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tTdce^ proionaer rji le- — ' doit donc muJujiii^r i-=caractère diFtincl a ce? Ttein.rS: zzi2:j. core que la ferdlilé de ii isrrt^. T iin^jcj'jr L-t * vrr::. ou d'autres causes, aient àinpt GLii= ir 'joiii'-re: unsieurs invasions, Unlôt des penpifs cl T'^^- i*:::!- :it
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ceux du Blidi, chacun de ces peuples conquérans y aura laissé nécessairement des enfans et une partie quelconque de ses usages.
De tout ce mélange de sang et d'usages il doit naturellement résulter une circonstance très-mobile dans le corps de la nation et dans chacun des particuliers qui la composent; car chacun de ces particuliers a peutêtre^ dans la composition de son individu^ du sang de dix nations différentes de climats et de mœurs.
Voilà précisément ce que sont les Français 5 ils ont un sang très-mêlé, très-heureusement modifié par le meilleur des climats^ mais absolument bouleversé et presque dénaturé par une administration inouïe dans toute FEurope.
Quoi qu'il en soit de notre frivolité^ passons condamnation, si Ton veut, peu nous importe. En quoi .cette frivolité peut-elle avoir influé sur l'administration publique ? Les Français, légers, inconséquens, inconstans, n'ont jamais ébranlé leur constitution : cette inconséquente légèreté a toujours été compensée par leur industrie, leur activité, leur esprit, je dirais leur bonho^ miey si l'on pouvait s'exprimer ainsi : les guerres civiles, le soulèvement du corps entier de la nation, fruit de l'ambition effrénée ou de l'implacable fanatisme, n'ont jamais autant nui à la puissance de la France que les règnes des princes ou des ministres qui ont visé au despotisme : rappelons-nous que le fier saint Grégoire écrivait dans le vi^ siècle à Chîldebert II, roi d'Austrasîe : « Autant que la dignité de roi élève au-dessus des » autres hommes celui qui la possède, autant la qua- » lité de roi de France élève au-dessus des autres rois )) ceux qui en sont honorés. »
Suivons ensuite les continuels vestiges de cette im-
STO U: DESPOTISME. l3S
mense conadération, et ne perdons pas de Tue que cinq cents ans de trouble avaient laissé cet État à ledontable à FEorope, qn'dfe se figoa presque entière contre Louis XJV.
Le calme le pins prc^nd dans Finténeor pendant cent ans, fincdt de Fengourd^sement de la nation minée par les manceavres dn ministre qm tenait les rênes dn gonyemement^ administratenr Êdble et arbitraire^ hypocrite et intrigant comme un prêtre ambitieox ; cent ans de cahne, dis-je, on plutôt d'une perfide bonace^ ont abattu la puissance et détruit la considération dont ce vaste et redoutable empire avait joui si long-temps. Ses rois, autrefois suzerains d'une île de l'Europe ^ qui fdl la conquête d'un des vassaux de leur couronne, reçoivent sur leurs mers et presque dans leurs ports la loi de ce pays, si long -temps notre tributaire, et sur lequel la nature nous a prodigué tant d'avantages.
Nous avons vu l'un des Etats de l'empire, dont le souverain fîit à peine admis aux honneurs de la cour du redoutable ennemi de la Hollande^, afironter toutes les forces de la France, réunies à celles de ses plus puissans voisins. « Que dites-vous, écrivait ce prince » habile, mais qui doit tant à nos fautes, que dites- » vous de cette lîgue qui n'a pour objet que le marquis » de Brandebourg? Le grand électeur serait étonné de » voir son petit-fils aux prises avec les Russes, les Au- » trichiens, presque toute l'Allemagne, et cent mille m Français auxiliaires ; je ne sais s'il y aura de la honte » à moi de succomber; mais je sais qu'il y aura peu de » gloire à me vaincre. »
' Le territoire de P Angleterre est à peine le tiers de celui de la Francei et la population j est à peu près la même.
> On sent bien que je ne prétends parler ici que de rcliqucttc cnirA un roi et un électeur.
i3C rî»\i
^^'cFl-cc donc qn'o::t p^rj^é nos maîtres ta voulant DOU5 açfcrvîr! ei c znl>ien ils ont diminué de leur pui«*anc<* rcelle en avilif^sinx leur nation!
Il serait facile de dc\e]oppcr les causes d'une ré?o- Julien ti rapide et h humiliante ; on peut même les jndir|i;':c daLs une lijne : — Le fisc et Tautorité arbitraire nous ont successivement assaillis. Tout est renfrrrn/: d^ins ce peu de mots.
1^1 vexation des barrières, la t>Tannie des lettres de aif,U«:if l'illéf;alité de la levée des deniers^ le scandale th-H prridif;alitésy la violation de toutes les propriétés, rrffipl/icent la considéra ti<.>n du {^uvemement : les ((oiivfrncmcns ^c mesurent comme les hommes; s'ils pr«trjficrit rX affectent un ton haut et dur, c'est qu'ils uiiir;rif!nr qu'on ne le prenne avec eux : ainsi les lloiniiinM, opprimés au dedans, furent vaincus an deliorN, vl l)ii:ntol le» empereurs devinrent les brigands lin Hdtiir» vX ref4«icrcnt d'être les maîtres du monde.
IVIaiN In péril imminent de tracer ici des vérités aflli|;niiiirM ni dan{][creuses peut-il être compensé par Trnpiiir d'opnrer quelque bien? Cette illusion chérie flno AiiirM HrnMibIcH est presque enlevée à qui réfléchit »iii nnhti hiliiiition.
•liiiniiiH, jiuiiuiH mon cœur ne sera flétri par une honiriiMi ilririrnre pour Ic despote^ jamais mes lèvres ne tfntiiiii hnuilli^(*H par un infâme hommage rendu au dntfpoiiHtnn '; main que peuvent pour ma patrie des vnnu hiniiirM et drM reproches impuissans? Quatre mclfM liinntAt nWolu.H ont vu commencer et perfec-
' fi'rHl un nigM^i'iiimt. qiiR peu (rccriviiins oseraient prendre sons nn Koiivi'iiiriii<!iiifirl»Uniirii. I/c'l(»|^'c le pluH flatteur que donne Tacite à Pi- •»ii, tUt'.f tïi'.H ponlirm, c'eut du rappeler: « NuUius servilis sententise »» Hponir. iiiKîlor. « M. de Tlioti npplirpic cet éloge au chancelier Fran- <;oiM Olivier, pu^;. 'i3 du ituu liintuire.
SUE X£ JlBiPUUSKE. l3n
tioiiiicr 1 onvxaigfe de son alhiiHwiMiuiJAi ; tt ans ntri* qaes înstans sa eervitiide ncca cfHisaiiiiiiée. lïoiis pouvons nous appliquer ce qne Gcéran disait à Atticus CD hd parlant des progrès de César : ccllïonsresBteraiis I) trop tard a Tennemi que nous avons nonm si long- » temps dans notre sein \ » îïotr^ entfaonsiasme pour nos ros^ notre présomption^ et ioxrtout Fignaranœ si longue des droits de rhnrmne^ nons ont £ait conrir asderaot de nos diaines : elles étaient dgâ resBCErées gne nous n'avions point encore aperçu cdm qni nous enciiargeaÎL
Combien de fois n'a-t-on pas loue en Fiance le ministère du cardinal de Kichelien ^ ! C€¥ louanges fan seraient très^ustement acquises s'il avait été chargé de déirmie la nation ; mais elles sont la honte des Français. Ce célèbre instrument du despotisme, ministre d^an roî £ûble, haineux et violent ; ce poïliqiie audacieux et supéiieurement intrigant, qu'ion ne jugea de son ten^ qn^avec des jeux obscurds par la terreur on aveugles par la haine, et que Ton n^apercoît ai]^ourd'hoi que d'un regard fasciné par les préjugés ; le fet* meux Ridielieu, si souvent exalté, peint tant de fois, et presque toujours si mal jugé, sapa par les fondemens le gouvernement, qui (iit trop long-temps entre ses mains pour le bonheur de son pays. Profondément occupé de sa gloire, et surtout de son crédit, de sa puissance, de son despotisme, auquel il sacrifia toujours et sans cesse tous autres motifs, il a feint de croire <iae les Français étaient incapables de rester attachés
' Sero resbtemos ei quem per decem annos alaimos contra nos.
* Il D^y a que deux ans qae M. Gaillard, dans un discours de rëceplioQ à rAcadémÎP, fort bien fait, a ose ne pas le louer indisiinctenieni nr tout : il est le premier qoi ait donné cet exemple de courage ei de ^ooe foL
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à des régules fixes^ et qu'ils avaient besoin qa'un maître absolu fixât leur mobilité.
C'est au milieu de ce peuple cependant que le restaurateur de l'empire d'Occident avait jeté, huit cents ans auparavant^ les fondemens les plus solides d'un empire que des princes Ëiibles, stupides, et des tyrans n'avaient pu renverser.
Ce n'est pas que Charlemagne, génie beaucoup plus élevé sans doute que l'homme d'Etat rival et persécuteur de Corneille, n'eût d'autant plus désiré peut-être le pouvoir arbitraire, qu'il était plus en état d'en supporter tout le faix, et que l'ignorance de son peuple opposait plus d'entraves à ses grandes vues ; mais le conquérant et le législateur de l'Europe presque entière, le fondateur de tant d'Etats, qui fit trembler sur son trône le singe abject des anciens empereurs, comprit qu'il était impossible qu'un homme gouvernât seul un grand Etat ; il sentit qu'il était également nécessaire pour les mœurs et pour l'autorité d'établir une hiérarchie clairement indiquée par la nature ^ Charlemagne fut le premier instituteur de Tordre féodal, qui n'était avant lui qu'un chaos anarchique et contradictoire à toute espèce d'ordre : il connaissait bien sa nation ; il connaissait bien les hommes ; il sentît qu'on ne leur persuaderait jamais qu'un seul pût donner sa volonté pour loi, et que le Français ne méritait pas que son maître conçût un projet si barbare.
* CTest en effet un des maux da despotisme d^anëantir tonte hiérarchie, et d^obscurcir toutes les nuances : tout le monde est également vil ; il ne saurait y avoir alors ni supérieur, ni subalterne. Il est devenu impossible, par exemple, au soldat d^eslimer ses officiers dégradés et avilisj et dès-lors il est au-dessus de rbumanité de respecter par devoir ce qui n^est pas en effet respectable, et il est au-dessous de la brute d^oser concevoir le projet de faire estimer ce qui n'est pas estimable.
Cette idée, presque innée parmi les esclaves de rorient, îi'élait point venue dans la pensée des peu- ' pies libres du nord de la Germanie et des Gaules : l'Europe, si Ton en excepte lltalie et l'Espagne, où la servitude fut introduite par Auguste, qui eut des successeurs plus méchans que lui, parce qu'ils avaient moins de talens ; l'Europe, dis-je, ne connaissait pas cet esprit d'esclavage, qui s'y est depuis répandu ^ esprit qni a créé la certaine science ^ pleine puissance y et le car tel est notre bon plaisir y sorte de protocole qui fera regarder notre style par la postérité comtne celui de la bassesse et de là Servitude, et dont Juvénal, au centre de la tyrannie, avait laissé ce vers fameux :
« Sic Yolo j sic jubeo : sit pro ratione yolantas '. »
Il arriva à l'ordre féodal la révolution ordinaire dans toutes les institutions humaines, c'est-à-dire que la balance pencha. L'autorité royale fut trop affaiblie ; on ne doit point attribuer cette faute à Charlemagne ; des têtes faibles voulurent soulever l'énorme fardeau dont il avait sagement déterminé le levier; le défaut général d'instruction et de principes rendait sa législation insuffisante, du moment où elle n'était plus soutenue par le génie du législateur ; mais il avait senti sans doute que le despotisme est l'ennemi le plus cruel de l'humanité, et même de l'autorité souveraine. Tout autre inconvénient était moindre. Peut-être Richelieu n'avait-il pas saisi cette belle idée ; peut-être n'avait-il pas assez de génie pour la concevoir : il en fallait beaucoup sans doute pour modérer les écarts de ses passions et de son audace.
' Saiyr., lib. i.
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Le dernier effort de rabon et d'humanité auquel un souverain puisse atteindre^ tout ce que peuvent la vertu la plus pure et les talens les plus supérieurs réunis^ la conduite du nouveau roi de Suède nous l'offre, et Trajan seul en avait donné l'exemple ^ . Gustave, assez hardi pour oser donner de justes entraves à la licence effrénée du sénat de Suède, assez habile pour y réussir et pour établir un ordre fixe au sein de l'anarchie qui dévorait sa patrie, a été assez grand, assez humain, assez éclairé pour dédaigner le pouvoir arbitraire lorsqu'il pouvait le retenir, pour fouler aux pieds la vengeance, et se dépouiller du glaive militaire lorsque rien ne pouvait l'arracher de ses mains, au moment même qu'il venait d'échapper aux trames des factieux conjurés contre l'autorité tutélaire : oui , j'ose le dire, et cet hommage est écrit d'une main que ne souillèrent jamais l'imposture et la flatterie, le nouveau Gustave est rhonneur du trône et sera le héros de ce siècle.
Richelieu visait au despotisme personnel bien plus qu'à augmenter l'autorité royale ; il parvint à son but par des moyens hardis et sûrs. Il séduisit par la corruption, et effraya par l'activité de sa violence; son génie perçant, opiniâtre, fécond en ressources, indifférent sur la nature des moyens, ne se proposa jamais d'autres objets que de rendre arbitraire l'autorité qu'il avait absorbée tout entière. Tout occupé de l'intérêt de sa puissance, il ne voulut pas voir qu'il ne pouvait pas remplacer, par la force et par des caprices, des lois fondamentales (en France, comme en tout autre pays, parce qu'elles sont absolument nécessaires à toute
' Trajan offrit aux Romains de lear rendre leur liberté : il était revétn du despotisme j mais celui qu'il s'acquérait par cet acte de générosité n'était-il pas cent fois plus doux et plus sûr à exercer ?
. rJ
société^ et qae le droit natarel est partout la base ^ de
ce qu'on appelle les codes ou plutôt les droits /onda^
mentaux) 3 il n'aperçut pas que Tédifice ébranlé dans
toutes ses parties s'écroulait par une extrémité tandis
qu'il cherchait à l'étayer par l'autre j il aima mieux
dire que le peuple, qu'il enchaînait à son char (car la
nation rampait déjà dans la servitude), n'était pas plus
capable de suivre long-temps le même système, que de
prendre le seul que toute société puisse adopter j je
veux dffe un bon gouvernement.
Mais comment espérer un bon gouvernement dans le pays où l'administration est dirigée par l'opinion arbitraire d'un seul, et où elle n'est point fixée par des principes invariables, et contenue par l'instruction, qui rend générale la connaissance des lois naturelles, et leur infraction notoire? Quelle sorte de délire ne résultera pas de cette aveugle et avilissante subordination que les langues esclaves ont désignée par ces mots dénaturés, obéissance ^ de^foir?
Dans la nécessité de choisir, il faudrait préférer sans balancer une autorité faible et incomplète a un pouvoir illimité, dans quelque main qu'il soit déposé : la licence des éphores vaut mieux encore que l'insolence desvisirs. L'autorité faible ne saurait procurer sans doute un gouvernement heureux et prospère; mais le despotisme est affreux et ne laisse d'autre refuge que la mort s'il parvient entre les mains d'un prince féroce et stupide ^ j il est encore le régime politique le plus
* Ce seal mot décide l'ëtonnaQle question sur T existence des lois fondamentales ; car une des premières exigences de la loi naturelle est que le législateur puise sa législation au sein de cette loi même, et quUl ne Mibstituc jamais sts caprices arbitraires aux principes invariables de la nature.
» Tacite dit, après la peinture énergique d'une peste qui avait ravagé Rome sous Tempirc de Néron : « Equilum senatorumque inleritus, quam-
l4si ESSAI
effrayant quand le prince ne serait que peu éclairé ; il est très-redoutable sous un despote habile^ quoi qu'en ait écrit le roi de Prusse, qui sans doute avait ses raisons pour établir les principe^ contraires ^ ; car alors le despotisme en devient plus absolu^ et son successeur peut et doit être un mauvais prince. Ne doit-on pas attribuer à César tous les excès horribles de ses successeurs ? n'est-ce pas le plus grand des crimes que d'avoir frayé le chemin du trône aux Caligula et aux Domitien ?
Dans cet ordre féodal^ dont on a tant médit^ c'était du moins une maxime constante que « nul homme ne » pouvait être taxé que de son consentement. 0 Ce principe renferme le premier droit et le premier garant de la liberté; car les despotes corrompent et séduisent avec l'or ; ils gagnent des satellites^ des espions^ des délateurs, et les vexations illégales se multiplient à mesure que la soif de l'or augmente, et que la facUité de s'en procurer diminue.
Charles VU, sous le règne duquel la féodalité reçut les premières atteintes, Chs^les YII fut le premier qui, par un simple édit, et sans le concours des état&-généraux, leva des subsides extraordinaires sur son peuple; acte de despotisme le plus formidable de tous, et dont Louis XI, digne d'en être l'inventeur, se garda bien de négliger l'exemple.
C'est à ce Charles VU cependant que Jean Juvénel^
» vis promiscai, minus débiles erant, tanqaam commaDimorlalitate sxvi- » liam principes praevenirent. » — « Ainsi sous le règne d'un tyran, dit » Gordon, la peste était un bonheur, n
I Rien de meilleur, dit*il, que le gouvernement arbitraire, mais sous y des princes humains, justes et vertueux : rien de pis sous le commun » des rois. »
Le plus grand des philosophes, Socrate, et ses dignes élèves, Xénophon et Platon, ne pensaient pas ainsi quand ils ont dit que « la monar- » chie modérée était le seul boa goaveraemeot. »
SUR LE DESPOTISME. l43
archevêque de Reims^ disait en plein conseil : « On m'^ » rapporté qu'il y avoit en vostre conseil un qui, en » vostre présence, dit à propos de lever argent sur le » peuple, dont on alléguoit la pauvreté, que ce peuple » toujours crie et se plainct j qui fut mal dit en vostre » présence ; car c'est plus parole qui se doit dire en pré- » sence d'un tyran inhumain, non ayant pitié et com- » pasdon du peuple, que de vous qui estes roi très- » chrétien. Quelque chose qu'aulcuns dient de vostre }) puissance ordinaire, vous ne pochez pas prende le » mieriy ce qui est mien n'est point vostre. En la jus- » tice, vous estes souverain, et va le ressort à vousj » vous avez vostre domaine, et chascun particulier a le
» sien ^ »
Si les levées illégales commencèrent dès Charles VII, on voit du moins qu'on osait lui dire, même à la cour, qu'il entreprenait au-delà dé son droit. Eh! quels progrès n'ont pas faits depuis la soif du despotisme et le ferment de la cupidité ! mais aussi quels progrès n'a pas faits la servitude, puisqu'on consacre aujourd'hui, par d'infâmes apologies, des excès de tyrannie dont on repoussait alors avec tant de force les premiers essais !
On serait trop effrayé, trop dégoûté peut-être "de vivre en société, si l'on observait d'un œil attentif avec quelle rapidité toutes nos constitutions européennes, si Ton en excepte une seule, s'accélèrent vers le despo^ tisme^ et entraînent ainsi dans la proscription la plus redoutable, la plus belle contrée de l'univers.
Quelle variation dans nos privilèges, dans nos coutumes, dans nos lois, à nous Français, peuple doux et imprudent, qui, du plus haut degré d'une liberté peut-
* Jo\y, dans ses notes sur les opascules de Loyscl, pag. 49^*
l4i ESSAI
èirc trop peu éclairée^ s'est précipité vers resclavage le plus profond et le plus resserré !
Un écrivain \ plus connu par son dévoûment au ministère et par ses ménag;emens adroits et lucratifs que par ses talens littéraires^ vient de promettre solennellement d'attaquer Tauthenticité de nos anciens privilèges^ et s'est engagé à prouver^ entre autres thèses tout-à-fait nouvelles^ et surtout précieuses à la nation^ que l'autorité législative a ne fut jamais placée dans les N champs de Mars et les assemblées qui leur succédé- » rent. » Il prouvera sans doute aussi que le monarque possédait seul cette autorité ; car c'est une conséquence nécessaire de sa première proposition.
Il nous promet encore d'établir que le chef suprême appelait et excluait qui il voulait de ces assemblées ; et que chacun des membres qui y assistaient a n'avait » que des conseils à donner, et non des suffrages. »
Cet auteur, il faut en convenir, s'est imposé une belle tâche, et surtout il s'est voué a une occupation vraiment patriotique, vu les circonstances et l'objet. Il va délruirc bien des préjugés et renverser un grand nombre de vieilles erreurs. U établira, par exemple, malgré tout ce qu'on croyait savoir à cet égard, qu'il est faux <iue le premier acte de législation de nos rois date de la fin du xii*^ siècle, et que l'ordonnance de Philippe- Auguste de 1190, que l'on regardait comme le premier monument de leur pouvoir législatif, a été précédée de beaucoup d'autres édits.
Il nous expliquera les propres mots de Clotaire, qui
* M. Morcou, Leçons de morale, de politique et de droit public, puisdûM daiii nùstoire de notre monarchie, ou nouveau Plan, etc. Paris, chez Moiiiurd, i77i.
(<VhI h celle dpoquc q^xcVUssai sur le despotisme dc?ail paraître. {lYote de Vdditeur,)
dit. ç:: lifcr: