‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 343 sur 348 · DE L'I.MPLOI DV TEMPS · texte numérisé non relu

DE L'I.MPLOI DV TEMPS

Divisioiv. iVolu perdons U Irmps sans regret , ou nous ne l'employons que pour les choses d'iri-bas. I. Connaissons le prix du temps, et nous ne le perdrons pas , parce qu'il est court. //. ronnotssons l’usage du temps, et nous ne /’emp/oierons que pour traraii/er ànolreso/iit, parce qu’il ne nous est donné que pour nous saucer.

I'* Partie. Connotssons le prix du temps, et nous fie le perdrons pas. Tois mollis doivent rt-udre à tout homme sage le temps précieux el esUmalde. Premièrement, il est le prix de l’éleroilë. Sccoudcment, itest court, et l’on ne peut trop se hâter de le mettre à profit. Troisièmement , enfin , il est îmqiàraUle j et re que nous avons une fols perdu, est perdu 8*ns ressource.

1** Le lemps est le prix de retemilé. Condamnes a la mort par le crime de notre naissance , comme notre premier |>ère, nous ne devrions rcct'voir b vie que pour la |>erdrc à rinslanl mémeque nous l’avons reçue; bien plus , autant de fois que nous avons violé b loi de TAuteur de la vie, autmt de fois elle auroU dû dans le moment même nous être niée ; cet arrêt de notre cou> damnation et de notre mort n’est suspendu que parte que Jésus-Christ est mort à notre place : outre ceU , de combien de maladies, de périls, d'arcideuls, b buiré de Dieu nous a-t-eilc délivrés justpriciP La vie dont nons jouissons est donc l'ommc un miracle pci*|>étuet de la miséricorde diviue; chaque iimmeut où nous respirons est comme un nouveau bienbit que nous recevons de Dieu, qni oe nous l'accorde que pour nous bb<er le temps de réparer l’usnge criminel que nous avo:is bit de celui qui s'est écoulé jusqu'A re j<iur : dune, passer ce lemps et ces moments en inutilité , u’esl-ce {kis outrager la bonté divine qui nous les accorde, prtidigucr une grâce inestimable qui ne nous est |K>iut due , et li- V rer au hasard le prix de notre éternité ? Nous regarderions aunmc un insensé un luunme qui iaisseroit Inutile ' un trésor immense dont il seroil héritier, sans l'employer, ou pour ébblir sa fortune , ou pour s'élever aux > honneurs : quelle folie donc A nous de ne faire aucun ■ usage du temps, qui est un trés«)r tout autrement esli- I mabie, dont noua avons hérité ; puisqu'il peut nous servir, non pour nous élever ict-bas A dea dignités friv oies ,

ma» pour nous pbcer an ptos Imt des cieax A côté de Jêsas-Lhrist , dans celte société immortelle de bienheu- , reux qui sen>nt tous roia , et cela . prnd-ml toute l'éternilé? Cependant, re temps dont il n’est point d'heure et de iifonient qui, mis A profil , ne puisse nous mériter b ciel , dont b moindre perle devnût nous caiiaer ' les regrets les plus vifs cl les plus cuisants ; ce bnips noiu est A charge , U bit ton! l’embarras, tout l'conui . et le fardeau le plus pr<^anl de notre vie.

2* Ix tein|i» est court , et on ne (>eut trop ae hâter do le mettre A profit. Si noua avions A vitre one longue suite de sièrios , da moins les jours et les nioroenls perdus ne foruMToieut qu'un point im|KTcepUble dvns nu si grand espace , et m»u* pourrions regagner sor ta longueur CCS |vertai passagères ; mais ooa jours et nos années ont été renfermés dvm des Ivorurs ri étroites , qu'on ne voH pas ce que ooiu pontons encore en perdre. Retranchex de cela ce (|ue vous êtes obligés d* accorder aux I besoit» du corps, et aux Irirnséanees; que reste-l-il (KHir toiu, pour Dieti, pour l'ritTnité? et nous ne savons quel usage faire de ce peu qui nous reste ; et nom ' rec4)urous A mille artifices qui nous aident A n'eo pas I æntir la durée. Que nous .vommes dignes de pitié I Car,

, ne dovrioos-nous pas penser que dans ce peu de lero|» (pie nons atonvA vivre, nous avons des crimes itinomiiraldes A expier? Dix vies comme 1a mMre sufllroieot A I peine pour en expier une partie : coramont donc peot-ll mvos rester du temps pour dt» plaisirs et des inutilités dans une tte aussi coorle et aussi criininrlle P Un erimlnel condamné A la mort, et A qui on ne bisi>eToii qu’un jour )KMir obtenir ta grâce, y tromeruil-il encore des heures et des nKxnenls à perdre? Inaeusés que no«u sommes ! outnt arrêt rat pronoixx^ j on ncus laisae encore un jour pour chonger b rigueur de notre sentence étemelle; et ce jour uniqoG nous «t A cluirge, et nous le passons indulemtncnl en des uceupatioos vaincs, oiseuses, puériles ; noua chercboi» comment l'abr<^er, et nous arritotts au soir, uns avoir fait d'autre usage du jour ((u’oii nous a laissé, que de nous être rciKk» enoore plus criminels l Kl (|uc savons-nous ri même l'alius que nous en fainons n’obligeni yias b JusUee divine A l’abrégerP les nuirts soudaines et imprt*vues éloiciil autrefois des accidents rares; ce sont aujourd'hui des événetnrnis de tous tes jours. Vem’x nous dire après cets qu'il y a bien des inoments vkles ibns U journée; (pi'il faut savoir s'amuser, cl pfuser le temps A (jurlque chose. Quoi I le lemps est ri rourt, tua oldlgations ri iofluies, et vous pomes encore trouver tant de inomeuts vides dans b journée? On rst trop heureux, dites-vouv, de savoir s'amuser innoceiniiH'nt, et passer le temps A quelque chose? Kb! le chrétien, rhérilier dacicl,o'est-il sur b terre que pours'amusi'rM/' a’e>t pas que je ne convM*oue qu’il y a (ies délassements inmvcents dans b vb .* mais b** delaMcaienls supposeul les {>eineset les soins qui les ont précédés, et touls votre vie n'est qu’un détassement fxfrpétiiet ; on ri vous avea itesoio de vous dél.Lvsrr, c*àtde b oonünuUé de vi» pbirirs di* vos (k^baNeineuts nH*nies.

3* Le lanps est irréparalde : Premièrement, parce que sans dontc Uien a atbctié I chacun des immienis de notre vie , des grâces et des seronrs pour couso.iimrr l'otivrago de notre sanctiHcation : or, ces j(Min el rin uHMoenls étant prrdttv , les grâces qui leur éloient alla-

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