‹ Œuvres de MirabeauChapitre 43 sur 79 · LETTRE XXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIII

Magdebourg, 9 octobre 1786.

Le hasard m'a découvert^ en sortant de Bçrlin^ q^e l'homme qui est resté quatre jours enfermé dans l'appartement du prince deHesse (de Rothemboarg) n'est autre chose que ce Croisille^ autrefois Saint-Huberu^ ancien mari de notre célèbre Saint-Huberti^ dont le mariage ii été cassé ; conseiller Bonneau du prince de Prusse^ et^ pour le compte de sa propre femme, banqueroutier^ £Emssaire ; en un mot, chevalier d'industrie de l'ordre le plus méprisable, et dont tous les étrangers nous disent : Gom-« ment cet homme peut-il être officier chez vous ? Je ne m'étonne plus si le prince de Hessc a été froidement reçu par le roi. Venir tout exprès pour s'efforcer d'exploiter la mine de corruption qu'on croit s'être assurée par la connaissance des fiadhlesses d'un souverain ; fonder des succès sur la mauvaise opimon qu'on a de lui, et l'afficher en quelque sorte par une course rapide de Paris à Berlin, dépourvue de tout autre prétexte, puisque le prince de Hesse et son menin ne restes que cinq jours, et sont déjà repaf pour Pai c'est tout à-la-fois une co i bien pi une intrigue bien gaui * »o:

l'on dise très-haut et ir •

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vue^ et véritablement les plages de l'esclavage des Hongrois; de l'autre^ l'aristocratie étant înfinimeni odieuse au peuple^ il n'y a dans ce superbe et redoutable pays ni unité d'intérêts ni centre de réunion ; et les troupes régulées sont postées et munies d'artillerie^ soutenues de vétérans^ de colonistes^ etc.^ etc.

Au reste^ un Anglais^ fort ism» e^m^ et très-bon observateur, que je vien^ de retrouver ici, et qui a fini tous les camps de l'empereur^ en e^'extasiant sur les formi* dables bases de sa puissance^ la Hongrie, la Moravie^ la Bohême, la Galice, etc., avoue que l'infériorité de ses troupes sur l'armée prussienne a infiniment passé son attente ; il assure qu'il est impossible, soit relatif* vement à l'instruction ou à la composition des officiers^ soit quant aux talens militaires de l'empereur^ qui sont précisément nuls, et tdlement que son esprit paraît obstrué pour ce genre de constbiaaisons ; qu'il est im-tpossible, dis-je, de compsurer les deux nations, avec, cette différence cependant que l'empereur peut fiidre sortir autant d'hommes de la terre que Gadmus, et que l'armée prussienne anéantie ne peut plus renaître que de son trésor. Si jamais un homme paraît sur le trône autrichien, c'en est fait de la liberté de l'Europe. La santé de Tempereur paraît mauvaise; son activité se ralentit peu à peu ; cependant il outrepasse encore de beauconp ses forces personodles ; mais tes projeta ne paraissent plus que des velléités d'un agomsant qui réveil la convalescence. On le crdii dans ce moment très froid avec l'impératrice de Rusne*

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