LETTRE VII
a5 juillet 1786.
Il n'y a peri^nne ici : ma vie, dans ces premiers jours^ est par conséquent peu active. Il n'y a de cour que celle du prince Ferdinand ; elle est actuellement convalescente* et toujours nulle. Le prince Frédéric de Brunswick ne sait rien. La légation anglaise me caresse, et se méfie de moi. M. de Herlzberg est encore à Sans-Souci. Il faut donc me contenter de la stérilité du moment. Je crois savoir seulement que la véritable occasion de la déclaration menaçante de la Russie envers la Courlande a été la proposition sourde d'un mariage entre la comtesse de Wurtemberg, fille naturelle du duc, et un Prussien, et les liaisons plus étroites du duc avec le prince de Prusse, qui a trouvé dans la bomse de ce Scythe sauvage des secours pécuniaires que nous aurions dû lui offrir il y a long -temps. Le duc de Courlande est parti bientôt après la menace de Saint-Pétersbourg, avec sa femme, qui est grosse, dit -on, pour les eaux de Pyrmont. Les apparences sont qu'au retour il ira à Mittaw, au lieu de demeurer à Berlin. Au reste, il fait toujours des acquisitions
* Il parait qu^il manque un post-scriplnm. [Note de l'Editeur,) « Le prince Ferdinand venait d'échapper k nne grande maladie.
a5o HISTOIRE SECRÈTB
dans les possessions prussiennes : il vient d'acheter le comté de Sagan en Silésie^ et le roi^ qui était assez fâché de voir le prince de Lofkowits porter à Vienne le revenu de cette belle terre, traite favorablement le duc de Courlande. Outre les remises de lods et ventes^ il a consenti à allodier, ou du moins à transporter aux fillea ce fief, qui était réversible à la couronne, en cas de défaut de mâle 3 de sorte que le duc^ qui n'a point de fils, se trouvait, par une étourderie ou une ignorance fort bizarre, avoir confié à l'événement le plus hasardeux 600,000 écus d'Allemagne.
U est incontestable que le prince Polemkin est ou paraît plus en faveur que jamais. On a été obligé da lui savoir gré de sa désobéissance. On murmure (piTfl cherche et réussit à se raccommoder avec le grand^uc.
Le nouveau ministre de Pétersbourg (M. de Roman-' zow^ fils du feld-maréchal) ne réussit pas ici s les eo»» naisseurs lui trouvent cependant de l'esprit et de l'iiH struction . Je sais qu'il a de vives préventions contre moi, et j'entreprendrai de les détruire et de m'accoler de lui, parce qu'il est de nature à ce qu'on puisse en tirer beaucoup de choses; mais on doit sentir quej'ao* rais besoin de quelques instructions, ou tout au moina d'une série de questions qui me servissent de boussole pour prendre des informations véritablement usuelles. Depuis bien des années la politique générale est très** incohérente, faute de porter sur un système connue. •• Laquelle de ces deux alliances, celle de la maison d'Au** triche avec la France, ou la convention des deux cour» impériales, doit-elle être regardée comme stable, sa** crée, subordonnée à l'autre ? La France est--eUe réao-«: lue de quitter son allure naturelle, je veux dire le système continental, pour le système maritime^ lequel,
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Vt5^ HISTOIRE SECRÈTE
Berlin. Je réponds que je suis reconnaissant pour ma nation de l'importance que Ton attache à la topographie du voyage du fils de notre ministre des afiiaiires étrangères; qu'il me semble que c'est tout ce qu'on pourrait faire de plus flatteur pour son père ; qu'au reste je ne sais rien du tout à cet égard^ et suis persuadé seulement que^ si l'on reserve la cour de Berlin pour la dernière^ c'est par amour pour le crescendo. J'ai dit la même chose au comte de Goertz^ qui m'a fort questionné sur cela.