‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 99 sur 348 · SUR LA RECHUTE · texte numérisé non relu

SUR LA RECHUTE

El rn effet , il eemble que Dieo ne Ie5 i jamais laissées impunies. Les indécences bonteuses des enfanls d’ileli, qui avaient durant si long-temps prufaué sa maison , furent suivies des plus tristes calamités : l’Arche saime devint la proie des Philistins; elle fut placée i odté de Dagon dans un temple infiime: la gloire d’Israél fut flétrie; le Seigneur se relira du milieu de son peuple ; la lampede Juda s’éteignit; le pontife manqua, et Jacoh se trouva tout i coup sans autel et sans sacrifice.

N’en dontons pas, mes Frères, que les matheurs du siècle passé, la fureur des hérésies, le renversement des autels, la dénioUlion de tant de temples augu.stes , n’aient été les suites funestes des profanations et des irrévérences de nos pères. Il étoit juste que le Seigneur ahandonnât des temples où il avoil été si long-temps outragé. Craignons , mes Frères , de préparer i nos neveux les mêmes calamités, en imitant les désordres de ceux qui noos ont précédés. Craignons que le Seigneur irrité n’ahandonne enfin un jour ces temples que nous profanons , et qu’ils ne deviennent i leur tour la proie de l’erreur et l'asile de l’hérésie. Que sais-je même s’il ne commence pas déjà à nous préparer ces niallieurs , eu permettant que la pureté de la sim|ilicilé de la foi s’altère dans les esprits , en midtipliant ces hommes sages à leurs propres feux, et si communs en ce siècle, qui mesurent tout surleslumièreid’anelbihle raison, qni voudraient voir clair dans les secrets de Dieu, et qui loin de faire de la religion le sujet de leur culte et de leurs actions de gréces,en font le suj^ de leurs doutes et de leurs censures? Vous êtes terrihie dans vos jugements, d mon Dien! et quelquefois vos punitions sont d’autant plus rigoureuses , qu’elles ont été plus lentes et plus tardives.

Rappelons donc, mes Frères, tous cet grands motifs de religion : portons dans ce lien saint une piété tendre et attentive, un esprit de prière, de componction , de recueillement , d’action de grâces, d’adoration et de louanges ; ne sortons jamais de nos temples sans en remporter qoelque nouvelle grâce , puisque c’est ici le trdne de miséricorde d’où elles se répandent sur les bommm : n’en aor^ lez januis sans un nouveau goût pour le del, sans de nouveaux désirs de finir vos égarements, et de vous alladier uniquement â Dien; sans envier le honheiir de ceux qui le servent, qui peuvent l’adorer sans cesse au pied de l'autel, et que leur état et leurs fonctions consacrent particulièrement â ce .saint ministère. Dites-lui , comme celle reine étrangère disoit antrefoisâ Salomon; Bienlieureax vus serviteurs, qui sont loiijotirs présents «levaut

vous , et qui n’ont point d’autre demeure que votre maison sainte! Bcaii .verni lui qui slaiit coram U ttmptr! (ni Kku., x, S.) El si les devoirs de votre étal ne vous permettent pas de venir ici adorer le Seigneur aux dilfeieules heures de la journée, où tes ministres s'assembleut pour le louer; ah! du moins tournez .sans cesse vers le lieu saint, comme autrefois les Israélites, vos vœux et vos désirs. Que nos temples soient la plus douce conaolation de vos peines , le seul asile de vus alllictions, la seule ressource de vos besoins, le délassement le plus sùr des gènes , des bieirséances , et des assujétissemenis pénibles du monde ; en un mot , trouvez-y les commencements de celte paix inaltérable, dont vous ne trouverez la plénitude et la consommation qu’avec les bieidieureiix dans le temple éternel de la céleste Jérusalem.

.tiiisi soit-if.

AVIS

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