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et Virinenl Ferrier dnns nos Gaules, des Raymond en Italie, des Dominique dans toute TEurope, des Xavier dans un nouveau monde; il i»er- Riet que nous, hommes fpihles, succédions à ces hotnmo.s apostoiiciues.
Qnedirai-jc encore? nous asscinblons ici, comme nulreroisi’uii) au milieu d'Athènes, des s|)ecial('urs oisifs et curieux, qui ne se projio.'-enl que d’entendre quelque elmse de nouveau; tandis (|ue ceux (]ui évangélisent vos terres cl vos vassaux voient avec consolniion à leurs pieds, comme autrefois LTsdras, des Israélites simples qui ne peuvent retenir leurs larmes en entendant seulement les paroles de la Im. Nou-s amusons le loisir et l’oisiveté des princes et des ;?rands de la terre, tandis (|ue des ministres saints enfantent Jésus- Christ et recueillent une moisson abondante an milieu des campagnes : en un mot, nous discourons, et ils convertissent. C’est ainsi, ô mon Dieu , ipie vous exercez en secret des jugements terribles et RWères.
Mais, mes Frères, que ne nous est-il permisde vous dire ici ce que Paul et BarnalK^ disoient autrefois aux Juifs iiilidèles! Vous étiez les premiers à qui il falloit annoncer les paroles de salut ; mais piii.'iquc vous les rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie étemelle, nous allons ilonc vers les nations al>andonnées, vers ces pauvres peuples, ensevelis dans l’ignorance, qui cultivent vos terres, cl qui recevront avec foi et avec reconnoissance la grâce que vous rejetez ; l'^obix opnrtrhat primitm ioqui rrrhum Dei ; sed quoniam repeUitis . illud et indignas ros judica- <i.v (vteraæ rlln», eeee convertimur ad genies. (Act. XIII, 46.) Ail! nos travaux seixjient bien plus utiles, notre joug plus adouci , notre ministère plus coasolidé : nous ne ctimpterions pas parmi ceux qui. nous écuiitenl des noms célèbres dans rhisloirc; mais nous y compterions les noms de ceux (jui sont l'crits dans le ciel : nous n’y verrions pas assemblés tous les titres et toutes les liantes dignités qui forment toute la gloire et toute la ligure du monde qui passe; mais nous y veTrionsla foi, la piété, l’innocence qui font toute la gloire du clirétten qui demeure éternellement : nous n’v entendrions pa.s de vains applaudissements dniim'>sau langage de l’homme et non à celui «le la foi ; mais nous y verrions couler des larmes, qui sont la louange immortelle de la grâce : nos chaires ne seroieiU pas environnées dt; tant de pnnqtc; mais nos auditeurs seroient un spectacle digne des anges cl de Dieu.
Ttdles sont les dispositions qni doivent vous préparer à nos iiislnictions. Il faut vous instruire
encore sur l’esprit dans lc({uel vous devez nous entendre.
DELXIÈME PARTIE.
Pour vous instruire sur l’esprit dams lequel vous devez écouler la parole sainte, il n’y a qu’à établir d’abord (|uelle est son autorité et sa lin. Son atitorité , (|iii est divine, demande de vous un esprit de respect et de docilité; sa lin, qui est la conversion des cœurs, un esprit de fui qui ii’y clierclie que des lumières pour sortir de ses erreurs, et des remèdes pour la guérison de ses maux.
Je (Ils d'abord, que son autorité est divine. Oui, mes Frères, la parole que nous vous annonçons n’est pas notre fxirole; mais la parole de celui qui nous envoie. Dès qu'il nous a établis dans le saint ininisièi'e par la voie d’une vocation légitime, il veut que vou.s nous regardiez comme des envoyés qui vous parlent ici de sa part, et qui ne font que prêter leur foihle voix a sa divine parole. Nous portons, il est vrai, ce trésor dans des vaisseaux de boue; mais il n’en perd rien pour cela de sa majesté. Semblables à ces vaisseaux de terre dont Gédé'on se senil autrefois contre les ennemis du Seigneur, le son en i>eui être vil et méprisable; mais la vérité, celte lumière divine que Dieu a mise en nous, u’en est pas moins descendue du ciel, et destinée, comme les lampes de (*édcoo, à frapper encore aujourd’hui de terreur les âmes inlidèles.
Or, vous devez premièrement à l’aulorité de cette divine parole une pieuse docilité, et l’écouter comme disciples plutôt que comme juges. En elTel, ce sont les règles du culte et de la piété que nous vous exposons, les décisions de l’Evangile, les lois de TFlglise, les maximes des saints. Nous ne venons pas vous porter ici nos opinions, nos préjugés, nos pensi'cs : ce n’est pas ici une chaire de contention , c'est le lieu de la vérité : rien de ce qui peut être contredit ne doit trouver sa place dans la chaire de la paix et de l’unité : nous n’y |>ailon.s qu’aii nom de l’Eglise, et ne sommes ici que les interprètes de sa foi et de sa doctrine.
Cependant, combien de ces hommes sages à leurs propres yeux, et qui .se piquent de force et de raison, n’y viennent qu'avec un esprit préfiaré, et comme en garde contre toutes les terreurs de la parole .sainte! Iis ne font pas gloire, comme les pécheurs dont nons avons déjà parlé , d’étre iitseiwiblesà toute vérité; mais ils regardent notre ministère comtiie un art d’exagération cl d’Ityperbuie : les plus saints mouvementa du zèle ne sont dans
SI I! I.A PAUOLli OK lUKr.
kur ()ue les tours 4*tiuiiés d’im artincc Im* main; les menaces les plus terribles, des saillies d’une vaine éIfM|iicncc; les inaxiniesles pUisincontestal)Ies, des discours oii il entre plus d’usage (|ue de vériU‘; les amUs les plus capables d’alarmer les consciences, des fü^'»uis de |>arler dont il est permis à chacun de ralwttre. C’est, nies Frères. la siluaiion di-plorablc où vous vous trouvez ici la plu|»art. Vous opj»osez sans cesse tout luis à la vérité que nous annonçons , les nuiximes et les préjugés du monde (pii la contredisent : vous êtes ingénieux à anbiblir au-dedans de vous , |iar des raisons s{)écleuscs, l’excès prétendu de nos maximes : vous venez Ici comliatlre la vérité, et non |ias céder à sa force et à sa lumière : vous n’y venez, ce semble, cpie jiour entrer en contestation avec Dieu, inlinner rélernelle iinnnitabililé de sa parole, prendre les intérêts du mensonge contre la gloire de la v(*rlté, et être les ajM)logisle.s secrets du monde et dos passions dans le même lieu destiné à les condamner et à les combattre. Aliî souffrez du moins qu’elle triomphe, cetlc vérité, dans son temple : ne lui disputez pas cette foible victoire, à elle (jiii a triomphé autrefois de tout Tunivers : oppriracz-la, à la bonne heure, au milieu dn monde, et dans ces assemblées de vanité c|uc l’erreur assemble, et où l’erreur est sur le trône. N’esl-ce pas a.sstîz que vous l’ayez bannie dn monde, et cpi’ellc n’ose plus s’y montrer sans s’exposer à des dérisions et à des censures? I-aissez-nous du moins la triste consolation d’oser encore la publier h la face de ces autels qu’elle a éle- Tés, et qui doivent du moins lui servir d'asile.
Vous nous accusez d’exagcrcr. Grand Dieu ! et vous nous jugerez peut-être un jour, sur ce que nous affoiblissons la force et la vertu de votre parole pour ne l'avoir pas a.«.scz méditée aux pieds des autels! et vous nous reprocherez peut-être un jour d’avoir accommodé la sainte .sévérité de votre Kvangile aux indulgences et aux adoucisM'ments de nos siècles! et vous nous rangerez peut-être un jour parmi les ouvriers d’iniquité, parce que la tiédeur et la négligence de nos mœurs aura ôté à la parole (pic nous annonçons celte terreur et cette véhémence divine, qu’elle ne sauroil trouver que dans une liouche consacrée par la piété et par la pénitence !
Eh! quoi, mes Frères, les vériU^ du salut, telles que Jésus-Christ nous les a pro{K>sées, ne sauroient-olles alarmer les consciences, si l’esprit de rhuiunie n’y ajoute des terreurs étrangères! Paul exagéroil donc autrefois , lorsque ce gouverneur romain , maigre l’orgueil d’une fausse sagesse et içs préjuges d’un culte ulolâire, fi éinissoit , dit
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saint l.iic, en reiitcndanl parler de la justice, de la chasteté, et du spcclacle terrible d’un jugement à v<iiir? Paul exagéroil donc, lorsipie les hahilants des villes venoient .se frap|>aiil la foitrine, fondant en larmes à ses pied.s, et porlanl • au milieu des places publùpies des livres lascifs ou inqiies, et les autres instnimcnlsde leurs {lassions, ()onr en faire un saerillcc au Seigneur?
Vous nous accusez d’ajotUer de nouvelles terreurs aux paroh’s de riAangile : mais on sont les (Mjnsciences que nous iroublons? où sont les |>éclieuns que nous alarmons? où sont les âmes mondaines qui , saisies de frayeur au sortir de nos discours, vont se cacher au fond des solitudes, et expier, par de saints excès de pénitence, les dissohilionsde leurs mœurs {>as.H*cs? Les siècles qui nous ont précédés oui vu souvent de ces exemples; les nôtres en voient-ils encore quelquefois? Ah! plût à Dieu que vous pussiez me convaincre d’avoir inspiré à une seule ame ces terreurs salutaires, disoit autrefois .saint Anibreise à quelques sages mondains de son tcnqts, qui l'accusoient d’exagérer les piuils et ta corruption du monde, et de faire prendre à inqi de filles chrétiennes le {mrti de la sainte virginité ; et je puis vous le dire ici avec bien plus de raison que ce grand homme ! L'fùmm cooriHCfrcr! (S. Avimi., de Virdimt., L. I, c. 5. ) Plût à Dieu qu’on pût me montrer les suites d’une imlistTctiun si heureuse! Utinam Imiti crimtnis profcarclur effeclusï Plût à Dieu (pie vous eussiez des exemples à nous reprocher {)Our justilier vo.s censures! UtUiam me exempUs pottû.s anjueretiSy quàm sprnioiM//tts cicderelis! Ah! nous $oufTi‘iriun.s le blâme avec plaisir, si l'on {louvoil nous muiilrer le succès qii’on nous reproche! A'mi rcrcrcr ixvidiam, si efftcaciauh ' recognoserrem !
Il(‘las ! noii.s ne ménageons peut-être que trop votre füihle-ssejiious resjiectons peut-être trop des fXHitiimcs qu’un long usige a consacrées, de peur de parollre censurer les grands exemples <pii les autorisent ; nous n’osons pres(pie parler de certains désordres, de i»enr que nos censures ne paroissent plut(^t tomber sur les personnes, que sur les vices; nous nous contentons de vous montrer de loin des vérités qu’il faudroil vous mettre sous l’œil, et votre salut même souffre souvent de l’excès de nos précautions et de notre tiniide prudence. Que dirai-je? la foiblesse nous arrache souvent des éloges, où le zèle devroit {ilacer des anathèmes et des censures; nous nous laissons, comme le monde , éblouir par les noms et |wr les litres ; ce (pii encouragea les Ambroise nous affoihüt; et parce (lue nous vous devons du respect,