‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 335 sur 348 · LF. MERCREDI DE LA III* SEMAINE · texte numérisé non relu

LF. MERCREDI DE LA III* SEMAINE

DU VERITABLE CULTE

Division. /. .Ae rejetez pas les pratiques extérieures du cuits et de fa pieté. II. Mais nVn abusez jms.

L'* Partie. Ac meprbea pu* T carférlewr du rulte et

ANALYSES DES SEKMONS.

de lü piété. Le viVitable tulle, •! nous le coosidérooi tn lui-méinc, et sans aucun rapport à l'état préseul de rhoiiinie, e»t purement intérieur, et se consomme tout jentier dans le co'ur ; lellc mi étt^ li rdigioo de rhMnme innocent ; mais depuis notre chuie , notre aine enveloppée dans les acm, ne peut presque plus se passer de leur miidlMre. De là les pratiques de la loi iiiuîUpliées à rio6ni ; rKgtisc plus spirituelle en eut moins , mais elle en eut; un Dieu méine manireslécu cliair 7 devint visible, pour s'insinuer à la faveur de nos sens jusque dans nos cuMirs. Opendant, |varce que nmis avouons que la véritalde piété est dans le cœur, la sagesse du monde allègue trois prt^e&tes, pour autoriser le mépris qu'elle fait des pratk|ues extérieures de la religion

4* L’inutilité de l'extérieur. On |)Ourroit d'abord demander à CCS sages du monde, si en bauui.»saut cet extérieur qu'ils croient inutile, ib sont du motus Qdéics à vei es^iCDlicI auquel ils so relraoclicnt ; et s'ils duauent du moins leur ctrur a Dieu , tandis que tous les deliors sont encore au monde : eu ce cas-lù, ils ne s'aviseroient guère de dis[>uter à Dieu les deburs : c'evl le satriflee du cirur et des passions qui coûte ; ainsi (pund uue fois on en est venu là, tout le rtste ne roiib‘ plus rieu. A mai on ToU bien tous les jours de» personnes qui avec un cœur mondain, fout des n'uvrcs extérieures de pieté ; mais l’on u'en voit point qui, après avoir doouo sinci*renient leur cœur à Dieu, pcrsi'Vèrenl d tns le même éloignement des devoirs extn ieurs de la piété.

Mais outre cela la même lui qui nous oliligc de croire de camr, nous ordonne de confesser do ixvucbe, et de donner des marques publiques do notre foi, |x>ur rendre gloire nu Seigneur, pour f.iire connoitre les faveurs secrètes dont il nous a coinidés, pour édifler nos frères, pour encourager ks foildes dians la pratique de la vertu, pour réparer nos scandales, pour consobr les Justes par le spt'clarle dt> notre ehaiigemeiil , pour confondre les im|>ies, et les forcer de convenir ensecirt qu'il y a enœre de la utIu sur la terre. \ oilà à quoi sert cet extérieur que vous croyez inutile à la piété : comment pouvez-vous k‘ croire inutile, pnisquo vous l’exigez des serviteurs de Dieu, et que d(*s qu‘U.s imitent les manières du monde, vous devenez k‘s premiers censeurs de leur piété?

2" La fausse sagi'sae du monde oppase ô l'cxh^éur du culte sa simpHcité rt sa foililesH'. l'outes lot pratiques extérieures de la religion , c'est là, dit-on, la religion du |>eup)e; ou n'y trouve |>as assez dViéralion et ck‘ force. Maisd'altord les personnes qui fout ce reproebeau culte exl(‘rieur, ont d'ordinaire tous les der.iuls dos âmes les plus liasses et k s plus viles : c’est pourtant dans le réglement des rijirurs qu’il fandroit se piqiuTtle force et d’élevatîon : car c’est en cela que ei'Usiste la véritable force et la seule élévation de l'esprit et du nrur. A maîtriser scs passions; voilà rc qui foit les grandes âmes . et voilà où en sont les Justes (|ue le monde iiiéprU:* tant, cl qu'il regarde ctiiimie des esprits toiblcs et vulgaires.

D'ailleurs vous rcgardi-i les saints usiges de la religloii autorises par lu foi et la pieté de tous les siècles et de tous les Justes, comme d(S pratiques jxipulaires et trop pou sériousi 8 pour di s homuu's d'un certain caractère; mais vos occnpntloiis les plus scrieiises et les plus éclHtanles même selon le monde, sont-elles donc plus di^'oét de I buiQiiic et du rbretieu , que les pratiques les

' plus populairei de la piété aocompliei avec un esprit de I h>i et de religion ? Ce qui vous abosc, c’est que vous avei I une grande idée du monde et de ses vanités, et que vous , ne voyez pas des mêmes yeux les devoirs de la religkxi : ainsi les Jusk s trouvent vain et puéril ce qui vous paroit grand et mcrveiUcus, comme voua traitez de médiocrité et de petitesse ce qui leur paroit nniquemeut digne de > U graodeor et de rexcelience de rhoiiirae.

d* Le monde oppose aox pratiques extérieures de la rcligiou l'abus qu’on en fait. A cela je vous réponds eu un mot , que c'est ce qu'il tout éviter , mais que les abat de la piété ne doivent jamais tumtMT sur la piété même. Cependant comme il y a ctTlaineoient des abus dans les pratiques extérieures de la religion , il est à propos do les coiiibaUre , et c’est ce que nous allons faire.

11' Partie. N'abnsez point des pratiques ejctirieures ' de la pieté.

4'* Ces pratiques sont utiles, mais c’est lorsqu’on les accompagne de cet esprit de fui et d’amour, sans lequel ] la chair ne sert de rien. Comme tout le culte extérieur . se rapporte au reoouvellémeol du cœur comme à la fin priuci()3le, toute pratique qui ne tend pas à établir le ; règne de Dieu au d’dans de nous, est vaine ; toute religion qui se bomoroil à de purs deliors, seroit indigne de l'Éire suprême : cependant c’est ici l’abus le plus uuivcrxel,el la plaie la plus déplorable de l’Eglise; jamais tant d'extérieur et de dévotion, et jamais peut-être uiuins de piété réelle et intérieure. Ce n’csl pas que je prétende, coin me l'impie, que tous les dehors de la pieté ucsoieutque feinte et hypocrisie: non, c’est au contraire l'erreur de la bonne fol, et l'excès de la confiance qne ta plupart des amrs mondaines mettent en ces devoirs extérieurs qui leur fait illusion; elles croient que tout est fait lorsqu'elles ont rempli ces devoirs, quoiqu’elles I vivt nt kHijours dans les mêmes désordres : mais si nous- : mêmes o'esUmons dans les hommes que les senlinients i intimes et réeb qu’Us ont pour nous , et si nous ne comptons pour rien les dehors, comment poutoas-nous croire que Dieu, qui s'appelle le Dieu du emur, se paiera d'un ' vain extérieur et de simples bieoseauces? C^ieodant on y met s i confiauce sous prétexte que,

I 2” pratiques extérieures sont saintes : mais elles devienoent des oiisbtclcs de siilut à cause de celte fausse confiance qu'dles nous inspirent : et c’est ici le seavnd , abus des pratkpics extérieures : elles rassurent la conscience , le pécheur s’imagine y trouver une rcsaourceà sesUesurdrts; il sc j>:œdaane plus facilement des fragiliUs cldcs chutes qui paroissont compensées p œdi'sœu- I vrus s.^inlcs; il nvt craiut plus de tomber dans l'cndur- I cis&emcut , parce qu’il se ti*ouvc encore seusiblc à ' certaius dev oira extérieurs de ta religion ; il est semblable ' au peuple Juif, qui, fidèle obsenateur des pratiques extérieures, pcix'vtTa pourtant jusqu’à la fin daus son aveuglement , parce que ct« dehors extérieur» nourris- : soieut loujoursBon injusie confiance. Aussi voyons-nous ' dans l'Evangile, que les grands pv^beurs, les impies,

, les putdicaiui se convertissent : mais les pbarisit os, les demi-chrétiens, les âmes en meme temps religieuses et I mondaines, qui allient les devoirs extérieurs de la pieté I avec les plaisirs et les maximes du monde, no se coimT- ‘ tussent jamais.

I Dernier alms des pratiques exk‘rieiires; elles sont ' justes , mais ou eu abuM* , et on Idosse la justice eu leur

ANALYSES DES SERMONS. 755

donnant la préféroM^ nir les obliftaüoai les plus iodispensables : ainsi souvent tm est de (ouïes les bonnes œuvres, et Ton manque à celles que bien demande de nous. Or voici la H^ile lA-dessus ; tout ce qui coiiibal une obligation essentielle , ne peut être une œuvre de la foi et de la piété. La charité ne détruit pas ce que li justice édifie. Commencez par le devoir; tout ce que vons ne bétircs pas sur ce fondement oc sera qu'un amas du ruines ; Dieu ne ooniplc point des œuvres qu’il ne nous demande point ; la piété sincère et véritable n'est que la fidélité aux obügatioDs de son état.

LE JEUDI DE LA TROISIÈME SEMAINE

PREMIER SERMON. — SUR LA TlYDEUn.

1.0 tiédeur rend notre justice inrertaine. /. Purrequ’elte éteint en nous U désir de la perfertion. //. Parce qu'elle nous met hors rt’etot rie disremer tes crimes d'avec les simples offenses. II!. Parce qu'elle ne laisse plus dans Pâme atinm earaetère de la charité Jia&ifue/fe.

1^ Vs:RiTi. Tout ebrétien est obligé de tendre i la perfeclitiQ de sou état. Jisus-Cbrist l'ordounc : sojez parfaits , nous dit-il, parce qoo le Père célrslo que voua servez, est parfait. Saint Paul regarde ce point cuinino le seul csaenliel : oiüdianl tout ce qui est denière lui , sans cesse U avance vers ce qui lui rcsle de choxniu à faire : c'est en ccta que conûslc la vie de la foi; eiie n’est qu'un désir non intcrruiiipii que le règne de Dieu s’accompiUse dans noire cœur, qu'un saint emprcsscmenl de former en nous ia rcsbciiililance parfaite de Jé> sus-Christ, qu'un gémUscuient excité par le sentiment de nos misères et de nuire corruption, qu'un cuniltat journalier de l’esprit contre la chair. Or ce des r de la pcrfectkxi ne subsiste plus dans une ame qui se borne ri ressenliel de la loi, qtii se bit un plan de su w'gligeacc, qui regarde comme tk« œuvres de surcroît celles qu'elle pourroit faire de plus.

Eu vain regardez-vous la perfccliiin ciirétieonccomme le p>trlage des cJuilres et dos soiiUides. Les moyens qu'emploient les aim s relirées du monde pour y j^arreuir, ne s<mt que de coiuîcii , je l’avoue ; mais la fin ri laquelle elles tendent est de précepte, c'csl lu ftu goucralo de tous les états.

U* VéritL Tous les jK^hés ne sont pas inurUtls ; mats il y a mille transgressions douteuses par rapport aux circonstances, et sur tcsrjuellis il est dimeilc de lûire rapjilicaiion de» règles étal lies, pour diiCiTocr le crime d'avec la stnifile oireiuo. CV'St par la disposition du cœur toute seule, qu’un peut decider de la malice de ces sories de fautes. Saûl eytargoe le roi des Amalécilcs, «t il est n^rouvé de Dieu; Ji»sué épargne les Galiaonites, et Dien lui pardonne : c’est que rinfliidilé de l'uu vient d’un fouds d'orgueil , d'un C4i-ur relJché dans les voies de Dieu ; et que celle de t'aiitro est une preripilation , une siirjmse , et part d'un ctrur encore soumis et religieux. Or coimui»sez-vuus toute la corrupUon du vôtre ! Paul ne sc llatle pas de ctinnollre le sien : il oc sait s'il est digne d'amour ou de haine : David est dans la même incertiUidc; il |>ric Dieu de le puritler de ses infidélités cachées : et voos croyez connoiire k'etat de votre conscience, vous dont pn'sqiie toules

I les actions sont douteiues, vous qui êtes toujours à vous I demander à vous-meme d vous u’avez pas été Irop loin ; I et vous vous calmez sur des infiddiUis visibles et I habituellei par une prétendue habitude iavlsil4c de jus- ! tke , dont vons ne voyez aucune marque au dehors. Ab ! vous ne savez pas que vous êtes pauvre, inist'rable , aveugle : AViris quia tu es miser, efr.

I Une ante liède est moins capable que toute autre do ' jnger de son état: la tiédeur épaissit ses ténèbres, elle calme ses remords; les guides les plus expérimenlés tout dans l'embarras, cUc y est toujours elle-mémc, et sent en soi quelque chose de plus coupabE’ (jue les inOdélités dout elle s'accuse. Il sufllt d'rn faire le détail pour montrer combien il est en effet diniciJe de décider I d elles ne sont pas de vrais crimes.

I 111* Vérité. La charité habituelle a trois caractères < incoinpatililesavec l'état de tiédeur. I<> La charité nous fait aimer Dieu et sa loi par-dessm loiileichüses.Cectiraclère peut-il subsister avec rallenUon ri étudier scs droits contre Dien même, ri ne faire que ce ri quoi on se croit extrémemenl obligé , A o’éviler quo ce qui est vblblemcflt digne des peiues étomelles? Agir ainsi, c’est sc 1 conduire en enfant prodigue ; c'est se comporter en esclave, c'esl D'aimer véritablement que sa propre s«lbfjctioQ , que ses intérêts , que soi-méme.

'i* Uu autre caractère de la cliarité est d'êlrc timorée : elle rend Vliue plus dairvnyaole , elle l’enlretiont dans un saiot Ircmblemont, dans de pieuses perptexilés, dans une défiance continuelle; au contraire, la prétendue civarilé des âmes tièdes esl ce qui les rassure ; peutelle être si opposée à elle-même , et produire des effets si différents?

3* EuOu la charilé esl vive et agissante. C’est nu feu qui |>eut quelquefois être couvert : mais il en sort toujours des éÜncelUs, et enllu il se rallume. Uieu ne raninisul ct'Ile des auM-s lièdes, qu'ü est ri craindre qa'cUe ne soit réelienicnt éteiutc ! Cependant elles demeurent tranquilles dans cet état ; elles s’y llxeot sans scrupuE ; elles se croient tout au plus cudormics : peul-élrc jiar uu jugement terrible du Dieu , leur guide pense-t-il de nurine, taudis quo Jésui-Cbrist les déclare mortis, comme autrefois Lazare. Ah ! c’est la tnmquillité même de cet état qui eu fait tout le danger, et peut-être ainsi tout le crime. Compreuez qu'une vie toute uaturclle n'est point la vie de la grâce, et qu’une vie do paresse I est un état de raorl. Au coniiuencenH'ut de votre conversion vous avez fait les plus grands cITorts, lis plus pénibles sacrifices; pourquoi les rendriez-vous iauiilcs, en rcfuaaul d'en faire de moins oomidérables? .Vima graiidrm dicissrt tibi prophcla , certc facere debueras , quanta magis quia nunc dtxil tiM : Larare r< raundarifivs.

LE JEUDI DE LA TROISIÈME SEMAINE

I SECOND SERMON. — $tR LA TILDELfi.

' La tkdeur annonce utur rhufccrrtaine. /. Parce que les 1 qracf# spcciafcs, riércssaircs pour penérèrer dans ta t'crttt, ne sont pfiis données duiis rrt état. il. Parce que tes passions qui noua mtra/»mf au rire s’y fortifient. ni. Parce que tous Us secours extérieurs de la pieté y deviennent inutiles.

I'* Partie. L ninormre m«Mie des plus justes a he-

m ANALYSES DES SERMONS.

«oén du secours ronfiatiel âe la frace. C'est cUe seole qui opèire leur fkl<^lité ; nitls c'rst auni leur fldélUd seule qui mérite la conaenation de la grâce. 11 faut que Dieu douDc des marques plus continuelles de protection à ceux qui lui eu doiineut de couliouclles d'amour : il est juste, au contraire, qu’il paie riudifTéreoce des anies liëdcs par la sienne ; ainsi la peine insé|Mrable de la tie* I deur est la prii alkju des grâces de protection. |

Cotte privation a deux conséquences terribles pour | Ces âmes infortunées. Premièrement , elles desueureut : vides de Dieu , et comme abandonnées à leur propre * foiblesse , ayaut quelques ressources prises dans la na- I turc , niaisqui ne sauroientaller loto : ayant des secours j généraux arec lesquels on peut penérérer, mais a’ayant | plus ces grâces spéciales avec lesquelles ou persévère infailliblement. Secondement , le joug do Jésus-Christ ! dericiit accabUmt pour elles ; son calice amer ; lesderoin < pesants; la retraite ennuyeuse; les prières fiiUgaales ; | les inortiBcaU4)Ds iosup|K)rtables ; la vie , uu dégoût per> pétuel; leur état, uu état de violeoceet de ueutrâlité qui ne peut être durable, parce qu’il faut, surtout à certains emurs , un objet déclaré : si ce n'est pas Dieu ({ui les intéresse, ce sera bientôt le monde. ;

U est vrai qu'il y a des âmes qui paroisseulse mainte- j nir dans une espèce d’équilibre et d’imetuibilité ; mais il ; est vrai aussi que cet étal ne défend que deux crimes qui | coûtent et qui embarrasseut ; il laisse subsister les pas- i sloos et les foiblesscs secrètes , qui forment toujours une corruption aux yeux de Dieu.

n est vrai encore qne l'oncUoD qui adoucit la pratique des devoirs , manque souvent aux âmes h*! pliu saintes : mais entre elles et les âmes tièdes il y a trois dinéreuces. Premièrement , l’ame fidèle se trouve , malgré ses dégoûts, plus heureuse qu'elle o'étoU avant sa couvernon, au lieu que l’amc Uède commence à regarder le ; crime eomme U ressource de ses ennuis. Secofhicmcnt, rame fidèle est soutenue an milieu de ses aridités par le calme d'une conscience qui ne lui reyiroclie point de aimes; au lieu que l'ame tiède porte une convriencc -, inquiète, et que n’Hyaot plus de soutien , cet état d'agitation finit par la |>aix funrste du péché. Troisicmemeni, les dégoûts de l'ame Oilèle M>nl des épreuves; ceux de l'amc tiède sont des iHinitions : l’une trouve en Dieu un père tendre, qui supplée |>ar une protection puissante aux douceurs qu’il lui refuse ; l’autre éprouve la sévérité d’uD juge qui , à la soustraction des adoucissements , va faire succéder un arrêt do uM>rt.

Il est vrai enfln que tout excès, iDéme dans la piété, i>e vkml pas de l’esprit de Dieu ; mais il n*cst pas moins vrai qu’un ne persévère qu’en se donnant à Dieu sans réserve; que les âmes qui veulent accommuder la piété avec les maximes du monde, qui se relâchent de leur première ferveur, sont sur le point de rohunlKT dans le crime ; et que c’est sur ces indices (|uc les gens nién>e du monde propbéliheol la rechute des pcrsuoncs qui s’étoicnl converties.

II' Pahtik. iX’oru potirons afloibfir nos passions, «noU eilcs tie tneurrnf ^u’arer nous : rVst m irs rombotfaut qu'on 1rs apaise : m les ménageant, on les rend indomplal/trs, La tiédeur n riant rien autre chose qn'une indulgcnre habituelle mters les passions, Us fortifie donc ronUnuellcmrnt. I

De cette nouvelle force qu’cUcs acquièreut, s’envui- '

veot triM cffels égalenienl fûnestes. Premlèrément, dans les ooeaslons essentielles, le devoir trouve en doits d< s difOcullés insurmonlatiles; Il rn trouve hten quelquefois dans les aroes les plus fervcn.rs, et qui mortinent le plus leurs peodianls; comment des cœurs à demi séduits teroienl-ili à l’épreuve de ces difficultés ? Secondement , le crinM s’aplanit et n’exdte pas eu nous plus de répugnance qu’une simple faute ; nous nous sommes si fort approchés du crime , que nous frauchissoos le dernier pas sans le savoir ; une apparence de vie nous rassure, et nous nous endonnoDS tranquillement dans la mort. Troisièinement , notre cœur demeurant toujours au-dessous de ce qu’il se propose, nous tombons dans le crime, parce que nous n’avons rés'du précbémcnl que del’évikT; les Justes roéu)cs doivent beaucoup euüv'preodre pour exécuter peu : à combien plus forte raison y sont obligées les suies tièdes, que le poids de leurs in- Qdélités fkU tomber toujours fort loin do beu où dh« avoient cm arriver ! Eu vain voudrions-nous nous excaaer, en disant que nous sommet fofbles; c’est précisémeot parce que nous le sommes , que nous devons être plu drconspecls ei plus fervents.

III' Partie. Les secours extérieurs de la religion sont inutiles aux âmes tUdes. Premièrement, les sacrements sont pour elles des remèdes usés , dangereux par la tiédeur avec laquelle elies en approchent , et par la conOance qu’ils leur luptrenl : n'ot>érant plus en elles un accrohaement de vie, ils y opèrent la mort. Secondement, la prière n'est plus pour elles qu'une occupation oiseuse, où elles ne (roujent aucun goût, d'où elles ne tirent aocun fniit : rien ne les soutient , ni ne les défend , ni ne les ranime ; tout les dégoûte , tout tri fatigoe, tout les accable; dans cet état uu souffle les renverse, et pour les voir tomlier, il n'est pas même nécessatre de les voir attaquées.

Au reste, où l'expérietice parle, les raisonnements sont inutiles. Sonvenex-vou d'où vous êtes tombés, pécheurs; remontez à la source de vos déaordn'S: ceUe source étoU imperceptible ; il en est sorti un tnrreut qui vous inondi' : la tiédeur vous a conduits iiLvcnsiblenient dans raUme où vous êtes. Le démon ne propose pas le crime du premier coup ; il aünqiie en serpent avant que d'attaquer en lion. Les crimes no sont pas le coup d’essai du cœur; la chute de David fut pn^ré<> par l'oisivclé et par rimiiscrétion ; colle de Salomon , |iar une v io molle ; celle de Judas, par l'amour de l'aident ; celle de Pierre, par la^rrésomption. Levcx-voui donc, aines lâches : le Seigneur est le Dieu des forts: il ne récoiii- {Tense que le courage et le travail ; son royaume n'est pas la chair et le sang, mais In force cl la vérité de Dieu.

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