ? si Abraham vivoit comme ceux de son sièT'Io , si Esthor dans la cour d‘As> Miérus se conduiwit comme les antres renmios de ce prince; enfin Toyez si dans tous les siècles, les sainlsont ressemble au reste des hommes.

Vous prétendez qne ce sont là des singularités et des exceptions plulùl que des règles que tout le moude soit uhligé de suivre : mauaTons-nous donc uii autre Kvangilc A suiTro, d'autres devoirs A rcnipUr, et d’autres promesses à espérer que les satnls? S’il est vrai qu'il y ait une voie plus commode pour arriver au ciel, que celle que les saints ont prise, ils ne nous ont donc laissé que des exemples daugereux et inutiles ; mais pouvons-nous le penser raisonnablement? Ne nous rassurons donc pas sur la mulUtode qui Ait oe que nous fAk sniu ; tout ce que nous en devons conclure , c'est que les complices de nos transgressions, seront les conipagiions de notre ioTortune.

ni*PAnTiE. La troirime raïue du j>etit nombre des é/us, r’est que les mojimes el les obligations les plus unirerseUement ignorées ou rejeUes. sont les plus indispensables au sa/ut.

t* Vous avez renoncé au mmidedans votre baptême; et le monde auquel vous avez renoucé, c’est une société de pécheurs dont les désirs, les craînles, tes espérances, les soins , les pn>jels , les joies , les chagrins ne roulent |)lus que sur les biens et sur les maux de celle vie? voîlA le monde que vous devez éviter, haïr, combattre par vos exemples, être ravi qu'il vous baisse A son tour, qu'il contredise vos mœurs par Us riennes : or, est-ce lA votre situation , par rapport au monde? où sont ceux qui renonccntde bonne foi aux plaisirs, aux usages, anx maximes, aux espérances du monde ? tous l'ont promis; qui le tient ?

2^ Vous avez renoncé A la cbairdans votre Itaptéme , c'est-à-dire vous vons éles engagé A la chAtier, A la dompter , A la cruciner ; OMi'esl pas ici une perfecliou, c>Hl un vmu , c'esl le |vremicr de tous vos devoirs : or

où sont les chrétiens qui lA-dcssus soient plus HdHcs que vous?

3® Vous avez dit anathème A Satan et A ses œuvres ; el quelles sont ses œuvres? celles qui composent presque le m et comme Ionie la suite de voire vie ; les pompes , les jeux , les plaisirs, les spt'Ct'K'Ies , le nvensonge, l'orgueil, les jalousies et les rnnlenlions : donc tou! chrétien doit s'abstenir de toutes ces choses , et il viole les vœux de son hapU'me, lorsqu’il y pirticipe : ce sont IA vos otiligatioRS les plus essentielles, et vous n'éles point chrétien si vous ne les oliservez pas; cependant qui les observe , qui les connoll seiilemeni , qoi s'avise de venir s’acniser au tribunal d'y avoir été infidèle ?

Si cela est ainsi , direi-vous , qui pourra donc se sauver ? peu de gens , mon cher Auditeur ; ce ne sera pas vous, du moins si vous no ebanget ; ce ne seront pas ceux qui vous ^os^e^lblent ; ce ne sera pas la mulUhide. Qui |*oumi se sauver? ce seront ceux qui vivent au mi- Ueu du monde, mais qui ue vivent pas comme le monde; ce seront ceux qui ne sc foui pas une loi des usages iiv sensés du moude , mais qui corrigeât les usages par la loi de Dieu; oe sera vuas-mème qui vous sauverez si vous voulez suivre ces exemples : voilA les gens qui se sauveroot ; or, ces gens-IA oe fonnent pas assurémenl le plus grand nombre. Mais que cooclnre de ces vérités ? qu'il ftut désespérer de sou salut? A Dieu ne plaise ! lo fruit de ce discours , doit être de nous détromper de eette erreur si oniverselle , qu’on peut faire ce que tuus les autres font, et que Tusage est une v oie sûre ; de nous convaincre que pour se sauver, il faut se distinguer dm autres, être siogulier, virre A part au milieu du moude, et ne pas ressembler A la foule.

LF. MARDI DE LA TROISIÈME SEMAINE

Sun I.E MÉLANGE DES BONS ET DKS Me'cRANTS.

Division, l^mélongedes bonset des méchants qui parait si injMrieiLT à la gloire de Dieu , a néanmoins ses raisons et ses usages dans l'ordre de ta Proridenee. f. Im bons, dans les desseins de Dieu, doicent sertir ou au salut ou à la condamnation des méchants. II. Les uiérhaiits sont soufferts pour l'instruction, ON pour le mérite des Justes.

I'* Partie. Us Justes serrent ou salut des méchants, en leur fotimissant mille ressources de salut : le secmirs des instrurNons , des exemples , des prières , c’est-à-dire les moyens les plus efficaces de leur eonrersion.

Le secours des instnictions , qui fout d'autant plus d'effet sur lésantes les plus mondaiues, que la vérité , l'autorité, la charité, en sont les caractères inséparables. Ij» vérité accompagne les instructions des Justes ; car ils ont l'œil trop simple, et les lèvres trop innocentes , pour louer le pécheur daus les désirs de son cœur; iis appelleut avec simplicilc le bien un liien , et le mal un mal; et le vice ue trouve jamais auprès d'eux, ni cea basses ndulatiüos qui l’admirent , ni ces adoucUviiHmls artificieux qui le justifient. L’aulorité : en effet les paroles des Justes tirent d’uoc certaine autorité que la verlii seule donne , un poids et ùiic force qui oc se irouve pas daus les discours des hommes ordinaires : le pécheur ,

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ANALYSES DES SEUMONS.

quelque élevv c|u'îl soit, |)cnl p«r set ^airnteiiU lo droit de reprendre le* autn*, et tes nururt ne laissent plut de crédit et d*autf>rilé à scs pandtt; mais le Juste |>«tit avec oonflaoce oundamner dîms les aulret re qu‘il a ooniniena^ i s'interdire h lui-méme. A la vérité et à raulorite, les J usiet ajoutent dont leurs instniclions les sainU artifices et les safti's clrcoospcctinns d’aiie charité sage et prudente, qui loin de cundaniner tans indiilgeoce et de corriger sans disceruenieiil, sait clioisir tes OKHueiils, et ménager scs conseils, se rendre ulllc sans se rendre odieuse; tellrasoul les iastnicUons desjustcs.

2* Ils serrent au salut des ti>échanls en se tnmraiit inêlés arro eux, par leurs exeinpk**. En cfTet, si les pécheurs ne riroient qu'avec des himiiucs qui leur retsniihtassent, le crime seroil toujours tranquille, paire que tou opposition avec la pieié n'en Imultleroil joioats les Tausscs douceurs ; et Ils croiroieol la lie chrèUronc üupossible, parce qu'ih la verruient sans exemple : mais dans quelque situation que la Providence les ait fait naître , ils trouvent des Jmles de leur Age cl de leur état , qui observent la loi du Stngiictir ; leur exemple seul est une voix pubsintc qui ra|>pi‘lle te {vécheur malgré lui A la vérité et A la justice, et qui lui parie sans cesse au fond du eceur : nous lui anoonvons la piété du haut de CCI chaires chrétiennes; mais l'exeuiide des Justes la lui |iersuade>

Les Justes mélés avec les pécheurs, servent encore A leur salut par leurs prières. Kn effet, si Dieu jette cm'ort* dos regards de miséricorde sur la terre; ce sont les prières el 11*8 gémissements secrets des gens de bien , qui nous les atlircol ; c'est p:ir eux que toutes U t grâces se répandent dans l'Kglise; (varce qu'ils sont cette < olumbe qui gémit sans cesse, et qui ne gémit jamais cii vain.

Mais en second lieu, les Justes servent aussi à la onndaumalton des iiK'chanls. On a U'au dire que la vertu c^t rare; il est encore sur la terre des âmes pures et fidèles: vous en coiinuiisez, pédicurs, dans votre rang et dam» votre élat, auxquelles vous ne pouvez refiiaer le tilrc respectable de la vertu. Or, des âmes de ce caractère ùteutA riiiiquité toutes les excuses: carquep-mrrezvous répondre devant le tribunal de Jésuv^^hriat, que leur exemple ou n'afToiblUsc, on uecoufontlef Pkeezvont en felie situation qu'il vous plaira, chaque sUuction a scs saints qui sont autant de témoins qui déposeut contre vous.

U* Partie. Le$ méthanls sont soufferts pourfiustnictioH ou pour le mérite des Justes.

1 . Ils Bcnent A leur inslrucliou. Car comme la oégllgcnce, le dégoi'il, l'oubli des grâces , sont les ecucils les plus ordinain*s de la vertu des Jusics, rcxemplc des inéchnnls leur fournil d« s leçons continuelles : Premièrement, de vigilance : s'ils sont teolés de s'afToildir, Ms lisent sans oissc daus les chtiies de knirs ffères les raisons qu'ils ont de veiller ; ils apprenuoni dsav rhistoire des malheurs d’nutnii, quels sont le* degnv qui Dtnduisrnt invensihtenient au crime ; que les conimcnci'ineuls rn sont toujours légers ; qu'ainsi il u*y a de sürett! p»»ur la vertu quedansla vigilance, parce qu'il n'y a jamais loin entre rafToildissemeot et la chute. Secondement , de lldt'Iité, contre 1 1 lentalion du di'goût : car si les JiMics vivotent lotis séparés des pécheurs, peitNMrc que lUtts G«s uKNuems où nul goût scusiUc uc squUcuI

plus la vertu, ils pnumm*nl se pronicltre dans le nHinda des pbisin plus doux qne ceux de la piité; mais la seule présence des pécheurs dissipe celte illiisitm. Sans même fiiire usage de sa foi , il n'a qu'A ouvrir les yenz t il cherche des heureux dans ce moiHle, et il n’en trouve (KHOt; il voit partout des agUaliims qu'on apfKtle plaisirs, et ne voit nulle part de l.ouhpur. Trobièmement , de reconnoissance contre la tentation de l'oubli des grâces : les Justes volent périr dans le inonde une iiiHnitô de pécheurs moins coupables qu'eux , qui ont du |>enchant |K)ur la vertu, qui gémissent meme sous le |K>id< de leurs chaînes, et qui désirent leur délivrance; cl ils 80 souviennent (|ue le Seigneur vint au-devant d'eux pour les retirer du désordre, après qu’ilss'éloieni souillé* par dus excès monstrueux, qui ne {Niuvoieut partir quo d’un cœur profondémenl mauvais cl corrompu ; el lorsque loin de l'attendre el de l'ajqM’Ier, ils fuyoient cncoro sa présence ; ce* objets et ces réflexions toujours présentes, font sentir chrtqiic instant aux Jmics te prix iiicstimahle du bienfait qui a cliangé leur cœur , et leur inspirent un fonds de tolérance, de douceur el de charité pour leurs frères qiii^s'égarenl , au lien de les censurer, ou de les fuir couimedi's objc'sdaiigcmn.

2* Les méchaoli sont smilTer.s pour le nvérile des Justes. I*remièrcnienl , par la sriloctum de leurs exemples, ils doooent un nouveau prix A lo fldelilé du Jiisic, qui a Itcsoin de force pour s'en défendre; car il a sans cesse ces excmplrs devant les yeux : ils favoriseni d'aü- I leurs les inclinations c«»mmjpuc8 de la nature. Secoii- ' demeRl, la nialignilé des pécheurs ménage encore A h ; venu des Justes mille épreuves glorieuses : en les oppri- ' niant, ib font édater leur paiicnce ; en les chargeant do ! dérisions et d'opprot>res, ils ménagent de nouveaux I triomphes à leur charité; en les depoiilllanl de leurs biens, ib puriflent Imr délrchemcnl , cle. Cela moniru I que les Justes, en consid(^nt la coudiiile de Dieu sur j les méchants , ne font pu toujours usage de leur foi : Ils souhaiteroient que la piéU‘ fiU toujours protégiy*, favorisée, préférée mrine tci-lias dans la distribuUon des grâces el des honneurs, au vice; mais ils n'aperçoivenl jws que , si leurs désirs injustes étoîcnt exouoés , ce sc- I rolt iMer à la sagesse de Dieu le prine-qwl moyirn de salut ; qu'elle a pn^ré dans tous le* siècles A ses serv Meurs ;

: el que jiour méuager un vain triomphe A la vertu , on i lui ùleroil l'occasion et le mérile de ses vérib.bles victoires. Tnmièmemcnt, les scandales el les dén‘glen»cal* d<-s pécheurs affligent les Justes, cl arrachent A letir piété des gérabsemonb de zèle cl de compassion qui leur font un d<>uvcqu mérite devant le Seigneur. Kn effet quand on a de la foi, el qu’on est louché de la gloire du Dieu qu’on scrl et qu'on aime , peul-on voir ce qui SC passe dans le monde, d’un œil sec , traiu|uUlü, iiHlifférenl? les maximei.^ Jésus-Chi-Ul anéanlles, scs mystères déshonorés, se» servilcurs iik pristb, se* promesses oubliées?

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