‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 342 sur 348 · LE DIMA^(:IIE DE LA IV\SSION · texte numérisé non relu

LE DIMA^(:IIE DE LA IV\SSION

M n l/l'.MDI.NCE DE I.A LOI PE DU.i:.

Di\ns!ON. 1rs hommes sf rassurent mr mi//r olius que le monde autorise, ow parre (fUt leur consricnre m* leur reproehe rim. et qu'ils sont dons la f>ONne foi , ou bien à cause rie f olisrnritf de rL'ratigile, auquel ( Imnin fait riirree qu'il reut. Or, la loi de IHeu a un double eararirre d'rririrnce gui rombat res âeu.rprr' le.rtes. I. Elle est rridrnie dan* fa ronsrienre du pe* eheur: et par là ellejuqera la fausse srcurilr. ou la ptrlftidue bonne foi des âmes mondaines. II. Elle est éridentedans la simplirité de ses règles, rt jmr re second rarnrt'rre, elle )nqera les incertitudes aff'eteeset les fausses interprétations des pérhenrs.

I'* Partie. La loi de f>ieu èridente dan* la ronseimre du perheiir. L'bomme a lieaii faire pour éluder la lot de Dieu ; sa eonscienec rend un doulde (émoigoage A cette loi divine : premièrement, un témoignage de vérité à l'équité et A la uéeessité de ses maximes; secondement, un témoignage de sévérité A l’eiactitude de ses règles.

t* lin témoignage rie vérité h l’équité et à la nécessité de ses maximes. La loi d’un Dieu sage et Imn doit avoir un raraclèir d’t^nité ipti règle lous les devoirs, et un camrtère dr Itonlé qui nous fasse trouver ici-ltas notre ro|kOs el mdre bonheur A In praliqiier; et c'esl en elfxH ce que nous sentons au fond de dih c<purs p^ir ra|>port A la loi de Dieu. Noos sentons que ses ri*gles sont justes et raisonnables; qn’elle n’ordonne aucune vertu qui ne soit conforme ant vérilahles intérêts de riiomme; que les passions qu'elle itiUTdit s «nt la seule source de tons nos troubles ; el (|ue plus nous nous éloi gnons de la règle et de la loi , plus nous nous éloignons ih* la (>aix el du re|K» du cn'iir : voilà un témoignage <(ite la lot de Dk‘u Irouve an fond de mis (veiirs. Les passions peuvent nous faire sci-ouer le joug des règles wHnlOk; mai* elk*s no peuvent réiKsir A nons ju.slifler à nons-niênics nos pnipres désordres : iintM trouvons toujours au dedans de nous l'apologie des règles coiilre les passions; et nous avons bi’au faire, nmis sentons Ionjours une mésintelligence sx'crèle entre nos iionchanls **t nos Itimières, do manière que l;i loi nous rend mallii*tireiix, si elle ne fient itotis rendre fidt'lcs. El «l'oit visiil cela , sinon de ce ipie lotis les (irécejHes tie la loi

I de Dieu ont un rapport nécessaire avec le etriir de I riiomme, qu’ils sont les remède» <lc nos maux les plus I seercls , et les sex'xnirs d<* nos fienehanU les plus justes ,

I coiiinu* les païens eux-mêmes l'ont reomnu?

I Mais, dit-on, c’est la nature qui est notre première I loi ; el des penchants «k* plaUir m's avec nou» ne sau- I mient être des crimes. C’est là tinc imJli(^é qui n’**»! que I dans le dkeours; c'est une osIciUation de liliertinage, dont la vanilé se fàit honneur, et que la vérité dément en secret ; et la preuve, c'fet que ces pécheurs célèbres ' et déclares, qui se faisolent une gloire affreuse de ne pas I croire en Dieu, apri’* être revenus d<* leurs égarement*.

I <Kit avoué qu'il* n'avnicnt jamais pu réussir à effarrr la ri'gle et la vérité du fotid de leur »me, et que leur iircrédulüéapjtam'tileeai’lmll les remords les plus cruel*. I.e crime biujours timide porte partout, dit l'Esprit Saint , un témoignage de eoïKlanmalion contre luimême ; et par l'enniii et la tristesse qui raceompagneiil, il vous fait senlir que l'ordre et l’innocence sont le seul I bonheur qui vous éloit destiné sur la terre.

I 2* La cotuu'ience rend im témoignage de Mk'érité A I rexaclitude des règles de la loi de Dieu. Nmu nnat n'ii- , dons ce témoignage A nous-mêines, et nous sentons que notre corrupliou se ré|>and sur les plus pclilcs comme i sur les plus grandes chosi's; que partout nous nous re- ' trouvons foibles, et toujours opposés A l’ordre et au devoir. Donc , nous sentons que la règle ne doit nulle part I être favorable A nos penchant* ; que partout nous devons ' la tnmver sévère, parce que partout elle doit nom être opposée. Ainsi . par un senlimcnl secret et inséparable de notre être, non* nous distinguons toujours iiousinême.s de la loi , et nos penchants et nos plaisirs , de ses I règles el de ses devoirs ; cl lorsque dans les actions douteuses, nmiB nous dClenuinons en f.ivcxir de nos penrhaiils, nous sentons fort luen que nous nous éloigoon* de la loi de Dieu, tmijours plus sévère que nous-mêmes. Aussi êtes-vous jamais calnves, quoi que vous en dûdez ,

, dans rHtc vie toute de plaisirs , de dissipation , etc., et dans ces nvomcuU où, touchés plus vivement de la ; grâce, vous vous proposez de in nscr sérieii.senicot A l'e- I lemité, ne mettez-roux pis dam le {dan que vous vous : fonnez alors d'iiiie nouvelle vie, la privation de toutes ' les mêmes choses prrsqne auiqnellcs vous nous dite» sans cesse que vous ne voyez poiot de mal? Ne hlAmcz- I voiu pas , et ne ceaviirez-vous pas tous le» jours vous- I mêmes ces personnes qui veulent allier avec une pr*»- : h^si n puldiqtie de piété res ahus, (‘C* aiiuisenienls dont I vous nous faites sans ces*e l’apol4)gie? Vous sentez donc que l'EvangileexigedevoiucldreespersonncsquelqtH* ' (hosc de plus que ce que vous faiU-s, et vous n*ndex ! iiialgn* vous témoignage A sa sévérilé. Mais de plus, si I nn lieu des maximes saiutcs que ivous vous aiiuoiivouK I dans ees chaires clinHiennes, nous venions vous prêcher iri les mt'*nies maximes que vom débile* lom le» jours dans le iiKinde, vous dire que t'Elvangiic n’est pas si Mkèn.’ qu’on le publie, que Dieu est trop lion fHuir nous faire un crime de mille choses qui oui passe* cii U'^age; que |»enscrie»- vous de mms? Ou vous ririez de noire ignorance, on vous auriez horreur de la profuiialion de noln* mliHstère. Vous convem*z dtme de la véj rité des nuixiines (|iie nous vous amiouv^iis, quchpie si^ j vères qu'elles soieul, el votre C4>nsd«*uet* leur rcml I t«iiioignage.

ANALYSES DES SEUMONS. 7i7

11* PAnTiii. La loi de Dku csl évidente dana In aim- /iHritr de ses réglés: et |Kir ce second laruetire, rlie jugera les hicerUludes afferlres . fl les fausses interpréta' lions des pfchenrs. L'KraogUc düus a c(c (kinnt* pour i-egler nos iinrurs el nos lievoin. Jc&us-(iliri»l nuroit-il ^oulu y iai.Skrr dos obscurités aipables do iuni.s rairo preudre le cbnnge.et do favoriser des passions qu’il oloil venu combattre? D'ailleurs, c'est Jésus-Cbrist qui est Tauteur de rÊvangile : il a prévu par sa ImiHéro toas les doutes que Tospiît humain iKHivcut opposer A sa toi ; aiusi, il l'a eoiH-erté d'une nuimtresi divine et si ioUdligiblo , si simple et si sublime, que les plus ignorants comme les plus bnbiles ne |h*uv eut y luécuuuoitxv «es volontés. Si les mystères y sont olncurs . le» règles lies merurs y sool formelles et précises. O n'est i«s qu'il ne puisse survenir des doutes et des difTicultex sur le délail dos obligations : mais, et ceci mérite une grande attention : Je dh.

I" Que si, sur te détail des devoirs, la leltrcde la loi est quelquefois douU'Use, l’isprit ne l'est presque jamais; que l’on voit bien toujours de quoi côlé {lenche rÊvangilc; que les règles s'ivlaircissent toutes bs unes les auli'os ; qu'il y a d« règles principales qui senent à résoudre toutes les diflicultés pariicolières; et qu’entlo, si la loi peut nous paroUre quelquefois éiiuivuqne , l'iulentiuD du législateur par où on doit riulerpréter, ne laisse jamais de lieu au doute et à la méprise.

Je dis • 2" Que ce n’est pas i'ubacurité de la loi , mais ivos passions encore chères, qui fitnnenl tous nos doutes sur les devoirs : et la preuve , c'est que les âmes mondaines sont celtes qui trouvent plus d'eiuliarras et plus d'oliscuntés daos 1rs règles tks mœurs; taudis que les âmes fidèles et ferventes ü’oiil prescjuc januiis rien à opposer à la loi de Dieu. La lumière du la loi, dit saiut Aogusliu , ressemble A relie du soleil j mais elle a beau luire et briller, un aveugle n'en est pas frap|)é : or, tout l>ëchcur est cet aveugle. Piiriflei votre cœur, continue ev Père: ô(et-en le liaodeau fatal des |>assious, alors vous verres clair dans vus devoirs. Aussi voyoïu-iious UHu les jours qii’A mesure que les passioiu diminuent dans uue arae, ses lumières croissent, et elle est surprise d'avoir pu l’aveuglcT si loug-temps sur des devoirs qui lui paroi&vent alois si évideab el si iaconlestables. Estoc la lui de Dieu qui devient plus évidente? non, c'est l'amc (jui te dégage, cl sort de ses ténèbres. El oc qui prouve encore que ce sont les passions toutes seules qui ohseurdsscol la loi de Dieu à nos yeux , et foiUM^ot mis doutes , o’est que sur les points de la loi , sur lesquels nulle passiou , uul intérêt particulier ne noos aveugle , noos sommes équitables cl clairvoyants.

Je dis, S** Qu'il n'y a qu'à vous eu tenir A ce qui est incontestable dans rÊvangile , et vous en feres encore plus que nous n'en demandons.

Je dis, 4° Que si tout csl prcsc|uc ooniesté dans le momie sur les <levoir$ les plus incoiilcslablesde la pk^lé chrelicune , c’est que l'Evangile est nn livre inainnu à la plnpart des flddes : on pa>se toiilc la vie A ac<{uérir ries connoissances vaines, frivoles, inutiles A rtinnimo , à son Imiihcur, à son éleniilé; et ou ne lit pas le livre de la loi où est renfermée la science du salut.

Je dis, V Que quand même il se trouveroit encore quelque chose d'olrsriir Hans la loi de Dieu , elle trouve tuilc^oüéTidcnce dans l'indrucliouei dans lomini.Htère.

Jamais h |Mété d«'s fltièles n'eut plus de seruiirs , jamais I l'ignorance n'eut uioins d'excuse, paror que jamais siè- ' de no fut plus éclAiré que relul-ci; et (|iioir|irou ne I j>uissc nier qu'il n'y nileurore parmi nous des guides aveugles, le piège n’est A craindre qih* pour ceux «pii veulent bien y être tronqiés. Quand on veut aller de iHinne foi à Dieu, ou a bientôt trouvé la main qui sait nous y noodoire.

I I>EDlM.V>'aiE DE LA PASSION.

l'.Sccood Scrutou.)

SUR L’iMMtTAPIl.rTÉ DL LA LOI DU DILf.

Division. monde oppose trois prétextes àLimmu- ^ tabilité de ta loi de Dieu: le prétexte des merurs et des usagés, le pretexle du rang et de la naissance, le pre- ! texte des situations eidesiwonrmients. Or. f. f.a/oi I de Dieu est immuable dans sa durée : donc, les merurs

i et les ttsages ne sauraient la rbangrr. fl. ta loi de

Dieu est immuable dans son étendtte : donc, ta diffe- [ reneedes rtsngs et des ronditions la laisse partout la I même. III. lo loi de Dieu est immuable dons toutes les rituatioaa.'doiu'. les tnronrénieats. les jterplexités n'en justifient jamais la plus légère fronagresrion.

^ D* Partie. L’Évangile, la toi de Jesus-Christ est immuable davis sa durée. Elle ne change point , parce que les devoirs qu’cllo nmis preterit , fondra sur les l>csoins et sur la nature de l'homme, sont de tous les Irnip» I et de tous les lieux comme elle. Tello les preiuk'iv ndé- ! les lu reçurent à la naUsauco de la foi, telle l'avons-nous encore aujourd'hui, telle nos desceiidanis la recevront ! un jour, telle enfin les bienbeureux daos le ciel l'adorei roDl et l'ainieronl éteruellenient. La ferveur ou le ikv- I réglement des siècles, le xèle ou la complaisance rk-s hommes n'ajoulcnt ou ne diminuent rieu A son indulgence I ou A sa sévérité : ccpcndanl , lorsque les niinUIrcs nous I représentent quelquefois, dans les mœurs des premiers i ililèlcs. tous les devoirs de l'EvangiLc exactement rcm- ! pllv, pour nous faire sentir par la dirrérenoe des pi e- I mières mœurs d'avec les m'km, combien noos sommes : loin du royaume de Dieu; non-scnlefiKmt nous uesom • 1 mes |)oint effrayés de nous trouver û dissemblables A I eux, qu'on endroit A jicioc que nous fussions disdpl I d’un même maître et sectateurs de la même lui ; mais I nous leur reprochons de rappeler sans cesse ces premiers temps et l'Eglise primitive , comme s’il ébut possible de régler nos uiœun sur des mœurs qui sont désormais Impraticables : nous prétendons que les temps ! sont changés , qu’il faut prendre les hommes comme ils I sont , et que ce serait les désespérer, que de vouloir les ; rameoer A la vie des premiers siècles.

Mais, 1* Les Icnipset tes aimées, qui ont si fortaltéro In pureté du rhrUtianisiDc, ont-ils altéré colle de l'Évaii- : gile? Jésus-Christ prédilquedans les derniers temps, il I ne se trouvera presque plus de foi sur la terre ; mais I ajoute-t-il qu’alons , pour s'accommoder à la cornip- I lion de ces derniers temps, il relAclicroH quek|uo chose I de la sévérité de son Évangile? ou plutôt n’ajoutc-t-il ; pas qu'alors il faudra plus que jiimats veiller, prier, ! jeûner, sc retirer, pour sc mettre A couvert tk* la cor- : riiption générale?

"4« AISALYSKS l)^

'3* Ooyex-voiiNqneli's prck-eptctriKoureuid^ l'Évaa* i kUü D’aiiMit c^lô faiu que pour le pmnier âge de la foi , ou les hommes étoieut chaules , inuoeeuti, cbarHahles , lerreDti ; et que Jétus>(Jirisi ait réservé i>aur les hum* ! mes corrompus de nos sièt'les loote son indulgcna'’ Où ; seroil et la sagcs.se Uni \aDli^ de la mort-le

rhr^lienno?

S” Nos usages n'éloient pas dlahlis du temps de nos pires, et sans doute ils ne passtr.'nl [>as ju«|trà nos derulm Dcveiii ; ils ne sont pas m^:ne mmmuns A tous les peuples, llone ces u.«ges ne peuvr nt ni devenir notre ri*gle , ni la changer ; aulrcnient , il f lodri it un l-Smigilo f<our cliacpie sli-ele et pour chaque peuple , mi lieu i;uc la ri'gle est do tous les temps et de tous 1rs licui. Donc, de nouTcllcs nantirs ne fonuent («as pour nous un ootnol Kv.'*iigile: il faut donc juger d(S us.ages et de* nupun p«r le* devoirs et par les ri’sles. et non pas des règles et di sdevolrspar les mœurs et par le* usage*.

Ne disons donc plus que 1rs temps ne sont plus 1rs mêmes ; mais la loi de Tieu n’a pas changé. Ne disons ; plus que les ebrétiens des premiers temfis asoieni ou |)lus de force, ou plus de grâce qoe nous, flelas! ils i iisoient plus de foi, plus de ronslance, d’amour ponr Jésus*ChrUt, plus de mépris pour tout le monde.

Du n'aie, nous arous lesratHvirs sources de gnireqn'cmx, le même ministère, le même autel, la niême victime.

S'il y a qur Ique dilférenee entre h*s premiers chréliens j «'t nous , c’est ifue ce o’étoient pas senli'iiient de seuls usages arhitraircs qu’il fnlloit éviter, ou |i** dérisions du I minde qu’ils aroient A craindre, c’étoient tes supplict's les plus cruels auxquels il fallnil s’exposer. f>p<mlant rÉvangile qui pouvnlt autrefois faire «les martyrs, A peine peut-il aujourd'hui former un fidèle.

II' PAhTir. Im Ini df ?>teti est Immnahfe dons sot» f fendue. La l«d de Moïse étoit pour un peuple seul : niais ' Jésus-Christ est un législateur iiniTcrscl . il est venu de : tous les peuples ne faire qu’un peuple, de tous les étais , et de toutes les eondilinns . ne former qu’un corps, ani- i mé par le même <**pril, et gouverné par les mêmes lois. Cependant une autre illusion onlinaire contn* rimiiiii- i tabilité de la loi de Dieu , c’csl de sc ixTstiader qu’i'llo s'adoucit en faveur du nmg et de la naissance; et que les mœurs attachées à la grandeur par Tusage , en ren- * dant l’observance presque Impossible, en rendent ausAÎ la transgression plus innocente.

Mais si rÉvangile ed U toi de tous les hommi's, les grandsont promissurlesf.mtj! sacrés de l'oliserver, tout ' comme le peuple ; etrÉglise,en tcsrecotantou nombre «le ses enfants, no leur a prs pr<q>osé d’autres vœux A fhlre, et d’autres règles A pratiquer <]u’au simple |>eu- i pie. Exaiiiinons maintenant tous le* devoirs de l’Évan- | gUe ; ils se réduisent A deux points : les uns sont piviposes p*uir combaUrc et aff dhllr ce fonds do Ct-miplion que nous {loiions en naissant ; les antre*, pour perficlionnerceltc première grâce du chrétienque nou.s avons reçue dans le Iwptême : lavînlence, le rrnoncenirnt , la mortification, sont d«* la pr> n>ièrc esjièce de devoirs; la prière, la rctr.iite, la vigManre, le nh^priv du monde , le desirde* biens invisible'*, sont de la seconde : v«ulA hml rÉvangile. Or, qu’y n-l-il dans ces detix sortes de devoirs dont le r.mg et la naissance puissent dispenser le* grands? Au contraire, plus ils sont élevés, plus htir élévation leur fournit de raisons de proti«|«cr c<’S devoirs ,

iS SERMONS.

tant A cause de* périls auxquels leur étal les eipoae , que parce qu’il* doivent des réfuirations plus rigourin»‘''s A la justice de Dieu , à cause des crimes et des excès pi'CM|(ie inséjiamblr* de la grandeur. Aussi noua UC voyons pas que Jésus-Christ, d.ins l'Évangile, pn>- AUX princes du|)cupl(*,et aux grand* de Jérusalem, d’autres maximes qu’aux l>otirg.ide* de la Judée, cl à scs disciples, tous Un^de la lie du peuple; se* maximes ne changent p^dnl avec le nng de ceux qui l’écoutent; cl -*es ennemis eux-niémcv lui roteicnt celte justice , qu'il eiiseignoit In voie de Dieu dans la vérité , et qu’il u'avoit égard ni au rang, ni aux |>ersonne8. D'où vient qti’apH's sa mort, l'Évangile | arut «me doctrine descendue du del, sinon |tara^ qu’annonçant aux grands et aux puissants de* maximes Irish s et crucifiantes, incompatibles en app trenœ avec leur état, ils ne laissèrent )vas d'emhra»er nne loi qui , au milieu de leur prosp)éri(é et de leur alko'mlanre, ne leur penuettoit pas plus de douceurs et de plaisir ici-bas qu’aux pauvres et ati simple peuple ? Mats il n’y anroit eu ricu de surprenant et de divin dans la conversion des ric!ies, si la docirioe qu'ils suntient etnbrnssée lesdistinguoit du peuple par une plu* gr.in«lc intliilgcncp , et si ce qui est vuiede ]H>rdrliou pour les pauvres , éloU pour eux seuls U voie du 8 dut.

D’ailleurs, si l'Evangile avoit des disliiiclions A faire et des ctHiiplaisaiires A acc«»rder, seroil-ce en faveur de ceux qui tiaissoni dans l’élévaüoo et dans l’ulKHidaDce? Quoi ! il ronserveroit toulc sa rigueur pour les pauvres et pour les malheureux , et il n’extgeroit rien de pénible de c.mx dont les jours ne sont diversifié.* que par les plaisirs!

III* Partie. L<i M de Dieu est immuabtednns toutes /es siftmftoNS de /a rie; donc, /es inrourénienfs , les peq)te.rHés n'en jusUpept jamais la plus /égère frons- {^resston. Opendant tout nous devient raison cl nécessité contre uusdevoirs, c’cst-à-dlre contre la loi de Dieu. Les situations Ir's moins périlleuses . les conjonctures les moins embarrassantes , nous fourni smt di's prétexh'fi potir la violer avec sécurité , et nou* persuadent que la loi de Dieu seroit injuste, et exigeruit trop des hommes , si dans ces occr.sions elle n’osoit d’iudulgetice A notre égard.

Mais A ot'Ia je réjwnds ; t* Qoe rinlérét do salut est lopins grand de tous les intérêt* ; que la vie, la fortune, la réfHitation , Tunivers entier lui-méiiie mis en parallèle av«*c ntilrc aine , ne doit être eomplé pour ri«*n.

2‘> Que comme la loi a toujours du moins la sûreté |K>ur elle contre le prétexte , préféri r le prétexte i la loi , c’est lai.'ser une voie sure, et en choisir une autre dont personne ne peut vous répondre.

3" Que l'Evangile no nons ayant été donné que pour nnns détacher du monde et de nous-mêmes, et nous faire mourir A toutes nos affcctious terrestres , c"est s’abuser de regarder comme des iuconvénH’uts certaines suites de celte lot divine . fumâtes on A notre fortune , nu A notre ghiiro, ou A noire reptis. Jésus-Christ n’a pas prétendu nous prescrire des devoirs faciles et commodes ; mai* aucon!r.itre, nous montrer une voie rude et malaisée A tenir : ainsi , ee que nous appelons tneonvéiiients et extrémités inouïes, ne sont au fond que l’esprit de la loi , et la fin que Jésul^-Ch^i^l s’étoît proposée eu nous la dimn:ml.l)'aill(-nni,il est c(Tl;iiu que le priii-

oogle

ANALYSES DES SEKMONS.

dpBl mérile de nos devoirs te lire des oVstacIcs qui ne mtiK|uent jmnaû d'rnronlredtreln prati(|ii«;et b yitUi rrsscinliieroit ru \icc, ri cUe ne Iromoit su drhors e( uu dedans d«' nous que des faeiliti's et des conTen^nees. Jamais les Jtisles n'cml eié paisililes obsiTrateurs des i>pU 8 saiuU*s.

KiiHii , ctinvroons qae ce rml mw payions sentes qui rornieiil les luconvenienis qui nous aiitorirrnt à rher' cher di's lniip<.^niiiieats H a nos devoirs» et A la loi de Dh-u : aiiBÎ, mourons au monde, el à nous-im^nies; alors tout nous paroüra po5>sH)lc,lesdifTiculU's s'npbni* nuit en un losbnt; clc<‘ que nous appelons iocoméaienls, ou ne sera pltu compta pour rien, nu nous le regarderons comme les épreuves inséparables de la vertu , et non pas comme U s eicuses du vice.

LE LVM)I DF. LA PASSIO?i.

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