I.A PECHERESSE DE L'ÉX'ANGIT.E
Division. Deux préjugés empériient les hommes de se eonrertir. Premièrement, ils se figurent la conversion du cœur que Dieu demande de nouSf comme la cessation du crime , et Us ne ront jyas plus loin. Secondement, ils SC représentent la pétiitenre rhrétieniie , eotnme un état affreux, un état sans douceur et sans consolation: et rebutes par l'erreur de cette triste image . les exemples de changement les troureut peu sensiè/es, parce gu ’its tes trouvent toujours dé courages. Or la conversion de notre pécheresse confond ces deux préjugés. /. Sa pénitence noN-seu(emenl /imit ses égarements, mois les expie et les répare. II. Sa pénitence commence, il est vrai, ses larmes et sa douleur; mats elle conmence aussi de «oupeaiix plaisirs pour elle.
1** Partie. Ias pénitence de la pécheresse, vum-seulement ^nit ses égarements . mais les expie et les répare tous : et c'est en quoi oousistc U véritable convenioa du cœur.
I* Elle avoit fait un injuste usage de sou cœur; il p-'a- ' " voit jamais élé occupé que des créatures ; et née pouè^ n’aimer que Dieu seul . il éloil le seul qu'elle n'eiit jii- ' mais aimé. Mais à peine a-t-elte connu son S>iuvcur, at , < roçnorit, dit rÉvnugile, rougissant de l’indignité de scs premii^ liasiiuiu^etlu ne trouve plus que lui seul qui M)jt ^ignè du s<>g errur : première réparation de sa pénUenO|j|^u^uuir; Ne diU» doue pas lorsqu'on vous pr«*P‘^^>féxcni|)Ii^à suivre , que vous ne vous sentez poiul né fAjîi'Pla dévotion , et que vous avez une
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AN.VI.VSF.S DtS SKÜMONS.
de <ynir<^ qui lotit ce <|ui t*flpp<41p n^pu|{no. I (<'cs( l'amour qui fait lea TfH’iUiiics p^itcnU. Kh quoi ! ' Tolre coMtr ne »cniU pas pour aimer ann I)ieo? voua seriez dune né |tour U viinité et pour le fueosonge ?
2'=’ Elle tToit fait un altus criminel de lotis lea dons de la nature , dont elle stoII fait \t% iustruroenta de ses paahiont. La sreande réporaiion de aa (M'uitencc rat le rrtrauebement rigoureux de toutra les choara dont elle avoit abusé dans ses cgarenieuta. Car ce ne sont pas lea seuümcnlê qui pruiiTeol la vérilr de l’amour ; t't s;tnl tes sacriDces. ()r> cca saridncrs, elle les iHHiaae nun-aculenicnt jusqu'à renoncer aux clioaes visibictnent crliiiliicllcs: elle en retronchr iitrme celles qui auroient pu fKiaser pour Innocentes; |iarce qu’elle croit devoir punir ralMW qu’elle en a fait, CD se privant delà liberté [ «lu'elle auroil pu avoir d’en iimt encore. Kt en cfl'et , comme le pécheur eu alHisaiit tica créaturca pmi le droit qu'il avoit sur cites; tout ce qui est pemih à une »me innocente , ne l'est plui à celle qui a été asM^ malheurcuae que de s'égiirrr. Vous ii'avex qu’à ine«iirer làdessus la vérité de votre pt^nilrnce : en vain fwinnssesvuua revenu des égarements grossiers des passions; si voua ne ponvex vous déprendrede rien, voua retrancher Mir rien , quand métne tous Ica ullacbemaota conserva tiü soixtieot pas des crimes marqués , votre cœur n’est pas pénitent.
3*'Elle avoit fait aenir jusque là, par un asinjétîaseinent indigne , loua ses sens à la volupté et à l'ignoiiiinie ; elle commence à réparer cea voloplés criminelles par l’humilialion et le dégoût des niinislres les plus tria- 1rs , se prosternant aux pieds de Jésus-Christ , les arrosant d’un torrent dehmies, les essuyant de ses clicveui, lea baiaaot : troisiénie réparation de sa péoitenoe. Kteo cfiKl il ne suffit pas d'ûter aux paasiona lea amorces qui b>s irritent ; il faut que les actes laborieux des vertus qui leur sont les plus opposées , les réprinveot ioaeiMiUemeut , et Ica rapproobent du devoir et de la régie. Autrement en vous épargnant, voua deviendrez malheureux: car dans la vertu, c'est abréger sca pdocs que d'augmenter et multiplier ses sacrifices, et tout ce qu’on «qiargne des paskiona, devieut plulûl la peine et le dégoût que l’adoucissement de notre pénitenee.
4" Le dernier dti^ordre enlin qui avoit nccompogiié son péché, éloit uii scandale public dans le di^rcgleuwnt deaa conduite : acaudale de h loi qui se Iruuvoit déabuu irée dans i'eaprit dt'a paU'ns répandus dans la Palestine; |Kircc que témoins dt^s égarements de notre pecheresve, ils en prcnoieiil (xxrasioii de blasphéimr U* nom lia Seigneur et de méprivor la s iinteié de sa loi : scandale du lieu; car ses vgaretmmts avoient édalé dans Jérusalem, la ra()itale du pays, d'où le bruit de tels évéiieuieiils se ré|>and(Mt iNCotûl dans le n‘Ste de la Judt'C.
Or elle répare tous ces scandales par sa pénileuee r le scandale de U loi ; ne se coutcnUul {>.vs de la pratiquer exléricorenienl a|M^ sa conversion , et d'une nrmière extérieure et piiarisalquo , mats veiiaol recoimoiii*c Jésus-Lhtisl qui eu éloit la fin et raccomplisscment ; ru lieu que souvent nous ilcvenous superstitieux sans devenir pénitents, et nous ri’inpla^oas It's abus du monde l*3r les abus de Ij faussedcvotiim. Le scandale «lu lieu : celte même cite qui avoit été le tbédtredcMConrusiiin ; et de SC* crimes, le devient de aa pi^itcnrot et ri> ne ‘
craint |K>inl d'avoir pour spcclalenn de son clvangelueut, ceux qui l’avoieul été de scs crimes : elle n’est pas timide dans le bien , i’omme elle ne l'avolt pas été dans le mil ; au lieu que noua , souvent après avoir méprisé les discours du monde dans le désordre . nous les craignons dam la vertu ; et les yeux du public qui ne pariNssoicat pas redoutables dans nos égarements , le deviennent dans notre pénitence.
II* PAiiTiE. Im ronsolaliotutei Utnùurfaux piaisin qtu la prciuresie trourc dans sa pènitenrf. Elle est heureuse avec Jésus-Cbrist, par les menm endroits qui avoient fait ses malbeorsdans le crime.
i* Un amour injitsU* avoit fait son premier crime , et la première source de tous ses malheurs ; la previiière consolation de sa pénitence, c’est une sainte diloctinn pour Jeâus-r.hriit , et la difTéirnce de ccl anMmr divin et nouveau , d'avec cet amour prof.ine qui jusque là avoit occupe son cœur. Premièmuent , difTérvnce dans l'objet : i-llc s'étoit attachée dans son dérèglement , à dt's hommes corrompus, inconstants . perfides , etc., sa I»énitcnc4‘ l'attache à Jivms-Chrisi , le modèle de toutes les verttis, la s^uirre de toutes les grâces, le principe de toutes les lumières. Secondemeut , différence dans les démarches: l'excès de sa passion l’avoU engagée à mille démarches opposées à son goût, à sa gloire, à sa raison ; et oela pour des hommes en qui elle ne Ironvofl d'ordinaire que de l’ingratitude ; au lieu que dans sa |iéuitcnce, tout lui est compté ; les plus légères déavarches qu'elle fait pour Jésus-Christ sont remarquées, sont louées, sont défendw's par Jésas-<^hrisl même. Troisièmement enfin, différence daus la certitude de la correapondanoe : Tainour de notre piicberesse pour les créatiin s avoit toujours été suivi des plus cruelles incertitudes ; mais à peine a-t-elie commencé d’aimer Jésus-Christ, qu'elle est sûre d’en être aimée.
2” 1^ seconde consolation de sa péniU'Oce, c'est le sacrifice do scs passions : elle met aux pieds do Jéeus- (^brist tous les att -cheuients de mhi cœur , tous les instruments dtqilorables de ses vanités et de aes crimes. Nt' cniyes pas qu'en cela elle sacrilie ses pluivirs ; elle ne wicrifie qne ses inqoiéliMles et scs peines. Ona beau dire que les soin» des pavsiom font la félicité de ceux qui en «ont épris : c'est un langage dont le monde ac fait honneur, et que l'cxpéricuce dément. Il est donc vrai qne noire péclieresse en sacrifiant ses (uusiont, et tout ce qui les suit, met aux pieds de Jésus^lirist ses lions , ses Iroubtes , set servitudes , tes Instruments de ses plaisirs en apparence, la source de toutes scs peines dans la viW rilé. Or quand la vertu n'auroit |K>int d'autre consolaüoii , n'en est-o* pas nue aasex grande, que d’élre délivré des impiiétudes les plus vives des (Missions, de ne faire |dns dépendre s^n boiilicur , de l'incooslnnce , di> lu perfidie , de rinjuslice de» créatureN, etc. Votre foi vous a sauvée, dit lo Seigneur à la (lécheresse, allez eu jHiix. Voilà le trésor qu'ou lui rend pour les (Missions qu'elle sacrifie.
'1* Enfin son péché l’avoil avilie aux yeux des hommes; car le monde qui autorise tout ce qui conduit au dérèglement , couvre toujours de honte le dérèglement lui-même. Mais sa pénitence lui rond cucoreptusd’honncur et de gloire que ses crimes ne lui en avoient ôté. f ^ite pérhereeie si méprisée . si riéoriée duis le monde, Imiivc en Jésus-f'hrist un nprilogiste cl un admirateur ;
AiNAl.YSKS OKS SKUMUMS. T.Vi
il 11 loue ptr k* endroits méine Us plus Kloricus seion le aoode : le bODk de eœnr , U géaÿrosilé des senliimdU, U fldélik d’uo ssint amoar; il l'étèic au-dmiis dtfPliBriiien. etc. Tel est le pouvoir admirable de la fcrto; eUe nous rend an spectacle digne de Dira . des sofss et des boniroes; elle rétaldit une rèpulation perdue 2 efle efUce des tacbes que U maiigoitd des htnnmes eâl reodars immorteHes : enfla elle nous stUre phis de l^okc que nos nveurs passées ne noos troèent attiré de twnla et de mépris.
A quoi ttenl-il donc que nous ne flnissions noire bonté cl notre teqoiétude arec nos crimes? Soot-ee 1rs réf)a> rations de U péniteooe qui nous alsnoeot? mais plus noos difUrons, plus elles groonssenl. Craignonsmous dsoeposnoir sonleoirla sainte trialeiae de la pénitence? Msqoe noua avons pu porter juqu'à ce jour ks troubkoaserels, les amertumes, les dégoûts, les trfsiet agttsbons du désordre , ne craignons plus reiles de la vertu ; «fautant plus que la grâce adoucit et rend aimables k» peines de U piété, et que celles du crime n'ont poiM d’outre adoocUsement que l'ajiiertume du crime même.