DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST
lions iiis«n.s<^ de l’incréduliu}! et qiril est consolant |N>ur ceux qui croient en Jésti»4^hrisl et qui es{)èrent en lui , de voir les abiines que se creuse l'orgueil f lorsqu’il entreprend de se frayer des roules nouvelles et «le saper le fondement unique de lu foi et de l’espérance des chrétiens !
Voilà , mes Frères , comme la doctrine de Jésus- Christ, par rapport à son Père, établit la gloire de son éternelle origine. Aussi , lorsque les pi'ophètes |iarleiit du Dieu du ciel et de la terre, les expressions manquent à la grandeur et à la magniiieence de leurs id«^. Pleins de l’immensité, de la toutepuissance et de la majesté de rFtre*Supréme, ils épuisent la foiblesse du langage humain , pour répondre à la sublimité de ces images. Ce Dieu , c’est celui qui mesure les eaux de la mer dans le creux de sa main, qui pèse les montagnes dans sa l»alar.ce, qui lient entre ses mains les foudres et les tempêtes ; qui dit , et tout est fait ; qui se joue en soutenant Tunivers. De simples hommes dévoient parler ainsi de la gloire du Très-llaiit : la disproportion infinie qui se trouve entre l’immensité de rCtre-Üupréine et la foiblesse de l'esprit humain doit le frapper, l’éblouir, le confondre; et les termes les plus pompeux ne le sont jamais assez pour suflire à son admiration et i sa surprise.
Mais lorsque Jésus-Christ parie de la gloire du Seigneur, ce ne sont plus ces expressions pompeuses des prophètes ; il l’appelle un Père saint , lin Père juste , un Père clément ; un Pasteur qui court après la brebis égarée , et qui la met avec bonté sur ses é|taules : un ami qui se laisse vaincre par les imporUinilés de son nmi,iin père de famille louciié du retour et delà résipiscencedeson fils : ou voit bien que c’est ici un enfant qui parie uii laiig.igc domestique, que la familiarité et la simplicité de ses expressions supposent en lui une sublimité de connoissarice qui lui rend l’idée de rÊirc-Souveraiii familière , et fait qu’il n’est point fra{^ et ébloui comme nous de sa majesté et de sa gluire, elqu’enfin il ne parle que de ce qu’il volt à découvert et qu'il possMc lui-mème. On est bien moins frappé de l’éclat des titres qu’on a portés, (x)ur ainsi dire, en naissant : les enfants des rois parlent simplement des sceptres et des couronnes ; et il n’est aussi que le Fils étemel du Dieu vivant qui puisse parler si familièrement de la gloire de Dieu même.
Voilà, mes Frères, puisque nous entrons en société avec Jésus-Christ de tous scs avantages, le droit qu’il nous a acquis de regarder Dieu comme notre père, d’oser nous dire ses enfants, de l’aimer plulùl que de le craindre- Cependant nous le servons comme des esclaves et des mercenaires ;
nous craignons ses châtiments; nous sommes peu toucliés de son amour et de ses promesses : sa loi si juste, si sainte, n’a rien d’aimalde pour nous; c’est un joug qui nouspi'se, qui nous fait murmurer, et que nous aurions bieiUut secoué, si les transgressions en dévoient être impunies ; oo n’entend que des plaintes contre la sévérité de ses préceptes, que des contentions (x>ur soutenir les adoucissements que le monde y mêle sans cesse : en un mot, s’ilii’éloit pas un Dieu vengeur, nous ne le connoUrions pas ; et il n’est redevable qu’à sa justice et à ses cliâiiments, de nos respects et de nos hommages.
l^laLs la doctrine de Jésus-Christ , par rapport aux hommes qu’il est venu instruire , n’établil pas mo ns la vérité de sa naissance divine. Car je ne parle pas ici de la sagesse, de la sainteté, de U sublimité de cette doctrine : tout y est digne de la raison et de la plus saine philosophie; tout y est proportionné à la misère et à l’excellence de l’homme, à ses besoins et à ses hautes destinées ; tout y inspire le mépris des choses périssables et l’amour des biens étemels ; tout y maintient le bon ordre et la (ranquiUlté des états ; tout y est grand, parce <|ue tout y est vrai ; la gloire des actions est plus réelle et plus éclatante dans le cœur que dans les actions mêmes. Le Sage de l’Évangile ne cherche ici-l)as dans sa vertu , que la satisfaction d’obéir à Dieu , qui en sera un jour le rémunérateur, et préfère le témoignage de sa conscience aux applaudissements des hommes. Il est plus grand que le monde entier par l’élévation de sa foi; et il est au-dessous du dernier des hommes par la modestie de ses sentiments. Sa vertu ne clierche pas dans l’orgueil le dédommagement de ses peines; c'est le premier ennemi qu’elle attaque; et dans celte divine philosophie, les actions les plus héroïques ne sont rien , dès qu’on les compte soi-même pour quelque chose : elle regarde la gloire comme une erreur, la prospérité comme line infortiine, l’élévation comme un précipice, les afflictions comme des faveurs, la terre comme un exil , tout ce qui passe comme un songe. Quel est ce nouveau langage? quel homme avant Jésus- Christ avoît parlé de la sorte ? et si ses disciples , pour avoir seulement annoncé cette doctrine céleste , furent pris par tout un peuple pour des Dieux descendus sur la terre, quel culte pourrontils refuser à celui qui en est l’auteur, et au nom de qui ils l’annoncent?
Mais laissons là ces réflexions générales , et venons aux devoirs plus précis d’amour et de dépendance que sa doctrine exige des hommes envers lui-même. Il nous ordonne de l’aimer , comme il
LA CIRCONCISION
nous ordonne d^atmer son Père : ü vent qu’on demeure en lui f c’est-à-dire qu’on se lixe en lui , qu'un cherche son l>onheur en lui comme dans son Père , qu’on rapporte toutes ses actions , toutes ses peitsées , tons ses désirs , qu’un se rapporte soimème à sa gloire, comme à la gloire de son Père : les péchés mêmes ne sont remis qu’à ceux qui l'aiment beaucoup; et l'amour qu’on a pour lui, fait toute la justice do Juste, et toute la réconciliation du pécheur. Quel est oet homme qui vient usurper la place de Dieu même dans nos cicurs ? La créature mérite-l-eUe d’étre aimée pour elle, même? et tout ce qu’elle a de grand et d’aimable, ne sont-ce {)as les dons de celui qui seul mérite d’être aimé ?
Quel propliète jusqu’à JéSus-Christ étoit venu dire aux hommes : Vous m’aimerez; tout ce que votis ferez , vous le ferez pour ma gloire? Vous aimerez le Seigneur vutre Dieu , avoit dit Moïse aux enfants d’israèl. Rien n'est aimable pour soimême que ce qui peut nous rendre heureux. Or, nulle créature ne peut être notre bonheur et notre perfection , nulle créature ne mérite donc que nous l'aimions pour elle-même : ce seroit une idolâtrie. Tout homme qui vient se proposer aux hommes comme l’objet de leur amour, est un impie et un imposteur , qui vient usurper le droit le plus essentiel de rÊire-Supréme ; c’est un monstre d’orgueil et d’extravagance, qui veuts’élever desautcls jusque dans les cœurs , le seul sanctuaire que la Divinité n’avoil janoais cédé aux idoles profanes. La doctrine de Jésus-Christ, celte doctrine si divine, et si admirée même des païens, ne scroUdonc plus qu’un mélange monstrueux d’impiété, d’orgueil et de folie , si , n’ciaot pas lui-iiième le Dieu béni dans tous les siècles , il ei\t fait à ses disciples, de l’amour qu’il exigeoit d’eux , le précepte le plus essentiel de sa morale ; et cc seroit à lui une ostentation insensée, de venir se proposer aux hommes comme on modèle d'humilité et de modestie, tandis qu’il pousseroit l'oc^eil et la vaine complaisance plus loin que tous ces orgueilleux pliilosophes , qui n'avoient jamais aspiré qu’à l’ estime et aux afiplaudisseroents des hommes.
Mais ce n’est pas encore assez : non seulement Jésus-Christ veut qu’on l'aime, mais il exige des hommes des marques de l’amour le plus généreux et le plus héroïque. Il veut qu’on l’aime plus que ses proches , que ses amis , que ses biens , que sa fortune, que sa vie, que le monde entier, que soi-même ; qu’on souffre tout pour lui , qu’on renonce à tout pour lui, qu’on répande jusqu’à la dernière goutte de son sang pour lui : qui ne lui rend pas ces grands hommages , n’est pas digne
<le lui ; <|ui le met en parallèle avee qn^qne créature, ou avec soi-même, l’outrage, le dcshonoïc, et ne doit rien prétendre à ses promesses.
Quoi! mes L'rêres , il ne se contente pas qu’on lui offre des sacrifices de boucs et de taureaux , comme les idoles , et le Dieu même véritable avoit paru s’en contenter? Il pousse encore plus loin ses prétentions : il veut que l’homme se sacrifie lulmème; qu’il coure sur les gibets; qu’il s’offre à la mort et au martyre pour la gloire de son nom ! Mais s’il n'est pas le maître de notre vie, quel droit a-t-il de l’exiger de nous? Si notre ame n’est pas sortie de ses mains, est-ce à lui que nous devons la rendre 7 est-ce la regagner que de la perdre pour l’amour de lui ? S’il n’est pas l’auteur de notre être, ne devenons-nous pas des sacrilèges et dâi homicides, en nous immolant pour sa gloire, et en transportant à la créature, et à un simple envoyé de Dieu , le grand sacrifice de notre être , seul destiné à recoonoltre la souveraineté et la paissance de l’Ouvrier étemel qui nous a tirés du néant? Que Jésus -Christ meure, à la Ixmne heure, lui-même pour rendre gloire à Dieu ; qu’il nons exhorte de snivre son exemple : tant de prophètes étoient morts avant lui pour la cause du Seigneur, etavoient exhoité leurs dL^ciples à marcher sur leurs traces.' Mais que Jésus- Clirist, s’il n’est pas Dieului-même, nous ordonne de mourir pour lui ; exige des hommes celte dernière marque d’amour ; qu’il noua commande d’offrir pour lui une vie que nous ne tenons pas de loi : se peut-il faire qu’il y ait eu sur la tenn des hommes assez grossiers et assez stupides pour se laisser tromper à l’extravagance de cette doctrine ? est-il possible que des maximes aussi bizarres et aussi impies aient pu triompher de tout Tunivers , confondre toutes les sectes , ramener tous les esprits , et prévaloir sur tout ce qui avoit pam jusque-là de science, de doctrine et de sagesse sur la terre ? £t si nous regardons comme des barliares ces peuples sauvages qui s’immolent sur les tombeaux et sur les cendres de leurs proches et de leurs amis , pourquoi ferions-nous plus d’honneur aux disciples de Jésus-Christ , qui se sont immolés pour lui ? et sa religion ne sera-t-elle pas une religion de sang et de barbarie ?
Oui, mes Frères, les Agnès, les Lace, les Agathe, ces premières martyres de la foi et de la pudeur, se seroient doue sacrifiées à un homme moriel? cl en aimant mieux répandre leur sang, que fléchir le genou devant de vaines idoles , elles n’auroient évité une idolâtrie que pour retomber dans une autre {tlus condamnaMe, en mourant pour Jésus-Christ; Ignace lui-même , ce Cimeux martyr que l’Orient fournit à Home, en voulant
Di-v- ; ■ - . ;li
DIVINITÉ DE .lÉSES-ClIRlST.
devenir le froment de J(^s-Cbrist, auroit donc penlii tout le fruit de ses souffrances, et raériic dès lors d’éire dèdiiré par les lions furieux , puis* <|u'il se seroit offert en sacriûce à un homme semblableà lui? Les confesseurs généreux de la foi n’auroient donc été que des désespérés et des fanatiipies , qui aiiroient couru A la mort comme des insensés? La tradition des martyrs ne seroit donc plus qu’une scène impie et sanglante; les tyrans et les persécuteurs aiiroiciU donc été les défenseurs de la justice et de la gloire de la Divinité ? le christianisme lui-mème, une secte sacril^e et profane ? Le genre Innnain se seroit dom; abusé? et le snng des martyrs, loin d’avoir été la semence des fidèles, auroit inondé tout l’univers de superstition et d’idoliUrie ? O Dieu ! l’oreille de l’homme peutelle enlemire ces blasplièiiies sans horreur? et que faut-il pour confondre l’incréilulité, que la montrer à eile-mème?
'lels sont, mes Frères, nos premiers devoirs envers Jésus-Christ. Lui sacriHer nos inclinatitms, nos amis, nos proches, notre fortune, notre vie même , et , en un mot , tout ce qui devient un obstacle à notre salut; c’est confesersa divinité, I c’est reconnullre que lui seul peut nous tenir lieu | de ce que nous alunduimons pour lui, et nous . rendre encore plus que nous ne quilUms, en se | donnant lui-niènie à nous. 11 n’est que celui ipii i méprise le inonde et tous ses plaisirs , dit l’aixUre | saint Jean, qui confesse que Jésus-ChrUl est le : Fils de Dieu, parce <)u’il prononce par là que Jésus-Christ est pliLs grand que le monde, plus puissant pour nous rendre heureux, e( par conséipient .plus digne d’èlre aimé.
Mais ce n’est pas assez d’avoir considéré l’esprit du ministère de Jésus-(^lirUt dans sa doctrine, il faut le considérer, en second lieu, dans les grâces et les bienfaits que l’univers a reçus de lui. Il est venu délivrer Ions les hommes de la mort éternelle; d'ennemi de Dieu qu’ils étoient, il les a rensliis ses enfants, il leur a ouvert le ciel, il leur a assure la possession du royaume de Dieu et des lûeiH immuables, il leur a porté la science du salut et la doctrine de la vérité. Ces dons si magninqiies n’ont pas même fini avec lui : assis à la droite de son Père, il les répand encore dans nos ctvurs. î 'Fous nos maux trouvent encore en lui leur remède; I il nous nourrit de son corps , il nous lave de nos souillures, en nous appliquant sans cesse le prix I de son sang. Il forme des pasteurs pour nous con* ; duire, il iaspire des Prophètes pour nous enseigner, il sanctifie des Justes pour nous animer par leur exemple, U est sans cesse présent dans nos cœurs pour en soulager toutes les m»ères« L’homme n'a
point de pa.ssion que sa grâce ne guértse, point d’affliction qu’elle ne rende aimable, point de vertu qui ne soit son ouvrage; en un mot il nous assure lui-raème qu’il est notre voie , notre vérité , notre vie, notre justice, notre rédemption, noire lumière. Quelle est cette nouvelle doctrine? Un Ikonime seul peut-il être la source de tant de grâces aux autres hommes? Le Dieu souverain, si jaloux de sa gloire , peut-il nous attacher à une créaliu^ par des devoirs et des liens si intimes et si sacrés, que nous dépendions presque plus d’elle que de lui ? Ne seroit-il point à craindre qu’un hmnme devenu si utile et si nécessaire aux autres liommes , n’en devint enfin l’idole 7 qu’un homme, auteur et distributeur de tant de grâces , et qui fait à notre égard, l’office et toutes les fonctions d’un Dieu , n’en occupât aussi bientôt la place dans nos cœurs?
Car, remarquez, mes Frères, que c'est la reconnoissance toute seule qui , autrefois , a fait les faux dieux. Les hommes, oubliant l'Auteur de leor être et de l’univers, adorèrent d’abonl i’air, qui les faisoit vivre; la terre, qui les nourrissolt; le soleil, qui les éclairoit; la lune, qui préskloU à la nuit : c’éloit là leur Cybèle, leur Apollon, leur Diane. Ils adorèrent les con<|Uéranls qui les avoient délivrés de leurs ennemis; les princes bienfeisants et équitables qui avoient rentlii leurs sujets henreux, et la mémoire de leur règne immortelle : et Jupiter et Hercule furent placés au rang des Dieux; l’iin par le nombre de ses victoires, l’autre par le Ixmlieur et la tranquillité de son règne ; les hommes, dans ce siècle de superstition et de crédulité , ne connolssoient point d’autres Dieux que ceux qui leur faisoient du bien. Et tel est le caractère de l’homme; son culte n’est que son amour et sa reconnoissance.
Or, mes Frères, quel lK)mnica jaiiinisfail tant de bien aux hommes que Ji^us-Christ? Rappelez tont ce que les siècles païens nous rap|X)rtentdc l'Iiistotre de leurs Dieux, et voyez s’ils ont cru leiirdevoirtont ce que l’incrédulité elle-même avoue à\ec les Livres saints, que le monde doit à Jésns-Chrlst. Aux tins, ils croient être r(‘devables de la sérénité de l’air et d'une Iieuretise navigation; aux antres de la fertilité des saisons; à leur Mars, du succès des batailles; à leur Janus, de la paix et de la tranquillité des peuples; de la santé, à leur Esculape. Mais que sont ces fuîliles bienfaits si vous les comparez à ceux dont Jésus-Christ a comblé le monde?* Il y a porté une paix étemelle, une sainteté durable, la justice et la vérité; U en a fait un monde* nouveau et une leri*e nouvelle. Ce n’est pas un> peuple seul qu’il a comblé de biens , ce sont tocU’ les peuples, c’est runivers entier; eide plos, U
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n*est devenu notre bienfailetir qu'en devenant notre victime. Que pouvoit-il faire de piun grand pour la terre? Si la reconnoissance a fait les Dieux, Jésos-Clirist pouvoit-il manquer de trouver des adorateurs parmi les hommes? et ëtoit<il à propos que noos lui dussions tant, s’il pouvoit y avoir de l’excès dans ramotir et dans la gratitude?
Encore, mes Frères, si Jésus-Christ, en mourant, eût averti ses disciples que c eloit au Seigneur tout seul qu’ils étoient redevables de tant de hienbiU; qu’il n’avoit été lui-mème que riiistniroent, et non pas l’auteur et la source de toutes ces grâces; et qu’aiiisi ils dévoient l’oublier et rendre à Dieu seul la gloire qui lui étoil due ; mais il s’en faut bien que Jésus-Christ ne termine par de semblables inslnicUons ses prodiges et son niinUlère. Non-seulcnienl il ne veut pas que ses disciples l’oublient , et cessent d’espérer en lui après sa mort ; mais, sur le point de les quitter, il les assure qu’il sera présent avec eux jusqu’à 1a consommation des siècles; il leur promet encore plus qu’il ne leur a donné, et se les atiaclie par des liens indissolubles et immortels.
En effet, les promesses qu’il leur fait dans ce dernier moment sont encore plus surprenantes que les grâces mêmes qu’il leur avoit accordées pendant sa vie. Premièrement , il leur promet l'Esprit consolateur, qu'il appelle l’Esprit de son Père : cet Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir , cet E^>ril de force qui devoit former les martyrs, cet Esprit d’intelligence qui avoit éclairé les Prophètes, cet Esprit de sagesse qui devoit conduire les pasleurs, cet Esprit de paix et de cliarité qui ne de- Toit faire qu’un cœur et qu’une ame de tous les Fidèles. Quel droit a Jésus-Christ sur l’Esprit de Dieu pour en disposer à son gré, et le promettre aux liommes, si ce n’est pas son Esprit propre? Elle, montant au ciel, regarde comme une cliose bien difficile de promettre à Elisée seul son double esprit de zèle et de propliélie : combien étoil- il plus éloigné de lui promettre l’Esprit étemel du Père céleste, cet esprit de liberté qui souffle où il veut? Cependant les promesses de Jésus-Christ se sont accomplies : à peine est-il monté au ciel, qne l’Esprit de Dieu se répand sur Ions ses disciples, les simples deviennent plus savants que les sages et les philosophes, les fuibles plus forts que les tyrans, les insensés, selon le monde, plus prudents que toute la sagesse du siècle. De nouveaux hommes paruissent sur la terre, animés d’un esprit nouveau; ils attirent tout après eux; ils cliangent la face de l'univers; et, jusqu’à la lin des siècles , cet K>prit animera son Eglise, formera des Justes, confondra les incrédules, consolera ses disciples ,
les soutiendra au milieu des pers^lcutions et des opprobres, et remira témoignage au fond de leur cœur , qu'ils sont enfants de Dieu , et (pic ce litre auguste leur donne droit à des biens plus solides et plus vrais que tous ceux dont le monde les dépouille.
Secondement, Jésus-Cbrist promet à ses disciples les defe du ciel et de l’enfer, et le pouvoir de remettre les péchés. Quoi! mes Frères, les Juifs;; sont scandalisés sur ce qu’il entreprend de les remettre lui-même, et <{u’il paroll s’attribuar une puissance réservée à Dieu seul : mais quel sera le scandale de tous les peuples de la terre, lorsqu’ils liront dans son Évangile qu’il a voulu laisser même cette puissance à ses disciples? et s’il ri’esi pas Dieu, la folie et la témérité ont-elles jamais rien imaginé de semblable ? Quel droit a-t-il en effet sur les consciences pour les lier ou les délier à son gré, cl pour iransme tire à des hommes foibles une puissance qu’il ne sauroil exercer lui-même sans blasphème ?
TroUièmemenl : mais ce n’est pas assez; il [H’omet encore à ses disciples le don des miracles , qu’ils ressusciteront les morts en son nom, qu’ils rendront la vue aux aveugles, la santé aux malades, l’usage de la parole aux muets, qu’ils seront maîtres de toute la nature. Moïse ne promet pas à ses disciples les dons miraculeux dont le Seigneur l'a favorisé : il sent bien que cette vertu lut est étrangère , et que le souverain Maître tout seul peut en favoriser qui Iwn lui semble. Aussi, lorsqii’après sa mort Jnsiié arrête le soleil an milieu de sa course, pour achever la victoire sur les ennemis du peuple de Dieu, il ne commande pas à cet astre de s’arrêter au nom de Moïse; ce n’est pas de lui qu’il lenoit le pouvoir de faire obéir les astres mêmes; ce n’est pas à lui qu’il s’adresse lorsqu’il veut en user : mais les disciples de Jésus-Christ ne peuvent rien opérer qu’au nom de leur Maître, c’est en son nom qu’ils ressuscitent les morLs et qu’ils redressent les boitenx; et sans ce nom divin ils sont foibles comme les autres hommes. Le ministère et la puissance de Moïse finissent avec sa vie; le ministère et la puissance de Jésus-Cbrist ne commencent , pour ainsi dire, qu’après sa mort, et on noua assure que son règne doit Àrc étemel.
Que dirai-je enfin? Il (Httmel à ses disciples la conversion de l’univers, le triomphe de la Croix, la docilité de tous les peuples de la terre , des philosophes, des césars, des tyrans; et que son Evangile sera reçu du monde entier: maislient-il lecœiir de tous les hommes entre ses niaias, pour répondre ainsi d’un changement dont jns(]ue-là le monde n’avoit point eu d’exemple ? vous nous direz sans
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