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hautes pensées échappeni par lant de côtés à la contagion de ]é{;èreté> d'insouciance, d'égoïsme et d'inconséquence qui s'exhale de tous les pores du pays que vous habitez; est-ce bien la peine que je sacrifie à un intérêt aussi subalterne que celui de la curiosité mon temps, mes goûts, mes forces et mon talent? Vous savez^ je crois, que je ne suis pas charlatan ; vous savez que mon wsiïQe n'est pas d'exa{];ércr ma peine et mon travail. Kh bien! mon cher ami, je vous jure que j'en prends cl que j'en fais beaucoup. J'occupe trois hommes tout entiers de la seule exécution mécanique de ce que j'ai rédigé : je m'aide du travail et des connaissances de plusieurs autres ; tous mes momens et presque toutes mes pensées sont là, partent de là, et y retournent Si cola ne produit pas davantage (et, à dire
vrai, vous ne pouvez pas encore évaluer ce que cela produit, car mes plus grands travaux sont dans mon portefeuille), c'est la faute ou de mon insuffisance ou de ma position, peut-être de tontes deux, peut-être aussi seulement de cette dernière : mais j'y suis tout entier, et ce n'est pas à près de trente-sept ans que je dois être tout entier à des riens ; or, ce sont des riens, si cela ne produit rien, et que cela ne mène à rien^ ni moi, ni les autres.
Si donc cela produit quelque chose, qu'on me le prouve ; qu'alors, par exemple, que je fais une question pour le bien de ma commission, elle soit répondue ; qu'alors que je dis : Il importe que j'aie un plan d'opérations de tel et tel genre à proposer, parce qu'on me questionnera incessamment sur cela, et que je perdrais une occasion que je ne retrouverais peut-être jamais si j'étais pris au dépourvu ; on m'envoie ce plan d'opérations.
DE LA cpiTR piç pça^iN. 3S.i
S\ cel£| ifip pfiène à quelque cho3e^ qu'on me le d^q'| cor j'ai bien^ daus ma pqsitioq^ quelque bpsoip <^'gf^r cpurageiueos^ ne futrce qu^ pp^r ppipyoïf: j^pe |ji^§f sans folie aux i^upulçipu^ de moq> propre z^ei. Jg ^ sans folie^ car pour ne parler que du plus grossier^ mais aussi du plus palpable des intérêts, quand je vois que je suis à une assez grande distance de pouvoir joindre les deux bouts avec ce qui m^est assuré ( et comment assuré ? on est tellement en arrière^ que j'ai tout lieu de craindre qu'un changement de ministre n'aggrave mes dettes personnelles des sommes dont mes amis m'ont fait l'avance^ pour le compte de ceux qui ne peuvent pas ignorer que je ne saurais en £aire^ moi), ne dois-je pas enrayer ? et si j'enraie, ma moisspn et mon utilité ne sont-elles pas finies? me restera-t-il autre chose alors que le regret du temps perdu, et le chagrin profond, et très-opéreux dans les suites, d'avoir attaché à mon sort des gens pour qui je ne pourrai rien qui les dédommage que mal et à mes dépens de ce qu'ils m'auront sacrifié ? Pardon si je déborde ; mais à qui confierai-je mes anxiétés, si ce n'est à vous, mon ami , mon consolateur, mon guide , mon soutien ? à qui dirai-je : Que nie rapporte tout ceci?, p^s wime de l'argent ; car il va tout à la chose, €t iiuUeDQb^t à m9 • ' satisJËaction personnelle. Yéritableipent je m;3«r«ifi susceptible d'aucune autre, si mon s^venip é^L^ ^irrivé, et que je n'eusse point d'e^tours* Vous s^y^ Ihca qua l'argent ne me sera jamais rien, du m^oins quand j'en aurai. Où vais-je? où mèn^ai-je lei autres? W*je fait un bon marché de troquer in4. VÎQ » même orageuse, mais si mêlée de jouissances qu'il n'é^t pd9 au pouvoir des humains de me dérober, pour unç activité stérile qui m'arrache jusqu'aux fréquens épancheoieat
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de votre nmitlc? Vous n'ctes plus qu'un homme d^État ponr moi^ vous, pour un serrement de main duquel je donneniis tous les trônes du monde.. . . Ah ! je suis beaucoup plus propre à raniitié qu'à la politique.
Post-scriptum, commencé à Ilelmstad./înià Brunswick j le i4 octobre 1786. On écrit de Silbesberg en Silésie que la voilure du roi a été renversée, et qu'il s'est blessé à la tétc et au bras. Le cocher, tijoute-l-on, est mort sur la place. Cette nouvelle m'est arrivée hier à Magdebourg, et Ton en a écrit autant au général Pritwitz : elle est probablement exagérée , mais il y a un fond de vérité. L'extrême saisissement du duc de Brunswick et ma propre émotion m'ont donné profondément à sentir quelles destinées sont attachées sur cette léte. Le duc a envoyé sur-le-champ un courrier; et comme je le suis à Brunswick, où il veut me parler à fond de la Hollande, j'aurai des détails sûrs et de la première main. Je n'aurai pas le temps d'ajouter un seul mot; c'est d'un changement de chevaux que j'écris.
Dp Brunswick, i4 oclobre 1786.
If ayant pas trouvé d'occasion de faire partir ce peu de lignes, je continue.
Je suis arrivé ici deux heures avant le duc. Aussitôt qu'il a été à Brunswick, il m'a écrit au crayon sur un carré de papier : « J'ai parlé hier au soir avant de par- » tir au ministre comte de Schulenbourg, qui avait » quitté Berlin le 1 1 . Il ignore absolument la nouvelle )) alarmante qui nous a tant affectés ; et comme je n'ai » rien appris là-dessus ici, je commence à me rassu- » rer ; j'espère que mon courrier sera ici de grand ma- » tin. C'est de chez ma mère que je vous griffonne
DE LA COUR DE BERLllC. 357
» cecî^ monsieur le comte : j'espère que vous me ferex » l'amitié de venir me voir demain au matin^ et de n dîner avec nous. »
Il devient fort probable qu'il n'y a du moins point eu de catastrophe. Le duc a été parfaitement brillant de talens et d'aménité à Magdebourg : rien de plus imposant que ses manœuvres ; rien d'instruit comme son école ; rien de fini, de complet^ de suivi comnie sa conduite en tous points : il a été l'objet de l'admiration d'un grand nombre d'étrangers qui fourmillaient à Magdebourg, et certes il n'avait pas besoin du contraste des princes de Weimar (duc) et de Dessàu, celui-ci le plus faible des hommes, celui-là travaillé de l'envie d'être quelque chose, et peu pourvu de moyens, si l'on en juge par les apparences. Il peut et doit devenir un prince important : cependant si, comme toutes les probabilités y sont, la Saxe lui échoit, faute d'enfans dans la branche électorale, c'est une affligeante perspective que le renversement de tous les travaux du digne prince qui gouverne aujourd'hui ce pays, et qui, tourmenté dans son enfance, malheureux dans sa jeunesse, vraiment respectable dans son âge mur, descendra probablement au tombeau avec le cbagria amer que le bien qu'il a fait ne lui survivra pas. .* . •
J'ai appris un fait qui fera quelque plaisir à M. de Se- /fur, s'il est encore en vie. On a construit à Hanovre^ à fi^rands frais, une fonderie qui a coûté près de cent mille livres tournois au roi d'Angleterre. Le duc de BrunsNNick, n'ayant point été satisfait de sa fonderie^ a fait exécuter deux canons à Hanovre : ils ont si mal réussi qu il a fallu les renvoyer aussitôt. On ne saurait supposer, vu \eè relations entre le duc et le roi d*Angleterre^ cela vienne de la mauvaise vobnté des
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sirats révocables ad nutum; qu'en un inot^ lé priniâs, qui^ de raïuorité monarchique la plus absolue, laquelle il possédait de faii, en était venu au discrédit le phtt complet par la conduite la plus abjecte et la lâoladresse de poser, au mépris de toutes les lois, de touièb les décences et de tous les préjugés, en prétention de droit ce qu'il avait en réalité, ne méritait pas le moindre intérêt ; mais que pour là Pinsse, et surtout afin de re^ tarder ces ébranlemens, il £sdlait lui rendre le decoiwh des honorifiques, sauf à surveiller ses liaisons. Il s'ètt à ce propos expliqué sur Harris et même sur le printb de Br unsvdck (Louis) comme je l'aurais fait à peu près. En résultat, cependant, non-seulement il ne m'a riêk appris sur tout cela, mais il a décliné imperceptiblement le débat qu'il avait provoqué il y a quelques jours. Je répète qiie quelques nouvelles que j'ignblrè sont la cause de ce changement de marche. En général j'en sais beaucoup trop peu (de noiivelles)^ et par exemple il est fort singulier, lion moins emblirritàisant, et, pour trancheir le mot, passablement tîdiûttfe que ce soit le duc qui m'apptenne la isignature de hc^ traité de commerce avec l'Angleterre, que Je n'ett connaisse pas un des articles, et qdé je ne sache aucunement quelle contenance faire à cet égard. Cdtoimé Wû méthode usuelle n'est pas de me couvrir de l'ènvelbp^ mystérieuse dont se voile la nullité de ceHàins minIJH très, je n'ai pas été médiocrement intrigué de moiî rÔlë en ce moment. J'apprendrais mille fois davantage si j'étais mieux instruit. En cela comme dans tout le rektë, la fôtlune ne va guère qu'à celui qui à.
Pour la Prusse, comnie j'en sais autant ^'e Ke dlic^ c'a été tout autre chose. Téi ëù des é^iâttbheiiieDS de confiance d'autant moins limitée cjttè Je Tài.tiiifc A hùn '
3fyo nisTOiRE secrète
aise et bien vite sur le prince Henri, qu il u'aime pas plus qu'il ne l'estime. Je vois avec inquiétude qu'il a les mêmes craintes et les mêmes opinion> (|ue moi. Il est mécontent de la plupart des démarches et des opérations du roi, de cette foule de litres et d'anublissemeus accordés par masse et avec une telle prodigalité^ qu'il sera désormais beaucoup plus aisé de trouver un noble qu'un homme dans les Étals prussiens, de la promesse faite au prince de Dessau (dont Tunique attrait est un tel goût pour les visions et la mysticité, que, lors du voyage de Lavater à Brème, il lui adressa les plus instantes supplications de passer chez lui aUn qu'il pût raciorer)y et peul-êlre au duc de W'einiar (qui aux mêmes goùls tempérés par des passions plus vives, joint [)lus d'esprit, mais dont les affaires sont trop obérées pour qu'on regarde ses velléités militaires autrement que comme une spéculation de finance), de réintégrer l'un, de faire entrer l'autre au service de Prusse, ce qui nécessite des passe-droits, décourage et vicie l'armée ; système bien opposé à celui de Frédéric II, qui disait du peu de grands seigneurs eu activité de son temps : a Au nom de Dieu, mon cher » Moellendorf, débarrassez-moi de ces princes ; » de cette vacillation qui fait tâter à la fois vingt systèmes; du désordre intérieur ; de la plupart des choix ; des rixes domestiques 3 des anecdotes qui deviennent tous les jours plus sinistrement caractérisliques, etc., etc. 3 en un mot, si je recopiais toutes mes (l('péches, je transcrirais liub Lon versa tious.
« (Iroyez-nioi, m'a-t-il dit : je puis à un 'certain » point vous servir de ihennomèue; car si je sens qu'il » n'y a point d'espoir d'un régime ferme et noble, et » qu'ainsi le jour de la maison de Brandebourg soit ar-
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» rivé, je ne serai pas le dernier à fùre retraite* Je n'ai » jamais reçu un sou du roi de Prusse^ et je suis dank )) la ferme résolution de n'accepter jamais rien de lui'. )) Son service me coûte très*ch^^ comme vous aves » vu. Je suis indépendant. Je voudrais payer un tribut » à la mémoire du grand honune ; je sub tout prêt à » consolider de mon sang son ouvrage; mais je ne s^ » rai pas complice, même par ma présence^ de sa dé^ » molition. On ne doit que ce qu'on peut ; je fais de » mon mieux les affaires de mon pays et de nies en- » fans ; je les laisserai dans un grand ordre. J'entretiens }) mes combinaisons de famille. Nous serons probable- )) ment des derniers frappés dans le bouleversement dU )} corps germanique, à cause de la conCraternilé des » deux maisons, qui lie Télecleur de Hanovre à.nos inj) téréls. Je ne suivrai donc le sort de la mdnajfckîif » prussienne qu'autant que son gouvernement aura \)é » la sagesse et de la dignité, etc., etc. » Au irest^y il«Àe désespère de rien encore, et il a raison . Il croit *qÛ6 personne n'est à la place qu'il gardera : je pense* comme lui et j'entrevois qu'il espère que sôU éÀvaè pourrait bien venir, et je n'en doute presque pas'm l'a- ' néantissement de la puissance prussienne n'est pas décrété.
Il m'a appris le fait tiès-singulier que M. de'Custine père avait demandé du service au roi de Prusse, et prétendu lui déployer tous les plans hostiles de l'empereur, dont ce même M. de Custiné dit pourtant lout haut que son alliance avec nous sera finie le jour delk niorL du prince de Kaunitz.
Le duc n^est rien moins que ra ré sur les plans de l'empereur, dont il redoute la UCé et
les entours. Il est bien vrai
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régler ses projets cl (aire avorter leur exécution; que la déraison de sa conduite personnelle doit hâter sa fin; que rarchiduc François parait n'être rien; que parmi les hommes influcns il n'en est pas un de redoijttable, surtout dans le militaire; qu'AlventsEy, faiseur pour l'infanterie, Kinsky, faiseur pour la caval^e, n'ont que des talens disputes, etc.; mais il parait des hommes au moment où l'on s'y attend le moins ; il ne feut que des événcmens pour les mettre à leur place. Condé, Spinola, le duc de Brunswick lui-même^ prouvent qu'on peut naître général. Dans l'armée autrichienne,il est un prince de Waldeck qui annonce^ditH>D^ de grands talens. La foule de petites anecdotes que nous nous sommes apprises mutuellement serait trop longue à déduire, et d'ailleurs horsdeson cadre. Une ailecdoie n'a ni grâce ni résultat; elles trouveront leur place à leur tour ; mais il en est une qui tient trop au système de la Russie pour la passer sous silence.
La czarine s'est approprié depuis quelques mois la possession et les revenus des postes de Courlahde) en laissant seulement au duc un petit bureau^ afin qu'il n'y soit pas censé totalement étranger. Ainsi cette Russie, qui entretient un ministre en Courlànde^ taudis qu'il n'y en a point de Courlande à Saint-Pétérsbbùrg, et qui, là comme en Pologne, fait annoncer ses Volontés comme autant de lois au duc et aux États par son ministre, qui est le vrai souverain du pays; cette Russie, qui, depuis qiielqueis années, a déclaré purement et simplement que tel canton de la Coiirlande lui appartenait, et cela sans chercher aucun autre prétexte que celui de tirer sur ses limites uiie ligne plus droitie, ne se ca^e point de ne connaître d'àUtre céde> d'autres titré/, d'autres manifestes que cetix qti'àlié-
guaient les Gaulois ans Étriisques t « Notre drdit) lidite » le portons dans nos armes ; tout ce que les hott&tiiés f) forts peuvent saisir leut appartient; >) Un de ces jouirs elle déclarera que laCoùrlande^ que llIkràÎDe pdlodaiie est à elle, que la Flandre est à elle ; et par exemple^ cette dernière révolution, qui lui sera ttèsnialutair^^ parce qu'alors elle sera vraiment inattaquable et prd^ que inaccessible à toute l'Europe réunie, sera opérée au moment où elle là testera si nous n'y prenons garde. Quel que soit le \otLt où j'appirenne qub cela est consommé, et même que le nouveau sjrhèifie de la Stiède est totalement bouleversé, je ne serai pks surpris.
Le duc ni'a dit aussi que l'empereur peHectionnSiit beaucoup son artillerie ; que ses pièces de six équivi^laient en force à nos aùbiennes pièceé de huit; et qffk cet avantage elles rétinitiaiebt tellement Cieltii de là légèreté, qu'il ne fallait que quatre chevant pour Ibs tramer, tandis qu'en Prus^ niéme il tû Ùtât èûctA^ six. Il attribue, autant que je m'en sotiviens^ cette dottble perfection à la construction de la chaudière; Mte en poire. Je ne mande ce fait que pour vous en conseiller la vérification par les gens de l'art^ l'économie de deux chevaux sur six étant infihimënt itlipdrtàiite^ et d'autant plus qu'elle entraîne celle d'ttU ydèt pflt attelage.
Ma manière d'être avec le duc st été inflnibeilt aimable de sa part, quoique participant uit peây quant à la conversation intime, de mon existence ^quivoqcnî à Berlin. Je crois pouvoir aèsuréir sa'ns présotiiption que je ne suis pas désagréable â cê princéj et qu'accrédité par une commission qti ^n ; je seri un hommes les plus propres à t " ^ ^ i
que ce soit avec lui. Ce
qu'un faible, c'est la prodi^euse crainte de voir entamer sa réputation même par le plus méprisable Zoile; il vient de s'exposer cependant à un éclat fâcheux, par«une déférence pour son ministre principal (M. de Féronce),que je ne comprends pas. CeM.deFéronce, et M. de Munchausen, grand-maitre de la cour, et homme réputé peu délicat sur l'argent, sont les fermiers de la loterie : chose honteuse en soi, et que je ne comprends pas de la part de Féronce, qui est véritablement un homme de mérite. Deux négocians nommés Oeltz et iNothnagel ont gagné un quateme qui leur faisait un profit de dix-huit mille écus; non-seulement on en a refusé le paiement, mais, comme il fallait pour cela trouver une fraude, ces hommes ont éprouvé un grand nombre de vexations ; ils ont même été emprisonnés ; et tous ces détails, ils viennent de les révéler dans un recueil imprimé, qui ne contient que les faits du procès, et qu'ils ont publié, en se pourvoyant con- ' tre le duc ou ses juges au tribunal de Wetzlar. Je n'entends pas celte absence de force ou de circonspection.
17 octobre 17S6.
P. S. Je viens de recevoir des nouvelles authentiques et positives du roi de Prusse 3 c'est un de ses chasseurs qui a eu un accident très-grave 5 pour lui, il est en fort bonne santé, et il arrive du 18 au 19 a Berlin.
J'apprends en même temps que le comte de Finchestein se meurt d'une fluxion de poitrine, dont il a été saisi à la suite d'une ti es-vive altercation avec M. de llei izberg, au snj(ît de la Hollande. On désespère de sa vie ; c'est une grande perte pour nous, soit paice qu'il était absolument des nôtres, soit parce que temporiseur de sa nature, il atuait retenu le prince Heuri^ soit
DE hk COtJR m BEAtlN. 36!>
parce qii'll aurait du moins dirigé mademoiselle de Voss après la chute, soit enfin parce que Hertzberg n'aura plus de contrepoids. Quant à ce dernier point cependant, je ne suis pas éloigné de croire qu'il n'en accélérera que plus vite le moment où cet homme présomptueux doit être absolument en discrédit ; mais, outre la disette des sujets, qui retardera cette époque, comment répondre qu'un homme aussi violent, et tout imbu de la haine que nous portent en général les Allemands, ne fera pas hasarder quelques faux pas décisifs ?
Le duc d'Yorck est arrivé ce soir ici, et l'empereur n'aurait pas été traité avec plus de respect, et surtout par la duchesse sa tante et les courtisans. A la vérité elle est tout Anglaise, par les goûts, par les principes et par les manières, au point que son indépendance presque cynique fait avec l'étiquette des cours alleman*des le contraste le plus singulier que je connaisse. Au reste, je ne crois pas qu'il s'agisse du mariage de la princesse Caroline, princesse tout-à-faît aimable , spirituelle, jolie, vive, sémillante. Le duc d'Yorck, puissant chasseur, puissant buveur, rieur infatigable, sans grâce, sans contenance, sans politesse, et qui a, dn moins à l'extérieur, beaucoup de la tournure physique et morale du duc de Laval, ressent une espèce de passion pour une femme mariée à un mari jalotix, qui le tourmente et le détourne d'un établissement: Je ne sais point encore s'il va à Berlin : il y a plusieurs versions sur son compte : on dit qu'après avoir été libertin effréné, il lui vient quelque velléité de Éaîre son métier. Pour moi, je lui trouve toute l'encolure d'un prince allemand, doublé d'insolence anglaise, mais dépourvu de la libre cordialité de cette i ti«
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