LETTRE XXXVI
Hraoswick, 17 octobre 178G.
Je vous envoie la suite et la fin de la dépêche précédente. J'y joins la traduction d'un pamphlet d'autant plus singulier qu'il a paru à Vienne avec la permisBion de l'empereur, qui a apostille la communication du censeur de ces propres mots : <c Que celui-ci passe aTec >) leç autres. » Ceci n'est rien encore auprès de la bizarrerie qui, trois jours après, a fait relâcher l'infortané Szekely, que toutes les représentations du monde n'avaient pu sauver, et dont la cause est assez mal défendue ici ; car, quel parti n'y avait-il pas à tirer de la confidepce qu'il avait été faire à l'empereur de la situation de sa caisse, du désordre qui l'y avait conduite^ des supplications instantes d'acheter pour le compte du pi^lic un secret chimique bien constaté, ^u prix néchaire pour achever de remphr le déficit de la caisse (je dis achever, car Szekely et sa famille avaient cquv^rt la plus grande partie du vide); de la réponse de l'empereur : « Me parlez-vous comme ami ? Me psurlez- » vous comine empereur ? Si comme ami, je ne saurais 9 l'être d'un dépositaire infidèle : si comme empereur, » je vous conseille d'aller faire vous-même votre dén claration aux tribunaux.... » Ce fait, que je connais dçpuis mon arrivée à Berlin, et dans ses circoi^stançcs les plus aggravantes, est un des plus odieux qui me r^ viçnne dans la mémoire, et j'en pourrais raconter cinquante de tout pareils ,
DE VA ÇQVJ^ BP ÇPH-m. ^
OBSERVATIONS LIBRES SUR LE CRIME ET LA PUNITION DU LIEUTENANT-COLONEL DES GARDES 8ZEKELT, PAK UN AMI DS LA Y^T^, X786.
Que la yerilé ^ ^s^ ^PP4^fiî qPi^h ^Ç ï»P.9ff« aujourd'hui safi^ %d^ $aii§ y.oi|e, dai^s app uoposaptê nudité! Juges i9cç(^uptjbljes^ écoutes^; jq v^js v(^\|9 parler du déli( ^\ de I^ p^pi(ipn d^ §zf^^- ^01f cœur est attendri^ mais ma parole sera impar^alç \ vous jugerez moi^ Sç^e|^eljr ef, ç^ jugc$.
Szëkely anqonce un 4^9^^ ^^^^ ^ caisf^e ^^ r€|gi7 iqent des g^des et le désordre ^e sa ipaaiiutqi^on ; o^ l'arrête çur-le-chaqip^ et, aprfjS q^elqv^es iofoiai^^qns simulées, il est m^ afi cpuse^l de guerçe : qicM^pisii^gt' dix-sept paille florins d'eifipiiQ QQt j4ispa^u de sa çi^i^^ mais Szekely avait plfic^ ^pte sa co^^ce ^ana Iç feu sieur Lakner, seul çlepositaire des d^ ^ tf^r. plus d'uqe fois Szdke|y ay^t dédarg qy^û çlait peii propre à conduire des a^ireç ppcunj^ires, ^ qiiq jamais il n'avait rey^ ni v^rîfi^ ^ çop^pte^ dç U^ Ç^^P. confiée à ses soins. On ne peut donc le spupsqgQei^ d'infidélité personnelle, piiu'tout loirsguq sqn çç^rp« fend justice à ses mœurs, et désig^^e unaoimefu^t le çsfUhsier Lakner, avili par dfs ^jtai^ijfes^f^i, suspçpté par lç9 dépenses infiniment au-dçgsps ^e sa for.tuiji^.
Une négligence très-coupable, il est vrai, rpi^ Ifi seul crime de Szekçly ; aussi \e conçeU ^ gii\ÇF^ le condamne-t-il à passer six sm daijis ^e. $pirtetfçs|e ; cette punition, suffisante sans do^te, j^HWfP^ Sfiékçlj n'était effectivement, et selon Is langs^ 4fS3 jin^Q^suis, nec confessus^ nec çan^ictuf d'ttjiçune piâf^fi* cation, devint plus forte par la sentence du coqs^ (Iç guerre aulique, chargé de la révision du prQç^> qui porta à huit années le tei <* Qtîpn* (jt {li-
3C8 îrïSTOIRE SRCnfeTR
biinal ig;norait-il donc que notre très-gracieux monarque est dans Tbabitude d'ag(];ravcr toutes les sentences prononcées contre les criminels? il faut croire que les ju{;es n'obéirent dans cette occasion qu'a la rigueur des lois : mais ce qui assurément paraîtra inconceTable, c'est la décision de Tempereur sur cette afSiire. Voici Tarrêt que ce monarque a proféré^ et il n'a pas
rougi !
« On doit casser Szekely sans balancer^ le déclarer » incapable de servir militairement, et le remettre â » la justice civile, qui le fera placer ensuite à Vienne, I) dans le lieu du délit même, au carcan pendant trois » jours consécutifs, sur Téchafaud du haut marché, où » il restera deux heures chaque jour, pour donner un » exemple utile. — Je fixe par grâce les huit années » de prison qu'on lui a dictées, en faveur de son âge, » à quatre, pendant lesquelles il sera enfermé à Sege- » din, lieu pénal de l'état civil pour les Hongrois, cl » on lui donnera la nourriture comme aux autres cou- » pables. »
Le tribunal fit des représentations à l'empereur; il démontra que cette punition était beaucoup trop se* vère, et entièrement contraire aux lois et à l'équité; mais Tempereur fut inflexible, et il confirma ainsi sa sentence :
(( Tout préposé de caisse pourrait dire, comme Szc- » kclj, qu'il ne sait point ce qu'est devenu l'argent, » quand même il l'aurait volé. Dès qu'il manque de » l'argent dans une caisse, et surtout une somme aussi » forte que quatre-vingt-dix-sept mille florins, le juge » n'a pas besoin de démontrer à l'accusé que c'est lui )) qui l'a détournée j c'est à l'accusé à prouver qall » ne l'a pas volée ; et dès qu'il ne peut pas le prouver^
» c'est lui qui est le voleur. — Dès que Szekely sera » cassé, et qu'il cessera par là d'être officier, on exé- » cutera la sentence portée contre lui, et on lui atta- » chera au cou un écriteau, portant : préposé infi^- » dèle. »
Portons un regard attentif sur ces décisions suprêmes. Szekely est punissable pour avoir été très-négligent ; il Test encore pour avoir donné toute sa confiance à un caissier malhonnête dont il ne pouvai ignorer le luxe et le faste, puisque tout le corps des gardes en était scandalisé. Il était facile d'entrevoir qu'un tel homme ne pouvait mener ce genre de vie sur les fonds de son patrimoine : il est même probable que Szekely, s'apercevant du désordre et du déficit de sa caisse, effrayé des peines infamantes qu'encourent ces sortes de délits, sacrifia beaucoup à l'alchimie et aux sciences secrètes, dans l'espérance de faire de l'or, et de se tirer ainsi d'embarras. C'était une folie, sans doute, dont tout homme sensé gémira; mais elle n'en est pas moins très-possible : il est certain que l'amour de la chimie était la passion dominante de Szekely, et qu'il se livrait d'autant plus à ses goûts, qu'il croyait réparer un jour ainsi les pertes qu'il avait éprouvées : ajoutez à cette excuse l'ignorance extrême dont il s'accusait lui-même pour toute manutention pécuniaire. Il est vrai qu'avec ce sentiment de son incapacité il n'aurait jamais du se charger d'une caisse ; mais si tous ceux qui possèdent des emplois au-dessus de leurs forces étaient obligés de les abdiquer, quels vastes dé serts ne nous offriraient pas les chancelleries ! Rabner encourage trois différentes espèces d'hommes, quand il leur dit : m A qui Dieu donne un emploie, il confère » aussi de l'esprit en dose nécessaire pour l'exercer : m VIII, 24
370 HISTOIHE SECRÈTE
certes Szekely n aurait point adopté cette opinîoa s'il eût prévu les suites funestes de sa présomptioD.
I4'étail-elle donc pas un téaioi(][nage authentique de riiouneur de Szekely, celte lettre flaueuse que loi adressa Marie-Thérèse^ de glorieuse mémoire ^ dans laquelle^ en donnant les plus grands éloges à sa probitéy à sa loyauté, cette auguste souveraine lui confiait sans aucune caution la caisse de son régiment des gardes? A-t-on voulu, par Toubli de cette distinclion, ajouter un nouvel outrage a toutes les ingratitudes dont on s'est souillé envers cette iounortelle princesse? Aurait-on voulu la taxer de cette légèreté, de cette folle crédulité que produit une aveugle confiance ? Ah! malgré tous les défauts que Fenvie lui impute si gratuitement, Marie-Thérèse n'avait pas autour d'elle cette armée de fripons dont toutes les rigueuis de notre monarque actuel ne peuvent nous préserver: tant il est vrai que la douceur et l'amour d'un prince pour ses sujets sont des moyens plus efiicaces de les contenir que toutes les violences de la tyrannie.
Je reviens à Szekely, et je dis : il est impossible que ce billet de l'impératrice - reine , quoiqu'en quelque sorte garant de la fidélité de Szekely, puisse servir d'excuse au prince d'Esterhazy, dont la négligence personnelle ne peut être justifiée. Sa qualité de chef des gardes ne lui imposait-elle pas la loi d'examiner la caisse de Szekely ? cette infraction aux devoirs de sa ]>lace n'est-elle pas très-répréhensible ?
Encore moins voudrait-on se dissimuler la £siute de la chancellerie hungaro-transilvaine, puisque, suivant son instruction, elle devait également surveiller Tadministration de Szekely : mais rien ne doit étonner de 1 e tribunal supérieur, où l'on ne se distingue plus que
DE LA OOUR DB BNLLIN. 371
par le désordre et la ntauvaUe foi ( où la comptalnlUé n'existe plus que de nom { où IW a dea idées aussi justes d'une combinaison esaote de reciatte ei de dé^ pense, que Brambilla ^ de aiédacine.
Juges, vous condamnes Szakely I eh bien I soyea dignes de votre miiiiatàre} puniase^ aussi ses snrveiUaiia^ qui, par leur inexactitude, Vont placé au bord de Fabime où vous le plongefe ^ana humamté et sans pudeur.
Tous les rois de l'Europe sa sont réservé la plus douce des prérogatives, celle de Caire grâce aux cou^pables, ou d'adoudr la peine annoncée par la sentence qui les condamne. Joseph seul suit d'autres principes plus conformes a son cœur i il aggrave la punition infligée aux malheureux « Ah ! sans douta, c'est pour jouir du plaisir ravissant d'e£Grayer son peuple par l'exercice du despotisme le plus illimité» Pauvre Ssekelj, homme infortuné, que je te plains 1 victime de l'humeur d'un monarque, peut*âlf e dans le moment où il prononça sur ton sort, une mouche incommode foulait son front, et ion déshonneur devint sa vengeance. Déplorable victime d'un cœur t)rrannique et barbare; ô vous, âmes sensibles! d vous, âmes juatas et honnêtes ! parlez : dites quel monarque peut aggraver des sentences ? un tyran 1 -^ Quel montffiie peut fouler aux pieds les droits de l'homamté ? «a tytw ! -^Quel monarque peut se &xet un jeu des loîa ^ 4a la justice? un tyran ! -^ Quel i^onarqua pMt, ckna kaa^
* Ci Brambille eii prtiiii0r cklmvgltli de 1 Mi Vm mMU «^
lui a donoë rinspcciioa des écoles 4e médectne ei œ &e. On le dit un charlatan ignorant; et on a écrit uae violente conire tai, en dernier lieu, qu'on dit fort plaisante. GiUe iBlin « pi $ à le ceoiftre^ ei e été publiquement vendue à Vienne : ai||r& 1 ft ^i4 tend à pronver qu^en Aulriche ou souffre pIutÀt les pejunaina. lee ouvrages In* slructifsfl libres. i *»n.' '•" .' •
37a niSTOÎllE SECR^.TE
faires criminelles, n'af^^ir que selon ses caprices? 1111)0seph ! ! ! ! Un Joseph ! Dieu ! grand Dieu ! qu'est-ce donc que rhomme ? pauvre et faible créature qu'une tête dominatrice peut tous les jours écraser dans la poussière 7 pour lui faire exhaler son dernier soupir au sein des tourmens des sept mille douleurs déchaînées au {pré de Thydre aux sept mille têtes qui Fétrangle ! . . . 0 image terrible et déshonorante pour Thumanité, et cependant trop vraie, trop exacte, trop confirmée par Tc^xpérience! un souverain qui aggrave les sentences, ne dit-il pas hautement : « Vous, juges^ que » j'ai institués pour juger selon les lois et Féquîté, » vous êtes des prévaricateurs j vous avez trahi votre » devoir, votre conscience ; vous m'avez voulu trom- » per? » Alors de tels magistrats ne sauraient être conservés, il faut les destituer; ou, si on les maintient dans leurs fonctions, c'est approuver leur conduite et confirmer leur jugement. Mais que, comme un foudre destructeur, le monarque leur crie : « Votre sentence » est trop douce, je vcîux l'aggraver arbitrairement, M comme maître de la vie et de la mort. » Ciel ! quel langage dans la bouche d'un roi que tu fis notre protecteur et non pas notre tyran !
Jamais Szekely n'eut été condamné s'il ne s'était pas lié d'intimité avec les fîrancs-maçons. Lorsque l'empereur prononça l'arrêt de cet infortuné, il s'oublia jusqu'à dire : « Je montrerai bien à ces gens-là (les francs- » maçons) que leur protection ne sert de rien. » Quelle est donc l'équité d'un monarque qui prostitue ainsi la puissance du plus fort, en étouiïant un des membres de la société qu'il déteste.'* Ne rirait -on pas d'un paysan qui, après le crépuscule, irait trouver son voisin^ pour lui donner une chiquenaude, sans être re-
connu ; se sauver ensuite^ et se divertir de Im avoir joué ce joli tour ? u 0 justice ! justice ! auras-tu donc » toujours des yeux pour ne point voir ?»
Oui^ certes^ elle était bien avilie^ bien corrompue^ la bouche qui aggrava la sentence de Szekety^ destiné à languir huit ans dans les prisons. Joseph supprime la moitié de sa détention. Eh quoi ! bourreau couronné^ ce sont là tes faveurs ! La grâce de ces quatre années^ accordée à un homme de qualité^ exposé^ par tes ordres^ trois jours de suite au carcan^ ressen:J>le à celle que recevrait un criminel condanmé au gibet^ à qui tu permettrais d'être roué vif^ parce qu'il serait trop' faible pour monter l'échelle ! Aurais-tu survécu à la honte d'un tel attentat^ si ton peuple même n'eût applaudi à tes fureurs ? La curiosité avec laquelle tout Vienne savoura le spectacle du malheureux Szekeljr^ prouve que les mœurs de ton peuple tiennent déjà de ta barbarie ; mais qu'ils tremblent^ les esclaves asservis à ton sceptre ! un nouveau Néron leur promet de nouveaux crimes^ de nouvelles horreurs.
LETTRE XXXVn.
Branswicky i8 octobre 1786.
Je crains qu'il n'y ait des vacillations dans l'esprit du roi relativement à la Hollande; car^ après la réception de son courrier et la nouvelle du danger du comte de Fiuchesteiu^ le duc m'en a reparlé avec une inquiétude nullement dissimulée. U m'a dit ces propres mots: « Cette Hollande fera tirer du canon^ surtout û eQe }} vient à se compliquer de la mort de l'électev de Bfr-
374 RlfTOlRE SECRÈTE
» TiÀre : pr^tez-¥ous donc à un mezza termine^ qui M amortira ce feu. AIIoub^ il faut un conseil an sta» » thouder sans lequel il ne puisse rien. De qui corn- » poserons-nous ce conseil? » Je lui ai dit que je ne connaissais pas assez ce thc&irc pour avoir aucun avis sur cela y mais que j'allais lui &ire une proposition qu'A ne devait re{;arder que comme une idée purement mienne^ et cependant nullement impraticable. « Maintenant que je sais à quoi m'en tenir sur votre sagesse et vos principes^ ai-je continué^ je suis sAr que voos voyez sous son véritable jour les affaires et la conduite stathoudériennes; que vous n'ima^pnez pas que Famitié en politique puisse avoir une autre base que l'intéréc^ et que nous devions renoncer à notre alliance avec la Hollande pour faire passer de meilleures nuits à madame la princesse d'Orangée ; que vous comprenez cony bien il est impossible que nous prenions confiance dam M. de Hertzberg^ qui^ sur cette affaire^ en est au non sens; et combien noire méfiance doit croître si Tunique contre-poids de ce violent ministre s'évanomt par la mort du comte Finchestein : je m'avancerai donc volontiers à vous dire qu'il me paraîtrait fort aisé que la France se prêtât à traiter cette affaire avec vous seul, si le roi de Prusse consent que vous en soyez l'unique chargé pour son compte personnel, et pour ainsi dire l'arbitre. Je sens combien il importe à vous, à nous, à tous, que vous ne vous compromettiez pas visà-vis du roi ; il n'y a déjà que trop de causes d'éloi*^- ^ement entre vous, et ce pays est entièrement perdu A la force des choses ne vous amène pas au tîmoii. M^ si vous trouvez la crise assez inquiétante pour redouter des événemens décisifs, il me semble que oe n*est plus le cas de louvoyer ; car si la destinée du Toi
DE LiL COUR DK BBBIiIN. ifjS
de Prusse est de faire des fautes irréparables^ il ravA autant aussi pour tous qu'il les Caisse demain^ afin que, plus tôt que plus tard, on pmsse tirer rhoroscopé de son règne, et prendra en conséqoeqce un parti.
» C'est donc à vous à savpir dans quelle mesure tous êtes avec le roi. U ne peu( pas vous aimer : jama& homme faible n'aima homme fort. Il ne peut pas vous désirer : jamais homme obscur et vaniteux ne désira un homme illustre et brillant ; mais ce n'est ni son amitié ni son penchant qu'il vous &ut, c'est la chose. Vous devez avoir sur lui l'ascendant qu'un g;rand ca--. ractère et un esprit vaste auront toujours sur une tète étroite et une âme vacillante. Si vous en avez assez pour lui faire peur de sa position, pour lui montrer qu'on l'a déjà compromis, que pet envoi de Goertz^ malgré vous (ou plutôt à votre insu, car vous n'étiez point encore arrivé) ^ et cela sans avoir le moins du monde des gages de docilité du côté du stathouder, esf; une grande bévue $ que les lettres inconsidérées de Hertzberg sont une très-4ourde faute ; que ce ministre suit sa ligne personnelle, et ne suit qu'elle, au hasan) d'ôter à son maître sa considération politique dès les premiers momens de son règne, puisqu'il est bien évident que s'il s'opiniâtre à son intervention inconsidérée dans les suppositions les plus favorables et presque les plus romanesques, il n'aura encore que joué le jeu des Anglais, jeu que même ils ont gâté; à vous pouvez faire entendre cela, vous viendrez &(âlement à bout de persuader qu'on sera trop heureux d'accepter votre médiation ; et, quoique ce ne soit pas là le mot dont on puisse se servir, parce que la règle des proportîoDe s'y oppose, l'estime du cabinet de Versôlles pour voue est telle, qu'une fois cette négodatîon dans vo« umifiB,
376 HISTOIRE SECBÈTB
toutes les difficultés s'aplaniront d'elles • mêmes. Or cette mesure aurait ce double avantag;e^ d'accommoder Taffaire que vous regardez comme un tbon de discorde^ et de faire sentir au roi qu'il présume trop s'il croit que par la seule ma(pe du brusque et tudesque français de M. de llerlzberg il conservera à son cabinet la considération que quarante-six années de grandes choses^ de héroïques succès^ d'une activité vigilante et persévérante jusqu'au prodige lui ont valu; qu'il a besoin d'un homme dont le nom au dehors et la prépondérance au dedans lui attirent de la confiance^ et servent de clé à une voûte peu solide par ses dimensions^ ou, pour parler sans ligure^ à un royaume mal situé, mal constitué, mal gouverné, et qui n'a de vraie force que l'opinion, puisque sa position militaire est détestable et ses moyens précaires ; car un trésor s'enfuit si une main de fer et non pas avare n'y veille; et quant à une armée, qui sait mieux que vous que des années entières suffisent à peine pour la former^ tandis que six mois de relâchement peuvent la détériorer jusqu'à ne pas la reconnaître? »
Ce discours, qui a tenu le duc très-attentif^ et qui était surtout destiné à deviner ce qu'il croyait pouvoir et devenir, a paru produire sur lui un grand e£fet. Au lieu de commencer, comme il fait toujours, par des phrases tempérantes et dilatoires qui peuvent servir à toutes fins, il est entré aussitôt dans mon sens ; et après avoir dit avec onction et d'un ton pénétrant, et senti que je lui offrais la perspective du plus grand honneur dont il eût l'idée, et qu'il préférerait à six batailles gagnées, il a cherché avec moi le moyen de faire cette ouverture au roi. « Je ne crois pas, m'a-t-il dit, être eu mesure de l'entamer sans préparation. Je craindrais
DE Li. C901711 DB IBRLUf. 377
plus encore de nuire à la diose qu'à moi-même ; maiff assurément il faut lui £edre venir cette pensée ; et s'il me donne le plus léger prétexte, je déroulerai tout/ Ne pourriez-Yous pas parler an comte Finchestein, ^ en revient ? — Non ; car il tient strictement à sa consigne. Ceci n'est qu'une idée mienne, et de peu de valeur diplomatique^ puisque je ne suis point accrédité. — Vous avez peu d'occasions de parler en particulier à Welner? — Fort peu ; et puis, comment cet homme serait-il des vôtres ? il veut jouer le premier rôle ; il travaille pour son propre compte, sentant bien qu'il a sur vous l'immense avantage de son obscurité : d'ait-^ leurs il est intime ami de votre frère, qui ne vous veut point à Berlin. » (En effet, celui-ci hait son frère, qui le méprise, et il espère faveur et crédit du domaine de la vision.) Nous en étionsà peu près là quand toute la cour^ sortant de l'Opéra pour se rendre au souper, et le duc d'Yorck entrant sans précurseur, nous a forcés de nous^ quitter ; il m'a donné rendez-vous ce matin, jour de mon départ, à neuf heures, et j'y vais.
Le duc était ébranlé aujourd'hui^ comme je m'y attendais, sur son assentiment à se faire nommer an roi. Je dis que je m'y attendais, car son imagination brillante et sa verve ambitieuse se prennent frtcilement de premier mouvement, quoique les symptômes extérieurs en soient tranquilles ; mais la longue réfrénation de luimême qu'il s'est éternellement commandée, et dont il a la plus persévérante habitude, le ramène aux hésitations de l'expérience et à la circonspection peut-être. excessive que sa grande méfiance des hommes et son faible pour sa réputation ne cessent de lui conunander* : Il m'a exposé avec beaucoup de détail les ménagemens qu'il devait à la petite gk»re^ el^ pour tnmehef le
37^ niSTOIllE SBCRÈTB
mot, m'a-t-U dît, à la gloriole du roi ; puis^ reprenaiit la conversation où nous l'avions laissée, il m'a amré que je me trompais sur Welner; qu'il était un dei hommes de Berlin sur lesquels il comptait et qui le voudraient plutôt qu'un autre; que je pourrais le voir aisément chez Moulinés (son résident, honune rosé, mais trop ostensiblement ; serviable pour mieoK faire son métier d'espion, mais s'offirant trop ; appdë dans l'éducalion du prince de Prusse, mais sans titre en* core ; déserteur du prince Henri depuis qu'il est à pee près clair qu'il ne sera rien; en générai porté ponr nous, et trop visiblement, car on l'appelle le conseiller privé de M. d'£sterno, mais uniquement attaché au fond à sa personnalité) ; qu'il (Welner) j va beaucoup ; qu'assurément il ne s'ouvrira pas d'abord; mais qu'au demeurant il répétera tout ce que j'aurai dit au roi, etc., etc. Le duc a beaucoup répété d'ait* leurs qu'il croyait inutile et dangereux de le nommer; et enfin, mais avec difficulté, et pour ainsi dire malgré lui, il m'en a donné la bonne raison. Dans quinze jouis il sera à Berlin, plus tôt peut-être; car (notez bien ceri) « il paraît que l'espérance donnée par M. Harris (mi- » nistre d'Angleterre a La Haye) d'un secours poissant » et efficace, dans le cas où le roi de Prusse veuille » arbitrer les afiaires de la Hollande à main armée, a n donné au roi le désir de conférer avec ses serviteurs. » Je vous répèle les propres mots du duc, qui me fixait beaucoup, et que je défie non-seulement d'avoir observé sur mon visage la plus légère trace d'émotion, mais encore de n'avoir pas été frappé d'un sourire presque imperceptible et très-ironique, comme si j'avais su et dédaigné la nouvelle. Toute ma réponse a été, en faaus* sant les épaules a la fin de la phrase : a Monseigneur,
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DE Là comEi mi nKLiN. 3^
>i ce n'esc pas à Toiif qa'ileiiliQBmA da ékntfm oe qm> » Louis XIV^ Turemiei OmAé^ Luxembowi;^ Lcmmb^ » et deux cent mille Fm^aiftii'oot pas fût en HoUande^ » la Prusse^ surveiilée de l'mipereur, no bfitra pas dana » ce même pays souteau da laFrasea. ..i .n
Le duc va donc^ ou Teut noua âii^e aeoroire qu'il va à Berlin^ où Fo» dâîbèreoiirles proposîiioiia da rAogleteiTe. Eh bien ! tant mieux; aoyea traiiqiiîlk} iaduc est plus Allamaod ijue PrutaiaD^ at aussi boa homme d'État <pie grand guerrîar. Il tam voir qu'uma telle proposition est si absurde qu'elle n'eat probabfa^ ment que la conceptbn penKmneUa de cet aodacieni* et rusé Harris, qui veut à tout pm fisâra sa iortuna^ ai enferrer dans un accès de fougue sa nation, plus ha/* bile que sage» Mais cep«adfi&( je ecobqne mon vojrage à Br uttsv^ick est un heureia hasard f oaEf, bien «pia j'anuia, et avec un grand plaisîr, que j'ai tronvé le duc dans ka principes les plus o^odérés, las plw sâgea et lea phia feaM çais^ politiquement parlant^ je hii ai £uit voir la ehofe^ ou plutôt l'ensemble des choses^ aous des points do vue nouveaux ; et si^ comme je penîate à ie cvoire^ ou plutôt comme je le croit iMcn davantage de» puis que je sais que son intrigue porte aor WehMr, qu'il s'est ménagé de longue main (car cçt homme a été chanoine à Halberstadt, où est le regimbent du duc), si la force des événemens le porte au timon, f aurai )ea plus grands avantages pouY traiter avec ttd et l'associer à nos vues. Au reste, il m'a dit de donner i M. d*EstemO ce très-bon conseil, si le comte Finchestein meurt, et même s'il ne meurt pas, de demander à traiter dlrectfment avec le roi l'affaire de la HoUande et tout ce quiy à
■ Il faut convenir qu'ici le voyageur a été mauvais prophète; Il reste k savoir si c^est pré at sa fiiute. (JVofe du jtremi» ÉàiêeÊit,) -
38o HISTOIRE SECaÈTB
trait. C'est le plus sûr moyen de battre en farèche Hert» berg, qui décidément a été contrarié très-ferme par le roi dans celte affaire^ et d'obtenir ce qu'on n'aara Fair d'attendre que de la judiciaire et de la volonté personnelle de ce prince : cela réussit avec tous les rois, même les plus grands. Vanwiesten a obtenu de Frédéric II lui-même par celte marche les choses les plus importantes ; et certes elle est un peu plus sûre, cette marche^ comme aussi plus noble que les souterrains de la flagornerie auprès du prince Henri^ dont la protection affichée fait plus de mal à la légation française qu'elle ne peut jamais produire de bien dans les futurs conlingens les plus favorables; car je ne soîb pas très-éloigné de croire ce que dit nettement le daC| que ce prince partageur, s'il était le maître des affaires^ serait le plus dangereux ennemi de la liberté germanique Il ÙLXii finir^ car le temps pour chifirer
nous manquerait : le reste de cette précieuse convenar tion vous viendra. Dites-moi^ le plus tôt qu'il sent possible^ ce que je dois faire d'après tout ceci^ et crojrei que si vous trouvez un moyen quelconque de m'accréditer secrètement auprès du roi^ ou même du doc^ vous ferez une très-bonne affaire.
Billet d'envoi. — Si vous croyez que je ne radote pas tout-à-fait^ écoutez-moi : je vous adjure de lire et faire lire ceci avec la plus grande attention^ et de ne pas me faire attendre une demi-minute la réponse^ fallût-il absolument pour cela se dépouiller pendant quelques heures de la légèreté du pays^ ou même avoir ^e la suite tout un jour.
LETTRE XXXVIIL
Berlin, ai octobre 1786.
Je suis arrivé à H^inq heures et demie du matin . Le roi devait faire manœuvrer sa cavalerie à nx : je suis monté à cheval aussitôt pour voir l'état de sa santé et celui de sa physionomie^ et pour m'accoster de quelqu'un^ s'il était possible. La santé est bonne, la physionomie soucieuse : on a long-temps fait attendre les troupes; on s'est, après deux charges, très-brusquement et ridiculement retiré. Rien de nouveau et d'assez important ne m'est parvenu potu* ne pas employer ït très-peu de momens que j'ai d'ici au courrier, et qui sont fort abrégés par yos huit pages de çhiffires, à résumer les conséquences que j'ai tirées de l'importante conversation dont je vous ai rendu compte dans ma dernière dépêche, et de laquelle il m'est d'autant plus impossible de vous achever les détails, que, le duc m'ayant envoyé, une heure après que je l'eus quitté, son ministre des affaires étrangères (M. de Ârdenberg de Re^ ventlau), ils sont très-augmentés.
Il m'a paru quatre choses :
1^ Que dans la confidence que m'a &ite le duc^ était entré une grande complication de i itime mouvemens et d'intentions. Il veut que os le tions au premier ministère de Prusse, mi ec sure : il n'est pas sûr que nous le désiri tout ce que j'ai pu pour l'en convaincre) ; i absolument persuadé que se mêler des Hollande est une lourde foute, il
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se conduise bien, et que nous ayons rinfluence damoms en ceci. Il a donc voulu nraviscr^ et tout à la fois de* couvrir si je savais quelque chose, et si nous étions assci décidés pour soutenir la {;a[;cure ; de là les commentaires postérieurs de Ardcnbcrg, ses fausses confidences de {;azcttcs; le rappel non-seulement de M. de Coetloury, mais celui de M. de Veirac; notre désertion dn parti patriotique, etc. ^ etc.; toutes choses auxquelles j'ai ré|>ondu en riant.
a» Que la très-grande inquiétude du duc est de n- Yoir si nous sommes ou ne sommes pas Aotrichieiii, ou seulement même si nous sommes à cet égard dus une telle indécision que les fautes ou les froideurs do cabinet de Berlin suffiraient pour nous pousser^ anluh sard de tout ce qui en peut arriver dans les futurs oobtingens, à seconder Tempereur dans ses projets contre r Allemagne. Je crois que, rassuré sur cet article eipital, le duc serait Français^ car il est fort Allemaii') et les Anglais ne peuvent que mettre le feu en Allemagne ; nous seuls pouvons y maintenir la paix. Si ses Ksisons avec r Angleterre paraissent se resserrw^c'est^je pense^ uniquement la méfiance du sort de la Prusse qm en est la cause ; car il sait bien que ses combinaisons anglaises sont plus imposantes que solides^ et que les prussiennes, un peu plus subalternes peut-être^ sont bien moins hasardeuses.
3^ Lui et son ministre m'ont demandé et redemandé tant de fois sur quelle base je croirais pouvoir piloier la pacification de la Hollande, qu'il m'est venu dans l'esprit que le duc songe peut-être que si nous acluions l'alliance Nassau pour le prince de Prusse^ on serait obligé de se rrjeter sur la princesse Caroline de Brunswick, sa fille : ce soupçon est fondé sur des choses
DE IiA «OQR DB .niLIN. 3S3
si fugîtiTes, qu'il est iiupowiible de rapfHijer parÀatit^ même de probabilités, et d'autant moiiu qns n'ajaat •ucuDB espèce d'iutrttctioii à cet égnrd, je n'ni ttpUé*' meut osé m'avanceT ; ja ne U donne dono qos oomme il m'est venu. En tout, âtre pm instruit ant les abina de la HollaDda m'a beaucoup nui eb cette oooaaloa t si j'eusse pu me hasarder^ j'anraîs pniaé i cet égaid jusqu'à tarir. La seule chose bÛB pontin qu'il ait d^ crétée comme proposiùon, c'ealnne espèce de OMtsàl de régence coaliùonnaire, aans lequel le statfaeotkr ne pourrait rien faire, et où seraient les Gislaer, Yanbare^ kel, etc., etc., etc.) etc., mais où serait aussi U. de Lynden, le gouverneur dcaen^s du stathottderyeto.jete. Â mon étemelle olijeciion : comment souiiendrc»- TOUS les mesures prises eoua votre caolûm i* ik iwt toajours répondu : S'il contrevient à sas arrangemma, nous l'abandonneront. — 2uBqa'à qud pcônt, ai-je repris? et si ce n'eat qu'amiealemtnt, que lui imporun votre abandon ? — En un ntM, jems suis toojoiu«iCMft, avec une obstination nn peu myatérietise, i dire .que l'on n'amènerait jamais i la raison le sutfaoudar, qu'vB ne lui eût déclaré que le nn de Pmste l'abendonovi^ aauf à rassurer à l'oreille la princeaae.
4°Um'a para quele duc ronkit quelque gra&diwojel dans sa tête pour la reconstruction da l'édifice germaniqne ; car ce prince halûle sent que, ]Ioh «oasarver cette ruine antique, il fout ïétafer, et MfittM em reprendre sous œuvre quelques parliea. la ae«l dëiir qu'il m'ait clairement manifiMté, c'cM la.a^taratioB de l'éleclorat de Hanovre de la mODaidùe. angbiae» et fe sécularisation de certains états qui pnisent concrîbwr un jour à un équivalent poçr la Saxe : il croit qi^e -k premier point s'obtiendrait, et mêuii: sans du Qpxùd^
difficultés^ si notre politique devenait anglaise : il croh que le second peut venir^ quoique contraire à la ligoe des princes^ parce qu'à la mort de Tétectear de Majrence on aura occasion d'j retoucher^ ainsi qu'nn prétexte naturel et légitime de faire expliquer les princes ecdésiasiiques, qui, plus intéressés que tous autres â la liberté germanique, sont toujours les premiers à tergi» verser, etc., etc. Ceci décèle du moins que^ tout attadié qu'il se montre à la confédération des princes^ il j aon des moyens de lui faire entendre raison sur des modifications.
Ce qu'il faut que je sache maintenant, c'est i® s'il faut le mettre en avant, vrai moyen de l'écarter^ ce qui ne me parait pas être de notre intérêt ; car il est plus sage , plus habile , et moins susceptible de préjugés et de passions qu'aucun autre qui puisse arriver à cette place ; ^^ s'il faut échauffer et augmenter sob parti , ce qui est travailler directement contre le pitd du prince Henri , car le plan du duc est exclusif; et, à dire vrai, il parsut tacitement si convaincu que l'autre ne peut rien être, qu'il a beaucoup ajouté â mon opinion sur ce sujet; 3^ jusqu'à quel degré je dois loi montrer de la confiance ; car il est impossible d'en obtenir d'un homme avisé sans lui en donner, et je crois qu'il vaut mieux lui dire que lui laisser deviner.
Le comte Finchestein est sauvé. Le roi est arrivé le i8 à huit heures du matin; il était parti de Breslav? le 1 7 à sept heures du matin : c'est une diligence incroyable; personne n'a pu le suivre. Ce jour-là même il a été voir la reine douairière, et a donné ainsi Keo d'attribuer à mademoiselle deVoss cette course rapide et périlleuse. On la dit grosse ; mais i ^ on ne peut pas le savoir; 2^ je crois que l'empressement serait
amorti si cela était. On assure qu'elle a demandé deux cent mille écus ; en ce cas sa destinée n'aura pas une grande latitude. Le roi a Êit une foule de nobles en Silésie comme ailleurs. Les gazettes vous le diront assez sans que je charge de leurs inutiles noms cette lettre. Il va passer huit jours à Postdam pour son travail sur le militaire : on parle d'un grand changement dans cette partie^ lequel sera favorable aux subalternes^ répressif pour les capitaines.
Les Dantzâckois^ qui s'imaginaient apparemment que les rois étaient des ogres^ ont été si enchantés d'en voir un qui ne mangeait pas leurs enÊms^ qu'ils se sont enthousiasmés jusqu'à vouloir se soumettre purement et simplement à la domination prussienne. Les magistrats ont éludé conune ils ont pu^ sous le prétexte que Dantzick était une dépendance de la Pologne; mais lé mouvement a été si violent et û tnmultuaire^ que les courriers prussiens et polonais ont marché. Cet événement donnera l'éveil à l'empereur et à la Russie : bonne circonstance pour nos afEsdres hollandaises.
Au reste ^ M. de Hertzberg^ qui s'est permis encore plusieurs coups de tête en Silésie ^ et nontunément dans son discours des hommages , où il a vraiment bravé l'empereur d'une manière fort indécente , conune s'il était dans sa nature de ne pouvoir s'accommoder d'un ordre de choses paisibles , M. de Hertzberg a en le crédit de retarder la nomination de ML d'Alvensleben pour la mission de France ^ que le roi avait annoncée à souper. Devais-je m'attendre à cette recula de quand je vous ai donné la nouvelle ^ que j'ai regardée comme si publique que je ne l'ai pas même chiffrée ?
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