DE LA
DnrMiorv* TVols sortes d'êpreures sont nécessaires, pour ttpprotherdignementdtJcsus-Christ. I.Vnefpreuve 4ê dumgsinait. //. Vnt epreure de pénitence. tU. lAu épreure de /erreur. Prooet aulem se ipsum teiDD» et sic de pane illo cdaL
I** Partie. Une épretue de changement. Ainsi, si Tona n*OTes pas recouvré par un sincère repentir la graoa de ta «intelé et de la justico que vous aviet per* dne porTOS crimes» la table de Jésus-Christ vous est interdite* Comme c’est un pain de vie, il faut être vivant au jeux de Dleo pour s’en nourrir. Or porterea-vous ft routai HD oœnr vérilabiemeut pénitent et changé? Euminoos ?oa démarches. Vous silex oonliesser vus laÉqnUéa aux pieds d'uu prêtre : je pouritôs vous doinanderaivous eboisires le plus habile et le plus éclairé; si data la dneuauonde votre conscience, vous serez un édatré et sévère envers vous-méme , et si les soins pour approfondir les abîmes de votre conscience répondroot É la durée , à l'embarras et h la multitude de vos crimea: mais Je tous demande, si venant roeiire vos péchés aux pieds d’on prêtre , vous venez y Uisser vos paariona? SI fous portex au tribunal ce désir sincère du réparer le pasaé t si vous prenez tout de bon des mesures pour ootnmenoer , pour tous retirer uns délai des oeeadoos ; ai vous arranges déjà par avance dans votre espiéC, ?oa devoirs , vos liaisons , en un mot tout le délaO én Yoa monin, etc. Car voiU 1rs soins et les inquiétudes qui oconpéQt noeanie touchée , sur le point d'une slocère eonveiaioo ; et ce n'est que par là que vous poufexcooooltre si vous êtes revenu de lionne loi de vos égarements, et ai vous êtes une nouvelle créslure. Car si vous ne niettti entre vos désordres et voire confession , qoe riotCTTatle d’on léger eiamrn ; si au sortir de l'antel, et la aolcniiité passée, tout doit aller encore le même traio ; si un ne doit pas ovoir plus de précaution
t qu’aupanvant contre des périls qinMires ; en vousa;.proebant de l'autel, vous venez manger et boire votre ï rondamnalion. Penl-on croire en effet, que ce ofiuct intervalle qui s’est passé entre vos crimes et votre rechute, ail été précisémciit le moment de voire justlflcation ? Ce n’eat pas qn'on prétende que la divine enefaa- Hslie doive vous établir dans un état de justice tellement fixe et penmnent, que vous ne puissiez plus en déchoir : qui ne uit que U vie de l'homme est nne lentalkmroiitinuelie sur la Icrre ? Mais on voudroit au moins qu'nne oouinninlon ne fût pas l’cfftaire d’une journée. Celui «pii mange ma chair, etqui boit mon nng, dit Jéaof-€hrisl, demeure en moi et |c demeure en lui. Il ne dit pas , il s'unit à moi ; mais , H y demeure, et je deoienre eq lui. Donc, dit aalnt Auguslin, criiii qui si contente de recevoir Jésus-Christ , et qui ne le conserve pas , il a mangé et bu sa ooodamnalion.
, Ainsi voulez-vous savoir si , dans cet jours solennels, vos communions sont des proflmations ou des grâces? voyez quel eu est le fruit , et quels cbsngemetiU elles I opèrent en vous : si au sortir de l’aulel , vous vous re- I trouvez un moment après le même , craignez qne vos communions ne soient peut-être devant Dieu vos plus grands crimes.
Il* Partie. Une épreure de pénitence. Sans vouloir rappeler Ici l'andeune pratique de l’Église, dites-nioi , coovieot-il que da la même bouche dont vous venez de raconter les borreura de voire ooiiscieoce , vous alliez j d'abord recevoir Jésus-Christ? ne devez-vous pas au moins avant de vous consoler avec les Justes, répandre quelque teuipe des larmes avec les pénitents? au sortir du trilTanal, ta communion vous tieodi*oii-clle lien de ; pénitence? elle qui doit en êln* la récompense et la con- } aotation, comme disent ks saints. Ud pécheur invéléré ' o’arrivoit autrefois à l'autel qu'après des années entières d'humitialiüDS , de jeûnes , de macéralions , de ; prières : mais parce qu’une sage dis|>ensation a changé oet usage, vous ne devez pas supposer, (|u'avotr confessé des crimes invétérés , ç'eat les avoir punis : l'ufage n’a rien changé à la loi : l'Église s'est relâchée sur les épreoves publiques J mais elle ne se relâchera jamais è l'égard des péciieurs dont noos parlous , sur les épreuves particulières ; parce que le corps de Jésus-Christ n'exige pas aujourd'hui moins de pureté qu 'autrefois de ceux qui eu approchent. Voilà pounpioi i'I-îgltee a vonlu qoe ces quarante jours de pénitence préC(*tta.<seot la coimminion pascale, afin d’airprendre aux fidèles qu'il doit y avoir un iDlervaUe entre les désordres et la table du Seigneur.
Je sais qne celte maxime peut avoir scs exceplkma t quo les lois do I'É^ibg sont pleines de sagesse , de cbarilé et de condeacendancc ; quo le salut des périietirs étant ta seule An qu'on s'y propose, lout ce qui y conduit plus sûrement devient pliu conf<»niic à son < spril. Mais je dil quels règle urdinatre, c'est que la cointnu- ' nioR pour un grand pécheur doit être encore aujourd'hui le fruit et le prix , et non la première' démarche de sa pénitence.
Mais, dit-on, la loi de l’Égliso pre»se.*et ne laisse pas de Heu au délai et aux longues épreuves, ^lais pciil-ou croire de bonne foi <|u<' l'Église regarde utiecvunniiinion indigne comme racromplisHHnent dn devoir pascal, el ((u’elle mette une grande «UfféreiK'e entre les pn>f«na-
7r>Ü ANALYSES DES SEUMONS.
tcan ci les rehdies? En commaniant tn^tnc iodiffncment» tous évites ses censures, perce qu'elle nrjngc que oc qui pemil^ msis vous n’éTitcs pas les anTth^irs riu ciel , qui juge des profanations srcréles. Fii ! rK{disc aoroit^lc prétendu , en faisant une loi de U particif^' lion du ttirps du Seigneur , aulorisiT la témérité et les firofanatitM» des (lérlicurs ! FJk* tous ordonne de participer aux sainte mj'stères en ces joun aolenn^; mais elle suppose que vous en approchem avec une coti- •cieoee parc, et des dUposUions dignes de co sacrement adoraNe: ci elle tous ordonne en même temps de différer , si TOUS o'éles pas eu état : elle consent que ses ministres TOUS marquent un autre temps que le sien pour satisteire au devoir pascal. Votre pilque véritable sera le jour oùTOUsconimunieresdignemeiit: l'Église n'encon- DOil point d'autre; et le fruit de ce sacrement n'est pas attaché aux joun, ma» & rinnooencc et à la piété do ceux qui y participent.
lli* Partie. Ùnfêprfxtte de /rrreur. C’est oette fervenr si nécessaire <|ui manqne pouilant à la plupart des pécheurs dont nous parlons, et qni fait craindre qu'ils oc viennent manger et l)oirc leur coudaninati<Mi. Cnr quel est le motif qui les conduit la plupart A la table sainte en ces jours solennels? est-ce un profond sentiment de leur foibicsse , une ardt'ur sincère do recourir an secours dcsiiiiè A les fortiller, et unesahile failli de Jési» Christ? IltHis! la plupart voient approcher avec un chagrin serret la soleil nitê sainte : cette seule pensée trouble, empoisonne un mois d'avance tous leurs plaisirs ; et ce n’est enfla que la crainte des foudres et des aiiathèuies de l’V^glise, ipii les tmiiic malgrt'eux au festin du |>èrc de famille, lis ne senlent pas quo la privation du corps de Jésus-Christ est la plus terrible peine dont riilglisc painve frapper ici-lm les fidèles; puisque ta divine Eucharistie est la seule consolation de notre exil, le remède jouruaî 1er de m» fuibicsscs, et la ressource universelle de tous nos licsoins.
Mais il faut, diseiiMIs, des dispositions si parfaites pour eu approcher ; il est vmi; mate ces dis|)ositions , c’est Tirage liii-nièiiK'dc la divine Eucharistie, qui les perfccUonnera dans linti'c cœur, où il les trouve tk>ja clMiiehéeK; et une communion d<rit nous servir de préparation A une autre. Elus nons nous éloignons, plus la tiédeur auginontc; {dus les liassions croissent, plus Jé- KUS-Cbrisl dmiinnc dans notre cœur , pliu rbmiimode l>éclié auginoute cl se forlillo. Aussi les cotniminious nu temps p'jscal ne sont inutibv, ou plutùt |ieruicicuses, <|u*A cet anies mondaines qui n'appmchcnt de l'autel i|u'cn ces jours solennels, cl qui attendent U lui l’Église (rour s’y réstuidi'e.
Nos pères nulrcfuis s’éloignoientde leur patrie et rie leurs enfants , nos rois s’arrachoieiit auv delio-s de leur cour et travcrsoiciit U*s mers, |>our aller dans cette terre coosaerée par les mystères du Sauveur, adovTr les (rares de ses pieds : on b voyant, ils vorsoieiit sur retle terni heureuse , des hniics de tendresse et de rdipwm , et lie poiivoieiil ><e ixteoudre A (|ullter des lieux qui leur lappc'loicnt les ocrions , les mysti'res, et les prodiges d'un si lion inaiire. Il n’&sl plus oéof»>aire de tiviverser les mers, disoit aulnriois siiul CUrysosuime a ^>ou pc'tiple : veoer a roiili*l , ce ne sont plus des lieux rnii'iaen-» Hiiiivibift |tar la pnaence : e'<.iit lui-imiiie : luus les lieux qui cmirutuicul ses autels sont manpiiv pai* qiHri-
qii’un de ses prodiges. Un si grand avantage derniit eitilammor nos désirs, et noos attirer avec omptTssemsnl A la tilde sacn'c. Cependant noi» regardons le devoir pascal comme une iiervitude pénilde ; nous eu faisons un devoir de pure Itieniiéancc ; nous n’y venons que cmiime des esclaves; et la lahlede Jésos-flbristscroit alvaudimnéc en ces jours saints, si la loi de l’Eglise nous laissotl libres. Fout-il s'éloaner après cela , si la fêle de PAqiies voit plus de fM'ofanateurs et de Judas , que de v éritaldes dteriptes? Aiisvi, ri l'Apôtrc, dans un siMc oti la divine Eurbaristic fAisoit des niartvTi, oc cherche point ailleurs que dans des communions indignes, la source des calamités publiques ; quelles marques terribles de la colère de Dieu ne doivent pas attirer sur nous, tanldi* pécheurs, on téméraires ou hy-fiocrites, qui viennent se présenter tous les jours A l'autel , et y profaner la chair adorable de Jéstis-Clirisl? et ne Icséprouvcms-iKHispas, CCS marques delà colère divine?
Mais les afflictioni temporelles ne sont pas les soiles les plus terribles des communions indignvis. Celui qui I «nunge et boit indignement, dit rA|>ùlre, if mange et hoil sa propre ermdamtiation. C’esl-A-dire que le pain de I vie qu'il reçoit est un poison, une sentence <lc mort qu'il I s‘incor|N)re avec luI-mème, et qui devient sa propre substance; c'est-A-dirc que b» sacrements profanes ue laissent presque plus d’<s[)énmce de retour, parce que I rimpiété, rincrc^iitité, rendtircisscmeot en sont presque toujours les (rintes suites. Aussi (larmi 1rs biurreatix ' sur le f^alvaire, il s'en trouva A qui le sang même qu'ils venolenl de répandre mérita la grâce de la |>éuiU*nce ;
' mate le seul profanateur de rEueharistre dont il est fait j mention dans rÉvangile, meurt rommciin monstre ci I comme un désespéré : et si le cliAtiment que le Seigneur I exerce sur les imitateurs deson crime est pli» secret, il I n’en est en cela inênie que pli» terriMe; il les fraïqic d'un anallièiiic invisilde, et les marque |»ar avance d'un : caractère de réprolMtion. Et vollA pourquoi tous ces pé- ' cheurs, qui après des ino’urs lieencieiises , n'apfMirtcnt en ces jours saints A la table du Seigneur point d'autro pré|>aralion , qu’une confession préripik«, tombi'iil après la soleimité dans des égarements mcore plus dé- I ploraliles que 1rs posstte; porn* i|ue la eoiumunioii a ns I |>aodu de uouvcllos ténèbres sur leur cvrur; les niyslbj rcs terribles ont calmé toutes les terreurs «te la foi, et le pain du riel n'a fait que forliflvT eu eux le goflt du : inonde cl de la terre.
j LE VENDREDI SAINT.
i I.A PASSION DE nOTRK SEIGNEVR J.-( .
j Divisum. f,a moi l de Jésus-Chrisl renferme trois rousommations qui vont nous expliquer tout le mysii ir de la croix. /. f'nr ronsomutollon de justice du rétr de son iVre. II. Vue ronsommnfton de malice de la pari des hoinuirs. III. Vue ronsomiTuttton d’amonr j du fétc de Jrsus-Christ .
j 1’»Partie. f/neronsomuKifion de jwsfIrrdH réféda I Père. Dieu doit à tovites ses perfections hv punhion du i peché; mate sa justice en ptinlssanl le fiecbeur im> tnaive I rien eu lui qui piiMi>« b dédommager et la sattefaire : car riHunuie a pu olfi nser Dieu , mais l'homme n'a pu rè- I parer l'ufb-iisc. Il falloit donc qu'une vieiimc seule, Ci-
AWALYSKS DKS SKUMONS.
pâl>lr de gHiriAer encore pli» le Se Ignenr par les lioml- UaUoo», (|uc i'Iioninie ne l’avint ouime*' par sa réToUe, fùl suUlilut'e à la pUee «lu pi^heur , afin <|ue la jiisUi'c de Dieu piit être salisfaiic Tel est le diaseia de la &a> ' grue el de la iH.nie de Dieu daiih le grand urrifla^ que ' •ou FiU ofTreaujounniui pour toi» les iKUiinies : il lient réparer l’outrage <|i}0 le |>éché a fait à Dieu.
Or k pécbe mirerme trois iksordnt. Freiniêrcmcnl, un fksordn* dans l’esprit, par ruke fausse que k pécheur altacbc à l’action défendue. Set*ondeu>ent, un désordre dans le aeur qui se révolte contre la loi,elnc veut pins être soumis a son Dieu. Truisknieiiieut, uii désordre dans les sens , qui surti'nt de leur usage ualurd, elentralnenl la raison qu'ils auroienl dû suivre. Sauveur dans son agonie eipic aujourd'hui ces trois désordres |tar des peines iiroporlioiinées.
i" La justice divine s'applique à oonlrisler l’esprit de Jésos-Lhrot en ; retrav^'*^ I** >hes horreurs du péché; et c’est ainsi qu’est es|>ié le desordre que le péché cause dans l’esprit. (Jo qui i n diminue d'ordinaire rborreiir daiu les hommes, c’i'sl prenikiTmcnl un defaut de lumière, parce que notre amc toute plongée dans ks sens , n'est prestpie irappéc que des ciNisea sensihtes. Maù l’ame sainte du ivauteur, pleine de grâce, de vérité, el de lumière, voit le |)écht' dans toute »)u horreur, die en voit le désordre, llnjusUce, et toutes Ue suites deploralilcs : defmis le sang d’Alirl, jii8(|u’à la det • Dkrc consofumalion, elle «oit une tradition non interrompue de crimes sur la terre : elle }Mrcourt rhtsioire aOroise dcruni«crs,et rit'nirt^bsp|>eaui secrètes 1kmreurs de sa tristesse : die rappelle même en |>arljculier l’histoiiv de chaque pécheur. Voità les ImTrcurs dont cette ame sainte sc trouve cliargée devant sou Père. Secoo4lenient,k défaut do si-le est encore une cause qui diiuioiic en nous l'horretirdu péché. >ous simiiiucs peu toudks des outrages qu'ou fait û Dieu , parce que nous l’aimons peu. Mais Tanie sainte de Jésus-Lbrist, qui oc cberclie qt>e la gloire de son |>ère, et qui l'aime d’un amour immense et plus ardent que celui de tous k-s diénibimi ; ah \ rik sent vivement Ums les outrages qu’on bit à sa grandeur suprême, l'rüuiememcnl, la ik*niièrc eaus4‘ qui diminue en nous l’hom^ir du |Nkbé, c'csl le défaut de Ktinleii*. (>)fimicnmi.snaissoiu |Hk’bcurs, nous nous fumiliarUons en naissant avec l'idée du criiiie; et iloou>> paroit moins hideus, )>orcc qu'uo u'M jamais tro]) effrayé dc> ce qui nous ri‘ssc‘mlik. Mais r.tine sainte du Sauveur ne trouve rien en elle qui puisse la rassurer coutre l’horreur du crime ; cl a\t*c les ynix de la vcilu nième, die sc voit souillée de tous les viees des p< cheurs. EuvainvoiidnMl-^^lleiktougtHrl’innoa'nci’dcses rrganis de cet olijet affreux, la justice de son Père la force de s’cnivccupiT, el l’y applique comme malgré elle.
2* Pour ri“parer le second désordre du péché, qui est k désordre du emur , h justice du Père couvre le Fils de toute la boute du péché. PremièrciiienI, il est humilié dans l'esprit de •l's disciples, kmoins de m» frajours et de son accablement : son amc raiutc perd devant cnx toute sa omsUncé à la vue de la mort. SecmiüeiiHm(,ii est bumilk dans k sac>ui's qu'il re^dt d’un Ange; et par là il est abaitté en qm'U|u<* sorle a<l-<k^«:ms de ces ( spriU hti'nheiireiix qui no s'approchoient ik lui aupar.ivant que pour le mtvîi’ el rsMlnror.TroisièiiH'iiH ni, H est humilié par lesotunudl cl par la fuite de ses disripk's.
que k spectacle de son agonie ne touclic pat. Voilà ks liuniilialions qu<> k Sauveur sourTn* dan» son agonie.
Pour expier le troisième désordre du péché qui est k plaisir injuste, la douleur violente de Min an>e, à la vue du rapplicxi que son Père lui prépare, est la troisi^ne circonstance de son agonie. La just ice du Père présente dislinrhiucnt cl en même tcni|M à l’amc du Sauveur tout l’appareil de la croix , ta nuit du prétoire, ks crachats, les souflleU, les fouets, ks dérisions, k bols fatal. Ces images affreuses la cmciflenl par avanee; et une soeur de sang qu’on voit couler à terre , est k Iristi* fruit des pénibles efforU qu’il bU * pour porter k poldî* de *es maux. Voilà jusqu’oii ce Dieu que noos croyons si bon , pousse pourtant sa vengcaucc contre son profire FiU, qu'il voit chargé de nos crimes.
Il* pAfiTiE. Consoinwalion dt matiee de la part des Hommes. La malice des hommes est |rorlée oujiHjrd’bui dans son plus haut |voinl.
1« Dan* la foildeMC ou la perfldie des disciples ,qiti k Iralilssent, ou qui ralMindoiinent, ou qui le rcnimcetil.
2* Dans la itmiivaisc foi des prêtres cl des diK-teursqni le jogent el qui le condamnent , sans que k repentir de Judas les touche , quoique jamais kmoigoage ne fût moins nupcctqne le tien; sans que k silcoce siiniaturcl de Jésus-f^hrisl sur luuli» les aceusaliuns dont ou k charge, leur fasse la moindre impit'ssioii.
3* Dans l’inconstance du peuple qui demande sa mort. El jusqu'où ce peuple insensé ne pousse-l-il pas l’exeèM de sa l^èrelé, et combien de crimes necomniel-il jio» en un seul? Premièrement, uneinjuslirc ni»»u8tnicasc, préférant haralibas, un insigne malfaiteur, au Sauvinir des hommes. Sccondemeut, une fureur aveugk; nn magistrat païen n'use passer outre à ta condainualiiNi de Jésus-Christ, et ce peuple furieux dcuiamle que son sang soit sur lui et sur toute sa postérité. Troisièmenvent, une noire ingratitude : autrefois touchés des bieufaits de Ji^os-Cbrist , ils avoieot voulu l’élaUir roi sur eux ; aujiMird'hui ils protestent hauU’menl qu'ils o’wJl point d'autre roi que Cé»ar, el ils rejetleul k fils de David.
é* Dans la fuihlesso de Pilate, qui malgré sa couscience et scs himières, n’ose déclarvr Jésus-Christ innooent. On voit dan* la conduite de ce magistrat corrompu louk* 1rs (kmarches d'une iud'igne lâclwtc^ Ikemièremrnl , il reconnoll qu’il n’a ni la l'onnoissaore nécessaire pour juger Jésus-Christ, puisqu'il ignore la lui sur laquelle roulent les accusalkms ; ni r*iutorité , puisque le Seigneur n'a pas éUtldi les magistrats juge» de la vérité cl ik la doctrine; cc|)endanl pour ne pas déplaire aux prineij.aux îles Juifs, Il eiiln*prend de jugci- Jésus-Christ. Sec<‘ndemcnl, ce n'est pas lacralulcdu ronimcUre une Injustice, . c'est la craiule de perdre les bonnes grâces de César qui k louche. Troisièmement , c'est dos euncinls déclarés du Sauveur qu’il s’InfumMs quel est son crime. Qualrièmemeot , U Interroge Jésua- Christ ; il est louché el frappé de sa réponse ; il déi bn» ! au fietiple que cet homme ii'rsl point criiuiiiri : O'pen- ' danl il ne le délivre pas. Cinquièmement, enfin effray-é ' des songes de sa femme, Il s'avise de renvoyer Jesus- ’ Christ à llrnKlc; sous prétexte que Jésus-Christ étant CfSlilérii, c'eUdt à co prince à juger de sa cause, qiM>iqu'il dût hieu voir que rc o'étoit |tas là que Jésus Christ ' IruuveruU desdvrcuieurs.
ANALYSES l)i:S SICKMUNS.
5* Diin II barbarie des soldats , qui déchirrot la chair adorable du Sauveur, et qui ajoutent les iasultes et les outrages les plus sanglants aux Irailementa les plus cruels.
111* Partie. Cotuommaiitm d'amour dn rôtè de Jé~ sta-Christ. En effet , ce n‘est (pic dans son orrtir , que nous devons ehercher les raisons et les motifs de son supplice; ce n'est ni la }>erfidic d'un diM'iple , ni l’( nvie des prêtres, ni rinconstanec du peuple , ni la fuiblcsse de Mlsle, ni la bnrbarie des bourreaux qui l'a mis à mort, c’est sou amour ; cet amour divin qui brûle son cœur, est le seul feu qui allume le bûcher oà il va s'im* moler.
AiDOor si ingénieux, qo'il trouve le secret de s'immoler tans cesse , mémo après sa mort.
Amour si désintéressé, qn'il veut souffrir tout seul, etfiemsode qu’on éfiargnc scs dbciplesi qu'il est plus touché des maux qui menacent l'Infldéle Jérusalem , et en général des malheurs prêts à fondre sur i>ous et sur tous ceux auxquels leurs iniquités rencinuit reffusion de son sang inutile, que du supplice affreux qu'on lui prépare.
Amour si généreux, qu'attaché snr la croix , il prie pour ceux méuiesqni le cruciflenl; Il recueille ce que leur iiarberie lui laisse encore de forces , pour excuser leur attentat auprès de son |ièro.
Amour si triomphant, que sur le point d'expirer H se forme encore on disciple.
Amour si attentif et si respectueux jusqu'au dernier soupir, qu’il confie sa mère désolée au disciple üicnainié, et le disciple bicn-nimé à sa mère.
Enfin ce divin Sauveur n’ayaot plus rien à ftiire pour noos sur la lerre, il expire, déclarant que tout est conaonimé , et du cûté de la justice de son Père , et du cûlé de la malice des hommes , et du coté de son amour.