‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 86 sur 348 · POUR LE PREIIIER DIMANCHE DE CAR^.HE · texte numérisé non relu

POUR LE PREIIIER DIMANCHE DE CAR^.HE

SUR LA PAROLE DE DIEU. i

Pion {fl jo/o pont ririt komo, ttd in omni rtrôo qttod procéda de ore Dri,

L'homniP ne vil pa< seiilfinenl (k> pain , mais de toute pa> rôle qui «ort de la bouche de Dieu. (Mmi.. iv. 4.)

Rien ne marque mieux la pnissanre et la su- | blimité de la parole de rÉ\*angiIe , que les images ' dont Jésus-Christ se sert pour nous en prédire les effets. Tantôt c*esi un glaive sacré (pii va séparer le père de Tenfantf l'époux de l'épotise, le frère de la scpur, l’Iiomme de lui-méme ; captiver tout esprit sowt le jou^ de la foi , a.^ujélir les césars , | triomplter des saj^es et des savants , et élever l'é- . tendard de la croix sur les débris des idoles et des ! empires ; et par-là noua est représentée sa force , à laquelle le monde entier n’a pu n'^sister. I

Tant(k c'est un feu divin porté en un instant dans toute la terre, qui va dissoudre les monta- , dépeupler les villes , peupler les forêts , réduire en cendres les temples profanes, embraser les hommes, et les faire courir à la mort comme des insensés aux yeux des nations j; et sous ces traits paraboliques , notts est Qgurée la promptitude de ses opérations et la rapidité de ses vie- | toires. '

Tantôt c’est on levain mystérieux, qui rassem- I hie et réunit toute la masse, qui en lie toutes les portions , qui leur imprime une force et une vertu communes; qui confond les distinctions dejoif et de i ^ntil, de grec et de liarliare, et leur donne à tous le même nom et te même être : et ici vous comprenez quelle est sa sainteté et sa vertu se- ^ Crète, qui a purifié tout l'univers, et de tons les ; peuples n’en a fait qu’un peuple.

Une autre fuis c'est une semence , qui , paroissant d'abord se perdre sur la terre, croit ensuite et multiplie jusqu'au centuple. £t voilà le principe de sa fcconditc : non l'ouvrier qui sème , mais l’auteur invisible qui donne l’accroissement.

Mais aujourd’hui Jésus- Christ la compare au pain qui sert de nourriture à riwmnte, no» in io'io pane ririt homo: et par-là il vent nous apprendre que la parole de l’Évangile est une nourriture forte et solide, pernicieuse souvent à ceux qui la reçoivent dans im CŒur malade et oorrompo , et

utile seulement aux amesepn s*en nourrksent avec une sainte avidité, et qui portent ici un ouMir préparé pour l'entendre.

Pour me renfermer donc dans celte idée, je ne dirai rien des merveilles que celte parole, annoncée par douze pauvres, opéra autrefois dans tout l'univers. Je passerai sous silence la sainteté de sa doctrine , la sublimité de ses conseils, la sagesse de ses maximes; en me bornant à rinslrucliqn et à ce qui peut vous rendre utile la parole de rÉvangile que nous vous annonçons , je vous apprenebai premièrement , qiielle.s sont les dis{fosilions qui doivent vous conduire en ce lien saint pour l’entendre ; ét setrondement , dan.s quel esprit vous devez ensuite l'éconter ; deux devoirs non seulement négligés, mais inconnus à la plupart des fidèles (]ui accourent en foule aux pieds de ces cJwires chrétiennes; et la .source la plus commune du peu de fruit de notre ministère. Implorons, etc. jdvff üfaha.

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