DEUXIÈME PARTIE
Pion est esprit de vérité; et c’est en esprit et en vérité qu’il veut principalement qu’on l’honorc. Cette disposition d’anéantissement profond, que nous lui devons dans nrw temples, ne consiste donc pas seulement dans la posture extérieure de nos eorps; elle renferme encore, comme celle des bienheureux dans le ciel, un esprit d’adoration, de louange, de prière, d’action rte grâces: ffenediciio . eicîaritax, ei gratiarum ariio, (Ai'oc., VII, 12); et c’est là cet esprit de religion et d’anéantissement (|iie Dieu demande de nous dans le temple saint , seinhiable à celui des bienheureux dans le temple céh'sle : Kf rerirfcnuit i» coiisperfu 1/ironl iii fnriefi Sun». (Ibid.)
Je dis un esprit d’adoration; car comme c’est Ici où Oiini manifeste ses merveilles et sa grandeur suprême, et où il descend du ciel pour recevoirnosbommages, le premier s ntiment qui doit se former en nous, lonMpie nous entrons dans ce lien saint, est un semtirnent de terrenr, de silence et de rerueilleiiient profond , d’anéantissement intérieur à la vue de la majesté dir Très-liant, et de notre propre Iwssesse ; n’êlre occupés que du Pieu qui se montre à nous; sentir font le {K)ids de sa gloire et de sa présence; recueillir toute noire nttenlioii, toutes nos pens(^.s, tous nos désirs, tonie notre ame |Miar eu faire hommage, et la
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meure tout entière aux pieds du Dieu que nous adorons; oublier toutes les grandeurs de la terre; ne voir plus que lui , ii'élre occupés (]ue de lui , ne reconnoUre plus rien de grand que lui; et par notre proforkl anéantisseuieiil, avouer^ comme les bieulieuri'ux dans le ciel, que lui seules! puü^nl, seul immortel, seul grand, seul digne de tout notre amour et de nosbonimages.
Mais, bêlas ! mes Frèm, où sont dans nos temples ces âmes respectueuses , qui, saisies d’une sainte terreur à Ia vue de ces lieux sacres, sentent tout le poids de la majesté du Dieu qui les liaiiile , et ne trouvent point d'autre situation , pour soutenir l'éclat de sa presence , que rimmobilité d’un corps anéanti, et la piofunde religion d'une ame (|ui adore? Où sont ceux que ki grandeur de Dieu toute seule occupe, et qui iierdeul ici de vue toutes celles de la terre ? Disons-le Iiardimeiil devant un roi dont le profoiKl resfiect aux pietls des autels liooore la religion : on vient «bms ce U'rople saint, non pas honorer le Dieu qui riubite, mais s’lu>norer souvent sm-méme d’uii vain extérieur de piété , ^ le laire servir â des vues et à des inUTéts que la pieté sincère condamne : on vient flédiir le genou, connue ^'aaman le flédiissoil devant Tauiel profane, pour s'attirer les regards et suivre l’exemple du prince qui adore : ou vient y cherclier un autre Dieu que celui qui parolt sur nos autels ; y faire sa cour à un autre maître qu’au Maitre suprême; y cliercber d'autres gidoes que les grâces du ciel; et s’y attirer les regards d’un autre rcmuiiéraleur que du Uémuuérateur im- DMHlel. Au milieu même d'une foule U’aüm^leurs, il est dans sou temple un Dieu iucoiuiu , ctaiiiiie il etüit autrefois au milieu ü'Albèiies la païenne. Tous les regards sont ici pour le prince , qui n’eu a lui-même que pour Dieu : tous les vœux s’adre»seui A lui ; et sou profond aneauiissemeiU aux pieds des autels, loin de nous apprendre à respecter ici le Seigneur devant lequel un grajKl roi luimême, qui |iorte, pour ainsi dire, Tunivers, courbe sa tête, et oublie toute sa grandeur, nous apprend seulement A nous servir de sa religion, et des faveurs dont U boiKire la vertu , pour en emprunter les apparences, et uuus élever fiarlA A de nouveaux degrés de grandeur sur 1a terre. O mon Dieu ! n’est -ce pas U ce que vous annonciez A vos discipies, <iue vieudroient des temps où la foi seroit éteinte , où ia piété deviendruit un trafic honteux, et où les hommes vivant sans Dieu sur la terre, ne vous connoltroient plus que pour vous faire servir à leurs cupidités injustes ?
Celte di^iosiUond’anéanUssaiicni renferme encore un esprit de |»rière : car plus nous souuues