LETTRE XLIX
Da ai notemliK i^Blk
Il devient plus soupçonnable chaque jonr qaH m trame quelque ohose entre Fempereur et la Bmsseyfl» que tout au moins il y a des propositipos^ soit 4oJp
part du premier^ soit r^proqnes^ sur lesquelles on délibère : je n'ai ni l'argent ni les moyens nécessaires pour découvrir les détails. Un ministce.peut tout en ce genre^ et tout impunément ; mais quand j'aurais^ moi, le grand ressort de la corruption^ que ne risque» rais-je pas à tenter de le mettre en œuvre ? je ne suis avoué ni directement ni indirectement : un coup d'autorité peut disposer de moi et de mes papiers en un instant^ et je serais. perdu ici et là pour avoir eu un zèle inconsidéré. Aiguillonnez donc votre miniistre^ ou hâtez- vous d'opposer à cette coalition puissante^ à laquelle rieu ne résistera^ du moins jusqu'au Rhin^ le système d'union avec l'Angleterre^ dont vous venei d'ébaucher les bases^ et qui sera le sauveur du mpnde. Pensez à la Pologne^ je vous en ^conjure. Ce qu'ils ont fait là (s'ils n'ont pas acquis davantage, c'est en vérité qu'ils ne l'ont pas voulu) ils le feront encore^ et cela même sans l'intervention de la Russie^ de .ce géant qui dort, et dont le réveil peut changer la face du globe.
A la vérité c'est la froideur des deux cours impériales qui conjEurme le plus les soupçons d'un .nouveau système : tout ce que je puis soupçonner de ses bases^ c'est que le prétexte en est l'élection d'un roi ^es Romains, et le but une alliance intime qui déiruirait confédération germanique. Conune cette confêdéra ' est l'ouvrage du roi^ prince de Prusse^ du moi il veut le croire, et la regarde conmie un. coup de maîtr il est douteux que l'empereur réussisse ; nouvelle d'hier se confirme, c' un. grand ment à un succès. On maxki l'électi s Mût
est sans espérance. :.« i ^ Y&ect t
le lendemaiii;
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peut et doit s'ouvrir. Il me semble qo^ et SÊek d'y réfléchir trop sérieusemeat. Pour knoi, tant qa^oi n'étendra pas mes instructions, mes moyens» je ne pdi qu'observer de mon mieux l'intérieur dn pays et de la cour.
La raison pour laquelle le comte do Schulenbom^ ministre d'état, a demandé sa retraite^ vient en pardede ce qu'on Fa chargé d'exécuter le projet de la capitalioii, qu'il n'a ni conçu ni approuvé^ et qu'il regarde vm raison comme une commission fort défavorable^ ■ ce n'est très-odieuse. Ce ministre^ homme d'esprit, H qui serait redevenu maître des affisires, si an preonr dégoût il eut su donner sa démission, est înfifmw#it désagréable aux agens intérieurs. Sa longue faveor, a fortune rapide et sa perspicacité surveillante ont févolté ou inquiété tous ses émules et ses rivaux. H n'ai pas d'ailleurs un de ces instrumens dociles qu'on pot assouplir à tous les systèmes : l'incapacité de la plnpvt des autres ministres lui donne un prétexte de s'opiniltrer dans les siens. Les ridicules des entoura daici^ pour ne pas dire leurs extravagantes foiblesses, l'enhardissent à rendre avec usure un mépris dont la imputation de ses talens émousse pour lui les traits ; of que n'éponge pas cette réputation^ surtout dans ki pays où les hommes sont si rares? Mais si^ conuiie os le dit (je n'ai pas encore été à même de le vérifier)^ i y a codition entre Struensé et Welner^ Scbulenboorg est perdu, car on n'aura plus besoin de luL Au resl^ comme il avait donné sa maladie pour prétesLto^ k roi, dans une lettre fort aimable, n'a accepté que psr intérim^ et sous la condition que la signature du floinistre sanctionnerait tout ce qu'on ferait pour Ivd. ■
En attendant, le système aulique, celui is
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I et de la favenr des vimonnaires^ ise smitletil ou phitât I ne fait que croître et embellir. Le duo de Wdmar têt r arrivé ici hier au soir; il loge au chftieau dans les appartemens du duc de Bruui^ck. Ce prince^ |g|rand apôtre de la secte i la mode^ et dont Je vous ai parlé dans mes dépêches de Bruniwick et de Magdébourg^ n'avait passé long«^t«mps qat pour un arbiter êleganUarum^ promoteur zélé des lettres ei des arts, économiste par système^ et mauTaiséconome|par passion. 11 y a déjà quelques mois que je le soupçonnais de verve guerrière ; le voici qui l'avoue. Il vient d'entrer au service prussien : jamais de tels généraux ne teoommenceront une guerre de sept ans.
^ Tout va d'ailleurs sur le même pied. Le roi a de^ I mandé à souper au prince Henri { il y soupe aufour^ [ d'hui. Le prince, qui continue ses gaucheries, tout en étouffant de rage concentra, a fiât dire aut ministres I étrangers que sa maisou serut ouverte tous les lundis, et que, s'ils voulaient y venir pour le jeu, il les verrak avec plaisir. U veut changer l'usage qui a Jusqu'ici in» terdit à tout ce qui tient au corps diplomatique àt manger avec les princes de la maison, et imensiblement les inviter à souper. Son crédit est toujours au plus bas ; cependant je crcMs toujours que s^ persévé» rait à se taire, que s'il s'abstenait de meotrer des pré^ tentions, de l'impatience, de l'avidité du pouvoir, il embarrasserait le parti qui veut l'éloigner, et finirait par en triompher. On commence ji murmurei^ gêné* ralement contre les agens obsenrs 4u 'cabinet^ et la noblesse, oubliée pour les Saxons, aimem mieux voir un prince dans les affidres que des commis qui ne- peë* vent s'élever à une hante ioviDSie «voioée que par ë|
grandes révolutions : or Tarist q ne denlfi
à cette (jfent subalterne ne les red^^le i^-^'e. I .
Le duc de Courlandc arrive Aoas peu de jon; comme il faut lui rembourser des sommes comUe» bles^ il est à présumer qu^à cette ëpoqae on paimli totalité des dettes du prince de Prusse, qaH n*ett |i de la décence d'avoir laissé subsister plusieun ■■ sous son règne. Ce fait^ combiné avec les sonpcnfe tremettcuses qui se multiplient chez la princesse H dériqiie, et sont évidemment Tunique motif de la m son qui lui a été accordée^ entache séneosement II caractère moral du roi.
Madame de F'^'^, qui n*a pas voulu partir pourrir sovie sans ton ter Taventure, a eu hier une audience à roi très-gaie^ très-anecdotique^ où il s'est plaint de M ennuyeux métier, Va fort engagée à venir s'établir id; lui a reproclié de hii avoir volé le portrait de Soi; lui a porté des plaintes des impolitesses et des élotderies du prince de P*^^^ qui a trouvé laide et maneaii jusqu'à sa fille (la princesse Frédérique). Gela a èd une heure^ et probablement si cette femme fÙt ven* avec plus de précautions et pour plus de temps, dk aurait eu ici quelques succès : mais c'est un être si c»* pide^ si pervers, si dangereux, qu'il est peut-être bsi qu'elle aille porter ailleurs ses talens : chez nous^ ptf exemple, où elle est connue, où elle n'augmentiat point la corruption, et n'aura jamais dlnflaence iiBportante; au lieu qu'admise au conseil privé des n elle mettrait en feu l'Europe pour gagner de l'ai^gCDt, et même pour se divertir. J'ai profité du moment oi elle s'est écartée de la marche que je lui consdlUi^ pour lui réitérer mon avis que ses démarches' posP*
DE LA COUR DB ttBLIN» ^^
raient avoir pour die des conséqaenoes plus sérienaes pie celles de Famour-propre blessé, et lui déclarer que je retirais mon enjeu; i^ parce qu'il ne me convienl pas de me compromettre dans une partie que je ne Donduis pas ; et 2^ parce que l'ambition des dames n'a ni ne peut avoir les mêmes motifs^ les mêmes principes^ la même marche^ le même but que celle d'un homme qui se respecte. Au reste^ si^ par impossible^ elle réusfflssait^
je la tiens par trop de côtés'pour ne pas influer sur elle.
. P. S. Milord Dalrymple^ homme d'honneur et de lens^ ennuyeux quelquefois^ parce qu'il est toujours mnuyé^ mais doué de plus d'esprit que, ne sauraient le ^oire ceux qui ne l'ont pas soigneusement observé^ et nême de beaucoup d'esprit^ d'une morale sûre^ gêné- :'etise^ libérale ; Dalrymple^ qu'il Êiut tâcher de se £ûre lonner^ si l'on adopte jamais sincèrement .un plan de :oalition pacifique ; Dalrymple est rappelé^ dit-on^ et Ewart reste chargé d'afEsires sans ministre au-dessus 3e lui. Je crois bien que le cabinet de Saint- James xcuve commode d'avoir ici un espion ami intime d'un ninistre et beau-fils d'un autre ; mais quelles sortes de T^ues peuvent excuser dans le cabinet de Berlin la toérance d'une telle inconvenance? Au reste^ ceci n'est ju'un bruit public qui m'est suspect.
On prend goût aux conunissions : on vient d'en nommer une pour l'examen du monopole des sacres. Les Elambourgeois offrent de le livrer à quatre gros^ il en 30Ûte huit et même neuf.
Idem pour la fabrique de draps*
Idem pour le bois^ qui va être réduit à la moitié dâ son prix actuel (indépendanmoient de la suppression de a compagnie chargée de le fournir)^ mais GODuneniet
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par où? Ce n'est pas que ce changement ne soit rément un des plus urgens et des plus profitnfalM pov le pays ; mais le reirait de tous ces monopoles (le »• cre excepté, qui appartient à un partÎGaUer ) anppoie la desuuction de la société maritime^ de cette oompigaie bizarre^ qui a promis à ses actionnaires un (prm de dix pour cent, indépendant de toutes circonstnnoa; nuûs qu'une main très-adroite peut seule démolir mm risquer de faire du mal avec les décombres. AnsB| dans la lettre au ministre de Schulenbourg, le roi se défend-il de ce projet, et ordonne-t-il qa^il sent contredit dans les papiers publics. Quelle fluctuation de plans, d'ordres, de volonté ! quelle disette de force et de moyens !