QUATRIÈME DIMANCHE DE LAVENT
ces d’un sang profané : votre courroux est jnsle. Mais, non, ne vengez point des crimes |iar d’autres crimes , donnez la paix A nos jours , écoutez les cris des Justes qui vous la demandent : Seigneur, vous disent-ils avec le Prophète, nous atieudions la paix, et ce bien n’est pas encore reiiu. ( Je- BEU., VIII, 15.) Faites cesser les profanations que les guerres traînent toujours après elles; ne punissez plus les sacrilèges en les multipliant sur la terre ; rendez la majesté à tant de temples profanés, le culte et la dignité A tant d’églises dépouillées, la splendeur et la niagnilicence A tant d’autels renversés , la paix A nos villes , l’abondance A nos familles , la consolation et l’allégresse A Israël ; rendez les enfants aux pères, et aux épouses désolées leurs époux ; et si nos malheurs ne vous touclieiit pas, laissez-vous toucher du moins A ceux de votre Eglise.
On annonce, en troisième lieu, la mort du Seigneur dans ce mystère, parce que Jésus-Christ s’y immole lui-ménie, par la séparation mystique de son corps et de son sang. Que s’ensuit-il de IA? qu’il faut être aux pieds de- autcLs comme si nous étions an pied de la croix ; entrer dans les dispositions des disciples et des femmes de Jciiisaleiu qui recueillirent les derniers soupirs de Jésus mourant , et furent présents à la consommation de son sacrifice. Or, ipiel éloignement n'avoient-ils pas pour nu monde qui cnicilioit leur maître P qu’avoient-ils encore A ménager avec ses meurtriers? Craignoient-ils de se déclarer lesdisciples de celui qui se déclaroit si hautement leur Sauveur, et au prix de tout son .sang ? ne disuient-ils pas au Père célesie ; Eh ' frapiiez-nous nous-mêmes. Seigneur, qui sommes les coupables , et épargnez l’iimocent. Quelle liurrciir pour leurs fautes iiassées qui atlachoient un si Imn maître A la croix ! quelle impression sensible de ses souffrances dans leur cœur ! A insi , mes F rères , ménager encore le sièele, n’oser se déclarer qu’A demi pour la piété, rougir de la croix de Jésus-Clirist , se mesurer dans ses démarches de dévotion de telle .sorte, qu’il y règne encore un air et un goiH du monde , qui se mêle , pour ainsi dire , dans les intérêts de notre vertu ; ne pas confesser Jésiis-Cbrist la tête levée; n'oser se dispenser d’un .spectacle où il est moqué, d’une assemblée où il est offensé, d’uiie déiiiarebe dont l’innocence ne peut sortir entière, d’une bienséance dont les devoirs de la religion souffrent , de je ne sais ipid train de vie dont le monde vous fait nue nécessité, de certaines maximes qui blessent l’Evangile et que l’nsage vous donne pour des lois ; prétendre user de ces ménagements, et m-anmoins venir manger la PAque avec les disciples de
Jésus-Christ; conserver cneore des intelligenoes avec ses ennemis , et s’asseoir A sa table; estimer les maximes qui le cnicifient , et vouloir être les spectateurs et les compagnons fidèles de sa croix : ah ! c’est mie contradiction.
Il a vaincu le monde ; il l’a attaché A sa croix; il a fait expirer avec lui ses erreurs et ses maximes : donc , annoncer sa mort dans la communion , c’est rappeler le souvenir de sa victoire. Et si le monde vit et règne encore dans votre cœur, mes Frères, ne détruisez-vous pas le fruit de sa mort? ne disputez-vous pas A Jésus-Christ l’Iionneur de son triomphe, et au lieu d'annoncer sa mort, ne venez-vous pas la renouveler avec ses ennemis ?
D’ailleurs , on annonce en quatrième lieu sa mort dans ce mystère, parce qu’il est la consommation du sacrifice de la croix , et qu’il nous en applique le fniit. Or, qui nous donne droit au fruit de la croix , et par conséquent A la communion ? les souffrances , les inorlilications, une vie pénitente et intérieure. Car, dites-moi , vivant dans les délices , oserez-vous venir annoncer la mort du Sauveur ? Oserez-vous nourrir un corps comme le vôtre , amolli par les plaisirs , flatté , caressé ; oserez-vous, dis-je , le nourrir d’uue chair cruciflée ? Oserez-vous incorporer Jésus-Christ mourant et couronné d'épines, dans des membres délicats et sensuels ? cet assortiment ne seroit-il pas monstrueux ? Oserez-vous , en changeant sa cliair en votre propre sulistance , la transfurmer en mie cliair molle et voluptueuse ? eli ! ce seroit un attentat. Pour vous nourrir de la cliair de Jésus- Christ, il faut que vos membres piiis.sent devenir ses membres; que son corps puisse prendre la figure du vAtre. Or, son corps est un corps crucifié, ses membres sont des membres souffrants ; et si vous vivez sans souffrir; si vous ne portez pas la mortification de Jésus-Christ .sur votre corps ; si peut-être vous n’avez jamais fait A vos sens et à vos désirs aucune violence ; si vos jours se passent dans une tranquille mollesse, si les afflictions vous impatientent , si tout ce qui contrarie votre buroeur vous révolte ; si vous ne vous prescrivez point d’iFuvrrs mortifiantes; si celles que le ciel vous ménage, ne sont pas bien reçues, comment voulez-vous unir votrecliair A lacliair de Jésus-Chiid? On n’y pense point, mes Frères; et cependant une vie molle et sensuelle ne peut être qu'un préjugé d’une communion indigne.
Enfin, on annonce la mort du Seigneur dans ce mystère, parce qu’ilycst luiinême comme dans un état de mort. Il a une Imiiclie, cl ne parle pas; des yeux, cl ne s’eu sert |ias ; des pieds, et ne marclie pas. Regardez donc, mes Fières, et faites selon
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