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45o HISTOIRE SECRÈTE
pas. Cette raf^c de déjouer la contrebande oa de b détruire coûtera, sy Ton n'y prend garde, bien plus cher au peuple cpie la contrebande ne peut nuire i l'Etat. La guerre à la contrebande ne doit jamais être que le fruit d'un système uniforme et général, et c'est une vue courte que de vouloir corriger par partie des abus (jui tiennent aux vices généraux de Tadministration. Les rafiiricries de sucre, les fabriques d'armes, de soie, de gaze, de petites étoffes, les manufactures de drap, en un mot tout ce qui tient a Tindustrie, est dirigé par des réglernens meurtriers du commerce : Êiutil que tout cela disparaisse d'un seul acte de volonté ? Cela est impossible sans convulsions, et c'est ainsi qu'on décrédite la vérité et la bienfaisance même, et qu'on décourage les rois. Malheur à qui bouleverse sans préparation !
Les principes des deux rois sur leur dignité personnelle paraissent différer à un point qui doit donner à penser à ce pays. Lorsque Frédéric II établit le monopole du café, les habitans de Postdam osèrent charger une charrette de cafetières et de moulins à café, la promenèrent dans la ville, et finirent par la renverser dans la rivière. Frédéric, témoin de cette burlesque cérémonie, ouvrit sa fenêtre, et rit aux éclats. Voilà pour celui qu'on appelle le Tibère de la Prusse; voici pour son Titus. Avant-hier on a fait emprisonner le commis d'un marchand nommé Olier, et ce n'est qoe le lendemain matin qu'il a apprb que la cause de sa détention était un propos léger tenu sur le compte du roi, et qu'en cas de récidive le cachot ferait justice de lui. Tel est le premier fruit intérieur de la ténébreuse administration que Vamour-propre du roi, combiné avec sa paresse, a nécessitée. Quel pronostic de tyraniûe.
DE LA COUR DE BBRLIN. ^i
soit royale, soit, ce qui est pis, sobaltwiiel el dans quelles circonstances, dans quel pays ! Là où le maître^ qui a un amour-propre si irafloible, veut piasaer pour bon, et où son pouvoir n'a nuUe.espèçe de conire-poids dans l'opinion publique, qui n'eiiste paa. i
La commission sur de Launay garde toujours le aï** lence, le traîne en longueur, compulse ou recheroho des£aits, et ne décide rien. Du Bosc travaille beaucoup^ Il est arrivé deux négocians de chaque province, qui doivent donner leur avis sur la ojieilleure manière de; &ûre prospérer le coounerce* Pn ne sait pas encore ici que, s'il ne &ut jamais confier l'exécution des délaib d'un plan de commerce qu'à des négocians, il ne faM jamais les consulter sur le système général à étabKr^ parce qu'ils n'ont que des vues et des intérêts partiels. Un d'eux a pourtant ouvert un avis fort sage, du moiu dans le mauvais ordre de choses actuelles, c'est de dé* fendre aux manufactucea de soie, toutes pour le compta du roi, de faire d'autres étofiS^ que de l'uni* Si l'oo prend ce parti, le roi de Prusse pourra fournir la Suàd*^ la Pologne et une partie de la Russie.
La princesse Elisabeth, femme divorcée du roi, é demandé un château à cmq milles de Berlin, avee pnètm au roi de nommer les dames et les cavaliers qpi demevi^! reraient auprès d'elle. On croit <pie les moareiMoa que se donne cette princesse lui sont suggérés par un officier adroit et intrigant ; oiais ce u'est fm éiû, ca me semble, qui peut devenir redoutable à la reine, el eâ vérité je n'oserais pas en dire autant de BMMUmoisdle de Yoss. Encore une fois, qcMil sera le sort du pays que vont se partager les prêtrea^ hm vkionnûres et ke e»* lins? . . . ■ i\
Quelque diligence que j'apporte à lAcher dt
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ce qui se traite avec la cour de Vienne^ je suis rédiût aux conjectures. Cependant, quand je pense qu'ils ont là-bas un hojnnie incapable, le comte de Podewik^ et que rien n'est changé à la marche du prince Reuss^ le ministre de l'empereur ; que le prince Henri, mal mstruit en général ( tandis que^ par la seule force de Tinstruction^ si les vingt quarts de volonté dontilest composé^ et qui n'en font pas une, lui permettaient d'y mettre de l'argent et de la suite^ il prendrait un fort grand ascendant dans le cabinet), saurait pourtant quelque chose de positif, s'il y avait une telle manœuvre, et n'a que des soupçons vagues^ j'ai peine à croire qu'il s'agisse d'une révolution bien importante ou bien probable.
Mais ne se délivrera- 1- on donc pas de toute cette complication de craintes^ en changeant une fois notre système de politique extérieure^ et renversant la seule barrière qui s'y oppose, je veux dire en étoufiEant par des arrangemens respectables et des avances sincères cette jalousie de commerce^ mère de l'animosité nationale^ qui a fait taire le bon sens^ et prédire avec éclat, à l'appui des sophismes dictés par la cupidité des négociations^ que la ruine de tout^ soit pour la France, soit pour l'Angleterre, serait la suite de la balance défavorable que la liberté du commerce ne manquerait pas de faire naître? Est -il donc si difficile de démontrer que le commerce de la France pourrait être beaucoup plus avantageux a la Grande-Bretagne que celui d'aucun autre pays, et vice versa? Eh I qui n'en voit la raison, pour peu qu'il ouvre les yeux? Elle est dans la volonté de la nature, qui a rapproché ces monarchies plus que tous les autres pays. Les retours du commerce qui se ferait entre la côte méridionale de
l'Angleterre et les côtes sepieatrionales-Ao nor^^neit de la France^ pourraient avoir lieu cdiu] :,oa m £009 l'an^ comme dans le commerce le plus intérieur. La capital employé à ce commerce pourrait donc^ dans l'un et l'autre payS; alimenter cinq ou m fois la même quantité d'industrie^ et procurer de l'emploi et des moyens de subsistance à six fois autant d'habitàns> qu'un capital de même valeur pourrait le £ùre dans la plus grande partie des autres branches du commerce étranger entre les parties de la France et de la Grande- Bretagne les plus éloignées les unes des autres; les re* tours auraient lieu au moins une fois par an^ et s^ raient par conséquent trois fois plus avantageux que le commerce autrefois si vanté avec l'Amérique septentrionale^ dans lequel les retours n'avaient lieu communément qu'au bout de trois années, et ne se £eu8âient communément qu'entre quatre ou cinq. « D'ailleurs, dit le sage Smith, la France, si l'on considère sa popo» lation, ses besoins, sa richesse, n'est-elle pas un marché pour le moins huit fois plus étendu, et en raison des retours multipliés, vingt-quatre fois plus avantageux que n'a jamais été celui des colonies anglaises de l'A-» mérique septentrionale ? » H n'est pas moins dair, et il l'est davantage que le commerce avec la Grande-Bretagne serait dans le même dogré utile à la France, el en proportion de la richesse, de la population el de la proximité des deux pays ; il aurait évidemment la mènie supériorité sur celui que la France a £uit avec ses propres colonies. O folie humaine! que de-pebe nous noue. donnons pour dessécher les bienfiiits de la nature! Quelle prodigieuse différence entre le commerce qm la politique des deux nations a cru devoir déconragev^ et celui qu'elle a le plus favorisé ! ... Il me semUe qn^
livre où Ton développerait ces idées, qui commencent à ne point paraître monstrueuses en Angleterre^ serait très- utile, et ne saurait être confié à de trop habiles mains.
i^ S. J'ai preuve topique que le roi travaille moins que jamais. ( )n répond aux lettres après huit, dix jours, et d'une manière plus longue et plus soignée que sons le feu roi, co qui prouve assez qu'il entre plus du secrétaire eu celte affaire. Que dire d'ailleurs d'un cabinet 011, le roi ne travaillant point du tout, il est impossible de citer un ministre dont Tinfluence ait fait telle ou telle chose, même dans le directoire général assemblé deux fois par semaine, et où le roi n'assiste jamais ? Et ce roi veut changer le régime fiscal ! Ah ! un Hercule seul peut nettoyer les étables d'Augias I