‹ Œuvres de MirabeauChapitre 21 sur 79 · LETTRE VIII · texte numérisé non relu

LETTRE VIII

Berlia, a6 jaillet 1786.

Les beaux jours soutiennent la vie du roi ; mtts il est mal. Mercredi il se. fit promener quelques instans en brouette ; il s'en trouva fort incommodé^ et souffrit beaucoup pendant et après. Le jeudi il s'en ressentit plus vivement encore^ et hier il n'était pas mieux. Je persiste à croire que son terme est marqué .vers le mois de septembre.

Le prince de Prusse ne quitte point Potsdam ; il fait la guerre à l'œil. Toujours même passion respectueuse pour mademoiselle de Y oss ^ . Dans un court voyage qu'elle vient de faire avec son frère, un valet de chambre de confiance suivait de loin sa voiture, et a la belle, qui, selon moi, est fort laide, témoignait la moindre fantaisie (de pain blanc, par exemple), elle troalFait

< Aujourd'hui madame la comtesse d^Iogenheiin.

à une demi-lîeue de là tout ce qu'elle avait désiré. Elle ne s'est point encore rendue^ cela parait incontestable. Au reste^ ni son oncle ni ses frères ne sont propres à tirer un grand parti de cette chance. Les Françaises arrivent déjà ; mais je doute qu'il y ait beaucoup de profit^ si ce n'est pour les aubergistes ou pour les marchandes de modes.

Le duc de Courlande a prêté au prince de Prusse de quoi payer ses dettes de Berlm^ et l'on croit qu'elles le sont toutes^ si ce n'est celles de la princesse^ qu'on ne se soucie pas d'éteindre de peur de l'y ac* coutumer.

J'ai parlé à fond à Struensé i il regarde le projet de la banque comme une grande et superbe opération^ qui ne peut que réussir ; il demande des détails quand il en sera temps, et promet d'y placer et d'y faire mettre une somme considérable; mais il faut qu'il soit seul prévenu, et que cela se traite uniquement entre nous.

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