LA COMMUNION
I force, des places publiques, des [ilaisirs du siède j et du grand chemin de la perdition , et les traînent ! malgré eux à la table dn festin; on remet, autant ^ qu’on peut, ce devoir de religion : cette seule pensée empoisonne tous les plaisirs. Vous voyez ces âmes inüdèles traîner le poids d’une conscience irrésolue; balancer long temps entre leurs ilevoirs c et leurs passions; adoucir eiiGn, par le choix d’un confesseur indulgent, rarnertume de cette démar- I che ; aller paroUre devant vous, ô Dieu qui deve- I nez leur nourriture dans ce mystère d’amour, avec autant de répuguancc, que s’ils alloient se présenter à un ennemi, et ne se sentir peut-être pas d’aulre peine dans toute une année, que la peine de recevoir un Dieu qui se donne à elles. Ab! Seigneur, aussi rejetez-vous Invisiblement ces victimes coupables qui se font traîner par force à l'autel , vous qui ne voulez que des sacrifices volontaires; aussi ne vous donnez-vous que malgré vous à ces cœurs ingrats qui ne vous reçoivent que malgré eux-mêmes : et si vous étiez encore capable de ces saints frémissements que vous laissâtes paroltre sur le tombeau du Lazare, ah! on vous verroit frémir encore, lorsque vous entrez daas ces liouclies profanes , qui ne sont à vos yeux que des sépulcres ouverts , comme elles ont frémi long temps avant que de sc résoudre à venir vous rendre cct hommage.
Avouons-Ie donc, mes très chers Frères, 1a foi qui nous fait discerner le corps de Jcsus-Clfrisl est I une foi rare. On croit, mais d’une fui superOcielle, qui s'en lient, pourainsi dire, ù la surface de cesacrcniciil et n’en approfondit pas la vertu et les mystères; on croit, mais d’uiie foi oiseuse i|ui Iwrne tout son inéi'ile à se soumettre et à ne pas contredire; 011 creil, mais d’une foi volage ijui se dément dans les œuvres; on croit, mais d’une foi humaine qui est le don de nos pères selon la chair, plutôt que le don du Père des lumières ; on croit , mais d'une fui populaire qui ne nous laî&se que des idées fuibles et puériles; on croit, mais d’uue foi superstitieuse qui n’aboutit qu'à des hommages vains et extérieurs ; un croit , mais d'une foi d'iiaj bitude qui ne sent rien; on croit, mais d’une foi insipide qui ne discerne plus; ou croit, mais d’une I fui coiiimoile qui n’a point de suites; on croit, I mais d'une foi |>cu éclairée qui manque, ou au res- I |)ccl en se ramiliaii>anl, ou à l’amour en s’éloignapt ; on croit , mais d’une fui qui captive l’esprit, I et (pli laisse errer le cirur : on croit enfin, mais I d'une foi tranquille et vulgaire tpii n’a rien de vif, rien de grand, de sublime, et digne du Dieu qu’elle nous découvre. Eli! discerner votre corps, Seigneur, par la fui, c’est avoir plus de goiU pour