DÉLAI DE LA
déréglées f parce que ledégoiU tout seul qui les suU vous en aura i*etiré ; mais vous ne vous ronverlirez pas pour cela : vous ne vivrez plus dans le dés(H'dre , mais vous ne vous repentirez [tas , mais vous ne ferez pas péntlence, mais voire cœur ne sera [tas cltangé; vous serez encore mondain, ambitieux, voluptueux, sensuel; vous vivrez tranquille dans cet état , parce que vous n*aurez plus que toutes les dispositions de ces vices sans vous livrer à leurs excès. Les années, les exemples , le long usage du mcMtde, n'auront seni qu'à vous endurcir la conscience , qu’à substituer une indolence et une sagesse mondaine aux passions, et à êfracer cette sensibUilc de religion que le premier âge laisse dans l’ante encore alors craintive et timorée; volts mourrez impénitent.
Et si vous croyez que ce soit ici un simple mouvement de zèle, et non une vérité fondée sur Fcxpcrience, examinez ce qui se pas^e tous les jours à vos yeux, voyez toutes les âmes qui ont vieilli dans le monde et que l’âge tout seul a retirées des plaisirs : l’amour du monde ne meurt qu’avec elles; sous des dehors différents et que 1a bienséance seule a changés, vous voyez le même goût pour le monde , les mêmes pendianis , la même vivacité pour les plaisirs , un cœur jeune encore dans un corps cliaugc et effacé. On rappelle avec complaisance les joies des premières aimées; on fait revivre par l’erreur de l’imagination tout ce que l’âge et le temps nous ont ôté ; on regarde avec envie une jeunesse florissante et les amusements qui la suivent ; on en prend tout ce qui peut encore compatir avec le sérieux de son état; on se fait des prétextes pour être encore de certains plaisirs avec biens^iice et sans s’exposer à la risée publique. Enlln , à mesure que le monde s’enfuit et nous éciiappe, on court après lui avec plus de goiH que jamais : le long usage qu’on en a fait n’a servi qu'à nous le rendre plus necessaire, et nous mettre hors d’étal de nous en pa.sser; et rig*n'a point fait encore de conversion.
Mais quand ce malheur ne seroit point à craindre^ le Seigneur n’est-il pas le Dieu de tous les temps et de tous les Ages ? Est-il un seul de nos jmns qui ne loi appartienne, et qu’il nous ait laissé pour le inonde et pour la vanité ? M’est-U pas jaloux même des prémices de notre cœur et de notre vie, figurées par ces prémices des fruits de la terre que la loi ordonnoil de lui offrir ? Pourquoi loi retrancheriez- vous donc la plus belle partie de vos années pour la consacrer au démon et à ses œuvres ? La vie est-elle Iroplongue pour être tout entière employée à la gloire du Seigneur , qui nous l’a donnée et qui nous en promet une immortelle?
CONVERSION. m
Le premier Age est-U trop précieux pour être consacré à mériter la possession éternelle de l’Etre souverain ? Vous ne lut réservez donc ({iie les restes et te rebut de vos pa.ssk>ns et de vuti'e vie? et c’est comme si vous lui disiez : Seigneur, tant que je serai pro[U'e au monde et aux plaisirs, n’attendez pas que Je revienne à vous et que je vous cherche ; tant que le monde voudra de moi , je ne saurois me résoudre à vouloir de vous ; quand il commencera à m’oublier , à m’ccliapper, et que je ne pourrai plus en faire usage , alors je me tournerai vers vous , je vous dirai : Me voici ; je vous prierai d’accepter un cœur que le monde rejettera et qui sera même triste de la dure nécessité oô U se trouvera de se donner à vous ; mais jusque-là n’alteDdezde moi qu’une indifférence eni 1ère et un oubli parfait; au fond vous n’êles bon à servir que lorsqu’on n’est pins soi-inêine hou à rien; on est sûr du moins qu’on vous trouve toujours , tous les temps vous sont les mêmes : mais le monde , après une certaine saison de la vie , on n’y est plut propre, et il faut se hâter d’en jouir avant qu’il nousécliappe et tandis qu’il est encore temps. Ame indigne de confesser jamais les miséricordes d’un Dieu que vous traitez avec tant d’outrage ! Et croyez-vous qu’alors il acceptera des hommages si forces et si honteux à sa gloire, Ini qui ne veut que des sacrifices volontaires, lui qui n’a pas besoin de l’homme , et qui lui fait grâce lors même qu’il accepte ses vœux les plus purs et ses hommages les plus sincères!
Le pro(fliète Isaïe insuUoil autrefois en ces termes à ceux qui adoroient de vaines idoles : Vous prenez un cèdre sur le Liban, leur disoii-il; vous en retrandiez la plus belle et la meilleure partie pour fournir àvos besoins, à vos plaisirs, au luxe et à l’omement de vos palais; et , quand vous ne savez plus à quoi employer ce qui vous reste , vous en faites une vaine idole , et vous lui offrez des vœux et des hommages ridicules : f'i de reliquo ejus idohm faciam. (1$., xuv, 19.) Et voilà ce que je puis vous dire ici à mon tour : Vous retranchez de votre vie les plus belles et les plus florissantes années , pour satisfaire vos goOis et vos passions injustes; et quand vous ne savez plus quel usage foire de ce qui vous reste, et qu’il devient inutile au monde et aux plaisirs, alors vous en foites une idole, vous le faites servir à la religion, vous vous en formez une vertu fousse, stiperllcielle, inanimée, à laquelle vous consacrez à regret les restes de vos pa.<tsions et de vos désordres : Et de reliquo ejus idolum /aria». O mon Dieu! estce donc là TOUS regarder comme un Dieu jaloux qu’une tache légère dans les offrandes les plus