DÉLAI D£ LA
N'aroir pas U grâce devroU être pour vous le moiif le plus effrayant , le plus paissant, pour sortir de votre éUl dépk>rable, et c"est te seul qui vous calme et qui vous arrête.
D'ailleurs plus vous différez, moins vous en aurez de grâce; car plus vous différez, plus vos crimes se multiplient, plus Dieu s'éloigne de vous; ses miséricordes s'épuisent , ses moments d'indulgence s'écoulent, votre mesure se remplit, le terme terrible de son obligation approche ; et sTil est vrai que vous n'ayez pas assez de grâce aujourd'hui pour vous convertir, vous n’en aurez pas assez dans quelque temps pour comprendre même que vous ayez besoin de conversion et de pénitence.
Ce n'est donc pas à la grâce qn'il faut vous en prendre , c'est à vous-même. Augustin, dans ses füiUes désirs de conversion, s'en prenoit-il an Seigneur du délai de sa pénitence? Ah! il n’en ciierchoit pas la raison ailleurs que dans la foiblessc et le déréglement de son cœur. Je tratnois , (lit-il hii-méroe , un cœur malade et déchiré de remords, n'accusant que moi seul de mes malheurs, et des delais que j’apportois à une rie nouvelle : >fir œgrofaâam, et exeruciabar ^ arcusans memetip^ ttim. (CoNFRss., I. vtir, r^. n, n. i.) Je me roulois dans mes propres citalnes sans frire aucun effort, comme si elles avoient dû se rompred'ellesntêmes : Foltent ae rersaus me in vinculo meo, donee odrumperelur tofum. (Ibid.) Pour vous. Seigneur , vous ne cessiez de châtier mon cœur par des amertumes secrètes, y opérant sans cesse, par une sévérité miséricordieuse, des remords cuisants qui iroobloient toute la douceur de ma vie : Et insfaâas tu tu orcuflis meis, Domine y severd misericordii pagella tugreminas ftmoris etpudoris. (Ibid.) Cependant les amusements du monde, que j'avois toujours aimés et que j’aimois encore, me retenoient : Arfiiiefrziit me nuyœ nuganiM antiquœ amieœ meœ; (Confess., L viii , ch. n , H. 26. ) et ils me disoieiu tous bas : Vous aHez donc renoncerâ tous les plaisirs ? Dimtllistie nos? (Ibid.) Dès ce nioroem vous allez donc dire adieu pour toujours à tout ce qui a frit jusqu'ici tout l'agrément de votre vie?A momenlo islo, non ermus teeum vttrà in œlenium? (Ibid.) Quoi! désormais il ne votis sera plus permis de voir les personnes qui vous ont été les p] os chères ; il faudra vous séparer de vos amis de plaisir, vous bannir de leurs assemblées, vous interdire les joies les plus innocentes et toutes les douceurs de la société ? .«^momenlo istOy non tihi Ucebit hoc et illud «Krà in œternum? (Ibid.) Mais croyez-vous pouvoir soutenir l'ennui d’une vie St triste, si vide,
COfiVERSION. Jfâ
si unie, si différente de celle que vous avez jtitqu’ici menée? Ptifasue siue i.çfispotfrts?(Ibid.)
Voilà où ce pécheur, à demi lourh(‘ , trouvoit les raisons de ses délais et de scs résistances , dans la crainte de renoncer à ses {vissions , et de ne pouvoir soutenir la démarche d'une nouvelle vie, et non dans le défaut de la grâce : et voilà |)rci:;lsément où vous en êtes, et ce que vous dites tous les jours en secret à vous-même.
Car après tout, supposons que la grâce vous manque, qu'en concluez-voiis ? Que les crimes où vous vous plongez tous les jours, si la mort vous surprend dans cet état déplorable , ne vous damneront pas? Vous n'oseriez le dire. Que vous n'avez qu’à vivre tranquille dans vos désordres , en attendant que Dieu vous louche et que la grâce vous soit donnée? Mais Ü est extravagant d'attendre la grâce en s’en rendant tous les jours indigne. Que vous n'êles pas coupable devant Dieu du délai de votre conversion, puLsiprelIe ne dépend pns de vous? Mais tous les pécheurs qui diffèrenl et qui meurent impénitents seroienl donc justifiés, et renfer neseroit plus que pour les Justes qui se convertissent. Que vous ne devez plus vous occuper de votre salut, et le laisser au hasard sans vous en mettre en peine? Mais c’est le parti du désespoir et de rimpiéié. Que le moment de votre conversion est marqué, et qu'un peu plus ou un peu moins de déréglement ne l’aranccni ou ne le reculera pas d’un instant? Mais vous n’avez donc qu'à vous percer le cœur d’un glaive , on vous aller piécipiterau milieu des ondes, sous prétexte que le moment de votre mort est marqué, et que cette témérité ne le hâtera et ne le retardera pas d'un seul instant. O homme! s'écrie l’Apd^re, en répondant à la folie cl à l'impicié de ce prétexte , est-ce ainsi que vous méprisez les riclKssea de la bonté de votre Dieu? Ignorez-vous que sa patience à souffrir vos désordres, loin de autoriser, doit vous rappeler à la pénitence ? et cei>eudant c'est sa longanimité même qui vous roswsnre dans le crime, et, |)ar l'endurcissement de votre cœur, vous amassez un trésor abondant de colère pour le jour terrible qui vous surprendra, et où il sera rendu à cliacun selon ses œu>Tes.
l.a seule consé<iuence sensée qu'il vons seroU donc permis de tirer, supposé que la grâce vous manque, c'est que vous devez prier plus qu’un autre pour l'obtenir, ne rien oublier pour flcdiir un Dieu irrité, et qui s'est reiiié de votre cœur, vaincreparvosimportunités sa résistance, éloigner, en attendant, tout ce qui éloigne sa grâce de voire cœur, lui préparer les voies, écarter tous les oli- I stades qui voua l'ont rendue jusqu'id iuulile , voua
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