‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 37 sur 348 · TROISIÈME DIMANCHE DE LAVENT · texte numérisé non relu

TROISIÈME DIMANCHE DE LAVENT

pures blesse et oITense, ou comme une raine idole i|ui ne senliruil pas l'indignité et la simulation des liuuimages qu'un luioflre? £I de reliquo ejus idofum faciam.

Oui, mes Frères, on ne recueille dans un âge avancé que ce (|u’un a semé les premières amiées de la vie. Si vous semez dans la corruption, dit i’.\ pâtre, vous moissonnerez dans la corruption : vous le dites tous les jours vous-mêmes , qu'on meurt toujours comme on a vécu ; que les caractères ne clungent point ; qu'on porte dans la vieillesse tous les défauts et tous les pencliauls du premier âge ; et que rien n'est plus heureux que de se former de bonne heure des inclinations louables , et de s'accoutumer, comme dit un Prophète, â porter le joug du Seigneur dès une tendre jeunesse : £uiiu»i est rira, cümporiateritjugum ab adolesceatid sud. (TitiiEN., ni, 27.)

Eu effet, mes Frères, quand nous n’aurions égard qu’au repos seul de notre vie ; quand nous n'aurions point d’autre intérêt que de nous préparer même ici-bas des jours lieureux et paisibles; quel bonheur de prévenir d'avance, et d'étouffer dans leur naissance, en se tournant d'abord â la vertu, tant de pa-ssions violentes qui décliirent ensuite le œiir , et qui font tout le malheur et toute l'amertume de notre vie I AoNum est riro , cùm porlarcrit ju(/um ab adolesceutid sud. Quel Iwnheiir de n'avoir mis en soi que des idées douces et innocentes , de s'épargner la funeste expérience de tant de plaisirs criminels , qui corrompent le ciriir pour toujours, qui souillent l'imagination , qui nous laissent mille images honteuses et importmies, lesquelles nous accompagnent jusque dans la vertu , survivent toujours â nos crimes , et en deviennent souvent de nouveaux elles-mêmes ! Bouum est viro,cüin porlareritjuguin ab adolesceiitid sud. Quel bonheur de s'être fait, dans ses premières années , des plaisirs innocents et tranquilles, d'avoir accoutumé le neur à s’en contenter, de n’avoir pas contracté la triste nécessité de ne pouvoir plus se passer des plaisirs violents et criuiiuels; et de ne s'être pas rendu insupportable , par un long usage des passions vives et tuniultueiises, la douceur et la tranquillité de la vertu et de l'innoceucel /foiiuni est chu, cüm portaeeiil jwjiiui ab adolesceutid sud. Que ces premières années passées dans la pudeur et dans l’horreur du vice attirent de grâces sur tout le reste de la vie! qu’elles rendent le Seigneur attentif à toutes nos voies I et qu’elles nous rendent nous-mêmes l’objet bieu-aimé de ses soins et de ses complaisances paternelles I êluHuiii est ciro , cùin porlareril jugum ab odolrsreiitid sud.

Mais on convient , direz-vous , qu’il est heurenx de s’être domié â Dieu de bomte heure, et d’avoir pu se préserver de tous les iuconvénients de l’âge et des plaisirs. Mais on n’en est pas là : on a suivi la route ordhiaire ; le torrent du monde et des liassions ont entraîné ; on se trouve même encore actuellement dans des engagements trop vils , et qu’il n’est point en soi de rompre ; un attend une situation plus favorable; et ou se promet que, lorsque la passion qui nous captive sera éteinte, on ne se rengagera plus dans de nouveau liens, et uo se rangera tout de bon au devoir et â la vertu. Second prétexe ; les passions et les engagements dont on ne peut encore sortir.

Mais premièrement, cette situation plus bvorableque vous attendez pour revenir â Dieu , êtesvous bien sûr qu’elle arrive ? Qui vous a révélé le cours et la durée des passions qui vous arrêtent actuellement ? Qui leur a marqué un terme, et leur a dit, comme le Seigneur aux flots d’une mer agitée : Vous viendrez jusque-là, et vous y verrez briser votre impétuosité et la fureur de vos vagues? L'sque hiic oeiiirs. (Jus, x.v\riii, tt.) Quand finiront-elles, le savez-vous ? Pouvez-vous répon dre qu’elles finiront un jour ? qu’elles Uniront du moius avant t|ue vous finissiez vous-même? Seriezvous le piemier péclieur surpris dans ses passions déploiables ? Tous les liommes presque qui meurent à vos yeux, ne meurent-ils pas dons ce triste état ? meurt-on autrement dans le monde ? les ministres appelés an secours des inouranls trouventils au lit de la mort beaucoup de pécheurs qui , depuis long-temps quittes de leurs luibitudes , se préparaient à ce dernier moment 7 Qu’y trouvonsnous , que des âmes encore liées de mille clialnes , que la mort seule va dissoudre ? que des consciences inexplicables, si j’ose parler ainsi, et encore enveloppées dans le ciiaos d'une vie toute désordonnée ? Qu’y entendons-nous , que des regrets inutiles sur celte terrible surprise, et de vaines protestations qu’onauroit pris d’autres mesures si l’on avait pu la prévoir ? Quels sont les soins ordinaires qui occupent notre ministère dans ces derniers moments? D’éclaircir des consciences, que nous ne devrions plus alors que consoler; d’aider à rappeler des crimes, que nous ne devrions plus alors qu’exhorter à oublier ; de faire expliquer au pécheur mourant ses désordres, nous qui devrions alors le soutenir et l’animer par le souvenir de ses vertus; en un mot, d'ouvrir les abîmes de sua cœur, nous qui ne devrions plus ouvrir alors à l’ame prête à se dégager de son corps que le sein d’Abrabam et les trésors d’une gloire immortelle. Voilà les tristes oflices que nous vous rendron t

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