LETTRE L
x^norembre 1786.
M. de Hertzberg a fait une nouvelle tentative pov rentrer dans les afEadres de Hollande, dont le roi hi avait interdit la connaissance, et il a présenté un mér moire à ce sujet : il prétend avoir prouvé dans cet écfit que des têtes couronnées étaient déjà plusieurs fois intervenues comme médiatrices entre les Etats et le stathouder, et que la réponse insidieuse de la France melr tait en fait ce qui est en question. Le prince Henri croit que ce mémoire a (ait quelque sensation ; j^ai des raisons de ne pas penser de même ; cependant je loi ai dit que, s'il pouvait me le procurer, ce mémoire se* rait bientôt détruit : je doiUe au reste qu'il ait minie ce pouvoir. Notons à ce propos que nous aonuiios no-
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commodes : deux soupers dont j'ai ooniéoaliteilleot refusé d'être^ lui ayant donoé à penser quejeboodaisji il m'a fait des avances de tout geore^ auiiqttdles il étai^ décent que je me [Hrêtafise.
Il est bien constant que le voyage da duc de Wm-» mar n'a d'autre but que son admission au service pnuh sien^ qui doit cimenter l'élévation et la gloire de la confédération germanique* La vérité est que ce prince protège vivement le système de ceux qui trouvent dans la profondeur de leurs connaissances mystiques^ de quoi conduire les afiEûres d'Etat. La £aveur pour ces systèmes va toujours en s'édisLu&nt^ ou plutôt en se démasquant ; car elle ne s'est jamais refroidie* Le frère du margrave de Baden^ fort imbu des opinions à la mode, aun ûls naturel auquel il veut donner un état : c'est cette grande affidre qu'il est venu traiter en per^ sonne, et il a été reçu a miracles.
Les affaires ne le sontpassibien s il r^e une telle con* fusion dans l'intérieur delà maisonduroi^ qa'on ne donne que des à-comptes aux divers ofl^ers. Au reste^ il est dé>^ cidé que l'on paiera toutes les dettes du princ e de Prusse { que le prince royal aura une maison et une table ds dix couverts ; que la princesse Frédérique aura une maison comme celle de la reine j et l'époque où ces arrangemens se réaliseront est fixée après la formation des états de dépense.
L'armée est mécontente^ i^ parce qu'on ne voit le roi à la parade qu'une fois en huit jours; a« paroc qu'on multiplie les grades dci majors ei da Ueutonans** colonels jusqu'à satiété (par exemple» tous les capiui« nés qui ont fait la guerre ont franohi ce pas: c'est le second chapitre des titres et des anoblisseoiens par masse), grâce qui ne s'accordait aiitrefoii pat laèiM à
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la sollicitation des plus {jfrands princes ; 3^ parce qu'on annonce beaucoup et qu'on ne fait rien ; qu'oB pnmt peu; qu'on exige peu; qu'en un mot^ l'aimée n'absorbe pas^ comme autrefois^ l'attention da souverain. Il parait que Manstein ne diminue point le crédit de raide-de-camp Goltz^ devenu comte, et qni^ du moins pour la partie militaire, influe évidemment plus q[ae ses rivaux. Il a plus de talent, sans avoir tout celui qui serait nécessaire a cette place, qui, dans le vrai^ équivaut à celle de ministre de la guerre.
Un sujet d'étonnement pour le petit nombre d'observateurs attentifs à tout ce qui peut leur £dre deviner le caractère moral du nouveau roi, c'est la froideur pour celui de ses aides-de-camp nommé Bowlet^ dont je vous ai parlé plusieurs fois. C'est un réfugié fran* çais, esprit médiocre, honnête homme, peu ambitieux^ ingénieur très-ordinaire, mais distingué ici, où il n'j en a point. Depuis vingt ans il est attaché à ce prince, et n'a jamais été admis dans les plaisirs secrets, presque nécessaires alors pour supporter la solitude de Poatdam et la haine du feu roi ; il n'augmente ni ne diminue en £aiveur, et son influence est presque nulle. C'est une énigme que cette espèce de répugnance pour un homme dans son genre, et qui ne peut ni l'ofliisquer ni le dégoûter.
Quant au civil, il est presque sûr que l'on retirera le projet delà capitation. Cet expédient précipité n'aurût pas pourvu aux besoins de remplaoemens. Maiis vous sentez combien toutes ces variations diminuent la cou. fiance dans les adnûnistrateurs subalternes et cachés qui opèrent à la place des ministres, et comme tout marche à la nécessité d'un ministre principal. Il parut qu'il n'y a d'arrêté que l'envie de changer^ mais ^'on
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n'a ni système, car je ne saurais appeler Hnnsi le désir vague de soulager le peup}è^ ni pkiisdélërtttiîiés d'après connaissance méditée des détails.
On n'avait, par exemple^ prévu aucune des difficultés qu'entraînait la suppression de rétablissement et de l'administration du tabac, qui fournissait un asile à douze cents invalides bas-officiers et luème lieutenans. Il faut que ces gens-là vivent, et ils retombent à la charge du roi. Ce n'est pas tout; les actions du tabac coû* taient originairement mille écus : elles rapportèrent cent dix écus. Dès-lors elles montèrent à quatorze cents écus. Le contrat du feu roi emportait jusqu'à damnée 1 793. Si le roi rembourse les actions à raison de mille écus, c'est une injustice, puisqu'on les a achetées quatorze cents sur la fci d'un contrat qui ne devait finir que dans sept ans. Si le roi tient compte de l'in-térêt à raison de huit pour cent jusqu'en 1793, c^est une mauvaise opération pour lui. Dès que le remplacement amiable n'était pas prét^ n'aurait-il pas été plus simple de ne faire de changement qu'à l'époque où s'éteignaient les actions? La valeur représentative du capital consiste en ustensiles, magasins, maisons, voitures, etc., etc., et l'on ne se défera de tout celk qu'avec perte : nouvelle charge pour le roi. Cette partie était grevée de pensions pour des personnes qui les avaient méritées, ou, si l'on veut, obtenues pour cette même affaire qui payait ces pensions : il &ut aujour*d'iuii les assigner sur une autre caisse, etc., etc.
A Dieu ne plaise que je prétende qne des embarras de ce genre doivent arrêter ! on ne ferait jamais de 1^ formes ; mais ils doivei être \\ et ils ne l'< été ; de sorte que le pu ic ne' v is cette sn|
sion qu'un mal ré