‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 9 sur 348 · IG LE JOUR DES · texte numérisé non relu

IG LE JOUR DES

mort VI faire sur la scène réveillera encore durant quelques jours les discours publics; mais ^ ce court intenalle passé , U va retomber dam le néant et dansroubli;àpeincse souviendra-t-on qu’ilavécu; on ne sera peut-être occupé que des meiTcilles d’un successeur, qu*è Télever sur des débris de sa réputation et de sa mémoire. Il voit déjà cet oubli: qu'il n’a qu'à mourir, que le vide sera bientét rem* pli, qu’il ne restera pas même de vestiges de lui dans le monde, et que les gens de bien tout seuls, qui l'avoient vu cnvirounédetaiit de gloire, sedirontà eux-mémes : Oii est-il maintenant ? que sont devenus ces applaudissements que lui altiroit sa puissance? voilà à quoi condnit le monde, et ce qu'on gagne en le senant : £t qui eum rlderaut, dieenf : t’6i est? (Job, xx , 7.)

Cbangemenl dans son corps! Celte chair qu’il avoil tant flattée, idolâtrée; celte vaine beauté qui lui avoit attiré tant de regards et corrompu tant de cœurs , n’est déjà plus qu’un spectacle d’horreur , dont on peut à peine soutenir la vue : ce n’est plus ! qu’un cadavre dont on craint déjà l’approclie. Cette infortunée créature qui avoil allumé tant de passions injustes, hélas! ses amis, ses proches, ses esclaves mêmes la fuient , s'écartent , se retirent , n’osent approcher qu’avec précaution, ne lui rendent plus que des offices de bienséance et de con* trainte; elle-même ne se souffre plus qu’avec peine et ne se regarde qu’avec horreur. Moi qui atlirois autrefois tous les r^rds ! se dit-elle avec Job ; mes esclaves que j’appelle refusent maintenant de m’approcher, et mon souflle même est devenn une infection , et un souflle de mort pour mes enfants et pourmes proches. Servum meum rocavi, et non respondit..., Haliium meum erhorruit uxor mea, et orabam filios uleri nui, (Job, xix, 16J7).

Endn, changement dans tout ce qui l’environne! Ses yeux cherchent à se reposer quelque part, et ils ne retrouvent partout que les images lugubres de la mort. Mais ce n’est rien encore ponr ce péclietir mourant que le souvenir du passé et le spectacle du présent ; il ne serait pas si malheureux a’il pouvoit borner là toutes ses peines; c’est la pensée de l’avenir qni le jette dans un saisissement d'iiorreur et de désespoir : cet avenir, cette région de ténèbres où il Ta entrer senl , accompagné de sa seule conscience! cet avenir, celte terre inconnue d’où nul mortel n’est revenu , où il ne sait ni ce qn’il tronvera , ni ce qu’on lui prépare! cet avenir, cet abîme immense où son esprit se perd et se confond , et où il va s’ensevelir incertain de sa destinée ! cet avenir, ce tombeau , ce séjonr d’horreur, où il va prendre sa place avec les cendres et les

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