‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 98 sur 348 · RESPECT DANS LES TEMPLES · texte numérisé non relu

RESPECT DANS LES TEMPLES

spectalenrs publics des mêmes présariialkuis, dont ils avoient été les conHdenls secrets et les heureux remèdes!

Que dirai-je, encore, mes Frères? Le temple est, en troisième lieu , la maison de ia doctrine et de la vérité ; et c'est ici où, par la bouche des pasteurs, l’Eglue vous annonce lesmaximesdusalut, et les mystères du royaume des deux cachés à tant de nations inOdèles ; noiivean motif de reconnaissance pour vous. Mais, hélas ! c'est plutùt un nouveau sujet de condamnation : et id même, où du haut de ces chaires chrétiennes nous vous disons tous les jours, de la part de Jésus - Christ , que les impars ne posséderont pas le royaume d( Dieu, vous y venex former des désirs probnes ; ici même où l'on vous avertit que vous rendrez compte d’une parole oiseuse , vous vous en permetlez de criminelles; ici même enfin , où dous vous annonçons que malheur à celui qui scandalise , vous y devenez vous-mêmes une pierre d’aclioppement et de scandale. Aussi, mes Frères, pourquoi croyez-vous que b parole de l'Évangile , que nous I rèchons aux princes et aux grands de la terre , ne Fait plus qu’un airain sonnant , et que notre ministère soit presque devenu inutile ? Il se peut foire que nos Ibiblesses aecrèfos mettent olnlacle au fruit et au progrès de l'Évangile, et que Dieu ne bénisse pas un ministère, dont les ministres ne .sont pas agréables è ses yeux ; mais outre cette raison humiliante pour nous , et que noos ne pouvons pourtant ni vous dissimuler , ni noos dissimuler à nous- mêmes; c’est sans doute la profonatioD des temples , et la manière indécente et peu respectueuse, dont vous vous y assemblez pour ikmis ceouter, qui achève d’éter sa force et .sa vertu à lu parole dont nous sommes les ministres. Le Seigneur éloigné de ce lieu saint par nosprofonations ii'y dorme plus l’accroissement à nos travaux , et n’y répand pins les grâces qui seules font fructilier sa doctrine et sa parole : il ne regarde plus ces assemblées, autrefois saintes, qne comme une iissemblée de mondains, de voluptueux , d’ambitieux, de profonateurs. Et comment voulez-vous (]u’il n’eu déloume pas ses regards , et que la parole de son Évangile y fooctifie? Réconciliez premièrement avec lai par vos homrrages , par votre rceueillemenl et votre piété, ces maisons de vérité et de doctrine : alors il suppléera même i nos defauts ; il ouvrira vos cœurs è nos instruMions , et sa parole ne retoumoa pas à lui vide.

Etcertes, mes Frères, que servent les dédicaces des temples, et les prières si solennelles que l’Eglise emploie pour les consacrer, si vons les profanez tous les jours en y assistant , et si vous

efhcez de ces murs ces caractères de sainteté et de grâces que les bénédictions du pontife y avaient laissés , et qui attiroient sur les assistants les regards propices du Dieu qu’on y invoque ?

Mais enfin , un dernier motif qui rend encore vos irrévérences plus criminelles et plus honteuses è la religion; c’est dans le temple , où vous venez offrir, en un sensavec le prêtre , le sacrifice redoutable , renouveler roblation de la croix , et présenter i Dieu le sang de son fils comme le prix de vos péchés. Or, mes Frères, pendant que des mystères si augustes se célèbrent ; durant ces moments redoutables où le ciel s’ouvre sur nos autels ; dans un temps où se traite l’affaire de votre salut entre Jésus-Christ et son Père ; pendant i|ue le sang de l’.Agneau coule sor l’autel pour vous laver de vos souillures; que les anges du ciel tremblent et adorent; que la gravité des ministres , la majesté des cérémonies , la piété même des vrais fidèles, que tout inspire la terreur, la reconnoissance et le respect , à peine flécliissez-vous le genou; i peine regardez-vous l’autel saint, où des mystères si heureux pour vous se consomment ; vous n’êtes même dans le temple qu’avec contrainte; TOUS mesurez la durée et la longueur du sacrificesalutaire; vou.s comptez les moments d’un temps si précieux à la terre, et si plein de merveilles et de grâces pour les hommes. Vous qui êtes si embarrassé de votre temps , qui le peidez en une inutilité étemelle , et qui ne savez presque quel usage en foire, vous vous plaignez de la sainte gravité du ministre , et de la circonspection avec laquelle il traite les choses saintes ? Eh ! vous exigez que vos esclaves vous servent avec tant de respect et de précantion ; et vous voudriez qu’un prêtre revêtu de toute sa dignité , qu’un prêtre représentant Jéstis-ChrUt , et faisant son office de médiateur et de pontife auprès de son Père, Iraitit les mystères saints avec précipiiatiou , et désbonorJt la présence du Dieu qu'il sert et qu’il immole, par une célérité scandaleuse? Dans quel temps, à mon Dieu I sonunes-nous venus! et falloit-il s’attendre que vos bienfaits les plus précieux, les plus signalés , devietHiroient à charge aux chrétiens de nos siècles !

Hélas ! les premiers fidèles , qui aux différentes henres de h journée, s’assembloient dans le temple saint sous les yeux du |iasleur, p.iur y célébrer les louanges du Seigneur <lnns des hymnes et des cantiques, et qui ne sortoienl presque pas de ces demeures sacrto, ne s’en éloignoientqu’à regret pour vaquer aux affaires du siècle et aux devoirs de leur état. Qu’il étoit l>eau , mes Frères , de voir dans ce temps Iteureiix l'assemblée sainte des

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