‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 339 sur 348 · ANALYSES I · texte numérisé non relu

ANALYSES I

ixwtour tcnr (‘lévalkm cl Iciir foitiiiK*, cl uc rroyanl jtoliitcn cn»rrc riilinilcmcnl aitt dcnioiia. .Soti-

\enons-nou» «j»c ccshonum s {lencrsKnit presque anus re*st)urre imiir le silut : s’ils ctoient atsoliimcnl aveu- (]les , leur l'ailé senûl imNiulrc ; inaiDlenont ils voicol, <H letir crime est un hlajplièine «outre le Saint>l-lsprit» qui deirrurc à jatuats sur leurs tcicf.

LE MERCREDI DE LA QtATRlKMK SEMAINE.

I)L L’1>J1ST1CE DL MOr«DE tNVEf.S LES C.EWS UE Dltff.

Division. /. U monde oUaque fe$ infruh'oni des gens de (lien, quand il »'a rfr« à dire contre leurs trurres, etr'est une tèmrrile. II. Il eraghr leurs foiblesxest et leur fait des crimes ^ des imprrfrrfiows les plus légères, et c’est une iMhbumnifr. III. Il tourne vicme en ridicule leur ferveur cl leur zèle, cl r'cjl I'HC Iw» picic.

I" Partie. Injustice de tênurltc qui soupçonne toujours les mimlloiis des gens de bien. I.c niruiile scnible respecter In Torlii en idtte; mais il méfuîîK’ Umjours ceux qui eu font proftS'kui. Or le pr«'mltT «)l>iel sur kxjuel lomlient d'ordiiriire tes Uimmi's du nioncle cniitix* lus fii'iiîi de Uieii, c’e^l sur la droiture «l«? Iitirs inU'nlinii.'i , sur U<sqmli(>s on sc rcîranche, parce que d’onlinain? leurs actions donnent peu do prise à in malipniU^ et è la censure : «ir H y n dans eette tiiiuTilé trois cnracteres mlieiu «lui eu font sentir t«iut le lidicule cl tou>e Hujusticc.

t“ C’est une léroérilc d’indtscn^lion : car A Dieu seul est réserv»* le ju;;cment îles Intentions et des pensées; en jugeant donc des iulentions de voin^ leère, vous dtTklez lie ce que vous ne fxrtoez coonoltrc. Mais ce qui rend ici votre témérité { lus injuste, plus Dotro, plus cniWie, c'est la nnturv^ de vos soupçons : rnr vous ne vous eonlentcz [>as de MMipçonncr les grtm de hk'U de qiickju’unu de CCS roiMess«'N iii>ci):.r<il)lcs de la e- nditioii humaine; TOUS attaquez leur predvité et la dnd:ure de leur cu'ur ; vous les BotqiçotirK’z do nuirceur, de di>siinula!inn , d’hy|Kicrisic; en un mot, de se jouer «te Du u et «les liuiiimcs, et cela, sur lc« seules rppan'uci's de ta vertu.

Ainsi, vous portez d'un ho;nme de bien un jugenu'tit qiH; TOUS n'cserii z pas porter, apris le crime le plus éelalani, d'un criminel rmnnincu : faut-il donc que l.t vertu «lit le seul crime qui ne mcrilc point «rintlulgcnee de votre part?

L’bypocrisie, j’en conviens, est digne de l’ezéoraüon de Dieu et des homme!. ; ninis je .soutiens qui* ces soup- Çtins téméraires qui cmdoïKlcnt toujours riioimuir de bien avetr l'hypocrite, rmunisH-nl des amies aux impies, et leur aident à croire qu'il n'y n plusitejuslis sur In ti rre; que l«*s saints mêmes qui «mt autrefois «ktin«‘ n-^jlise , u’iMil «Immé aux honnm s «ju«! te sjiectncte d'une fnmsc vertu ; et que rEv.;iigiIe u'a jainnis foncé «|ir- des PhnrÎHcns et des hyporriles: cela d«»it fuin* compremlix' tout le crime «le ces dérisons imntsées ; «>n cr«>it rire «le la lauywt vertu, et on f.iil bl.Tsphémrr c«>ii<re la religuin. AjoiiUz «|ue pnr4à tout deviimt dmiletix et incertain dans la société : car si ceux qu'on appelle gens di' bien ik* tiortl ir.-iuu vous «juu des impi'steui s

K s SKIiMONS.

. ci di's hypocriiri, nous ne «Nimptcmns pas «lavaiilnge . sur la probité «les pécheurs et de» iiKimlaim : il n'y a doue plus ui bonne fui, ni dniiture, ni fkk-Ulé jiarmi les hommes.

2" C’est une témérité «le corniplion : en effei, ce fonds de malignité «lui voit le crime A travers ménu* les appareoccs de la vertu, cl qui attribue i dis rruvrrs saint(S«i<'5 intentions crimiru-llcs, no i>cul partir que «l’une «me noire et ctnTonipue : comme les passions vmis «ml gâté le cmtir, A vous «jue <t‘ dUcours regarde, qui' vous éti s capable de loiile duplicité et «le toute Ikis- Si'sse, vous 8onp(xmn«?z aiséiuent vos frÎTes d'étre ce que vous éb's. l'n Itou c«rur , un rieur ditiit, simple et .sincère, ne jvcul prestjui' cnmpn'ndrc qu’il y ait des imposteurs sur la terre. |>ar« c qu'il Innivcdaiis son profiro . fonds l'spologir de Ions Icsaulris hommes: aussi qu’on I examine ceux qui fonnont ces soupçons affreux et léméi rairi's contre les g«‘as de bien, on trouvera que ce .sont I d’ordinaire «tes hommes (l(Téglês cl corrompus , qui lâchent «te se pci'!U8d4 r qu'il u’y a plus de vertu vérilnbie, arm que le vice phis coiimuiii leur paroi!»: plus rxrusalle.

Man, dites-vous, ou a vu tanl d'hypocrites (|u‘ou regardoit comme des saints, qui, cepeiKjant, n’étotenl que des boriimes {icrvi'rs et cumxiiptu : on ne peut le nier. Mais i]iu' voulez-vous conclui’c «te IA ? que tous les gens «le lâen leur r«’*»*inMeiil? Et où « ii seroit le goure humain, si vous laismmiez ainsi sur le mtc d«*s hominet. : i»n a vu L'iiit d’é; ouscx infittelra , tant de niagislnils iniques, etc., donc la pudeur et la fldelilé sont haimles du moiiage, ci lajusîtee et Hntégrilê «le tous les IrilmuauxfQuni de plus injitsle et de rdiis in.Hensé «{uede faire à tous un crime de la faute de qiielqiies-un;.? La source de eette injustice, c'est que n<ni8 habsmis tous leü l.ummes qui ne uou>. r«‘!8em)il« nl |:as; et nous tonim* s ravis de pouvoir c«iudamner la veriu, p:ircc que h , veriu ellc-menie nous ttindatmic,

>Iais on y a clé si foovenl trompé, dUi-s-voiis. Je te veux; mais je volts réponifs, «piand m«‘me vous vous lii>mperiet en ne viKilanI («as .soiipçonoir vos Iréri's, que vous arriTeroil il de si triste cl de si honu iix de vjitre crriluiilé? Von» auriez jugé selon les régk’s delà chai’ité, do la pnnteme, de ta jn'^lk'c : et q«i'y oitndl-H d.ins celle méprise «pii dût tant votix atani or? il «‘st si lieau de sp InrupiT par un n'O.lf d'I tiiirauité et d'in- ' «luIgtHiceî

Et d'ailleurs, d'ot'i vous vicn! ce zi'te et ce décîialn«> meut contre l’abus que l'hypocrite ftiil de In vertu véritable? que vous importe que le Seigneur soit servi avec 110 emur double ou sim èie.voi's (|ui uc te servez et «ni» ne le connoixvcz mémo pas? A h î ce n'est pa» l'hypocrisic qui vous blc!« *, c'csl la piété qui vous dcplait ; »i v os ceiisurt's parluirnt d’un fuutls de ndigkm et de zèle ritable, vous ne rappe lleriez (|u‘aTi‘c douteur l'hutoiru decrsim{>«isteurs,(]ui ontpu«|mlqucrr>is ix‘U!Sirà Irom- ' i>cr te mooilé , et vous sanbaiteriez que cw trlsU’s évi*nements finuient efTaers «le In nii''m(iire des homrucal I ."i* C’csl uue UiinTîte «le iMutradiction. Le monde ac- ! eme les geu.s «te bien d’aller A leurs fins, d'av«dr leur» vues dans les actùvns les plus snintes , et de ne jouer qii«' { te pi'rs'innagc «te l« vertu : mais sied-il A c«*nx. surtout, qui viu’iitàlaeour,defairecercj-i\cb:'aiixg«'i:#debk’u, eux dont k ute b vie est une feinte étcruelte? quand ils

uigiiized by Cjuuÿlc

7iti ANALYSES DES SEUMONS.

n’auront rien à te reprocher U-d«wus, on (^'outera alora ia léniorUi^ de leurs censures.

D’ailleurs, les (tons du monde >e notent si fort, lorsqu'on est trop allenür à des (k'tiiorelies qui Mintsotmi <*Uï indifTm'ides, et qu'«>n les hiterprèU* iii.ilij^nomriil; mais les Justes dtmiH’iit-ih ptiLsde Itni à la lemrrilc des suupç4ins que le momie forme contre eus? Les pens du monde e\i(;erit qu'on juge leurs itiU>ntioiw pures, lors- *juc leurs œin rcs ne le sont pas ; cl ils rroieut avoir droit de mma persuader (jue In intentions <ies gens de Ikcu ne M*nl j«s innocentes, lorstpie toutes leurs aelions le paroisstml : quelle roiilnidiclion 1

II* I'autik. f^ntuudr ejrag^rf 1rs foiUlrssrs des gens de bien, et leur fait tm rriiiie des imperfecUons Irsplus lêyires. et c'est mie inimmanifr.

t” Une inhumaniU* juir rajiport A la foililessc di> rhtHiime; car c'est imu illmkin de croire qu’il f ad parmi tei luumiK’s des vertus iMirfiiites; n* n'csl (ws la coudiiiou de cette vie luorU'Uc: chacun |)rcsi|ue jiorte dans la pieté, sesdi^rmts, m» humeurs ot ses pnqin-s foililesscs : la grâce airrige la natuiie , mais la détruit I>a8 : ce n'est que dans le ciel que ikmis serons parf.iilement <léliv rés de toutes nus misères. Tout ce qu'un peut donc exiger de la foildesst? humaine, c'est que rcssnitiel soit n^gie, et qu'un travaille sans cesse à n^ler le reste. Kl dans le fond, portant, comme mius faisoiia , au détiens de oouv une contradiction éternelle A la lui de Dieu, fuildes pour le bien, toujours prêts jionr le mal, doit-il jHiroitre étrange que des hommes em Ironnés, indris de misères, on laissent encore jiarullrc i|uek|ues-ancs? et si le momie avoit de l'i^iiitè, ne Irouveroll-il pris les gens de bien pins dignes d’admii'atlon d'avoir encore t|uelques vertus, que dignes de censure puorcouKTVcr encore qiiek|ues victit?

D'ailieui's, Dicua ses raisoiu eu laissant encore aux gens de bien certaines foiblcssisi sciisibles : U veut j>ar-lA les tenir daiisrhumililc, r.minier leur vigilaoa', exciter en eux iin(U*sirc.iii(imiel de la patrie céleste , empêcher que k« iHTiieurs ne se tltScomagcnt par le spiriaclc tl'une vertu trop parfailr, ménager aux Justes mie matière ctmtinuelle de prière et de (xHiiUma', prévenir le* bomK‘ur.4 excessifs que le monde poumiit rtmdrc A leur vertu , si elle éloU si jmre rt si rélalanle ; pctil-éln* enlln , Dieu veut par-IA achever d'cndurcir cl d’aveugler les ennemis de la piété.

'2" Une inhumanité jvir rnjqvnrl fi la diffienlté toute seule de la vertu. Vous |taroil-il si aisé, mondains, de vivre scHon Dieu , et de marclter dans U» vtvies tHruiies du s^dut , qm.' vous deviez être si bnpiltiynldes envers les Jiivteis, dès qu’iU s’on ik’artcul un seul moment.^ Que ne nuns tülos-vous pas voiu-mémrs tom* les jours sur les dinicuités d’une vie chrelicnne, lor>qnc nous vous eu pnqMvsons les règles saintes.^ ce|>eiKl:mt, par une har- Ivarie étrange, la plus h^gère inifiei feclitm dans les gens (le bien, .'inéanllt dans notre esprit 1011(1*5 leurs qualih's tes (dus estimables; et loin do ftire graco A leur» foibli^.s eo faveur de leurs vci lus, c’est leur vertu ellemême qui tKMis rend plus mieis et plus inexoraldcs envers leurs foiblpss.'s.

Mais en (|ooi riiijtutiee thi niondt* envers les gens de bien (>t pitis mitdle, c'ed ipir résout vos censures, inoïKlains, et In cwniplitui de vtw imrurs, ipii devieoiru! toits les jours Je |»k*ge lu plus dangereux de leur

inmK’cnee. Cmnmoiit votilet-vous qtic la piété di s plu» jusU-s se ronserve toujours pure an lutlien des manirs d'aujiHird'hiit? vmis êtes lessrdiiclciirs des gens de lôen ; et vous trouv(*z mauvais qu’ils se üitssem sedu'u'e?

3** Une inimmanilè par rnp|iort aux maximes du monde même. Je vous on fais jiigr» : vous diles tous Ire jours qu'un tel avre sa dévotion ne lalsM* pas d'alUT A ses lins; qu'un aulretst fort exni lft faire sa c(mr;tjue celleci a une vertu fort commode ; que ceUc-l8 c»l UKite |>é- Irir d'Iiiimenr, et iitsiifqioi'lalite dans son domestique,

; etc.,et là'dt‘>stis vousdecidez llèmiicnl (ju nnednotion I iiiêlee de tant de défauts ne saimvil jmiuiis en faire des saints : cependant, hvrstjue ntms venoivs von» an- : iMvntXT iri nous-mêmes que ta v'ie mondaine, oUeuse,

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