‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 43 sur 348 · LA COMMUNION · texte numérisé non relu

LA COMMUNION

votre grâce et une foi vive et solide : hélas! noos faisons de voire corps notre nourriture ordinaire. Quels abîmes, Seigneur ! quelle suite de crimes peut-être (pi’on ignore, dont on ne se repeni point, qu'on multiplie à l'inOni, qui sont comme le germe sur lequel on ente ensuite mille nouvelles profanations ! Quels abîmes encore une fois ! et que votre lumière nous manifestera au grand jour de terribles secrets! Que suis-je à vos yeux, 6 mon Dieu ? je ne puis ni vous déplaire , ui vous plaire à demi ; ma condition ne souffre point ces étals miioyens de vertu qui tiennent comme un milieu entre rinuoceiice et le crime : si je ne suis pas un saint , je suis un monstre ; si je ne suis pas un vase d’honneur, je suis un vase d’ignominie ; ri je ne suis jias un ange de lumière, il n’y a point à balancer, je suis un ange de ténèbres; et si je ne suis pas un temple vivant de votre e^rit , U faut que j’en sois le profanateur. Don Dieu ! quels puissants motifs de vigilance , d’attention sur moimême , de circonspection , de frayeur, en approcliant de vos autels, d’Iuimililé, de larmes, de com[K>nction , en attendant la manifestation de vos jugements adorables ! Mais ce n’est pas enewe assez de communier en mémoire de Jésus-Clirist, mes Frères; et pour nous retracer le souvenir de sa vie, il faut enoore, et c’est la dernière disposition , rappeler le souvenir de sa mort , et l’anncmcer toutes les fois que l’on mauge son corps et que l’on boit son sang; c'est ce (pic j’appelle une fui généreuse qui nous fasse immoler.

QUATRIÈME RÉFLEXION

Toutes les fois que vous mangerez le corps et que vous boirez le sang du Seigneur, vous annoncerez sa mort jiiscpi’à ce (pi’il vienne. Comment cela ? à la lettre on annonce sa mort , parce que ce mystère fut un prélude de sa passion ; parce que Judas y forma comme la dernière résolution de le livrer; parce que Jésus-Christ , empressé de souffrir ce baptême de sang, dont il devoil être baptisé, en prévint raccomplisvemmt, et d’avance s’immola iui-même par la séparation mystique de son corps et de son sang ; parce que rEucliarisüe est le sacrifice permanent de l’Église , le fruit et la plénitude de celui delà croix; parce qu’enfin Jésus-Christ y est comme dans un étal de mort ; il a une buuclie, et ne parle pas; des yeux, et ne s’en sert pas ; d(?s pieds , et ne marche pas. Mais, mes Frères, en ce sens-l<i riinpic comme le Juste , annonce sa mort toutes les lois qu’il mange son corps : c’est un myslèrc, et non pas un mérite ; c’est la nalurc du Sacrement, et non pas le privi-

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