LE QT.ATRIÈME D1MA^CHE DE CARÊME
SVR l’aumône.
Div'ision. 1. Lfâeroir de Vaumône HabÜ eontre tes
teinet ejntses de la cupidité. If. Le devoir de Tau-
fndne sourê des défauts mêmes de la charité.
l'* Partie. Un 'peu d’attention à la sage^ de la Providence, aux lois de la nature, h relies de la religion, suffit pour persuader le monde qne l'aumône est nn devoir, Mnbon allègue dirrérenîs prétextes pour s’en dispenser : on nesi |>a<a^z riche: les tem|is sont malheureux : U y a trop de pauvres A «Tcnurir.
Première exntse. Sans avoir un revenu Infini , on a, dit-on, une infinité de dépenses à faire. Mais s'il est vrai, d'iiuc part, que les homes du nécessaire ne sont pas éga > lement éiruitcsdani tous les états; de l’autre, il est incontestatilc que le superflu des riches appartient aux
I pauvres. Ce principe supposé, je fais quatre questions- Jedcmandepremièremeol,sic'estAlacnpidiléi l'égler ! le nécessaire? Si c'étoit i elle , plus on auroit de passions ; A satisfaire, moins on seroit obligé d’étre charitable :
I c'est donc A la fui A le régler; or ia fui adjuge aux pan- I vns ce qui ne tend qu'à nourrir la vie des sens, qu’à I flatter les passions, qu’A autoriser les pompes et les abos du monde. Je demande arcandement, si pour être né riche , on en est moins chnHien f Non , sans doute , ou bien il faut dire que ce n'c.st qu’aux pauvres que Jésna- I Christ a défendu le faste et les plaisirs. L’Évangile interdit aux riches tous les avantages qu’ils peuvent, selon I le monde, retirer de leur pruepérité. Ce n’est pas pour > TOUS que vous êtes nés opulents , mais potir la veuve el ' l’orphelin : vos biens sont des dépôts mis en vos mains , pour leur être conservés plus sûnment : vous n’ètes que ' les minutres de la Providence envers eux : uns eda votre élévation ne seroit pas l'onvrage de Dieu. Je demande tnvUièmemeot , ce que peuvent reirancJier aux besoins prétendus des riches, les modiqaes largesses qo’oB leur demande? Dieu n’exige pas qu’ils vendent leurs biens, leurs palais ; mais il exige que la dépense qu’ils feront ne les mette point hors d'état de couvrir la I nudité de ses serviteurs; que de leurs tables délicales il I tomlie quelques miettes pour les Lsxares; que leur I goût pour les peintures ne leur fhssc pat ouldier les . j images vivantes de Jésus-Christ; que tandis que le jeu est un gonffre où va fondre tout leur bien, ils n'ru allèguent pas la médiocrité, lorsqu’il s’agit desoulager leurs frères. Joderoandequatrièmement » pourquoi r’est Id la seule circonstance où ils sc plaignent de la médiocrité ' de leurs revenoi, eux qui on toute autre oocadOD veo- ' lent passer pour riches '. Ah ! Ut disent qu'ils sont pauvres , et eux seuls ne veuicntpas voir qu’ils sont comblés de biens*
i Seconde excuse. Les temps siNit malbeurenx , ditesf Toos. Hais premièrement, c’est précisément pour cela I que vont devez vous attendrir envers les indigents : si vous vous ressentez de ces malheurs, combien n'en I doiveot-iU pas souffrir? Secondement, ce malheur des I temps est la peine de votre dureté envers les pauvres ;
^ c’esi donc par des aumônes et non par de vaines prières qu'il faut apaiser la colère de Dieu : les pauvres oot les . clefs du ciel : leurs væux règlent tes temps el ks saisons :
[ ce n’est que par rapport A eux que Dien vous punit ou I vous tovorise.TruUièmement, vos pasdonssouffrent-eUea { de la misère publique? Si elle vous obiigeA quelque rei Iraochemenl, retrauebez du moins vos crimes, avant I que de retrancher de vos devoirs. Dieu , en frappant de stérilité les provinces, veut ôter aux grands les oc- . ensioDS des excès : regardez-vous comme des criminels I publics ; portez seuls l’amertume des fléaux qui ne sont i destinés qu’A vous punir. Si les divers abiu que votu tai- : tes de vos richesses vont toujours leur train, malgréees ' fléaux : si l’indigenre senle en souffre , Dieu , en les fai- I aant pleuvoir sur la terre, n'auroit donc voulu frapper que (les malheureux F
7Voiriê«ie excuse. II y a , dit-on , trop de pauvres A , serourir. Mais premièrement, d’où vient cette inulUtude ' d’indigents qne nos pères n’ont point vne dans les phts I grandes calamités? N'esl-ce pas d'un luxe qui englonlit I tout? Il n'y avoit point d'indigenU parmi les premiers ' chrétiens; pourquoi y en a-l-U tant parmi nous? C'est
ANALYSKS OKS SfcK.MOiNS.
que I<?iir8 p;inTres mfnios éldeiit cNaHtjhles , el qir nos riches s«)ul Cétii ls : c est (jirits l'tnimt tous modestes el sobirs, et qii.> r mis s<miu)es fnsloeiix et iitleiitp('^ raiils : c'est qu'ils n‘:o oient d'ainhiUon que ( onr leci> I, el i|ue notis n'en aviws que |khip In tern* : c'est qne leurs retranciiemenis fois4iioiU la riche>s ' du pauvi'c , et que nos sa ntist'n'. chacun iiicttoit A
part une (ertaitie pinlioii de M'a ideiu ( mir la 5ubd&loiKc des indigents, un TiTcoit renaître l'égalité . la sainteU* ménK* «les pmutocs ndêies ; tout rh.mgemit de face ; et les cuiiemis de la foi sorolent t ncore forct^ do recoiiDolîre la divinité de notre i-eligio;:. Secomlement, c'est pn^cbéincnl pai-ce que le nouibn* des pauvres est grand, que le devoir do raiiindue est plus iuilisfK'tisablc' ; la miséricoriie doit croitre nvee les mistres : elle doit interdire, comme sninTflnes, de« dé|>oti6rs (}ui hors de IA aeroiciil peubolro néccssaiics ; ni rhuinaoité, ni la raUon, ni la religion ne vom ]vei mettent point <l*èlre seuls Itcuietit. Alors 1rs eiuès de rharité sont poiirvmis lino loi de justice : aloi's vivs profitsio ui nu'rilenl d'élr.* punies luèiiie (>ar les luis des ho nincs : (xmt-éti'c ec{>ondant savex-Totis ineltro A profil el oppiV-cicr la nécossUo des pauvres. DUui les vengera ; H* wninl vos 0(TUS.> (onrs ; et dépouillés pour jaii>' is de vos biens, il ne vous n*s:era pour partnge que la malédidion prononriT contre les riches impitoyables ; A'udus' eram, dr., Ue tu ignrm, etc.
II' Partie. Hynq:ialre i^gh^Aolïservrrenai’complissaril le devoir de l'auimme : la ch.irllù duit ctiv st*. «Tfric, unluTsollo, doure, vicilanlo.
t'* Jésus-C:)iri.st niulltpliant les ^aîus dans mi lieu écarté, afin de n'avorr |Mnr témoins <!e sa miséricorde I (|iie cznii qui en dévoient ii*s.scnlir les effcls, nous ap- ! pn’ud que notre dwrité d<iil être «-crMe; sans cciti* condition nos iumiônes sont |teniucs|K)urreleruité. On voit ])cu do gens qui publient Init's nntvrfssur les loilk ; irais on on voit Iteaucoup qui u'ont des yetn que ivour les lni8^rcs ; il y eu a qui piviment des mcsiirc-s I pour cacher leurs lai-gesses, mais qui ne sont (las féchi^ I qu'une indmcrélion les trahisse; ou nVsl pas plushnnibio | dans ses lib<>ralites envers les lemplcsdn Seigneur ; sur J les luurs sacrés, des inscriptions immortaiisi nirurgueil des bieiiraiteiii's; à i'auld , le prêtre est revêtu dos marques de leur vanité. Salomon dans le temple de Jénin- ' lent ne fit gniver que le mm du Seigneur : les plus ri* ; elles d'entre les premiei's fidiHes voyoieiit aver plaisir i leurs noms roiir.mdus avec cens de leurs fri;res qui avoient fait moins de Inrgrssi^. La charité est cette lionne odeur de JésuM^hrist . qui «'évanouit dés qu'un la découvre : il est bon que nos frères voient nos œuvit*»; mats il nu faut |>as i|ue nous les voyions itous-niémes : semlilaldi^ A ces Umives qui ont prestpio toujours . coulé sous i:i terre, les au uônes secrétes arrivent bien : ]ilus piu^ dans lo sein di^ Dieu. i
2* Jésus-Christ ne roielant jicrsonnc de celte molli- 1 Inde qui s'nfTrc A loi, ikius aiqmmd que notre cbariié duit être univeix'lle : il condaïuoe rva liiiémlilés de goùl cl de caprice, qui ik* semldcnl ouvrir notre tvnir à ccrtvincs mi>êrrs, que pour le fermer A toiiJes le* autres ; qui ont leurs jouni fisen , leurs lieui . leurs 'ler- «oane«:la vraie charité n'est jioiiit si méthodique: il ouiilamiH' Ci't rvarnr'ii fpie nous f.d»>ns des iK5>oîns qa'uu nmis v*\|)osi'; Li viniu diaiité n'est pninl si scru-
, pidiviue ; c’rsl J ‘sns-ChrUl qtil revoit ramnùne dnnii6‘
' iiK'inr A un imposteur, et U réc.inqicuso u*l dUacliée à ' rintuiilion ilc edui qui la damie.
3" Jesus-Ctirist atlrtulri à la vue d’un peuple errant et dé|M)un u, nous n{q>rcud que notre charité doit élru douce. Vous acroniiKngnez souvent vos auinùiies dé tant de dureté, que le refus «émit moins accablaol : vous repnicbez aui panvr« s leurs fonrs , et vous ne faites aucun usage des vôtres; leur paresse , et vous vivez dans ' uiieimdU-sSi' indigne; leur vie îoiiUle, et la vôtre estci'i- ' tninelle. pitié qui c >iii|>atit A Irtirs maux. U s console aiitmtquc la charité qui Us soulage. Au lliédtix*, lus . malheurs d'uu bérus f.ibuU'ux vuus altendrissenti Jésiis-<Jiri.'sl soulTrant dans un de sus mctubix-s est-il indi- , gueth’ votiv pitié?
4* Ji^iis-dhrist diruuvraat le pirmier les besuins du I peuple, nous apprend que nolie ( haiîié doit être vigi- I lantc. Cette vigiUince est nue suite du pn^ple de l'un- I mône. Les riches sont les |>asteurs des (lauvres scUm le C4ir|M;ct ils sont cuti] atili's devant Dieu di'S suites qu'au- ! roit préveiHics un sccoins ufT/rt A pro|ius. On n'exige pas que vou.s dtcouvriez tous les liesuins si crois d'uiK' ville; mais oti exige que dans votre quartier vous ne . soyez pas pnvinmnésA votre insu de inllle iitalheumiv I qui sont bU'ssév de «oh'e t oinpe et de votre prospérilé ;
• qne dans vos tem-s vous vonnuissiet les pi'rsonnes qm*
: l'éptiisement et ie^ inlirmilés, le sexe el i‘:lge mettent ! ou hors d'état de gagner leur vie, ou en danger de peri dix' leur innoceno'.
! Voilà les règles de l'aumône chrétienne : en voici les friiiLs. Premièmnuul, Hic est une source de liénédii-lions, mènK lempoix^llcs : c'o«t une usuit sainte, dlc inlén^se Dieu daus ootix; fortune. SccondiTnenl,elbnous cause la joie la plus «l'iiv (|iie nmt biens puisscni nous procurer : qiH’l plaisir de faire des licurcux î quelle eonsolaiion de penser que des aines afd’gées lèvent h .s mains au ciel |Mtur nous’. TnMstèmeinenl, elle aide à expier les crimes de l’aUrndance; à nous ouvrir lesp.»- Ics du ciel : la grare se réserve di‘ grands droits sur une amc où la cliaiiië n'a pas emxvix: perrlu les siens : la conversion d'mi hou crenr ii'cst j «naU d6.es|>éréc. Aimez donc , secourez , resjieclez les pauvres , afin qu’au grand jonr Jéaiis-f^hrîst vous dise : l'rHca , les bénis dr mon Père . rte.
LE LUNDI DE LA QUATRIEME SEMAINE
8VR LA MLniSAWLE.
Division. Klni dr pltts frirolr qur les prélejtes qui jusli/ient à nos yrus la médisance. Elle ne peut être rxcnsce: I. Ai perr la legrrcte des defauts que nous rriisttrnns; II. AI par la notoriété |mWi//wr; ///. A'ipor le zèle de la rérilé et de la gloire de IHcu.
r* Partie. En vain prétendez-vous exixis.T vos nicdisanees par la légèix'lé* de^ défauts qne vous ccusnri'z; If s motifs en soûl toujours maiivx'is, les circonslaores criminelles. les stiiles irreiKnebli-s.
t" Tout votre biil, dîtes-vous, c«t de vous réjouir sur I des déihuls qui ne dishi>noreiu pas. Joie cnielle.qui I nUrîsle votre friTrî plaikirpervers, qui nait d’un vice. Une jciixdc oiseuse est inleixiile; déoaurir la honte d '
AV
ToS
A\ALYSKS DKS SKUMONS.
sQ% |)TocliP« oai un crinru* ; un tmnc de nu^|>ris est, selon difiDcd’tilio (umilion i‘leriM‘Ue,cl \ous serii>a innocent! Iji rhurilé se n^joiùt-c'lle du mnl? un diriHlcn *'«‘(î«ycr oux dépens il’iin tneinhre il«‘
J»5iis-Clirisl? n‘y a-t-il pas milk' sij)rU dlinaiib de eoi:versnUims, dignes do la jnto des ndèles? Approroiidissez 0 scend de v(drec«riir; irosl-c;’ |>oint d une jalousie sjv crî'tc que naissent ^os ceiisim's'' elles loml>ent toujours sur la iiipuie |X’rsont»e, et tout nuire \otis lrou\e iiidiil- Ki’iil. Ne Toulez-voiis point natter un ijramt à qui \4dre fn'Te ne pl iil pas? ne .sncrillez-vmis |>oint sa ix‘piitalion h \idrtr fortune? N(m, ililes-vmw; si je umhIû qnet«|uefois . c*esl puie imllscrélinn. Je le ^etu : ce \iœ si indik’ne d’un cîiréien i>eut-tl eu justirier un autie? votre ff+iT wmrfre-l-il mnins do votre indiscrétion, qu'il iK* sniirrriiiût de voire iiialieofsa répiilation eu l'st-clle moins tlélrie? n’est-ce j»;38 un crime d’être cajwhie d’Iii- «lisendioii en c.* point? Quelle nllenlion scnipuleiiM' n‘avez-\ons pas sur ce qui intéresse votre houuetir ! eu ayant si peu pour ce qui louclie voire rivr(\ i'ainiez-wuis e(MiirT>o vous-même?
2“ Le monde mijourd’lmi appelle lépw's des médisamvB qui ne le wml l’tiiiU- Je stip|K»e<pm les vùtn'Kk* suiient en effet, cl je dis qii’clli's sont toujours erimiiielles daus leurs eifvon't:ma‘ii. l’romièreuieril v«»lre frt’fe u’a cpiedisdidaulslé^ets: il eu est doue plus dijpie de votre in4lul3«*uc<\ de volr»^ rrsjK'cl; et vous le •lécriez : quelle dmelé! quelle injuslice ! Seroudi'inenl, auriez-vous ta même iikVde-vilératitsqne vouseru.'turet si on vous les ivpri>r!ioit A voiis-mêine? Alms vous Crosdriv'x lOMt : tout v<iiis panùlroil esseuliel. Faut-il (pie tout soit It'Ker eoidt'C votre frire, et ijiio eoriin' vmis tout joil ditîue dt* vouyeancc? Tmistêmcmeiil , eu eensor.intd(*s defauts même légers, u'j ajoiiti^-viuu rien du YÔln‘? ne dounez-voiui iwiirit  penser, par des roniedui*es malignes, par cerlalus gesles, par eertaiiies evpn’ssions, même par un cjTlaiii silence? Qmilrièmement, la personne que vous allnqnez u’cst-elte }>oiut d'un scic où tout hrnil est mi désliouneur pul>lic, n«i fi’êire pas loué t'sl prcsi|ue un affroul ? C<iH|inêmemeul, n'f'sl-ca point A vos nnitres que s'eu prennent vo« ct‘iisures, à reu\ que Dieu a é.aldis sur vos têtes, et que sa loi vous ordonne de r;sj>ccler? Siviêuiemcnt, ne rcnsiireZ'Votis point k's oints du Seigneur, auv<|urls il vous défend de Inuiher? îxur convcmtion peut n'êt»-e pns toujours saiute : nvals outre que c'est urdinainmient pour punir le (k'régUnucnt des (Kruples, que Dii u t^'Huel (pi'il sorte du sanctuaire même une odeur de mort; et <|iie dès lors les iundi'-liti'sdes prètn-s doivoiil plutôt èlre le sujet do V os larmes que celui de vos censures ; quanil niê'me le mioisltt! mériloroit <|ueb]ue mépris . pouvezvous sans sacrilège, nej>as n’speder sonmlnistêie? Sop- Üêincnietil enfin, u'nUaquez-vous point des piTsnniie.'i qui font une profession publique de piété? Vous autorisez doue retiv qui vous éeniilca! A penser qu’il y a peu de vi-ais gens de bien sur la IciTe, cl vous (u>nnrme« les préjugt'sdu momie roiilirla vertu? Les Ju-sles pemeni cluinceler quetqiH'fois, mais ils sont h» »Tviteunido Dieu , (|ui prt'iiil sur lui les plus It'gm mépris dont on (wc lesÂV-iomirer : H vengea hlisee, Elie, David. dérisloMS ipii seinMoiciil |wiiv!nnnulili's: touchera reuv ipii te servent , e'est toucher ii ki iminclle de son aril.
S* KuHnles mril sauct's mêmes tiuc vous appelez té-
gère*, sont criminelle* par rapporté leurs suites touj«Mirs irré|vambles. Tous les crime* ptmvent êliv expkv par les vertus eoolraires: nid renirikr, milk^ vérin ne (M'iit ré|)arer eviut de la déliarlioii. \'ons n’avez révélé qu'a un seul les vices de votre fiêtv; mais cv coiinUent eu aura iNentôt d’antres qui inslniironl k% pn’iuicrs Vfv nus de ce qu'ils auront appris : chacun, en k* racoti- Lint , y ajiHitcra de nouvelle* circeiistanct's ; ainsi une sjiirv'c prt'sqiie iiupereeplihlc, mais gnvssie dans sa rourse par mille niisseaiuéli'aiigeni, devirudintin lorrcfit qui imuNk ra la ctnir, la v ille H In prov iuee : eu mi mot , votre frère sur <|ui vous ri’avi*! voulu que plaisanler, sera tkTrié roriiu llemenl , llélri éternellemenl. K» vain, {Miur vnusopiioMT au déchaînement ptibiie, ehanlorez-v(Hi.s scs louanges ; vous strez seul , et vos éloges venus Inip lard , ne lui atlin nuit que des satiirs : vtms mriliM*z ptVr la bouche de vos citoyens; vous êl<4 coupable du criuH' de ceux qui les ivouteiit ; quelle |KhiiteiH'c pourra expier de tels itumx? votre imvrt même n'y reniédkTa |)a8; le scandale vous suivra, et des an tcur> lieeiK-ieuv l’étcrnMMToul.
H* l’ARTir. I/i médisance, lors ntême qu’elle roule sur des fanli's publkpies est erimiiielle, jvirt'e qii’almn même elle lik^se rhumililé, la charité, lnjii<ilice.
1* I/fmmitUê, eu nom reprt^Milaiil viveiiKMit m>* fautes, nous ike le loisir de mnaiviucr oelk« dciin* fri'rt'S; elle imuis fait iRhiir Dieu de ce qii'iHant lomlies |Kmt-êire daus les luinues égarerncnls, nous u’avum pa> clé (k'Nliomtrivs connue eux : elle nous fait eraiiidreqii'il ii'ait épargné notre omlusion en ce monde, que juturla midro plus amère cl plus durable en l aiitre. Que refwi ri'nilrt roiis <jni rsl suils prebr. disoit Jmis-CI)risl. jrtfr rotilre rrllr frmtw la première pierre ; je vous dis ajijourd'lmi la même cliose : Cetto |»ei'soime vient de {vcnln* sa réputation, et vous vous glorillez encore de la v(')tn' : vimsêLcK pkts hcuivuse qu’elle; êtes-vous plu* inuoeenlef Dieu pctit-èlro ta rév éler votre honte : totis Vous aimez du giaivede la langue: vous s(.>rez itciTtk'do même glaive; et t|uaiid vous aeriet exemple vici« (|uc vous bkimez, Dieu vous y livrera. En efTcl, la honte o-st la pmiilion de l’orgueil : rierre, le plus ardent à détester la {X'rlklio de Judas, iomlic lui-même daiiN l'infldétité. Rien ne imus attire laiit l'nliaudon ik* Dieu , qui' le plaUir malin avec l0(|ucl uous relevons les faute* de nos frères.
2^' I.a cbnrilé UC nous permet pns plus que rhumililt' de censurer d(« foules nu'me puliliqucs. FMf n'agit point m rntn r or, quoi de plus inutile que de divulguer ce qui est déjà |Hiidic? Quel l’st voire objet? de l.ldnu'r voirt* frère? Mais percé de mille trniU, il rsl assez puni : il mérite désormais ioule votre pitié. De plnindiv; sort inforlime? mais la compassion rouvre-t-ellc le* idak*» d'un mallicur('ux?l>t‘iuslillcrvos.soupçons pnévHk'uU? mats vous venez doue IrioniphtT de sa rhuk', d voit* glonllcr de lu maligoitedc vos jiigcmeiils? Ah ! vous êtes vous-même dons uik' ocea.sion de pédié dont le ]>uhlic munnurc déjà; c'est ici où il faudroit exercer voîre art des con.cctures. D'ailleurs, ta charité gémit di'* scandales, du l'avantage qu'en lirvnt les inqHes et k** lilterlius, de l'nccasion qu'ils donnent ans âmes foildtv de loudier danv les mciucs di^rdrus ; vous devez donc |iar voliv silence roulrlhuer à les assoupir. Quand tout le monde eu |>aricroit, ciuiclure que vtHU |Hinvez en
Digitizea oy vjuogic
ANALYSES DES SERMONS. ITM
paHer à voire tour, Iwrtiaile : riiimianUc *cnlr ] iioti» n|i|in'ti<J<|u’il i-sl l!<'audeM‘d<k'lartTpmirlrsin:ilheurouv.
S- Knfin, «1 «‘lisnrnnt de» fautes nictnc j
\mis Tînlcï U'# 1h* marnes de r(>(]uiU‘. Car prvnurrc- iiieiit , nicilrz->oiL>> h la place <lc votre fitre : cruirie*voua que rcvctii|4c piihlir lui di»nn:U onuln- vous k? droit que vous pri'iiei eootrr lui ? Secondement, que • savez-vous si le premier auteur de d'à discours pulilies j n’esi |Hilul un imposteur? Iji ennnni, un cj*îH*inmit , < iiii eiivieuv |H'iiveiil avoir cal:>niui<‘ votre fKTe : le pi>- ! Wic a |>eut-«'ln* n'cueilli avec malice une simple indis- ' cn^Iiou, et réalÎM- une pure conjecture. Suzanne u (“16 I dizTice; n doiUlte jws innocenle? Jdu>4 hrist l’a éld; \ eveuMTiez-vou* ceo\ <|iii [K riok-nt de lui comme d’un I séducteur? vous vousevposez donc à ta calimmie envers ; votre Trüisii'meiîient, que savi^<vonssi son r»*- '< iH-nlir n'a |uis d«^jn expie sa failli* devant Dieu? en c«* { cas, quelle iiijuslice de faire revivre des fautes que le Sei- ' RlH'iir a oubliées! Quatriènirment , ou savoU eoiifav*^ ' iiienlqiic h coudiiile de voire frère n'étoit pas eveinpie j de repniche; pourquoi vcfK*z-v<ms éclaircir li-s fails, | expliquer tout le mystère, éloufTer un n‘sle d'honrKnir j qu'il conxcrvoil encore ? Cinquièmement , jK*ut-elrc par un rang, par une naissance qui duniiciit de l'autoriié | sur les cs(irils , coiinnuez-vüu.s des hniils <|u'ou ne le- ; noil quelle cerlalnes pi'i-sonncs sans aven j votre* Mk*nce j M.*ul eût pu arréU*r la dinamatinn publique* , et votre ! tensurc l'aulorÎM*. Ab ! Dieu liiHuéme dissimule ks pi*- | chi^ dit honuiiis; dissimulonc-les à notre tour, et ne ; pn^enons jioint le ti*nips de ses von^tiances.
III* l*AHTi£. Enfin la iiii^isance se couvre quelqui*- • kvis du voile de la piélé. Si roii tvnsurc les |Ktlieiirs, 1 c’est t»ar zi'le , dil-oii ; c*!*»! par haine pour le vire. C'est i uiH^ illiuûon ; U ptéié, dont la ciiarité est l'ame , m* nous > iKsfieiiM' point de la charité. Voici dune les règles que ^ pn*!MTil l'Evanplc sur le vérlkble zèle. l’iiinièix*meul , i le vrai zèle {>t>nnt des scandales ipii ilcshonon-iit i'K- | t^lisi*: mais II n’en iteinit que devant Dieu; il lui en (larle wiuveut dans ses priiTcs , mais il les onhtic de> ant ; li's hommes. S<xv>n<li*mcut la piété ne nousdoime {khmI d'empire sur nos frères ; s'iU tomltenl , ou s’il» demen relit fermes, c’i'straflatit* du SiHpneur ; ni^ plaintes sur leurs dcsonIre.s |Mrtent d'mi fonds irorKimil, de niali> }(nilé, lie U^éreté, d'iiiqiue'iide; etlo.% diVhonorent la piété, et iiistinenl les disciHirsdes impies conlivriMimmi* de bien. Troi.sièim*ment, le zi*fe rétilé cherche le &)hit et non la diffaniaijon du pécheur; H se rend aimable l>our SC rendre utile; il est plus louché du nialticnrdc son frère qu'aicri di* scs fautes; il vondroit pouvoir te les cacher à soi-même, et il seul bien que les rensnrer, c'esi auBiuenler le M-andalo. Qualrkmcînent , ce zèle uniM'ur est iniiltic h l'elni ipi'il albtqne piiiH|u'il est ah- ' M*iit: il lui est nuisible puisipril ne seil qn'A r.iip»nr en blessant sa répulatioii; il est nuisible à ceux qui vmis | i^mlent, cl Uitr apimnid A m* plus melltv la lut'disanco ! au l'an;; iU« v ici*s. Le vrai zèle est liumblt-, sinipic, mi- ! siTicordieni , délicat et timoré; iine langue (pii a cmi- > {(*ssé Ji'siivChrist ne doit plus être inquiète, dan;p.‘reiise, pleine de fî( I et iranH*rlitnie conire ses fières :
/ Cliri.-timi roufrssn tum »il matniira. uon , liir- i ^Mfrtlt(l ; non ronritiii prrstrf jtcns nuihutiir. Saint ' l.)prk.'ü.