‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 67 sur 348 · MOTIFS DE CONVERSION · texte numérisé non relu

MOTIFS DE CONVERSION

Grand Dien ! qui peul me retenir enc re en effet dam les voies du crime où je marche depuis tant d'années? Détrompé du monde, où rien n'a jamais répondu à mes désirs et à mes vaines espérances; lassé des passions, dont les voies ont toujours été pour moi semées d'épines et d'amerlûmes; dégoûté des plaisirs que la bienséance elle-même commence à m’interdire; peu touché de tout ce qui fait rempressement des autres pécheiirt, portant [larlout un ctrur malade et inquiet, et ne trouvant rien qui ie fixe et qui le calme; clierclmnt à m'étourdir sur les liorrcurs de ma vie, et ne pouvant y réussir; fuyant tout ce qui peut réveiUer les terreurs de la conscience, et les portant partout avec moi; éloignant toutes les pensées de l’élemilé, et ne pouvant la penlre de vue; faisant des efforts impies pour vous oublier, ù mou Dieu , et vous retrouvant partout sur mes pas : que prclends-jc , en vous fuyant encore? Ne vous lasserez-vous pas de courir après moi? Suisje encore une de ces brebis qui méritent vos empressements et vos recberciies?

Grand Dieu ! Üntssez mes (reines , en guérissant mes plaies. Fixez mes irrésolutions : soulagez mon cœur, en le délivrant de ses crimes. Uoiiqiez des chaînes que je déteste , et auxquelles je n'ai pas la force d'oser loucher. Laissez-vous fléchir à mes vœux, et ne regardez pas mes œuvrc.'i. Ecoutez nies désirs, et fermez les yeux ù mes fuiblesses. Terminez le combat que je sens en moi. Rendezvous le maître de mon ame. Devenez le plus fort dans mon ctrur. Ce n’e«>l plus moi qui vous résiste , ù mon Dieu ; c’est la foible&se, c'est l'ascendant de 1a cumiplion, c'est ie long usage du crime. Prenez-moi donc pour votre }>arlage. Arracliezmoi au monde et atix créatures, pour lesquelles vous ne m’avez pas fait; et détruisez en moi cet homme de pcclié que je buis, et qui est devenu plus fort que moi-méme.

Mais si la niultiUide de vos crimes, mon cher Auditeur, et les désirs que Dieu vous in.«pire depuis long-temps de sortir de ce déplorable éUit, doivent vous déterminer enfin à faire celle graiule dénvarche, le temps de pt'iiitence où nous sommes entrés, les mystères saints qui nous attendent, ne vous laissent plus de prétexte de la difrérer.

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