I .sensuelle, ul prestpie Itmle pndaiie que vues menez
. ne sauroU être une voie de salut, vtKis nous sonUiiez que vous n'y voyre jKvint de mal , el qui* vous uc croyez |u» qu'il en faille davantage |H>iir sc sauver. Mais de (jncl côté est ki l'huiiMinitê et l'iiijustice? vous damnez le* gens (k‘ bien , |tatxe qu’ils njonicnl A leur pieté quclqiics défauts (jui vous ressemblent; el vous vous creyez dans la voie du valut, vous qui n'avez (|ue ces défauts ; sans la piéléqui les purille.
I Ce n’rst pas assez : les pi'iis de Incn quiltent-ils tout pour SC donner enlièmuont A Dion? vous dites qu'ila poussent les choses trop loin. 'l'ifclient-iLs d'acconier avec la piété les devoirs de leur état, el le» intérêt» innocents de leur fortune? vous dites alors qu'ils sont faits comme Ire autres hommes, el que vous seriez bientôt un grand 8.iiiit, s'il n’en falloit pas üavanUigc ; accordez-vous donc aviT vnus-numic.
Mais ce qu'il y n de plus déplorable dans la sévérité avec laquelle vous cundiimnez les gens de bien, c'est que si un (Mktheur célHirc et scandaleux, apri*s bien «h s delais el dt*s n*pugnances , l'rononce entln seidemcnl le nom d'un Dieu qu'il n'a jamais connu, cl qn'il a toui jours blasphème; il ne vous on fanl pas davantage, vous I le rangez finrmi les saints, et vous dites ipi'il a lait une ; mnrlclm tieime : von» s nvez donc l'impie sur les ligues > Ire jiluB frivolre et h s jilns «xiuivtxjuis de la piété; et vous diinnez le Jn.vte sur les man|ucs les plus k'gèn'S de riiuraunité et de la fuiblesse , sans songer qu'il est même : de votre inlérêt de men 'ger Ire imporfietions dre gens ' do Ihou; (mistpi'eux seuls vtHis épargnenl, udtMicbKmt ; vos défauts, excusent vos fautes: je n'en dis pas assre,
I eux veuls sont vos amis véribddes , eux seuls i:H)t totichre de vre muiu , et occujmIs de votre salul.
IIUPartie. I.e monde lonrerm ridirti/e ia frrreur cl if zèle des gens de bien, et e’est une iinpiele . Oui une impiété : car en cfTet, les gens du monde font de la rrliginn un jeu et une srènrromkine, sans jsenser que par rcs dérisions el cre censures, I” ils persi'culenl la vertu,
; et se la rendent innlile A rux-mêmes ; car Dieu pour k»
: punir les prive souvent de l'exemple dre gens de liicn .
I <pii éloit un iiKiyen de salut qne sa limité b'ur nvolt pré- I paitl; ou hieu, ai*coultimés à di*crkT la vertu et à ta I tourner en rklirule, »i jamais hssés du monde ils ven-
Ilcnt rcTonir à Dieu, le respect humain les arride, ils n'üsvml jilus changer ni de. monirs ni de langage.
2** Par 01*1 dérisions vous üi^lionorez la vertu, el vous la n’iidre inuüle aux au(i*c», qui n'useiil se drélarcr I jMvur la jneté, parce qn'ils rndgiK'nt de s’ex|>oscr A vos inilL'ries prohiure, el n’iqqe'Bvmt en secret que ce scvl
ANALYSKS DKS SKRMOINS. 7i.î
oltttâck^ il h voit lic 1>ioti qiiilraapprlltf : niiisi, |)ar-Wl , TOUS niH^anlIssi'ïk’ fruit do rK\niinMc, et rciKk'i notre nliu^st^re inutile.
3" Pur vtw ceiLviircs tous ienlct la terlu, et la rcml*'* insoulcnahle a dlcnn^mc ; car vt» ikwioas dcTicnni ut rcknieiî de la piété même des Justes; vous ehnuiles leur foi, TOUS di^uraccz leur zèle, vous siisj>eiidez leurs bons désirs ; cl par-là vous privez T KrIÎm; de ri^ificalioti de leurs csoinples; les foihle*, du secours qu'ils y Iniuvendent; et k*» iKjcIknin , delà confusioi» qui leur en revieiKlroit. ÎS’est-a’ i»a» là U* ounUk* de l'impiclé?
LK JELDI DE L\ QUATRIÈME SEMAINE
DK l.A MOIlT.
Divishin. I. La mort est inffrtoiiir ; rows ftes donr lémérairr de ne jms roiis en ornijyer, et de rotts y lais~ ser surprendre. II. Iji mort est eertoine, rous êtes donc iusense d'eti ernindir /esourmir, et roits ne derci jamais la jterdrr de rue.
Pabtik. La mort est weerlahir : pensez-y doue, pniigue roiis ne snrei à ((uelfe heure elle arrirern. (i*p«-nddnle'(*st sou Inccrlilmle niême<iu» fait quemmsn'y penx>iis pas : or, je dis que c'est là»lu toutes Iw dispfvsiiions la plus téniéniirt‘ cl la moins seüsê«‘. En effet, uu malheur qui peut arriver eliiique jour est-il plus ii miv priser qu'un autre qui ne v»«is meuacwoil qu'au l>oiit d'un certain nombre d'aiiué*!*? quoi ! larce que le péril est toujours pn^nl, raltcntiou seroil moins néecssiire? ce devroil être lout le eontraiir. Aussi , le grand motif dont Jesus-ChrUt s'est servi |)our nous eihorUr à veiller sans cesse , c’est rinccrliludc du denilerjour.il n'csl point en effet de motif plus pressant que <rlul*là : car si la mort , vue de loin , mais à un pniit sûr et nuntjiié, nous effraieroil, nous •détatdieroil du immdc, nmis CMVup'mit sans cesse: son inoci*liUide, si nous étions sages, <kvroit faire sur nous des impressions inllniiueul plus forles. Remai-qnez eu effet que celle incerlLlude ctt nreompagnét^ de toutes les cireonslaiia*s les plus capables d’alarmer , nu du moins d’occuper un lioinme sage.
1" La surprise de ce demb r jour cpie vous avez ai craindre n'esi pas un accident rare; c’est un malheur familier : il n'ist pas de jour qui ne vous en fournisse des exemples, piiiMjue pres<jiie tous les hommes sont surpris de la mort.
2" Si cette incorlitude ne roubôlqno sur l'heure, snr le lieu, ou sur le genre de voli*e mort, elle ne paroUnali pas si affreuse; mais ce qu'il y a ici de lerrible, c est qu'il est inccrliiin si vousinourez dans le Seigneur ou Hans votre pi'clié : la inorl hhiIc vous déctmvrira ce secret; et <laiiscelic incertitude vous êtes traiM|uille!
3" Dans hautes les autres inrcrlilmlcs, <au le iiomhrc de cem qui partagent avec nous les mêmes i»érils peut nous rassurer, ou des ressourres dont nous (hmivoiis nous flatter, nous laissent plus tranquilles, ou eufln, lout au pis, la surprise u'c*l qu’iinc irislrucüon pnir l'uve- Dîr. Mais <lans l'incertilude terrible de la mort, rien <!e eda ne s'y trouve, et surtout la sui-prisc est sans retour, parte que nous ne mounins qu’une fols; cl ccpendaiil nous ne sommes piint alarmés !
MaU sur quoi donc pvuvez-vous jusliner cet oubli in-
eompréliensible dans lequel Tons vivez de mire dernier jour? sur la jeunesse? mais la mort n'specle-l-elle les ûgts non plus que les rings? Sur la forredii tenqiéra' ment? mais qu'esl-icqiic la sanléla iniein éiablie? une ethicelle qu'un souflle éieiiit. Apn-stout, prolongez vos jnui's au-«k'là même de vus espérances ; ce qui doit finir peut-il vous paroitre long?
Tirons les e4)iisé(|uences naturelles de riocerlîtiKle de la inorl : la première, e't st que la mort étant incerlaiiie, c’i^st une fiilie de s'atlachei' à (v qui doit passer en uu instant ; la secoink^ c'est que nous tk'voiis donc mouHr chaque Jour, et ne nous |)crinelire aucuuc aelion dans laquelle nous im* vnuliussiniis point êlro surju'is; Lt Imisièiiie , c’est que nous ne devons donc p;is différer notre IKMitleiMV. Voilà les réflciions sagescl iialun'llesoii imhis doit eonduiix' rinirililudo de notre dernière heurt'.
lUPAftTit. La mort est rrrtaiw : pensez-y donc, parre f/u'rlle doit arrirer. Uk'ii ne nous effraie lantque ce qui nous rapjM lle le souvenir de la mort? aussi , eslee a* qut' nous fuvoiis avee le plus de soin. Mais si ces fraveurs éloient pnrüonnahlesà des païens, on doit éln* surpris que la mort soit si terrible â des rhréliens,el que In terreur d<r eelte image leur serve même de prelevlc pour l'éluigmT ü<‘ leur jM'nsfk*.
('ar. l** je veux que voiu ajt'z raison de craindre la mort : mais puisqu'elle est curlainc, je ne coniprenEU que parct^ qu'elle vous jvaroit terrihle, vous ne dc- Ttez lias vous en occuper et U prévenir ; au contraire , plus le mallteur dont vont êtes iitcnocë est affreux, piiM TOUS devez ne le pas pertire de Ttie, et prendre sans cesse des mesures ptair n’eu être pas surpris.
2" Si en éloignant cette ivniée, vous pouviez ansKt éloigner la mort, vos frayeurs auroient du moins uim< excuse : mais pensez-y, n’y'pensez pas, ta mort avance toujours. Que gaguez-voas donc en délouriianl volm espnt <k' celte pensée? vous vous rendez la surprise inévitable.
3“ Quand cette pensée feroit sur vous des impressions de frayeur et de tristesse, où m'ixhI rincoiivénieni? vous n’étes (VOS sur la terre, jiour ue vous y occuper que d’images douces et riantes.
Mais, «lites-VfMis, si on |>ensoit lout de Iwii à la mort, on en peniroit In raison. Mais tant d'anu's fidèles qui iikHcnt celle pensée à tontes leurs actions, en onl-clles perdu la raison? Vous en p Türu'z ci'üe niison fausse, mondaine, orgoHIleuse , charnelle, qui vous séduit: mais vous y acquerriez la véritable sagesse, puiMpie celte pi'uséc vous appreivdmit à rcgardiT le monde comme un exil, tes plaisirs ooiiiine nue ivi*esM', le ixéclur comme le plos grand des maux , les honneurs cl Is fortune comme des songes, le salut comme la grande et unique ahaire.
Mais, ajouuz-voiis, c<*lle |)onîiéc,si on l’approfondisHiit , sennt capable de faire tout (piitler , et de jeter dans des rtsolii lions vlol.*nt('S et extrêmes ; c’esUà-dire, elle scj'oil cajuiblc de vous dé.arh.’r du momie, de viw vices, de vos p:is.<>ions, |Mmr vous faire menrr uivc vk> chn'tienne seule digne de la raison : voilà ce qu'on :i(>l'olic des résolutions violenU'set oxlrêinct. D'ailleurs ne craignez rien: quand vomv iiiez. d'alioivl ti'op loin , les pi'cmicrs trausporisse ralentiront bioolôl : preiM-z scnlcmenl des mesures colill^' la tiédeur et le rehlcbeincnl; voilà, indolent et sensuel comme tous êtes, le
7'H ANAI.YSKS OKS SEUMOiNS.
sotil «Tiipil (\xw vmis,i^rz àrn'mdre. Oiiliv cctn , qiiHIc ilhisioi)! de i>piir (K* r*ïin' Iwj* posjr l)i< n, oii ne fail ri<ii du toiil, landU qn'ou ne ln)ti\e jaïuiils rieiidt' imj) |)04ir le raoinlo.
4‘* C’est à YoiL> u:KM:jpralitude'crir.:iiK*lle esiTm Picn d'üloipnerta ji««i5<.S:‘dcJn mort, <ci:lce.u nl iw ee qu'elle vous tmiU'Ie c! tous alspeiie: celte li’.ipressiou «Icifninle et de lcrrenri'St une s**”*© «’on. Dieu \ous
fnvoiise, latïdbqiril 1 n fu50 à Uujtd’miln' : c’est pur h pensrt* de la mort ru'il veut yoiw raureucrA lui ;c’est rt çe reniêtl ‘ que voii'O salut y i*oÜ allaelui. Trcnildcz pliiU^l (juo YOtee «pur ;ie se raç-nn* conlro ce ; fr.iyair* saltiü.ires, et q*M* Dl. u ne it‘lirc di‘ vous ce nmys n de salut : ainsi, imitez h pit>nt ' our le ré^l.m nt de yos mirurs, rettos.n îluliic, ta:klisqiic Dieu Yuusia iaUse ciM’on*.
5° Ketuonlez A la v>iirc • «ic (•<» fr veurs escessirrs, qui Yous rendent H. nage et l;i peasco de la mort si ter* rililo ; vous la imiv.* 'cz surtout il ui • les cinliarms d'uno cnusi'ietice crtmiiiello, O n'es! pas h n.orl qiw vous craifiurx, c'est la juslioe de Dieu qvd vou> nllt‘nd au-dC' lâ : puriflez donc votre coaseie.jce; alors vous verrez arriver dernier ninment avec nitd » do craint ' et do saisissciuoui. Kn cfTel, ipi’a la i uorl d'clTi-oyant pour uik» onie jusU? elle ueluii’itequeiicsctKMcs dont l’iisaiteciit otivironué de plai^il^ so.ivcnl rriiniacls, et qu’elle ne poiivoit cmMMTvrr long-temps, ci elle loi ronil des biens immuable» et des plaisii's éternels, qu'elle gmltlera sans crainle et sans remonis. Aussi la mort est le seul poin! de vue et la seule consolation qui soutieul la fidélité des justes ; arrivés à cet houreus moineiit , il;; voient sans regret périr un uMuiile qui n * leur nvoit jamais paru <|u'uu amas de fuimH.^, et qu'ils n'nvoieut jnmais aimé.