‹ Œuvres de MirabeauChapitre 12 sur 79 · LETTRE V · texte numérisé non relu

LETTRE V

5 joUlet 1786.

C'est de la première poste que j'ai l'honneur de vous écrire, pour vous prévenir que le courrier de BerKn, que j'ai attendu pour monter en voiture^ ne m'a apporté aucune lettre. Il est possible^ mais il n'est pas probable que la lettre de mon correspondant ait été mise trop tard à la poste ; mais il est possible ausà , peut-être il serait plus vraisemblable, et même il serait à peu près sûr que le grand événement est ou très-prochain ou consommé, si M. le comte de Yergennes de son côté n'avait rien reçu ; car je tiens pour infaillible que, dès l'agonie, les courriers seront arrêtés. Ceci va me presser beaucoup, monsieur, et je me rendrai ayec une très-grande célérité, du moins à Brunswick, où je serai très-sûrement informé, et où je m'arrêterai plusieurs jours si le roi est vivant.

Maintenant il ne me reste qu'à vous redire que rien

> Cette lettre est ëvidemmeat adressée à an ministre qui avait chargé le voyageur de quelque commission secrète. Il nous semble démontré que ce ministre est M. de Oilonne. Elle est idfîniment curieuse, comine portant la preuve que, dès le commencement de 1786^ ce ministre des finances était décidé à une assemblée des notables, qu'il a cependant conyoqqé^ jejl (Jàr^aé^ en 1787 avec une si périlleuse et si fatale précipitation.

( IVole des premiers Éditeurs,)

DE LA COUR DE BERLIN. !à2l

ne me coûtera, efforts, temps nî peines, pour servir vous et la chose publique

Je ne vous répéterai rien de nos conversations; mais je prendrai la liberté de vous donner un avis, uniquement fondé sur mon attachement pour vous qui ne pouvez pas n'y pas croire, puisque, indépendamment de la séduction que vous exercez avec tant d'empire, nos intérêts sont solidaires ; le torrent de vos affaires, l'activité des intrigues, les efforts de tout genre qu'il vous fautprodiguer, vous rendent impossible de rédiger vousmême les très-grandes ic^ées que votre génie a mûrie», et qui sont prêtes d'éclore. Vous m'avez montré du regret de ce que je ne voulais pas en ce moment employer mon faible talent à rédiger vos belles conceptions. Eh bîenî monsieur^ souffrez que je vous indique un homme digne de cette marque de confiance sous tous les rapports. M. l'abbé de Périgord joint à un talent trèsréel et fort exercé une circonspection profonde et un secret à toute épreuve. Jamais vous ne pourrez choisir un homme plus sûr, plus pieux au culte de la reconnaissance et de l'amitié, plus curieux de bien faire, moins avide de partager la gloire des autres, plus convaincu qu'elle est et doit être tout entière à l'homme qui sait concevoir et qui ose exécuter.

Il a un autre avantage pour vous. Son ascendant sur Panchaud réprime les défauts de celui-ci, dont on cherche à vous effrayer, et met en œuvre toutes ses grandes qualités, ses rares talens, qui vous sont tous les jours plus nécessaires. Il n'est pas un autre homme qui puisse disposer, comme M. l'abbé de Périgord, de M. Panchaud, lequel vous deviendra à chaque instant plus précieux pour une grande opération d'argent, sans laquelle vous n'en pourrezjamais tenter une autre. Vous pouvez,monsieur,

^x% mtsrmMz scoiète

CQttfifr â Fabbé de Périgoni le trarafl dâcat qa^en ce moment surtout vous ne dercx pas abuKloiiiier â des eonmis. Celte belle et lamineiise et mique idée de tirer des rènihais de tant d'états faux dont oo a infecté ki portefeoUles de ministr», qui, comparés aux éuts viais. décident le roi« sous rinspiratîon de la nécesâlé, i faà»er iùre des opérations décisÎTes qui donnent i la France un crédit national et par conséquent ime oonstilntion^ ne siurait être mieux réalisée que par ces deux hommes: Fnn est à tous depuis loo^emps, ratnlre f sera au premier acte de bienreillance qui pariera i son émulation* et les deux ensemble feront beanconp pl«s qu^un bomme complet* Dai^ncxm'en cxoîre, \ TOUS ne sauriei mieux maaoniTTer pour J*ai rcmlu roos fe «fire ce soir ex)core«parre qnli ne senàt ni déiicjLt ri décès t que rintéressé lut cène lettre* et qpec^e^ la donière de moiquÎTcos riendn sans ianerméâake. J*«pèt^poarTï«5etTctre|;4Lwe queTuasy donnera qcidque ccofiiBce, et que œ oKseiL si jVwe rappeler aissi* se xtms <en pas b mocndre prenre dn ^^es^ragpec^gcox dèToaiest arec kqoet. etc.

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